Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 12:40
L'actualité judiciaire burkinabé conforte les thèses de mon dernier ouvrage!
Repost 0
31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 08:59
C'était le jeudi 21 août 2014 à Douala

http://youtu.be/ANXa_DJbm64
Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 13:22

1012640 10151406576302723 833797927 n

Une tribune internationale de Franklin Nyamsi

Agrégé de philosophie, Paris, France

 

Je suis né en 1972 au Cameroun. Très tôt dans les conversations amicales de mon père, très féru de politique internationale et de culture générale, j’ai entendu parler du conflit israélo-palestinien. Aujourd’hui, j’ai déjà passé les 42 ans. Mais le conflit israélo-palestinien me pend encore au nez. A peine ouvré-je mon téléviseur, mon téléphone portable, mon ordinateur, où le moindre journal d’Afrique comme d’Occident, que déjà, le conflit israélo-palestinien m’aspire des énergies psychiques. D’où vient cette tragédie ? Comment la comprendre comme une dimension de nos existences quotidiennes sans tomber dans les tentations de l’indifférence cynique ou du fanatisme partisan ? Il me paraît que nous ne pouvons accéder à la dramatique du phénomène israélo-palestinien qu’au prix d’un double geste éthique et intellectuel. Sur le plan éthique, on ne peut vivre avec cette tragédie qu’en étant intransigeant envers l’innommable : le mépris quotidien de la vie par les fanatismes sionistes et jihadiste. Sur le plan intellectuel, il conviendrait de procéder à la déconstruction des arguments politico-religieux des nationalismes palestinien et juif, véritables obstacles à un vivre-ensemble harmonieux des populations actuelles du Moyen-Orient.

 

L’éthique, d’abord. C’est un regard humain sur les affaires humaines, où rien d’humain ne doit nous demeurer étranger, par quelque précaution insidieuse d’asepsie morale. L’éthique, c’est une optique dans laquelle la souffrance d’autrui, comme sa joie, participent de notre appartenance commune à l’espèce humaine, où le sens se réverbère comme juste partage de la vie dans ce monde. N’est-ce pas cette haute exigence du vivre-ensemble qui fait toute l’humanité de l’homme ? C’est précisément elle que ce siècle infernal israélo-palestinien nie. Pris en otage entre les fanatiques du Hamas et de l’extrême droite israélienne, les peuples du Moyen-Orient sont en réalité maintenus par la surenchère de la violence dans une seule et même fascination perverse : le mépris du malheur d’autrui, par la neutralisation froide en soi-même des sentiments empathiques. L’incapacité inculquée de comprendre que l’Autre, bien qu’étant Autre, est aussi comme moi, un Moi. Lorsqu’on planque des lance-missiles près des maisons d’habitation, comme le fait le Hamas, on appelle l’ennemi israélien au meurtre aveugle, puisqu’on lui offre la chair à canon des civils en guise d’appât pervers. De même, lorsqu’on tire froidement sur des quartiers d’habitation de Gaza, avec la certitude absolue de tuer massivement des civils innocents, on joue au jeu des forces de mort sollicitées par l’ennemi palestinien, comme dans une entente fratricide et suicidaire pour ce qui fait l’humanité de l’homme : la responsabilité de l’Un-pour-l’Autre.  Dans ces conditions, qui niera que s’impose, dans les sociétés civiles du Moyen-Orient, comme dans la société civile internationale en général, un véritable consensus éthique qui se traduise par une volonté politique décisive de l’ONU de s’interposer dans la tragédie israélo-palestinienne pour mettre fin au triomphe des forces de mort célébrées par les extrémistes des deux camps ?

Car l’éthique, dans l’approche du conflit israélo-palestinien, n’est rien sans la politique au sens noble, entendue précisément comme une action concertée pour la préservation de la Cité, du Bien Commun. La logique des extrémistes sionistes et arabes relèverait très clairement, dans cette approche, de l’impolitique, que nous pouvons encore nommer « la politique politicienne ». Ces extrémistes ne sont pas intéressés par la solution du conflit, mais par son exacerbation intéressée. Manifestement, Netanyahu côté Israël, comme Nasrallah côté Hamas, aiment trop le pouvoir en lui-même pour le laisser entre les mains de démocrates républicains de leurs camps respectifs. La perpétuation de l’état de guerre est leur seule perspective de carrière politique au Moyen-Orient. De même, les lobbies internationaux de vente d’armes et de trafic de pétrole, que l’état de guerre israélo-palestinien booste en fric sanglant, ne verront que d’un mauvais œil, les initiatives pacifistes qui auront valu la mort à Ythzak Rabin comme à Anouar El Sadate. Car de mai 1948 à la création d’Israël aux plus de 100 résolutions onusiennes impuisantes qui auront accompagné l’exil de millions de palestiniens et la colonisation violente de la Palestine par de nombreux immigrés juifs, la tragédie israélo-palestinienne aura manifesté les terribles conséquences de la démission des politiques authentiques dans nos sociétés contemporaines.

Les sept principaux aspects du conflit israélo-palestinien sont pourtant connus dans toutes les facultés de sciences politiques et dans toutes les officines diplomatiques du monde : 1) La question de la reconnaissance mutuelle des peuples israélien et paslestinien ; 2) La question de la création d’un Etat paslestinien aux côtés de l’Etat d’Israël ; 3) La question du statut de la ville multireligieuse de Jérusalem ; 4) La question du partage de l’Eau ; 5) La question des réfugiés palestiniens par millions à l’étranger ; 6) La question du statut des Arabes d’Israël ; 7) La question du sacré des religions juive, musulmane et chrétienne.

Sur la première question, les Nations Unies ont en leur possession tous les éléments d’appréciation nécessaires pour reconnaître et disposer qu’il existe bel  et bien un peuple d’Israël et un peuple palestinien. Sur la deuxième, le retour des deux peuples dans le cadre de la répartition territoriale d’avant 1967 est une exigence minimale de coexistence, avec en prime la proclamation de la reconnaissance obligatoire des deux Etats. Le statut international de la ville de Jérusalem, proposé dès 1947 par l’ONU, s’avère après des décennies de drames, une solution raisonnable qu’une force multinationale onusienne se doit d’imposer maintenant. La cohabitation des religions juive, musulmane et chrétienne dans cette ville, ne saurait se faire, on l’a compris, sous l’égide d’un Etat qui se proclame une religion officielle particulière. C’est aussi un arbitrage international qui peut durablement examiner le quatrième problème de la répartition des ressources en eau dans la sous-région, dans l’intérêt bien compris de tous, mais aussi dans le cadre d’une politique économique d’intégration régionale qui transcenderaient les seuls intérêts israéliens ou palestiniens, au nom de la paix et de la sécurité pour toutes les parties. Comment nier qu’en raison de l’exiguïté du territoire, le retour des millions de palestiniens de l’Etranger doivent être tempéré par des politiques d’intégration citoyenne hardies dans leurs Etats d’accueil respectifs ? C’est nécessairement dans une concertation décidée de l’ensemble des protagonistes du problème israélo-palestinien que la crise démographique qui s’annonce peut être anticipée. Ainsi de la question du statut des arabes d’Israël, clairement incompatible avec l’imposition d’une religion d’Etat en Israël comme dans l’Etat palestinien en gestation. Enfin, le septième problème soulevé ne revient-il pas au fond, à réhabiliter la sacralité de la vie humaine, qui se trouve être l’intuition fondamentale des trois monothéismes impliqués au Moyen-Orient ? On voit alors que c’est d’avoir renoncé à penser le réel, à agir politiquement au sens authentique du terme, que le Moyen-Orient entier agonise sous nos yeux.

La tragédie israélo-palestinienne est incontestablement une illustration parfaite de la bêtise humaine, qui se déguise justement ici dans les habits pervers du nationalisme. Qu’on me comprenne bien ici. Ce n’est pas que les Israéliens et les Palestiniens soient bêtes, ou qu’ils soient des bêtes. Ils ne sont pas plus bêtes que les Camerounais, les Ivoiriens, les Angolais ou les Congolais de leur temps. L’homme, sous tous les cieux, devient bête quand il sacrifie son Etre Essentiel à des choses fort accessoires. Une telle défaite du primordial peut défaire une civilisation entière. La bêtise, c’est alors le triomphe de l’impolitique sur la politique, à la fois dans nos sphères nationales et internationales. C’est la prise de pouvoir des politiciens sur les politiques, des jouisseurs du pouvoir sur les serviteurs des peuples. La bêtise humaine, c’est la domination de la chose publique par les amateurs d’intérêts égoïstes et de glorioles éphémères. Or, le nationalisme, culte du veau d’or de l’appartenance exclusive à une ethnie, une terre, une idéologie exclusiviste fondant une humanité qui se croit supérieure à toutes les autres, c’est justement la source de tous les mépris de l’Homme pour sa propre humanité et pour celle d’autrui. Le sionisme d’aujourd’hui, comme la logique de mort du Hamas, c’est comme l’ivoirité de Gbagbo. C’est comme l’apartheid de Botha. La haine démesurée et délibérée de l’Autre Homme décrété empêcheur de jouir en rond des richesses éphémères de l’instinct et de l’instant terrestres. Voilà pourquoi, je partage l’option du Président Mahmoud Abbas, Chef de l’Autorité Palestinienne, qui en appelle à l’intervention salvatrice d’une Force Armée Internationale des Nations Unies, pour désamorcer la spirale de mort entretenue par les extrémistes d’Israël comme ceux du Hamas. Et redonner une chance à ces Israéliens et ces Palestiniens qui, depuis la nuit des temps sémitiques, tels Ismaël et Isaac leurs ancêtres, veulent vivre ensemble en bons voisins, tout simplement en tant qu’êtres humains sur la même terre, habités par un désir commun de joie, de justice, de vérité et de sens.

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 14:06

Gildas Le Lidec et la chose

Analyse des délires de l’ex-diplomate français dans Marianne[1]

 

Une tribune internationale de Franklin Nyamsi

Agrégé de philosophie

 

Le désoeuvrement des âmes en peine est parfois source de malheurs pour le monde qui les entoure et pour leur époque. En voici la preuve vivante. L’ex-ambassadeur français Gildas Le Lidec a décidément trouvé, en plus des plaisirs de Bacchus qui meublent et ravagent depuis de longues années ses jours mélancoliques, une occupation digne d’un retraité contrit et  en mal de visibilité. Qui doutera, au moment où la CPI de La Haye vient de confirmer les charges de l’ami de tous les jours de Le Lidec, Laurent Gbagbo, que Le Lidec soit entrain de tenter un baroud d’honneur médiatique pour son idole africaine ? L’opération de Le Lidec, on le verra consiste à tenter d’accréditer le thème rebattu de la justice des vainqueurs en présentant la résistance ivoirienne sous un jour comparable au régime criminel et chauviniste que le FPI de Laurent Gbagbo a infligé de 2000 à 2011 à la Côte d’Ivoire. Conscient que Gbagbo est sans doute perdu pour longtemps, Le Lidec vient à sa rescousse, pour que le coupable potentiel ne déguste pas avec ses seuls comparses, les conséquences pénales de sa forfaiture historique. Dans le concerto d’ouvrages publiés par les stratèges de la Refondation pour préparer l’opinion à la défense juridique de la pseudo-innocence de Laurent Gbagbo, Le Lidec joue le rôle du clairon qui part en éclaireur pour le reste de la troupe. Comme dans une armée de souteneurs logistico-idéologiques qui va en campagne, il se positionne, aux côtés des Charles Josselin, Bernard Houdin, Alain Cappeau et autres répondeurs de Laurent Gbagbo en France, parmi les futurs témoins auto-constitués du Procès Gbagbo à La Haye. Qui vivra verra la sortie en première ligne de toutes ces chauve-souris politicardes qui confirment l’intime appartenance de Gbagbo, de longue date,  au système dit de la Françafrique. Ainsi, dans sa dernière interview délivrée au journal français Marianne, l’homme se livre à cœur joie à  son art de prédilection : la parole détachée du réel. Je m’attache dans les lignes qui suivent, à cibler et déconstruire les thèses farfelues de Gildas Le Lidec défendues dans un journal français qui n’est pas moins complice, comme on le verra, des légèretés verbales et morales du diplomate retraité.

Un titre qui dit tout


Le titre annoncé de l’ouvrage de Le Lidec est déjà tout un programme : De Phnom Penh à Abidjan, fragments de vie d’un diplomate. Méditons sur cette entame. On s’attendrait que Gildas Le Lidec nous parle de l’épisode bien connu de ses frasques à Madagascar, qui lui valurent une expulsion en bonne et due forme du territoire malgache où il s’était résolument comporté en diplomate indigne. Mais, Le Lidec a oublié Madagascar dans son annonce, pour une raison qu’il nous énonce aussitôt : sa mémoire est fragmentée, fragmentaire. Morcelée et hachée par des souvenirs décousus. Pourquoi donc ? A quoi sert-il d’écrire ses mémoires si l’on a perdu la trame de sa carrière diplomatique et qu’il n’en reste plus, comme des lambeaux d’un vieux vêtement reconverti en torchon de cuisine, que des traces imprécises, vagues, et quasiment fantomales ?  La fragmentation de la mémoire de ce diplomate a une cause évidente : sa trop forte dépendance à l’alcool, établie de notoriété par tous ceux qui l’ont régulièrement pratiqué. Le vrai titre de ce livre pourrait donc être : De Phnom Penh à Abidjan, via mon expulsion malgache : fragments de vie d’un diplomate ivrogne. Et ce serait justice.

 

Le subjectivisme militant d’un lunatique


On comprend mieux la suite de l’Interview, puisque Le Lidec précise au journaliste que ses Mémoires ne prétendent ni à l’objectivité scientifique, ni à la vérité historique. Etonnant non ? Au moment où Gbagbo sort un livre prétendument dévoué à la vérité et à la justice, Le Lidec en sort un autre pour servir ses fragments de mémoire destinés à défendre Gbagbo. Mais sans la moindre objectivité ni vérité historique attestées. Comment comprendre qu’on veuille disculper Gbagbo tout en avouant qu’on n’a aucune certitude ? Nous avons là un aveu de taille sur le genre du livre de l’ex diplomate français. Le livre de Le Lidec s’inscrit donc dès lors dans la sphère, non pas des mémoires, ni de l’essai politico-historique, mais plutôt de  l’écriture de  -iction romanesque. Pourquoi se donner dès lors la peine de verser ses thèses au procès juridico-historique des crimes de la Refondation ? Comme on le verra vite, si ni la vérité historique, ni les preuves scientifiques de ses dires n’intéressent Le Lidec, c’est qu’il a un autre objectif dans ce livre.


Une méthodologie de l’accusation  comme stratégie de division


A défaut de prouver, Le Lidec écrit pour accuser. Etudions bien la méthode de notre agent double à la rescousse des Refondateurs. La cible fondamentale de l’Interview est aussitôt révélée. Loin de vouloir blanchir Laurent Gbagbo, puisque « les dérives du régime de Laurent Gbagbo ne sont pas exonérées », il s’agit pour Le Lidec de noircir Guillaume Soro et les Forces Nouvelles, afin de mettre un terme à la conception dominant l’opinion en Occident au sujet de la crise ivoirienne. En effet, il se sait en Occident en général que Laurent Gbagbo a voulu confisquer violemment la victoire démocratique de son adversaire au second tour de la présidentielle 2010, alors même que le processus électoral avait bénéficié de la surveillance des meilleures organisations politiques internationales, dont notamment l’ONU. L’occident politisé considère globalement Laurent Gbagbo comme un anti-français et un anti-occidental, depuis notamment l’agression lâche de novembre 2004, qui a vu l’armée ivoirienne tuer des soldats français dans leur camp de Bouaké. Or pour battre en brèche cette vérité historique, politique, juridique et diplomatique, la stratégie de Le Lidec ne consiste pas à prouver que Gbagbo a gagné les élections, ou même à dire que le régime Gbagbo n’a pas commis de graves crimes. Le détour du vieil ami de Gbagbo est facétieux et malicieux. L’homme procède par une double tentative de dislocation : il s’agit de montrer que la seule tare que le régime du Président Alassane Ouattara puisse porter de manière congénitale, ce sont les Forces Nouvelles de Guillaume Soro. Ensuite, pour achever son projet de dislocation du régime ivoirien actuel, Le Lidec va procéder à une autre distinction artificielle ayant pour but de diviser pour entrechoquer les têtes ennemies. Il va tenter de séparer le portrait qu’il dresse de Guillaume Soro du sort infect qu’il réserve aux Comzones des Ex-Forces Nouvelles. Qui n’a pas compris le fin du fin de la méthode de la bande à Gbagbo? En faisant condamner éventuellement des Chefs militaires de la rébellion des Forces Nouvelles à La Haye, on croit pouvoir obtenir qu’ils mouillent le Chef militaro-politique de la rébellion ivoirienne, Guillaume Soro,  par leurs dires. En obtenant ensuite que le Chef militaro-politique de la rébellion ivoirienne soit mouillé dans les procès de La Haye, on s’attend à ce qu’à son tour il s’en réfère au Chef suprême des forces républicaines ivoiriennes, donc le Président de la République Alassane Ouattara, lors de la crise postélectorale 2010-2011. En un mot, Gildas Le Lidec fait partie d’un vaste complot des fidèles de l’ancien régime qui tentent d’atteindre le régime du Président Alassane Ouattara par le bas, c’est-à-dire par l’inculpation des héros de la résistance ivoirienne, ceux-là même qui se sont sacrifiés pour mettre fin au régime criminel de l’ivoirité et pour ramener la Côte d’Ivoire dans sa marche vers la pleine émergence économique et démocratique. Il faut absolument se pénétrer l’esprit de cette méthodologie de l’accusation compensatoire, pour comprendre où en est la tactique et la stratégie des promoteurs du mythe éculé de la « justice des vainqueurs ».


La complicité scandaleuse de Marianne : égorgement, étranglement ou hallucination ?


La suite de l’Interview s’éclaire dès lors encore plus. Le journaliste de Marianne, dans un acte de complicité sordide, demande à Le Lidec de s’expliquer sur un fait crapuleux attribué par le diplomate à Guillaume Soro : une tentative d’égorgement, dit le journaliste. Vous l’avez bien entendu ! Alors que Le Lidec s’est répandu depuis plusieurs jours dans les journaux pour peindre Guillaume Soro en étrangleur, voici que le journaliste français qui l’interroge offre à Le Lidec un mythème encore plus scandaleux, sur un plateau d’argent ! Egorger un homo sapiens, voilà qui ne se saurait se faire sans une arme tranchante. Etrangler ici, c’est se servir à mains nues de sa force de pression sur le cou de l’adversaire pour le priver d’oxygène et l’exposer à une asphyxie certaine. Que s’est-il donc réellement passé à Yamoussoukro ce jour de début 2003 ? Non seulement, Guillaume Soro, entouré par un dispositif de militaires français, ne pouvait détenir aucune arme, mais mieux encore, comme nous l’avons établi par recoupement de témoignages dans ma précédente tribune, les mains de Guillaume Soro n’ont jamais frôlé le cou de notre personnage sulfureux. Par ailleurs, jamais, pendant cette scène, qui ne se déroula surtout pas à la Basilique de Yamoussoukro comme Le Lidec en rêve, mais plutôt à la Fondation Houphouet-Boigny, on ne nota la présence des ambassadeurs d’Italie et d’Espagne. Le Lidec abuse de ses châteaux de cartes et tombe sous le charme de ses propres rêveries humectées d’excès ! Et voilà pourquoi à la question pourtant déjà implicitement scandaleuse de journaliste, Le Lidec répond aussi petitement  comme une montagne qui accouche d’une souris : « Il a tenté de m’étrangler… ». Ni égorgement, ni étranglement, mais tentative alors ? Il faut être bien niais pour croire qu’un diplomate capable de recourir au droit international diplomatique depuis  2003, ne se soit malgré tout jamais résolu à porter plainte comme une telle supposée atteinte à son intégrité physique. En rappelant cette anecdotique altercation, Le Lidec ne veut donc qu’atteindre un but : ternir l’image de marque de l’actuel président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.


Pourquoi Le Lidec aurait bien mérité un uppercut…


Il faut cependant redire les raisons pour lesquelles ce type aurait bien pu mériter un bon uppercut. Cela renvoie au code de l’honneur, qui se soldait en duel dans les siècles précédents. Ce pied-noir d’Algérie a dû garder une trop grande prédilection pour la condescendance envers les Africains. Il en usa et en abusa lors de cette rencontre à la Fondation Houphouët-Boigny en début d’année 2003. Tous les témoins s’accordent pour le dire. Et ce qui corrobore ce penchant de Le Lidec à parler aux Africains comme à des esclaves, c’est encore l’incroyable grossièreté dont il fait preuve dans l’Interview donnée à Marianne en ce mois de juin 2014. Les mots qu’il emploie dans l’interview examinée, pour décrire Guillaume Soro et ses camarades de la résistance ivoirienne de 2002 à 2011, témoignent éloquemment des causes de la colère virile du chef du MPCI contre ce néocolon déguisé en diplomate dilettante. Les comzones ne sont pour Le Lidec que des « salopards échevelés ». Il lui paraît donc opportun de livrer ceux qui ont sauvé la Côte d’Ivoire à la CPI, au même titre que ceux qui ont provoqué la descente de la Côte d’Ivoire aux enfers. Quel cynisme ! Comment s’étonner que ce diplomate hautement discourtois entende maintenant ses oreilles siffler ? Pour Le Lidec, Guillaume Soro n’est qu’un « petit bonhomme qu’il avait tout le temps dans les pattes ». Qui est donc cet olibrius de Le Lidec pour traiter les combattants de la dignité des Ivoiriens par tous ces quolibets remplis d’indue suffisance ? Mieux encore, pour Le Lidec, Guillaume Soro « éructait contre la France » lors de ladite entrevue. Le Lidec nous révèle-t-il enfin par là un Guillaume Soro anticolonialiste, courageux contre le paternalisme franchouillard et déterminé  se faire respecter dans tous les cénacles où se décide le sort de son pays ? De la scène de la confrontation de Yamoussoukro, le héros n’est finalement pas la pseudo-victime qui s’invente un destin de crucifié en confondant la Basilique avec la Fondation Houphouët-Boigny.  Le héros, c’est le jeune chef militaro-politique ivoirien d’alors, Guillaume Soro, qui impose un changement de ton à son interlocuteur, et fait respecter la résistance ivoirienne par le représentant de l’Etat français.


Le camion imaginaire de Le Lidec 


Dans sa volonté de charger tous azimuts le camp Ouattara en procédant à une dislocation interne des anciennes Forces Nouvelles, Le Lidec ne semble pas pouvoir se contenter du récit halluciné de son prétendu égorgement/étranglement à Yamoussoukro. Il éprouve le profond besoin d’inventer un autre canular de nature à compléter le costume de terroriste qu’il tient, par ces temps d’AQMI, du MUJAO ou de BOKO HARAM, à coudre pour Guillaume Soro et tous ses camarades de la résistance civique ivoirienne contre l’ivoirité. Comment faire alors ? Guillaume Soro n’est ni un barbu, ni un enturbanné. Catholique de son état, marié à une fille du pays bété de Laurent Gbagbo, ami des Musulmans authentiques de son pays et du monde entier, la figure cosmopolite  du nordiste Guillaume Soro résiste à toute tentative d’embrigadement dans quelque logique sectaire. Notre écrivain de science-fiction va donc coudre de toutes pièces l’histoire d’une demande de véhicule bourré d’explosifs aux fins d’éliminer physiquement Laurent Gbagbo. Si Guillaume Soro voulait éliminer Laurent Gbagbo, pourquoi le MPCI aurait-il attendu qu’il soit absent de Côte d’Ivoire en 2002 pour entrer en rébellion ? Pourquoi à l’hôtel du Golf comme à la résidence présidentielle en avril 2011, Guillaume Soro n’a-t-il pas fait passer les Gbagbo ad patres alors même que les Gbagbo n’eurent aucune pitié pour Robert et Rose Guéi en 2002 ?  Le seul témoin du prétendu entretien où Guillaume Soro aurait demandé une voiture d’explosifs à Le Lidec, c’est un hélicoptère que le romancier appelle à son secours. Faut-il interroger cet hélicoptère pour s’assurer des dires brumeux de Le Lidec ?


Un portrait contradictoire de Guillaume Soro


On demande à Le Lidec de dresser un portrait de Guillaume Soro.  Le mythomane s’y presse à l’envi. Sans se rendre compte de ses contradictions flagrantes, l’homme à la pensée fragmentaire nous sert encore une soupe infecte de précipités verbaux. Guillaume Soro serait à la fois, « arriviste », « très intelligent », et « bien formé », avec « une force de conviction exceptionnelle ». Comment comprendre alors qu’un homme très intelligent et bien formé fasse une demande d’aide militaire à un diplomate dont il sait parfaitement la condition permanente d’ivrogne patenté ? Comment comprendre qu’un chef militaro-politique bien formé confie ses projets militaires à un diplomate de longue date intime de Laurent Gbagbo avec lequel il nous dit lui-même, qu’il avait des entrevues toutes les semaines ?  La vérité, dans le duel Le Lidec- Soro qui était en réalité le duel Gbagbo-Soro a été connue de tous le 11 avril 2011, lorsque le premier ministre et ministre de la défense d’alors, sûr d’avoir vaincu le Boulanger d’Abidjan, demanda au peuple de Côte d’Ivoire de sécher ses larmes. Le cauchemar des Ivoiriens, clama-t-il solennellement, était terminé. Or mieux encore, le tombeur de Gbagbo, contrairement à Gildas Le Lidec, est demeuré en cohérence avec son combat engagé en 2002 pour la démocratie et la dignité des Ivoiriens, alors que Le Lidec avoue lui-même dans la même interview que l’éminent constitutionnaliste Pierre Mazeaud le traita d’agent double de Gbagbo et de traître à la France…Qui doutera que Pierre Mazeaud avait raison quand Le Lidec avoue n’avoir pas passé une semaine en Côte d’Ivoire sans passer des moments de convivialité avec Laurent Gbagbo ?

Le Lidec à des années-lumières des réalités ivoiriennes

Enfin, on demande à Le Lidec ce qu’il pense de la situation sécuritaire de la Côte d’Ivoire contemporaine. Sans sourciller, le diplomate prétend que la Côte d’Ivoire contemporaine est très incertaine. De quoi parle-t-il au juste ? D’un pays où la bélligérance des factions a absolument disparu ? Où l’armée républicaine améliore chaque jour davantage ses standards de professionnalisme et de conscience civique, avec notamment l’entrée des femmes à la gendarmerie ? D’un pays où le président du FPI, Pascal Affi Nguessan, se promène librement et va de meeting en meeting comme jamais dans la période 2010-2011 ? D’un pays où l’essentiel des prisonniers de la dernière crise postélectorale a été libéré ? Le gros des comptes de l’ex-baronnie débloqué ? D’un pays dont la croissance économique est passée à 9,8 % avec un boom des investissements infrastructurels qui sont les conditions sine qua non d’une émergence socioéconomique solide ?  D’un pays auquel l’ensemble des grandes institutions politiques, diplomatiques, économiques, sociales, culturelles et financières internationales a refait toute sa confiance ? Gildas Le Lidec qui n’a été ni de près, ni de loin témoin des événements de la crise postélectorale ivoirienne 2010-2011, est un has been qui ronge son frin. Le Lidec, on l’a tous compris, se prépare en réalité à venir témoigner éventuellement pour son ami Gbagbo en procès à La Haye. Mais au moins, on sait d’ores et déjà ce que vaudra son témoignage : un vague moment de distraction pour les amateurs de politique-fiction.

 



[1] http://www.marianne.net/Cote-d-Ivoire-les-verites-derangeantes-d-un-ex-ambassadeur-de-France_a239735.html

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
25 juin 2014 3 25 /06 /juin /2014 20:34

La nouvelle secte amnésique des ex : Le Lidec, Mamadou Koulibaly, Nathalie Yamb et Cie

 

Une tribune internationale de Franklin Nyamsi

Agrégé de philosophie

 

 

Trois individus particulièrement mal inspirés défraient la chronique des faits insolites de la websphère ivoirienne. Ils ont en commun d’être rassemblés par les failles de la mémoire. Ils veulent brouiller toutes les cartes pour embrouiller tous les esprits. C’est leur ultime forme de débrouille. A la dérive dans une actualité qui sans cesse les dégomme et les gomme, ils veulent s’accrocher coûte que vaille aux lumières du présent qui les ignorent. Ils parlent en s’oubliant, jouent audacieusement les victimes alors qu’ils sont de bien notoires coupables de forfaits, s’inventent un héroïsme surfait de leur illusions récurrentes et nourri de leurs lubies exacerbées. Peut-on douter que la nouvelle secte des amnésiques ivoiritaires soit vouée à une indispensable disparition ? Aucunement. Le dernier parti que l’on puisse tirer de ces étoiles disparues qui font semblant de scintiller longtemps après leur explosion, c’est d’en tirer pour la gouverne de leurs victimes naïves, quelques leçons pour un autre avenir. Je voudrais donc ici tenter une peinture schématique des démarches éhontées par lesquelles l’ex-ambassadeur français en Côte d’Ivoire, Gildas Le Lidec, l’ex-président de l’Assemblée Nationale Mamadou Koulibaly et l’ex-égérie de la Refondation Nathalie Yamb, s’illustrent pour travestir les données irréfragables d’une histoire récente qui atteste pourtant abondamment de leurs forfaitures respectives. Nos trois personnages s’accrochent donc à un nouveau thème de propagande, surgi du dernier livre de Gildas Le Lidec. Selon ce thème-anathème, Guillaume Kigbafori Soro, alors Secrétaire Général du MPCI, pendant la période de bélligérance 2002-2004, aurait tenté en décembre 2002 d’étrangler lors d’une entrevue à Yamoussoukro l’ambassadeur de France qui n’aurait dû la vie sauve qu’à l’intervention secourable des mains des ambassadeurs d’Italie et d’Espagne. De plus, notre romancier diplomatique à la retraite ajoute que Guillaume Soro lui aurait requis, entre autres incongruités, de lui préparer un camion bourré d’explosifs pour assassiner Gbagbo coûte que vaille dans Abidjan. Digne d’un de ces polars pourris que seuls les esprits embrumés d’alcool savent fabriquer, ce canular servi en forme d’apéritif pour mettre en lumière nos trois has been mérite d’être ausculté au prisme de la factualité historique. Et ce sera le requiem à leurs dernières âneries.

 

Gildas Le Lidec : boire ou se souvenir, il faut choisir


 

L’écriture est-elle l’apanage de tous ceux qui possèdent une machine à écrire ou un stylo à bille ? La moindre des choses quand on veut écrire est de s’assurer qu’on a vraiment quelque chose à dire. Et pour avoir quelque chose à dire, il faut au moins pouvoir se souvenir de ce qu’on a fait, pensé, ressenti, vu, entendu, compris ou lu. Or lorsqu’on est habitué à halluciner tous les jours à partir de dix-sept heures pour toutes sortes de raisons liées à un mode de vie dévoué aux excès, il est probable que la mémoire se mette à errer dans ces mondes imaginaires où les désirs remplacent allègrement la réalité. Boire ou se souvenir, il faut choisir.  Et tout le monde connaît, dans les milieux diplomatiques et politiques, de Madagascar à Abidjan, l’extraordinaire dépendance de M. Le Lidec au godet. Comment s’étonner dès lors que tout ce qui passe par le cou intéresse à outrance notre romancier diplomatique ? A force de  remplir son cou par-dedans, on croit qu’il est serré par dehors. Que faire donc de ce qu’il raconte ? L’avantage des mémoires errantes est de révéler aux mémoires vigilantes combien il importe de faire sa vie sans l’écrire au brouillon, afin que ceux qui  suivent les traces de l’acteur reconnaissent les actes essentiels de son existence. Une mémoire errante, bousculée par l’indiscipline de l’esprit au quotidien, supplée les faits par les souhaits, crée du spectaculaire là où il y a du banal, se fait victimaire quand elle est coupable. Une mémoire errante va de sujet en sujet, avec pour seule certitude le monde entièrement surfait par ses rêveries humectées de drogues et de rêves crevés.

Or les faits, les voici, recoupés auprès de la majorité des témoins: le jour de la rencontre évoquée entre Guillaume Soro et Gildas Le Lidec à Yamoussoukro, étaient effectivement présents : des éléments de la gendarmerie française, Louis André Dakoury Tabley, le premier ministre Seydou Elimane Diarra, Me Camara Adam, Alain Donwahi, feu Maître Fakhy Konaté, Mahamadou Savané.  Le Lidec retrouve-t-il ses mémoires dans les fonds de verres ? A l’exception du regretté Maître Fakhy Konaté, récemment décédé, tous les autres acteurs de la scène sont vivants et peuvent être interrogés par tous les esprits sceptiques. Jamais il n’y eut ce jour-là à Yamoussoukro l’Ambassadeur d’Italie, ni l’Ambassadeur d’Espagne, que la mémoire embrumée de Gildas Le Lidec introduit par effraction magique dans le récit. Une autre méthode ne consisterait-elle pas à retrouver le nom des ambassadeurs de ces pays à cette époque et de les interroger sur leurs prétendues interventions physiques secourables pour dés-étrangler le pauvre Gildas Le Lidec ?  En effet, outré par les propos méprisables et condescendants de l’ambassadeur de France lors de cette rencontre, Guillaume Soro, dont le sens de l’honneur et le courage physique sont connus de tous, avait bondi  de sa chaise et risquait de questionner la consistance physique de Gildas Le Lidec quand, in extremis, avant même que les mains de Guillaume Soro n’aient eu prise sur l’impoli diplomate, le costaud Mahamadou Savané s’était interposé, tout comme avaient rappliqué dans la salle, les gendarmes français qui sécurisaient les lieux. Gildas Le Lidec n’a donc jamais été l’objet du moindre soupçon d’étranglement de la part de Guillaume Soro, sans quoi il n’y aurait plus aujourd’hui grand espace pour laisser passer les plaisirs liquides de son gosier avide. L’hostilité de Le Lidec envers Guillaume Soro n’est au fond que l’atavisme d’une vieille défaite mal consommée du  camp ivoiritaire de Laurent Gbagbo auquel ce diplomate appartint honteusement. Transformé par Laurent Gbagbo en caniche politique, Gildas Le Lidec était en fait un homme retourné et travesti par la force corruptrice du régime des Refondateurs, qu’il tenta de sauver par tous les artifices : rapports complaisants à sa tutelle française, aide à la communication politique du père des Escadrons de la Mort, intimidations piteuses contre la résistance républicaine ivoirienne, tout y passa avant que l’homme ne doive plier bagages des bords de l’Eburnée.  Tels sont donc les faits. On s’en tiendrait là si quelques charognards de service, ne venaient rôder là où ils croient trouver un cadavre politique livré par les fameuses révélations de Gildas Le Lidec dans son livre écrit entre deux rots éthyliques. Ce sont les fameux Mamadou Koulibaly et Nathalie Yamb, de la même secte des amnésiques ivoiritaires en voie de disparition.

 

Nathalie Yamb du LIDER et Le Lidec : « A connait pas ? A demander, Madame ! »

 

En voilà une qui est venue comme on dit à Abidjan, chercher son palabre dans affaire. Et quand on lui remonte fermement ses dernières bretelles par pudeur, la-voilà toute émue.  On donnerait le Bon Dieu sans confession à cette simulatrice exceptionnelle de l’art  victimaire ! Faudrait-il qu’on lui dise encore comme à Abidjan : « A connaît pas ? A demander Madame ? » Les rêveries du sieur Le Lidec semblent avoir trouvé un terreau fertile dans l’âme fragile de la secrétaire de service du Professeur Mamadou Koulibaly, président d’un LIDER capable désormais de se réunir dans une boîte d’allumettes. C’est connu. Ces gens du LIDER, sans le moindre leader qui vaille, ont un grave problème métaphysique. Ils existent à peu près autant que le néant. Du coup, toutes les occasions leurs paraissent bonnes pour clignoter légèrement du non-être à l’être.  Comment procèdent donc ces larves de la politique politicienne contemporaine ? Madame Nathalie Yamb, trop heureuse de trouver dans les dires du diplomate embrumé une occasion de se faire voir par le Président Guillaume Kigbafori Soro, s’est empressée de publier la bave de Le Lidec sur sa propre page facebook, assortie d’un commentaire dont l’outrecuidance n’a d’égale que la grossièreté infecte de cette amatrice de bras présidentiels secourables. Car Nathalie Yamb, trop heureuse d’avoir de beaux mollets qu’elle exhibe sur facebook, ou d’être câlinée tendrement et paternellement par tel ancien président ghanéen qu’elle exhibe tout autant, s’est courageusement dressée sur ses jarrets pour éructer de la manière suivante le 23 juin 2014 :

Soro étrangleur et terroriste. Ce n'est pas moi qui le dit, mais Gildas Le Lidec, ancien ambassadeur de France en Côte d'Ivoire (Source: Jeune Afrique de cette semaine).Et dire que cet individu a eu le toupet de se comparer à Um Nyobè. Comme le disait Audiard : « Les cons, ça ose tout. C’est même à çà qu’on les reconnaît »

c'est même à ça qu'on les reconnaîte le disait Audiard : "Les cons, ça ose tout

 

Ainsi, pour notre sainte nitouche, qui s’étonnera par la suite que je lui donne matière à réfléchir sur les limites de la connerie, les propos pourtant invérifiés de Gildas Le Lidec seraient indéniables. Nathalie Yamb vit du tout-venant des calomnies qui courent les livres indélicats. Son goût pour le croustillant va lui jouer des mauvais tours. Mais mieux encore, nous dit la délurée, la lutte contre l’ivoirité livrée par Guillaume Soro en Côte d’Ivoire n’est pas aussi noble que la lutte contre le colonialisme livrée par Um Nyobè au Cameroun. Enfin, Nathalie Yamb, dont l’exhibition des mollets sur facebook, comme de celle de ses succès affectifs sont pour elle les signes patents d’une grande sagesse, traite le président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire de « con qui ose tout », en s’inspirant du mot d’Audiard. Revenons donc sur les trois arguments de notre provocatrice d’un soir. L’inanité des dires alcoolisés de Le Lidec a été établie. Et d’une. Pour ce qui est de la comparaison entre ivoirité et colonialisme, parlons-en encore. L’ivoirité, c’est, sous la houlette de Laurent Gbagbo et ses camarades du FPI dont les Yamb et Koulibaly, la mise en œuvre de la politique la plus criminelle de discrimination que la Côte d’Ivoire ait jamais connue. On a contraint des Ivoiriens à l’exil sur cette base. Exclu des Ivoiriens de la jouissance de leurs droits civiques sur cette base. Spolié des milliers de propriétaires sur la base de l’ivoirité. Introduit et consacré l’humiliation des Ivoiriens du Nord au quotidien à travers la Côte d’Ivoire. Assassiné des milliers d’Ivoiriens et d’Etrangers en Côte d’Ivoire au nom de ce mythe puriste. Qu’a donc fait le colonialisme ? Le colonialisme s’est accaparé des droits civiques des Africains. A spolié les Africains de la jouissance de leurs terres et biens. Humilié pendant plus de cent ans des peuples entiers traités comme des esclaves. Assassiné ou exilé tous ceux qui résistaient  à l’ogre impérial, tels les Abbey ivoiriens à l’entrée du siècle, tels Um Nyobè, Moumié, Manga Bell ou Samba au Cameroun. En quoi l’ivoirité diffère-t-elle du colonialisme ? Comme l’a précisé le Président Guillaume Soro lors de son discours magistral de Yaoundé, la seule différence entre l’ivoirité et le colonialisme fut une insignifiante différence de couleur.  L’ivoirité n’est que la tropicalisation africaine du colonialisme par les Africains. Et pour en finir avec les mièvreries de cette triste dame, comment ne pas comprendre qu’un entendement nourri de tropismes idéologiques creux trouve que la connerie se trouve chez ceux qui s’essaient à lui éclairer la conscience ? Nathalie Yamb, accroupie au fond de la caverne de Platon, a horreur de cette main secourable du discours-vrai délivré par le Président Guillaume Soro à Yaoundé le 11 juin 2014. C’est une anticolonialiste dogmatique dont l’embourbement est clairement chronique. Aura-t-elle le toupet de réitérer ses propos en d’autres lieux plus exigeants ? Pourtant, il y a encore pire qu’elle : derrière les provocations désinvoltes de Nathalie Yamb, c’est son gourou, le professeur Mamadou Koulibaly, ce leader bien isolé du LIDER qui semble incapable d’exister sans s’attaquer, d’une manière ou d’une autre, au formidable redressement de l’Assemblée Nationale Ivoirienne entrepris par le Président Guillaume Kigbafori Soro.

 

Mamadou Koulibaly : le drame du néant rampant autour d’un Trijudas

Personne de sérieux ne se préoccupe sérieusement des activités du parti de Mamadou Koulibaly, ce LIDER dont un ami bien informé me disait tantôt qu’il ne mérite plus le qualificatif de Parti pour cabine électronique, mais davantage celui de parti digne de réunion en boîte d’allumettes. Qui sait que ce type ira à Paris le 8 juillet dans une petite salle de la Rue de Charonne prêcher à ses habituels convaincus qui n’apprendront rien et qui ne peuvent rien apporter de digne à notre époque ? Je lui fais cadeau de vous en informer. Comme je l’ai montré en d’autres occasions, l’universitaire néolibéral Mamadou Koulibaly a pris le navire du FPI dans l’espoir de parvenir au pouvoir en tant que faire-valoir nordiste du bloc ivoiritaire constitué par Laurent Gbagbo et ses thuriféraires remplis de sève xénophobe et de chauvinisme ethnocentré. Quand dans l’exercice du pouvoir Koulibaly a découvert que ce n’était pas lui, mais la grande prêtresse Simone qui contrôlait la maison-FPI avec le Chef Boulanger d’Abidjan, il a commencé à se rebiffer contre ses propres camarades, au nom d’une bien-pensance qui a toujours été le refuge de son irresponsabilité. Désavoué par le FPI, Koulibaly ne guettait que les premières eaux envahissant le navire du Gbagbopower. Dès décembre 2010, prétextant toutes sortes de fatuités comme tout bon lâche, l’homme s’enfuit au Ghana et se planque, pour échapper aux méthodes criminelles de ses amis. Il attend sagement que Gbagbo chute et revient tranquillement faire allégeance au Président Ouattara avant de tenter une OPA sur les ethnochauvinistes du FPI qui refusent d’attacher leurs bagages avec lui. Traître à la science puisqu’il a tenté de se présenter comme socialiste alors qu’il est pur produit de l’ultralibéralisme, traître au Front Populaire Ivoirien puisqu’il a attendu que Gbagbo chute pour s’en séparer, traître à la démocratie ivoirienne incarnée par le Président Ouattara parce qu’en même temps qu’il jouit de sa bienveillance il se crache dans la main généreuse qui le tolère, Mamadou Koulibaly est un triple traître, un Trijudas, qu’on nous permette le néologisme. Sa trajectoire politique de traître l’ayant déconsidéré dans tous les camps politiques ivoiriens et internationaux, l’homme est rongé par le néant rampant chaque jour plus fort autour de lui comme en lui-même. Comment s’en tirer ? Sa trouvaille incessante est de s’accrocher au wagon de l’Histoire vivante de Côte d’Ivoire, incarnée par le Chef de l’Etat Alassane Ouattara et le chef du Parlement, Guillaume Soro.  La ficelle est cependant tellement grosse que nul esprit sérieux ne s’en laissera davantage abuser.

 

La nouvelle secte des amnésiques ivoiritaires, avec ses pâtres Le Lidec, Koulibaly, Yamb, tous privés du Grand Prêtre Gbagbo, a donc fait long feu. Ils ont beau tripatouiller la mémoire des événements de la crise ivoirienne, il existe des mémoires vigilantes pour leur restituer leur traçabilité objective et leur montrer le visage hideux de leurs forfaitures dans une continuelle épreuve du Miroir. Le Président Guillaume Soro, qu’il leur plaise ou non, a d’autres chats à fouetter, pour le bonheur de la Côte d’Ivoire. Contre le sous-développement du pays, contre la haine gratuite distillée par dix années de bêtises exponentielles, contre le refus de l’altérité incarné par ces has been que le néant aspire sans fin dans son puits sans fond, Guillaume Soro a la grâce d’opposer l’ardeur au travail, la patience dans la conviction, et la tolérance pour la sauvegarde d’une commune espérance en la grandeur cosmopolitique de la Côte d’Ivoire. Telles sont les données réelles de la situation ivoirienne contemporaine, qu’une vie un tant soit peu sobre aurait permis au romancier diplomatique retraité d’apprécier. Et franchement, Guillaume Soro, dont le sens fin de la stratégie et de la tactique est connu, ne solliciterait pour rien au monde les services militaires d’un homme qui hallucine tous les jours à partir de dix sept heures…

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 12:50

DSC 0222

 

 

 

Déclaration du Collectif Diasporique Camerounais à propos de l’attitude anti-diplomatique et anti-républicaine des députés et sénateurs du SDF lors de la visite officielle du Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire au Cameroun

Camerounaises,

Camerounais,

Amis du Cameroun

Chers Frères et Sœurs Ivoiriens,

 

Considérant que le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, S.E. Guillaume Kigbafori Soro honore humblement de sa présence l’Etat du Cameroun en répondant chaleureusement et fraternellement à l’invitation réitérée  par son homologue camerounais de visiter notre pays du 10 au 14 juin 2014,

 Considérant l’excellence des relations qui lient la Côte d’Ivoire au Cameroun depuis 1962 et la paix fraternelle qui règne autour des communautés camerounaise de Côte d’Ivoire et ivoirienne du Cameroun

Considérant l’importance de la coopération interétatique africaine pour la prospérité des Etats, pour l’intégration panafricaine, pour la sécurité convergente de nos populations

Considérant la quintessence historique du discours de vérité, de paix et de liberté délivré le 11 juin 2014 par le Président Guillaume Soro devant la représentation nationale camerounaise

Considérant qu’entre Etats, existent des normes de respect des principes diplomatiques, républicains et civilisationnels lors de la réception de hauts représentants d’Etats amis,

Considérant enfin l’attitude irrespectueuse, désinvolte, provocatrice et injurieuse des députés  et sénateurs du groupuscule rebelle de l’opposition du Social Democratic Front (SDF) envers la deuxième personnalité de l’Etat de Côte d’Ivoire, traitée publiquement, entre autres noms d’oiseaux,  de « voyou » par les responsables délirants de ce parti politique

 

Nous, Collectif Diasporique Camerounais, venons par la présente déclaration

  1. Dénoncer le caractère ubuesque, enfantin, anti-républicain et anti-diplomatique de l’agression du SDF contre le président de l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire

  2. Demander que des poursuites soient diligemment intentées contre les responsables de ce parti, qui se sont permis de tenter d’atteindre l’honneur et la dignité d’une haute personnalité étrangère en visite officielle au Cameroun

     

  3. Demander à l’ensemble des autres groupes politiques de l’Assemblée Nationale Camerounaise de condamner les dérives anti-républicaines, anti-diplomatiques, xénophobes et extrémistes du SDF et requérir des sanctions disciplinaires contre ce parti

     

     

  4. Appeler les Camerounaises et les Camerounais de l’intérieur comme de l’intérieur, les bi-nationaux originaires du Cameroun et leurs alliés, qu’ils soient divergents ou convergents envers les idéaux du Président Guillaume Soro,  à s’unir comme un seul homme pour que la visite officielle de l’hôte du Cameroun se poursuive et parachève dans la chaleur, l’hospitalité et la fraternité qui caractérisent les peuples  politiquement mûrs.

 

En appelant ardemment les Ivoiriens du Cameroun et les Camerounais de Côte d’Ivoire à demeurer sereins et imperturbables devant les provocations de ce groupuscule de pseudo-opposants complètement discrédités par leur impuissance et leur incompétence politiques, nous renouvelons au Président Guillaume Kigbafori Soro, nos vœux de bel et bon séjour dans son pays adoptif, la terre panafricaine du Cameroun, qui est profondément fière de son exemple de bravoure et de lucidité.

Notre engagement citoyen vise l’émergence un Cameroun inclusif, pacifique, moderne, juste, prospère, panafricain, écologique et exemplaire. Un tel Cameroun ne saurait s’accommoder de xénophobie, d’extrémisme et de mépris des bonnes manières conformes républicaines au droit international.

Vive l’amitié ivoiro-camerounaise !

Fait à Paris, le 12 juin 2014

Professeur Franklin Nyamsi

Président du Collectif Diasporique Camerounais

 

 

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 17:53

10433238_741564645909633_8073489654035689943_n.jpgGuillaume SORO à l'Assemblée Nationale du Cameroun: "me voici donc à Yaoundé"

  • Présent au Cameroun dans le cadre d’une visite de travail, le Président de l’Assemblée nationale  de Côte d’Ivoire, Guillaume Kigbafori SORO, a pris part ce mercredi 11 Juin 2014   à l’ouverture de la Deuxième Session Ordinaire du Parlement camerounais.  Nous vous proposons, en intégralité, le discours prononcé par le PAN SORO, à cette occasion.

Mesdames et messieurs,

Me voici donc à Yaoundé, parmi vous et pour de vrai. J’apporte le salut de la Côte d'Ivoire, terre d’espérance, pays d'hospitalité, à la République sœur du Cameroun, berceau de nos ancêtres, qui va debout et fier de sa liberté.

Pour tous les Ivoiriens, que ma délégation et moi-même représentons en cet hémicycle historique de Ngoa-Ekellé, le drapeau camerounais reflète bien, ce symbole ardent de paix et d’unité. Nous sommes heureux de savoir que tous les enfants du Cameroun, de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud, sont résolument soucieux du service dû à cette grande nation africaine.

Soyez assuré que nous sommes honorés de pouvoir participer à la Cérémonie d’ouverture de la 2ème Session Ordinaire de votre Assemblée et que cette date du 11 juin 2014 restera gravée de façon indélébile dans l’histoire des relations entre nos deux institutions.

Monsieur le Président, soyez  fraternellement et chaleureusement remercié de cette invitation cordiale.

En ce jour hautement symbolique pour votre représentation nationale, je ne saurais omettre l’évocation du Cameroun du Football alors que je foule votre sol à l’orée de la Coupe du monde 2014.

La glorieuse épopée des Lions Indomptables dans ce sport-roi, a conquis l’Afrique entière. Quand, en 1990, le Cameroun joue et gagne face aux grands de ce monde, quel africain n’est pas camerounais ?

Quels frémissements de fierté n’avons-nous pas partagé avec votre grand peuple, quand les légendes vivantes du football africain qui, de Roger Milla hier à Samuel E'too Fils aujourd'hui, ont  époustouflé les stades par leur génie ? Ce dont le Cameroun est capable sur les stades de Football, quand il est uni et fort comme ses Lions Indomptables, c’est de porter l’espoir de tous les Africains d’être meilleurs.

Ainsi, les succès du Cameroun rendent l’Afrique entière indomptable.

Monsieur le Président,

Très Honorable CAVAYE,

Me voici présent dans ce haut lieu de la démocratie à votre invitation. C’est en effet un sentiment de fierté qui envahit le modeste apprenti que je suis, pour l’heureuse occasion qui m’est offerte, d’être un élève attentif, à l’école de ce Maître que vous êtes, vous qui occupez la haute fonction de Président de l’Assemblée nationale du Cameroun depuis plus de 20 ans !

En cet instant solennel et avant tout propos, permettez-moi de m’acquitter d’un agréable devoir : celui de transmettre les chaleureuses salutations du Président de la République de Côte d’Ivoire, Son Excellence Monsieur Alassane Ouattara, à son frère ainé et ami, Son Excellence Monsieur le Président Paul BIYA, tout en rappelant que ces deux grands Chefs d’État s’honorent de l’admiration et du respect mutuels qu’ils se portent depuis longtemps.

Honorables Députés,

Sachez qu’à travers nous, c’est la Côte d’Ivoire toute entière, dans toute la richesse de sa diversité, qui est à votre écoute et à vos côtés, et que nous avons la ferme intention de saisir cette opportunité pour engager un dialogue franc et direct et pour aborder les vraies questions : partons ensemble, chers collègues, à la recherche de solutions innovantes qui puissent répondre aux attentes et aux préoccupations de nos populations, tel est le sens de mon intervention.

Dès mon plus jeune âge, je n’ai pas manqué, sur les bancs de ma modeste école primaire, d’apprendre mes leçons et de faire le rapprochement entre les cours de géographie, qui nous apprenaient que votre pays est placé, du haut de ses 4 000 mètres d’altitude, sous la protection du Mont Cameroun, et les cours d’histoire, qui soulignaient l’importance de l’année 1944 et la hauteur de vues dont fit preuve Felix Houphouët-Boigny, lors de la Conférence de Brazzaville : acte fondateur d’une décolonisation réussie, ou simple signe annonciateur d’un long et difficile processus d’émancipation de notre continent ? La question est toujours d’actualité…

Très Honorable Président Cavayé,

Quelle édifiante leçon, pour les apprentis parlementaires que nous sommes, que de constater que cette réussite éclatante, vous l’avez construite en restant fidèle au Chef de l’État, Son Excellence Monsieur le Président Paul BIYA et à son parti.

Je me suis laissé dire, au lendemain de mon élection à la tête du Parlement ivoirien, que j’intégrais le club très ouvert des Présidents d’Assemblées nationales d’Afrique conduit par le doyen des doyens, le Très Honorable CAVAYE, qui aujourd’hui totalise plus de 44 ans de présence à l’Hémicycle de la République du Cameroun.

Dès lors, vous pouvez donc comprendre mon bonheur d’être venu m’abreuver à la source de cette Sommité, moi le benjamin qui ne revendique pas encore 44 ans d’âge.

Au nom du Club des Présidents d'Assemblée nationale, je veux vous rendre un hommage mérité.

Très Honorable Collègue Président,

Je voudrais qu’il me soit également permis de saluer le Premier Président du Sénat camerounais, Son Excellence Monsieur Marcel Niat  NJIFENDJI, éminente personnalité : du brillant lauréat du Concours Général en Histoire et Géographie, au Perchoir de la Chambre Haute, en passant par les importantes fonctions managériales et ministérielles, cet ingénieur aux compétences avérées a fait bénéficier son pays des fruits de sa longue et riche expérience scientifique et politique.

Honorables Collègues Député

Je suis aujourd’hui devant vous, pour vous parler et pour vous entendre parler d’amitié, de solidarité et de coopération entre nos deux Parlements et, à travers eux, entre nos deux populations.

La bienveillante attention que vous avez prêtée à notre mission et votre désir manifeste de la rendre à la fois utile et agréable, suffisent à me persuader que les perspectives qui s’ouvrent devant nous sont désormais favorables au développement de notre coopération interparlementaire et qu’elles nous amèneront à œuvrer de concert pour la consolider.

À travers la modeste voix de l’éphémère messager que je suis, ce sont les craintes, les attentes et les  aspirations profondes de la Côte d’Ivoire toute entière qui s’expriment et que nos Institutions parlementaires nous permettent justement de prendre en compte et de satisfaire.

Entendons-nous bien : quand j’utilise des expressions comme « œuvrer de concert » ou « conjuguer nos efforts », ce ne sont pas de vaines paroles, car je suis habité par une intime conviction : chaque peuple a, selon moi, un génie qui lui est propre et sa mission est de mettre ce génie au service du bien commun de l’humanité.

C’est pourquoi, je suis persuadé que nous pouvons enrichir notre propre patrimoine culturel, en nous inspirant de l’expérience acquise par nos frères Camerounais, qui ont su relever les défis auxquels ils se sont trouvés confrontés, du fait de la spécificité de leur situation.

Réciproquement, il nous est permis de penser que l’expérience ivoirienne, sous le triple aspect de l’avènement de la crise, de sa gestion et de son achèvement, mérite d’être évoquée et partagée avec vous.

Ainsi, j’en reviens à ma proposition initiale qui consistait, si vous vous en souvenez, à « être à votre écoute et à vos côtés » :

Être à votre écoute, cela veut dire engager une réflexion approfondie sur l’expérience politique et sociale de votre pays, et sur les leçons que nous serons à même d’en tirer pour améliorer nos propres modèles de gouvernance démocratique pour l'épanouissement de nos populations.

Nous avons aujourd’hui la chance d’être auprès de vous, vous les dignes et légitimes représentants du peuple souverain, et c’est pourquoi j’en profite pour revenir sur les questions spécifiques qui, tout au long de son histoire, se sont posées au Cameroun.

Je pense en particulier à la question de la conception fédérale ou unitaire de l’État, ainsi qu’à celle du pluralisme linguistique.

Mais avant cela, n’oublions pas de rappeler, dès lors qu’il s’agit de juger des Institutions africaines ou de se demander où nous en sommes en termes d’émergence de la démocratie ou de stratégie de développement, que notre continent a été colonisé et que cet héritage est parfois bien lourd à porter : les faits sont là et ils sont têtus : les pays occidentaux, pendant des siècles, ont privé nos populations de la maîtrise de leur destin.

Soit dit en passant : ils seraient donc bien inspirés, s’ils faisaient preuve à notre égard, de patience et de tolérance, quand il s’agit de parler d’émergence économique ou d’exigences démocratiques !

Le fait est que la prétendue mission civilisatrice de la colonisation a été le prétexte de trop de crimes accomplis en son nom, au Cameroun, en Côte d’Ivoire comme partout ailleurs.

Je vous épargnerai le rappel du triste cortège de crimes et autres violations des droits fondamentaux de la personne humaine, qui ont marqué au fer rouge de l’infamie, l’histoire de la colonisation comme celle de notre libération. Mais une chose est certaine : aucun pays n’est fier d’avoir été colonisé  et, par voie de conséquence,  aucun de nos pays ne devrait se glorifier d’avoir été le plus terrorisé des pays colonisés !

Malgré tout, je demeure persuadé que nous avons mieux à faire que de ressasser indéfiniment ce douloureux passé, car ce serait se condamner à entrer dans l’avenir à reculons, comme si nous étions prisonniers d’un véhicule qui ne fonctionne qu’en marche arrière et dont le conducteur ne sait se servir que du rétroviseur !

En revanche, il est clair qu’une réflexion concertée sur les séquelles de la colonisation ne peut être que bénéfique, car l’impact négatif sur notre culture ancestrale, notre modèle économique et notre tissu social n’a pas revêtu la même forme dans nos différents pays.

Ainsi, s’agissant du Cameroun, les séquelles de la colonisation constituent sans aucun doute un handicap encore plus difficile à surmonter, du fait des multiples convoitises dont il a été l’objet.

Votre pays représente en effet, poussées jusqu’à leur paroxysme, les rivalités entre les grandes puissances, qui ont transposé en Afrique les ambitions impérialistes qui étaient les leurs sur leur propre continent.

Honorables Députés,

Il faut croire que votre pays possède un mystérieux pouvoir d’attraction, puisqu’il fit l’objet successivement des visées expansionnistes du Portugal, de la Hollande, de l’Allemagne, de la Grande Bretagne et de la France !

La contradiction de votre situation a été portée à son comble, quand le Cameroun s’est trouvé divisé en deux parties, (francophone et anglophone), les belligérants occidentaux n’étant pas parvenus à régler autrement, la question du dépeçage programmé de notre continent !

Cette caractéristique, comme c’est souvent le cas, va se traduire dans un premier temps par des effets négatifs, mais elle vous a permis, par la suite, d’ouvrir des perspectives positives et prometteuses pour votre pays.

Les aspects négatifs de cette acculturation multiforme qui a été imposée à votre population, concernent les changements incessants qu’il vous a fallu apporter aux règles de fonctionnement de la société, au rythme aléatoire des défaites et des victoires remportées par les pays colonisateurs sur leurs propres champs de bataille.

Pour autant, les leaders Africains, nos valeureux devanciers ont  intellectuellement réagi contre la colonisation par la doctrine dite du panafricanisme, union des révoltés contre la domination, au nom du droit inaliénable qu'à tout peuple à disposer de lui-même.

Je ne m’étendrai point ici sur les nuances de l’idéologie panafricaniste, entre les mouvances capitalistes et socialistes, pragmatistes et traditionnalistes. Je me contenterai cependant de souligner que le meilleur des critères pour évaluer le degré d’humanité d’une politique, c’est de mesurer le sort fait aux minorités vulnérables.

Il faut donc poser aux panafricanismes africains des questions qui visent droit au cœur de la dignité humaine en péril dans tout combat politique.  On découvre alors que seul vaut un panafricanisme de projet, d’inclusion et de solidarité concrètes, alors que la pire des choses qui puisse nous arriver, c’est la confiscation du thème panafricaniste par les imposteurs du national-chauvinisme. La haine de l’Occident devient, pour bon nombre d’entre eux, une manière de déguiser leur mépris de la liberté et de la justice entre les Africains eux-mêmes.

Comment se rendre complice d’une telle mystification ?

Oui, Honorables Collègues, j’ai des questions de confiance à poser aux différents panafricanismes africains.

Sont-ils panafricanistes, ces Ivoiriens qui ont massacré le Burkinabé et le Malien, pour la simple et bonne raison qu’ils étaient Burkinabé et Malien ?

Sont-ils panafricanistes, ceux qui considèrent les Camerounais vivant dans leur pays comme des sous-hommes?

Les Tchadiens, les Centrafricains ou les Nigérians vivant chez eux comme des moins que rien ?

Oui, chers Collègues, qu’est donc devenu le rêve d’une Afrique sans entraves et sans frontières? Qu’est devenu cet esprit d’unité et de solidarité, censé être à la base de notre « Africanité » ? Quand un étranger né en Côte d’Ivoire accède à la nationalité ivoirienne après 40 ans de vie dans la ségrégation, sont-ils panafricanistes, ceux qui crient à l’invasion étrangère ?

À l’opposé de ces dérives aux détestables relents xénophobes, je continue à croire que nous sommes capables de donner un corps à ce rêve d’union et de donner une âme à cet élan de solidarité qui nous est si naturel qu’il n’est pas de blessure que subisse l’un de nos frères, qui ne nous affecte et ne nous interpelle comme c'est malheureusement le cas de la République centrafricaine, autre État frontalier en grandes difficultés de tous ordres.

Il nous faut résolument sortir des déclarations généreuses, pour pratiquer et instituer l’hospitalité africaine au cœur de nos Etats, pour le bien de nos peuples et de nos concitoyens, pour une modernisation harmonieuse de notre continent.

De ce point de vue, comment se priver de tirer des leçons proprement camerounaises de notre temps ?

Comment ne pas être admiratif, quand on vient d’un pays, le mien, qui s’est divisé lui-même et ne peut s’en prendre qu’à lui et à lui seul, pour s’être trouvé dans cette situation de partition, si on le compare au Cameroun, que d’autres, les colons, ont divisé contre son gré et qui, malgré tout, est parvenu de son propre chef, à reconstituer son unité et à reconstruire son identité !

Honorables Députés,

Chers Collègues,

Nous avons été « à votre écoute ». Reste, comme convenu, à examiner selon quelles modalités nous pouvons « être à vos côtés » en vous donnant l’occasion, si vous le souhaitez, de partager avec vous l’expérience ivoirienne.

Être à vos côtés, cela signifie revenir sur les problèmes qui se sont posés à nous et sur les procédures que nous avons mises en place pour les résoudre.

Voici donc un pays, la Côte d’Ivoire, ce havre de paix admiré dans la sous-région pour la sérénité de ses habitants et la stabilité de ses Institutions, qui se retrouve à son tour au bord du gouffre de la division et de la destruction.

Voici donc une nation qui se prend à oublier que ce qui faisait sa noblesse et sa grandeur, c’était son esprit de tolérance et son respect de la différence.

Tout au long de mon enfance et de mon adolescence, je m’étais familiarisé avec l’idée qu’être Ivoirien et être fier d’être Ivoirien, c’était la même chose, qu’il y avait au cœur de chacun de mes concitoyens cet indéfectible attachement à une Côte d’Ivoire unie, qui vit en parfaite harmonie avec tous ses voisins et amis. J’ai fait mes classes avec des camarades dont je ne me suis jamais soucié ni de l’origine ethnique, ni de l’appartenance religieuse, car, pendant longtemps, ces données sectaires n’ont jamais habité, ni la façon de penser, ni la façon de faire des ivoiriens.

Imaginez donc ma stupéfaction, quand je m’aperçus peu à peu qu’il y avait désormais en Côte d’Ivoire, des ivoiriens à part entière et des Ivoiriens entièrement à part, et que rentraient dans cette catégorie de l’infamie, toutes celles et tous ceux dont on pouvait supposer qu’ils n’étaient pas de chez nous et qu’ils venaient d’ailleurs, de l’un de ces pays dont il était dit qu’ils ne pouvaient être que nos ennemis.

Alors, voyez-vous, je n’ai aucun scrupule et je n’éprouve aucune hésitation à le dire, je me suis élevé avec force contre cette dérive identitaire, contre cette xénophobie rampante, contre cette politique discriminante.

Oui, chers amis Camerounais, je vous le dis: je me suis rebellé contre l’ivoirité qui catégorisait les Ivoiriens.

Quelle différence entre l’ivoirité et le colonialisme ?

  Aucune, sauf peut-être une insignifiante différence de couleur.

En Côte d’Ivoire, on a voulu instaurer une hiérarchie naturelle entre des citoyens pourtant égaux en droits et en devoirs. Cette politique active de l’ivoirité insidieusement récupérée et amplifiée par Monsieur Gbagbo, n’était rien d’autre que la tropicalisation de la colonisation des Africains par des Africains.

Oui, comme Martin-Paul Samba, Edandé Mbita, furent rebelles contre le colonialisme allemand ici au Cameroun, je le suis devenu !

Comme Ruben Um Nyobè, Félix Moumié, et bien d’autres, furent rebelles contre le colonialisme français ici même au Cameroun, je le suis devenu !

Comme le peuple Abbey de Côte d’Ivoire, cruellement déporté pour sa résistance au colonialisme français au début du 20ème siècle, je me suis rebellé !

Je suis rebelle contre toute politique occidentale, asiatique, américaine ou africaine qui normalise l’injustice, les discriminations, le mépris et l’exploitation quotidienne de l’homme par l’homme.

Telle est la Cause à laquelle j’ai dédié ma jeunesse et mes facultés. Les causes qui ont justifié les sacrifices de vos glorieux prédécesseurs sont celles qui ont avivé la flamme de mon combat.

Oui, chers amis collègues, depuis mon arrivée dans votre beau pays, j’ai toujours eu l’impression que l’Ivoirien que je suis est également Camerounais comme tout Africain est chez lui partout sur le continent africain.

Si vous voulez bien me conférer ce titre d’identité, je vous en remercie, car nous sommes tous des Africains, ce qui veut dire les amis, les parents et les frères de tous les Africains.

C’est pourquoi, le peuple ivoirien s’est réjoui de la mobilisation de tous les Africains à son chevet quand est survenue la crise. Nous avons favorisé le dialogue direct sous les auspices des Chefs d’Etats africains.

Et c’est cet échange direct entre tous les protagonistes ivoiriens qui a finalement abouti à la décrispation nécessaire pour que l’on puisse organiser, dans la sérénité et en toute sécurité, des élections présidentielles, législatives, régionales et municipales dont les procédures ont été unanimement saluées comme ayant été transparentes, ouvertes à tous, démocratiques et, disons-le sans forfanterie, exemplaires, dans leur préparation, leur organisation comme dans leur déroulement.

En effet, initier et faire aboutir un véritable dialogue politique inclusif, nous l’avons fait à Pretoria II en 2005 puis à Ouagadougou en 2007, sans la moindre intrusion d’une quelconque puissance occidentale. Ce sont des Accords africains, entre les Africains. Ce sont les Accords de Pretoria II et de Ouagadougou qui ont défini l’ensemble des modalités de sortie de crise que nous avons scrupuleusement suivies.

Peut-être faut-il rappeler ici que, en son titre 10 portant sur l’organisation des élections, l’Accord de Pretoria II dument signé par tous les acteurs ivoiriens, stipulait clairement et je cite :

« Les parties signataires du présent accord sont conscientes des difficultés et sensibilités liées aux élections. En vue d’assurer l’organisation d’élections libres, justes et transparentes, elles ont admis que les Nations Unies soient invitées à prendre part aux travaux de la Commission Electorale Indépendante. A cet effet, elles ont donné mandat au Médiateur, Son Excellence Monsieur Thabo MBEKI, d’adresser une requête aux Nations Unies, au nom du peuple ivoirien, en vue de leur participation dans l’organisation des élections générales. » Fin de citation.

D’où vient-il qu’au nom d’un prétendu panafricanisme, on s’offusque que les Nations Unies aient exécuté leur mandat ?

Peut-on dire que nous sommes plus panafricanistes qu’un leader de la dimension de Thabo M’BEKI qui, avec ses compagnons de l’ANC de Mandela, se sont rebellés contre l’Apartheid ?

L’élection présidentielle ivoirienne d’octobre-novembre 2010 fut l’élection la plus surveillée, je dirais même la plus rigoureuse de toute l’histoire contemporaine de notre pays. C’est un fait incontestable.

Au demeurant, même un simple néophyte pourrait comprendre, sans être agrégé de mathématiques, que dans notre pays, lorsque 2 grands Partis politiques unissent leurs voix, le 3ème n’a aucun moyen de l’emporter.

Soyons clair et précis : en Côte d’Ivoire nous avons 3 grands partis politiques qui, soyons généreux, pèsent chacun le tiers de l’électorat. Alors, vous conviendrez avec moi que si 2/3 se mettent ensemble, ils ne peuvent que battre le tiers restant : Laurent GBABGO représentait ce tiers restant ! N’en déplaise !

Il est donc évident que c’est sur la base de faits vérifiés  et conformément à des procédures avérées, que  les résultats de l’élection présidentielle ont été proclamés : Monsieur Alassane Ouattara a bel et bien été élu démocratiquement Président de la République et il est le Président de tous les Ivoiriens.

Si le Président Gbagbo avait cédé le pouvoir pacifiquement  comme cela a été le cas du Président Wade au Sénégal ou du Président Rupiah Banda en Zambie, il n’y aurait pas eu toute cette tragédie postélectorale. Et Laurent Gbagbo ne serait pas aujourd’hui devant cette Cour Pénale Internationale à laquelle il n'a jamais été opposé quand il était encore au pouvoir.

Oui, il faut le rappeler car trop de gens ont la mémoire sélective dans nos opinions nationales respectives.

Chers Collègues,

Ma vision des choses se résume à la formule suivante : refuser d’entendre la voix du peuple et d’accepter le verdict des urnes, quand une consultation électorale a été transparente, c’est se rendre coupable d’un véritable déni de démocratie.

Aujourd’hui, la crise est derrière nous. Place à présent à la réconciliation nationale qui, il faut l’admettre, a été laborieuse au départ.

Cependant, je ne doute pas un seul instant, que nous y parviendrons dans un avenir qui ne me semble pas éloigné car les choses vont dans le bon sens.

Je suis confiant en la capacité des Ivoiriens à se retrouver autour de leur intérêt commun et à œuvrer ensemble à bâtir cette nation forte et prospère dont les signaux sont désormais clairement visibles. En effet, sous la conduite du Président Ouattara, le second miracle économique se réalise sous nos yeux avec un taux de croissance qui avoisine les 10%.

Je ne doute pas un seul instant que nous serons à même, grâce aux efforts conjugués de chacun et de tous, de retrouver ce respect mutuel et cette confiance partagée, sans lesquels il n’y a pas de saine démocratie.

Je n’ai donc pas d’inquiétude particulière, il faut que vous le sachiez, sur le bon déroulement de la prochaine élection présidentielle : le Président Alassane OUATTARA et les Institutions ivoiriennes sauront trouver les mots et poser les actes qui nous permettront de transformer les ennemis d’hier en adversaires de demain et de découvrir le juste équilibre qui nous permettra, dans la confiance et la sérénité retrouvées, de consulter librement le peuple ivoirien.

La principale leçon que nous avons nous-mêmes retenue de cette expérience d’une démocratie qui s’inscrit progressivement dans la durée, c’est que la démocratie ne se décrète pas, mais qu’elle se construit pas à pas : elle requiert l’implication de tous les acteurs sociaux et elle exige, de leur part, un engagement de tous les instants.

Honorables Députés

Mesdames et Messieurs,

La démocratie n’est pas une fin en soi. Nos peuples n’y croiront pas, si elle ne s’accompagne pas de paix, de justice, de stabilité et de prospérité. Nous qui avons connu les affres de l’insécurité ne pouvons que comprendre l’intensité de la situation géopolitique du Cameroun aujourd’hui. La terre de paix et de liberté du Cameroun ne saurait se plier à une nouvelle inféodation. BOKO HARAM ne combat pas l’injustice. BOKO HARAM veut la faire prospérer, tout au contraire. La dignité des résistances émancipatrices n’a rien à voir avec la bassesse de ces criminels qui ternissent l’ISLAM AFRICAIN, la Femme Africaine, l’Humanité Africaine.

Avec BOKO HARAM, ce sont les normes universelles des civilisations africaines qui sont en péril : le respect, l’accueil, le partage, le dialogue, la symbiose réfléchie de nos peuples avec la nature, telles sont les valeurs que BOKO HARAM piétine avec effronterie et cynisme. Le caractère planétaire de ce danger nous est confirmé par le fait que ce redoutable mouvement qui sème le chaos au Nigéria, intervient en renfort des islamistes armés dans le nord du Mali et menace directement le peuple malien de représailles assassines.

L’internationalisation du danger terroriste requiert l’internationalisation de la coordination sécuritaire des Etats africains.

Honorables Députés,

Chers Collègues,

Vos périls sont les nôtres. La loi du « chacun pour soi » nous a résolument montré toutes ses limites. Réveillons-nous et œuvrons intelligemment ensemble pour envisager un avenir réellement meilleur pour nos peuples. Le phénomène BOKO HARAM nous interpelle à la mobilisation générale.

L’appel que nous voulons lancer consiste à affirmer haut et fort que le terrorisme ne concerne pas une seule région africaine à l’exclusion de toutes les autres ; qu’il n’y a pas de pays qui puisse être solitairement épargné, quelles que soient les mesures nationales mises en place pour s’en prémunir !

Dans le feu et face à la Terreur, les vaillants soldats des Forces Armées Camerounaises sont actuellement en opération dans le nord de ce pays, pour le salut de leur patrie. Je tiens à les assurer du soutien fraternel et chaleureux de l’Etat de Côte d’Ivoire que je représente devant vous aujourd’hui. Ils mènent le juste et bon combat contre l’obscurantisme. Vaincre BOKO HARAM n’est pas seulement une nécessité, c’est un Devoir Sacré, pour la sauvegarde de nos valeurs d’humanité.

Nous, parlementaires Africains, devons comprendre que ce n’est pas seulement une affaire exclusive de nos exécutifs. Nous, Parlementaires africains, devons recommander que l’action exécutive soit complétée par une action interparlementaire pour sortir de la crise qui menace de contaminer gravement notre continent.

Ma suggestion concrète se décline comme suit : je suggère que notre doyen, le Très Honorable Président CAVAYE, prenne l’initiative d’engager le débat sur la lutte contre le terrorisme dans un cadre panafricain et interparlementaire et que l’Assemblée nationale du Cameroun organise un Séminaire interparlementaire sur les stratégies concertées et coordonnées à développer, dans la lutte contre le fondamentalisme et le terrorisme.

Bien évidemment, nous appuierons solidairement ces initiatives opportunes.

Très Honorable Président,

Honorables Députés,

Me voici parvenu au terme de mon intervention. Permettez-moi de réitérer ma gratitude et ma reconnaissance aux plus hautes autorités de votre pays et au Peuple camerounais pour son accueil empreint d'amour et de chaleur. Soyez remerciés au nom du Peuple ivoirien.

Vive le Cameroun, Vive la Côte d'Ivoire !

Vive l'amitié entre la Côte d'Ivoire et le Cameroun !

Je vous remercie.

Guillaume Kigbafori SORO
Président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 20:57
Les balivernes du Social Democratic Front de John Fru Ndi sur la visite camerounaise du Président Guillaume Soro

 

Une tribune internationale de Franklin Nyamsi
Agrégé de philosophie, Paris, France
 
 
 
Quand un parti politique incapable de faire face à ses tâches historiques propres s’érige en donneur de leçons de politique internationale, on a l’exact sentiment de voir l’hôpital qui se fout de la charité. L’occasion de la visite historique du Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire au Parlement Camerounais du  10 au 14 juin 2014 aurait été parfaite si les vieux démons de la politicaillerie camerounaise ne s’étaient point réveillés de triste façon à cette occasion, comme pour confirmer l’extraordinaire capacité de l’indigence et de la bêtise politiques à resurgir comme des obsessions chez ceux qui en ont contracté les sinistres habitudes. N’est-ce pas le cas du Social Democratic Front de John Fru Ndi, soi-disant premier parti de l’opposition camerounaise, dont le communiqué de presse publié ce jour contre l’accueil du président Guillaume Soro en visite officielle au parlement camerounais, témoigne de l’inaptitude vénielle et définitive à gouverner un jour dignement le Cameroun ? Je voudrais dans la présente tribune, procéder à une lecture analytique des arguments déployés par le SDF dans sa sortie relayée par l’Agence Africaine de Presse (APA)[1]. Dans un second moment, j’articulerai la vision républicaine du Cameroun qui s’impose à tout politique africain initié aux arcanes de la politique internationale contemporaine.
 
Les arguments que le SDF mobilise dans sa missive pondue à Buéa ce 9 juin 2014 méritent d’être patiemment examinés. Le SDF « dénonce vertement l’arrivée au Cameroun de Guillaume Soro, le président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire ». A bien comprendre donc ce premier argument, la seconde personnalité de l’Etat de Côte d’Ivoire, qui entretient des relations diplomatiques jamais interrompues avec l’Etat du Cameroun depuis les indépendances, n’a pas droit de visite au Cameroun, alors même qu’en 2013, M. Cavaye Yéguié Djibril, chef du parlement camerounais, a été reçu en bonne et due forme par le parlement ivoirien à l’invitation de son homologue Guillaume Soro. Où était le SDF quand le chef du parlement camerounais se rendait en Côte d’Ivoire ? Pourquoi le SDF n’a-t-il-pas démissionné du Parlement Camerounais quand le président Cavaye Yéguié a concédé la dette de réciprocité diplomatique qu’impliquait son acceptation d’être reçu par le parlement ivoirien ? Mieux encore, en quoi le parlement camerounais, est-il plus légitime que  le parlement ivoirien, au regard des normes  de transparence appliquées ou non par l’un et l’autre système électoral ?  John Fru Ndi révèle très clairement par cette sortie incongrue qu’il ne saurait être un homme d’Etat.
Réuni à Buéa, dans le sud-ouest du Cameroun, le parti de John Fru Ndi ose en outre présenter le président Guillaume Soro comme « un chef de guerre qui a plongé la Côte d’Ivoire dans la guerre civile, causant la mort des milliers de personnes ». Faut-il comprendre par là que c’est Guillaume Soro qui a inventé la doctrine sinistre de l’ivoirité qui dès les années 90 a livré la Côte d’Ivoire à l’arbitraire ? Faut-il comprendre par-là que c’est Guillaume Soro qui a organisé l’exclusion des Ivoiriens du Nord et des Etrangers de Côte d’Ivoire par la politique ivoiritaire reprise et renforcée par les crimes du régime Gbagbo entre 2000 et 2011 ? La vérité historique que John Fru Ndi, davantage intéressé aux subsides de Gbagbo qu’à la souffrance des Ivoiriens ignore, est tout simplement la suivante : le FPI est l’auteur authentique de la descente de la Côte d’Ivoire aux enfers de la guerre. C’est en légitime défense contre un pouvoir qui les exilait, pourchassait, assassinait, méprisait impunément, que Guillaume Soro et ses camarades des MPCI/FN ont risqué leur vie pour recouvrer pleinement leurs droits de citoyens et de personnes humaines.
Lorsque le Parti de John Fru Ndi demande à Guillaume Soro de libérer au préalable Laurent Gbagbo pour que cesse la justice dite des vainqueurs, on a juste envie de se demander si le leader de Bamenda sait encore de quoi il parle. N’est-ce pas Gbagbo qui a officiellement engagé le processus d’adhésion de la république de Côte d’Ivoire à la CPI ? Voilà qui est pris alors qu’il voulait prendre. La CPI, pensée par Gbagbo comme piège tendu à l’opposition ivoirienne, s’est refermée sur lui-même, précisément parce que sa vision de l’avenir de la Côte d’Ivoire n’avait que la profondeur d’un pénitencier. Ce n’est pas à Guillaume Soro de libérer Gbagbo, bien qu’il ait par ailleurs contribué à sauver la vie à un Gbagbo qui jamais ne lui aurait offert le même cadeau dans des circonstances analogues. En attendant que le SDF nous montre un pays où ce sont les vaincus qui font justice, il faut et il suffit de constater qu’au triple plan économique, diplomatique et politique, il fait infiniment mieux vivre dans la Côte d’Ivoire sous ADO que dans celle de Gbagbo : près de 10% de croissance économique, des chantiers à n’en plus finir, 300 000 emplois offerts aux chômeurs, un rayonnement diplomatique retrouvé et une réconciliation en marche, voilà autant de signes qui déçoivent les oiseaux de mauvais augure qui se sont rabibochés à Buéa dans une réunion pour ne rien dire.
Enfin, lorsque le SDF appelle ses menus députés (18 sur 180, soit 10% de la représentation nationale camerounaise) à s’associer aux « députés patriotes des autres formations politiques », pour que ne « triomphe pas l’imposture et l’impunité », on peut se demander de quelle hauteur se septuagénaire de Ntarikon se place pour se croire en capacité de punir le chef du parlement ivoirien. Bien qu’il ait pratiquement l’âge du grand-père de Guillaume Soro, John Fru Ndi appartient au passé et au passif de la politique camerounaise alors que le député de Ferkéssédougou appartient à l’avenir de son pays. Toute comparaison entre ces deux hommes politiques s’avèrera vite concluante au détriment du petit chef de Bamenda. Avec 134 députés du RDR sur 255, et en prime la direction de la 2ème institution de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro ne saurait même un tant soit  peu s’attarder sur les rodomontades d’un John Fru Ndi décidément abonné aux sorties ratées et aux anachronismes argumentaires. Comment un Fru Ndi, par ailleurs empêtré dans la confiscation de la direction de son parti depuis les années 90 et plusieurs fois soupçonné de s’abreuver régulièrement  et copieusement à la soupe du pouvoir peut-il donner des leçons de probité morale à Guillaume Soro ? Le grand âge, décidément, ne garantit plus la sagesse en Afrique.
 
Car, on devine que c’est le Front Populaire Ivoirien, grand pourvoyeur de jetons au SDF de John Fru Ndi, qui est le commanditaire réel du communiqué mièvre de Buéa ce 9 juin 2014.  Muet depuis près de 3 semaines, alors que l’arrivée de Guillaume Soro au Cameroun était annoncée dans tous les médias, Fru Ndi ne retrouve sa langue contre les représentants légaux et légitimes de l’Etat de Côte d’Ivoire,  que pour payer ses redevances politico-financières au FPI de Laurent Gbagbo. C’est de bonne guerre, pourrait-on dire, si en plus, le SDF de Fru Ndi ne s’était pas discrédité en soutenant le parti de l’ivoirité, de la xénophobie et de la haute criminalité politique ivoiriennes, alors même que le même SDF n’a cesse de se présenter comme victime d’injustice, de ségrégation, de spoliation politicienne au Cameroun. Quelle guigne ! Si le SDF savait que le Cameroun a eu besoin du leadership de Guillaume Soro pour faire élire le Camerounais Martin Chungong au secrétariat général de l’Union Interparlementaire ! Si le SDF savait que le président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, loin de forcer la main au Cameroun, a été l’objet de nombreuses propositions de visites de son homologue camerounais ! Si le SDF savait que quel que soit celui qui gouverne la Côte d’Ivoire, s’acoquiner avec le FPI, parti mis à l’écart de l’Internationale Socialiste pour ses crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire, c’est se condamner à l’insignifiance dans les mêmes instances ! Mais enfin, le SDF, aux antipodes des normes élémentaires de l’hospitalité africaine et de la diplomatie parlementaire, s’est éloigné autant des sphères du savoir et du pouvoir. Le SDF n’est devenu, depuis de nombreuses années, que le faire-valoir du petit libraire de Bamenda, qui s’enfonce aujourd’hui dans les complots de copains et de coquins, en guise de rare occupation politique. Comment ne pas en tirer la conviction que si le Cameroun est entièrement à repenser, c’est aussi et surtout parce que le parti qui se targue d’être le Chef de l’opposition politique camerounaise a depuis longtemps fait long feu ?
Heureusement, d’autres voix camerounaises dignes se sont très tôt élevées pour saluer la visite historique du Chef du Parlement Ivoirien. Le Collectif Diasporique Camerounais, l’Association ivoirienne des Camerounais pour la République, La Ligue Belgo-Africaine ASBL CEBAPH ont parlé juste, et bien d’autres cénacles respectables salueront à sa juste hauteur l’homme de valeur qui vient au pied du Fako dans les prochaines heures. Heureusement. Le Cameroun sain et raisonnable ne peut que souhaiter la plus fraternelle et chaleureuse bienvenue, sans hypocrisie ni veulerie, au second personnage politique de la Côte d’Ivoire, terre amie, terre hospitalière de tous les Africains.
 

[1] Voir fr.starafrica.com/actualités/le-sdf-soppose-a-la-visite-parlementaire-de-Guillaume-Soro-au-Cameroun
Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 14:09
DSC 0222
Camerounaises
Camerounais
Amis du Cameroun,

J'ai l'honneur et la joie de vous informer que le Président de l'Assemblée Nationale de la République de Côte d'Ivoire, Son Excellence GUILLAUME KIGBAFORI SORO, mon Frère et Ami, effectuera une visite officielle et de travail au Cameroun, à compter du 11 juin 2014 prochain. Il prononcera dans ce cadre, un discours lors de l'ouverture de session de l'Assemblée Nationale du Cameroun
La fraternité et l'amitié qui lient les peuples de Côte d'Ivoire et du Cameroun en seront pleinement renforcées, tout comme les perspectives utiles à ces deux grandes nations d'Afrique Francophone.

Le Collectif Diasporique Camerounais que je représente par ce communiqué, appelle toutes les Camerounaises et tous les Camerounais, qu'ils soient convergents ou divergents envers le President Guillaume Soro, à lui réserver le plus chaleureux et le plus fraternel des accueils, comme la Côte d'Ivoire a toujours accueilli avec chaleur et fraternité les dirigeants comme les expatriés de tous les bords politiques du Cameroun. Oui, Guillaume Soro lui-même, depuis Yaoundé, parlera aux Camerounais et je sais qu'ils le comprendront.

D'ores et déjà, je demande instamment à tous mes amis à l'intérieur du pays d'apporter tout leur concours au franc et parfait succès de la visite d'un frère et ami de longue date du Cameroun, le President Guillaume Kigbafori Soro, pionnier générationnel de la relève politique africaine.
Salutations concitoyennes, fraternelles et distinguées à tous.



Professeur Franklin NYAMSI
PRESIDENT DU COLLECTIF DIASPORIQUE CAMEROUNAIS
Paris, ce 3 juin 2014
Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
1 juin 2014 7 01 /06 /juin /2014 12:22

1012640 10151406576302723 833797927 n

Appel du 1er juin 2014 !

 

Camerounaises

Camerounais

Amis du peuple Camerounais

 

Lorsque le pays est mis en péril par des hordes enténébrées, au service de la Terreur, de l’Ignorance, de l’Ambition et de la Prétention, le devoir des enfants de la patrie s’unifie en une seule volonté générale : bouter l’ennemi du Bien Commun hors de notre espace vital, garantir la sécurité des enfants, des femmes, des vieillards, des étrangers et des hommes du pays contre la brutalité et l’ignominie rampantes. Je voudrais affirmer ici mon soutien fraternel et chaleureux aux Forces Armées du Cameroun, mon pays natal, engagées dans la lutte contre les forces criminelles et archaïques de la secte Boko Haram, qui sèment la malemort dans le nord-Cameroun et au Nigéria. Je voudrais dire à chaque soldat de l’armée camerounaise risquant sa vie à cet instant, ma reconnaissance et ma solidarité pour son sens du sacrifice et du devoir. Car jamais, depuis les Indépendances, les armées camerounaises n’ont eu de telles occasions de s’illustrer à merveille dans leur mission la plus essentielle : la défense du territoire. C’est donc pour nos soldats une occasion historique de retrouver la pleine sympathie de l’ensemble des filles et fils du Cameroun, car la mission qu’ils exécutent aujourd’hui contre Boko Haram est au-dessus des partis, des querelles et divergences internes. C’est une mission républicaine.

Boko Haram est l’expression d’une crise interne du système politique et socioéconomique nigérian, où la majorité des 120 millions de citoyens croupit encore dans la misère alors que les sols et sous-sols du pays regorgent et exhalent des matières premières en contrepartie de milliards de dollars bien souvent détournés par les oligocrates du pays. Comment ignorer, en effet, que la sophistication des armes et les facilités opérationnelles de Boko Haram seraient incompréhensibles sans des facilités et complicités garanties à cette secte au plus haut niveau du système sécuritaire nigérian ? Comment ignorer que les armes de Boko Haram ne viennent pas seulement des armureries éventrées de Lybie ou des dons salafistes venus du Qatar et de l’Arabie Saoudite, mais aussi des dotations de l’armée nigériane elle-même où Boko Haram a manifestement ses réseaux occultes ?

Boko Haram est l’expression vivante de la faible intégration politique, économique et  sécuritaire des Etats de la sous-région d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale, puisque la convergence des forces armées camerounaises, nigérianes, tchadiennes et nigériennes est largement suffisante, sans implication directe des puissances occidentales, pour bouter Boko Haram hors de son repaire et réduire ladite secte en cendres éternelles. Or, qui ne sait pas qu’une bonne intégration politique, économique et sécuritaire passe aussi par des avancées démocratiques convergentes dans tous les pays africains ? Qui ne sait pas qu’il est difficile à une dictature de coopérer avec une démocratie pour vaincre des obscurantistes ?

La guerre contre Boko Haram doit donc être une occasion de renforcer la cohésion interne des Etats concernés autour des valeurs consensuelles de la démocratie, de la bonne gestion des biens publics, de la sécurité sociale, de la promotion culturelle et socioéconomique de la jeunesse, de la refondation républicaine de l’esprit et des pratiques des forces armées africains.  Loin de servir à des purges internes cyniquement orientées contre les oppositions politiques républicaines, la guerre contre Boko Haram est l’occasion de signer un nouveau pacte républicain pour la stabilité, la paix, la justice et la solidarité intra étatique interétatique en Afrique. Nous n’avons pas le droit de rater ce tournant, au risque de voir nos Etats se déliter sous le double effet pervers de la désunion interne et de la dislocation géostratégique régionale que favorise l’absence de coordination sécuritaire suffisante des Etats. Nous n’avons pas le droit de privatiser la guerre contre Boko Haram, au profit des pouvoirs ou de quelque opposition. Nous avons l’impérieux devoir de hisser haut l’étendard de la conscience républicaine, puisque ce qui est en jeu face à Boko Haram, c’est l’existence de tous et de chacun dans la dignité, la sécurité, la prospérité et la liberté.

Voilà pourquoi j’appelle solennellement les filles et les fils du Cameroun à soutenir de façon unanime les forces armées nationales du Cameroun en guerre contre Boko Haram. En sa qualité de Chef Suprême de ces Forces Armées Nationales, le Président Paul Biya représente bien sûr l’intérêt général de tous les Camerounais dans ce défi historique. Son engagement contre Boko Haram nous concerne tous et nos critiques légitimes à son régime ne doivent surtout pas occulter les circonstances exceptionnelles qui prévalent maintenant. Il ne s’agit donc pas ici de soutenir le Président Paul Biya, mais de soutenir et préserver le Cameroun de l’ennemi collectif qui le menace !

Ce soutien peut se traduire par des actes moraux : pétitions, déclarations, meetings de solidarité pour l’armée nationale. Ce soutien peut se traduire par des actes matériels : dons, contributions associatives acheminées aux services sociaux des armées camerounaises. Ce soutien peut se faire  par la communication de tout renseignement pertinent, susceptible de faciliter l’action des forces armées camerounaises contre cet ennemi lâche et dissimulé au sein des populations de la sous-région, dans un esprit de responsabilité à ne pas dévoyer en manœuvres de délation pernicieuses.

Populations Camerounaises, Camerounais de l’intérieur et de l’extérieur, nationaux et bi-nationaux, soyons unis comme un seul homme contre Boko Haram, comme nous nous unissons comme un seul homme pour les Lions Indomptables et comme nous devrons nous unir comme un seul homme pour l’émergence d’un véritable Etat de droit inclusif et prospère au Cameroun, dans la solidarité, la fraternité, l’égalité et la liberté réellement partagées et reconnues.

 

Vivent Les Forces Armées Nationales du Cameroun !

Vive le Cameroun !

 

Rouen, ce 1er juin 2014.

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article

Présentation

  • : Blog du Professeur Franklin Nyamsi
  • Blog du Professeur Franklin Nyamsi
  • : Analyses socio-politiques.
  • Contact

Recherche

Liens