Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 décembre 2011 6 03 /12 /décembre /2011 22:15

 

Franklin Nyamsi

Professeur Agrégé de philosophie.

Université de Rouen, France.


Onze ans après mon dernier long séjour dans ce pays,  c’est avec profonde et vive émotion que j’ai renoué le lundi 28 novembre 2011 au soir avec la terre ivoirienne  où m’attendait le représentant officiel du ministre ivoirien de Culture. L’ambiance de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouët m’est naturelle. Le calme et la politesse des fonctionnaires de douanes, de police, des agents de santé et des militaires qui y travaillent aussi. On observe du reste chez bon nombre d’agents un surcroît de réserve sans doute dû aux dernières épreuves traversées par le pays. Il n’y avait pourtant rien de routinier - pour l’intellectuel engagé dans la défense de la démocratie ivoirienne que je suis - à retrouver vivant le pays dont j’ai revendiqué le respect de l’expression souveraine et du choix des dirigeants dès l’annonce des résultats du second tour de l’élection présidentielle par la CEI (Commission Electorale Indépendante) en décembre 2010.  J’étais là, au cœur d’un lieu stratégique du duel ivoiro-ivoirien. J’étais là, dans l’air chaud et lourd d’Abidjan, devant ces visages de femmes, d’hommes et d’enfants s’efforçant de reprendre langue avec le quotidien et d’affirmer l’immémoriale puissance des forces de vie. J’étais là, au cœur de cette Côte d’Ivoire qui m’adopta quand mon pays natal me rejetait, déterminé à le chérir de toutes les forces du cœur et de celles de la raison. J’étais là,  en cet espace aéroportuaire ivoirien où quelques années plus tôt, régnaient en maîtres les clameurs xénophobes et pestilentielles de la Galaxie « patriotique », horde de jeunes gens livrés par le désoeuvrement aux bassesses de la haine, de la gouaille, de l’encanaillement et de l’ensauvagement. 

Le cahier de mon retour en Côte d’Ivoire prendra un tour solennel quand je saurai qu’ au moment même où j’y atterrissais -  comme par une correspondance symbolique qu’éclairent les seules divinités des circonstances -,  un avion conduisait l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, devant des juges de la Cour Pénale Internationale de La Haye, pour y répondre des atrocités commises sous ses ordres pendant la crise postélectorale déclenchée par son refus de céder pacifiquement le pouvoir perdu par les urnes le 28 novembre 2010. Le choc émotionnel pour les partisans de l’ancien président est évident. J’en percevrai la densité en écoutant le Professeur Séry Bailly, l’un de ses anciens ministres. Certains lecteurs de la présente chronique pourraient s’attendre à ce que je la consacre donc à la description de cet étrange chassé croisé entre l’avion du fils de Mama et le mien. Je suis pourtant au regret de devoir les décevoir, car je considère ce transfert comme la suite logique des responsabilités illimitées prises par Laurent Gbagbo dans la dernière crise postélectorale ivoirienne, et je suis en outre convaincu que la jurisprudence que ce transfert instaure ne manquera pas de frapper d’autres acteurs politiques de l’impunité en Afrique, tôt ou tard. Qu’ils soient de Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Burkina, du Tchad, du Congo, ou de quelque autre pays, les assassins impunis d’Africains auront davantage que jamais, bien du mal à se cacher. N’est-ce pas, au demeurant, une nouvelle source de crainte et de tremblement pour l’anticolonialisme dogmatique, ce déguisement idéologique de l’anti-démocratie qui fut au cœur de mon discours du 30 novembre 2011 au Colloque organisé par le Ministère de la Culture et de la Francophonie de Côte d’Ivoire ? Les assassins impunis de citoyens africains – le vieux despote Paul Biya du Cameroun en premier-  n’ont qu’à comprendre ce que j’appelais il y a quelques années « la mondialisation des destins », qui va de paire avec une inéluctable mondialisation de la justice, condition du progrès du projet cosmopolitique. Je reviendrai donc ailleurs sur la nouvelle destination de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et des conséquences insoupçonnées de son jusqu’au-boutisme  enfiévré.

 Invité par le Professeur Yacouba Konaté, Commissaire du Colloque sur « La Renaissance Africaine et les Leçons de la Crise Ivoirienne »,  sous le haut-patronage du Ministère de la Culture et de la Francophonie dirigé par le grand écrivain Maurice Bandaman, je viens en fait de passer trois jours en Côte d’Ivoire, dans le feu du débat critique et la proximité des esprits les plus alertes de ce pays en réémergence.  Je voudrais justement consacrer les lignes qui suivent à une brève monographie subjective – c’est incontestable, mais d’une subjectivité argumentative -  de l’état de la Côte d’Ivoire, sous le scalpel des questions suivantes : Qu’ai-je senti dans Abidjan ? Qu’ai-je entendu et compris des uns et des autres de tous les camps ? Que faut-il espérer des prochains jours, mois et années de Côte d’Ivoire ?

 

Eglise Harriste d'Abobo Té, Côte d'Ivoire

I

Esthétique d’Abidjan, vitrine de la Côte d’Ivoire

Abidjan a de tout temps, depuis sa naissance, été une ville vivante, active et déployée dans toutes les originalités du commerce. Petits et grands commerçants, grands et petits immeubles, hommes et femmes d’affaires de tous acabits y trouvent un lieu de prédilection pour la création et l’accumulation de richesses. Cela n’a pas changé. On entre dans Abidjan comme dans un grand marché. Et l’on comprend pourquoi cette ville, bien que placée au cœur des convulsions les plus critiques de la crise politique ivoirienne entamée après la mort de Félix Houphouët-Boigny, est restée l’indice vivant de l’attachement des gens du pays à cette paix que conditionne et anime le commerce quotidien des gens et des choses. Le baron Charles Segondat de Montesquieu, visitant autrefois la Perse, ne s’y était pas trompé qui voyait dans le commerce en général, un agent invisible de cette paix de l’interdépendance des besoins qui catalyse toute communauté humaine. Mais, que peut-on avoir senti d’Abidjan, au-delà de sa fonction éternelle de ville commerçante appuyée sur les flancs de l’Océan Atlantique ?

Avec ses quelque quatre millions d’habitants, la métropole d’Abidjan est « le pays dans le pays », le miroir vivant de la Côte d’Ivoire métissée et brassée de tous les confins de l’intérieur. Elle est le microcosme du macrocosme national ivoirien. Passer trois jours dans Abidjan, ce n’est certes pas assez pour en découvrir toutes les pulsations intimes, mais les passer à l’écoute des gens de tous les camps, c’est compléter la carence de la brièveté du séjour par la pluralité des regards sur la réalité de ce temps. Qu’est-il donc donné à mes sens pendant ces trois jours ? Voilà ce que je voudrais restituer par une « esthétique » - théorie de la sensibilité au sens de Kant- de la ville d’Abidjan, qui serait en filigrane une approche sensible de la Côte d’Ivoire de cette fin d’année 2011.

Pour le voyageur qui arrive de l’Aéroport de Port-Bouët, il y a d’abord cette inégalable originalité de l’espace lagunaire de la métropole abidjanais, présence de l’eau dans les confins de l’urbanité locale qui rappelle la fluidité des échanges, l’intercommunicabilité des émotions d’un quartier à l’autre de la ville, mais aussi l’importance des ponts lagunaires et la centralité distributrice du quartier du Plateau d’où tout va et revient, quand Abidjan s’éveille des deux yeux ou s’endort d’un oeil. Les cinq sens du visiteur sont ensuite frappés par l’effort de salubrité des voies publiques, se poursuivant nuit et jour dans la ville par des équipes de travailleurs acharnés, et faisant des avenues et rues, des reflets visibles d’un changement politique qui n’a pas hésité à frapper un grand coup dans les esprits, en abolissant par exemple à titre pédagogique le bordel à ciel ouvert de la Rue Princesse de Yopougon. A ce renouveau de la propreté dans la ville, s’ajoute la nette présence d’agents de police et de gendarmerie dévoués à la facilitation de la circulation, alors même que les activités séculaires de ces corps furent souvent consacrées au très lucratif contrôle de pièces d’identité et des dossiers de véhicule, activités de gloire pour nos mange-mil humains d’Afrique. J’apprendrai qu’un décret du Gouvernement Ivoirien réduit à un ou deux jours dans le mois, le contrôle des papiers par la police et la gendarmerie, enjoignant à ce corps de se draper d’éthique de toute urgence, mais lui donnant aussi tout pouvoir, pendant les jours de contrôle, pour contraindre les usagers indélicats à se mettre en règle avec la Loi, sous peine de fort lourdes pénalités.

Dans cette esthétique de la propreté et de l’ordre qui ressort de mon ressenti de la ville, je ne puis manquer de signaler enfin ici l’autre chose qui aura retenu mon attention: les nombreux chantiers publics çà et là lancés dans la capitale économique ivoirienne, lui donnent une allure de monde en métamorphose. L’université de Cocody, le troisième Pont sur la Lagune Ebrié, sont entre autres chantiers, les indices vivants d’un  régime qui prend à cœur de passer aux actes et de convaincre les sceptiques par ses réalisations. On peut donc résumer notre esthétique d’Abidjan en trois concepts : interactivité vitale des gens, salubrité publique accrue des espaces, métamorphose de la ville en projets d’avenir. Au fond, n’est-ce pas par ce qu’il aura fait de concret pour tous les ivoiriens que le Gouvernement d’Alassane Ouattara sera à même de convaincre ses adversaires les plus déterminés parmi les citoyens qu’une ère nouvelle et heureuse a résolument commencé avec lui ? Tout me porte à voir dans cette esthétique de la ville d’Abidjan la preuve d’une confrontation à l’œuvre entre le conflit des discours et la différence des pratiques entre l’ancien et le nouveau pouvoir ivoirien. Cette problématique esthétique est redoublée par la déshérence humaine née des années tragiques de la double décennie ivoirienne précédente. Le nombre écoeurant de jeunes gens désoeuvrés qui abondent dans les rues de la ville, se livrant aux génuflexions intempestives de la débrouille inhumaine, s’improvisant serviteurs de l’occasion propice, courant après les promesses creuses d’un business de l’instinct dans l’instant qui toujours, davantage, les déshumanise, ce nombre, dis-je, est le défi lancé à l’intelligence sociale, économique, culturelle et politique de l’équipe gouvernementale du président Ouattara, qui s’est annoncé comme « l’homme des solutions ». A l’heure des premiers bilans, dans cinq ans, il sera toujours possible d’y revenir, afin de voir si cette esthétique positive d’Abidjan s’est durablement installée dans la substance de l’agir politique national du régime Ouattara.  Que se dit-il donc en attendant dans la ville ?

II

Logique des discours d’Abidjan, d’un camp à l’autre

Je distingue nettement dans ce que j’ai entendu, une vision métapolitique commune à presque tous les abidjanais, mais cohabitant avec une vision politique cette fois-ci centrée sur les choix subjectifs de chacun d’entre eux. Deux thèses s’affrontent ainsi sans cesse dans et entre les discours des ivoiriens que j’ai pu écouter, que ce soit dans les transports en ville, au hasard des conversations au marché, chez le coiffeur, dans les restaurants ; ou dans le milieu beaucoup plus aseptisé des universitaires, des colloques, des cadres de l’opposition,  des administrations publiques ou des élites du nouveau régime.


De la normalisation comme idéal partagé par tous les camps


Selon la thèse que j’estime  dominante dans la ville en raison de sa répétition par la quasi-totalité de mes quarante interlocuteurs directs en trois jours, l’essentiel est que la paix soit de retour, que l’on puisse enfin faire des affaires, que les militaires soient en passe de tous rentrer dans les casernes, que les tracasseries policières et l’insécurité collective soient en baisse, que des réalisations publiques commencent à faciliter la vie des populations. Cette thèse peut être caractérisée comme une reconnaissance et une défense de la normalisation de la vie en Côte d’Ivoire, indépendamment des duels politico-politiciens qui sont finalement perçus comme inessentiels par rapport à la survie du pays. Cette perception commune aux ivoiriens de tous les camps indique la persistance malgré tout, chez tous, d’un désir de vivre ensemble qu’aucune tragédie n’a réussi à détruire. On en retrouve trace chez les houphouetistes, les frontistes, les militants de la nouvelle opposition libérale du LIDER de Mamadou Koulibaly, et dans l’opinion populaire commune.

Nouveau Pouvoir et  Nouvelle Opposition : le duel des visions continue

Il y a ensuite, selon que l’on a affaire à des partisans LMP du président Laurent Gbagbo, ou à des partisans du RHDP, des présidents Bédié et Ouattara, une différenciation tranchée de l’opinion politique,   restituée par les titres des principaux organes de presse que j’ai utilement consulté au moment de l’annonce du transfert de Laurent Gbagbo au Tribunal Pénal International de la Haye. La thèse politisée des partisans du RHDP est la suivante : le camp Gbagbo ayant refusé de reconnaître publiquement sa défaite électorale, il importe de le garder  sous contrôle car il n’hésitera pas à utiliser toutes voies de fait disponibles pour la reconquête du pouvoir d’Etat. Les partisans du RHDP sont ainsi convaincus que la crise postélectorale a été aggravée par le refus du FPI de participer aux élections législatives du 11 décembre. Par conséquent, rien n’urge autant que de garder les partisans de Gbagbo à l’œil et de continuer à imposer, par le rouleau compresseur des réalisations des promesses de campagnes, une différence qualitative entre la politique de la Refondation et celle des houphouetistes rassemblés. Conscients de l’impossibilité d’une réconciliation effective avec une opposition frontiste qu’ils disent murée dans une mauvaise foi sans recours, les houphouetistes veulent bâtir le pays malgré cette opposition et au-delà d’elle, sans pour autant dormir sur leurs lauriers quant à sa nuisance potentielle et active.

Cependant, trois écueils se dressent à l’horizon du renouveau houphouétiste. Le premier obstacle actuel au succès du nouveau régime, avouent les partisans du RHDP, c’est le non-renouvellement suffisant du personnel politique, la non-prise en compte suffisante du rajeunissement massif de la population ivoirienne, et donc la marginalisation persistante de nombreuses ressources humaines nouvelles dans la mouvance houphouetiste, par la voracité des barons.  Le deuxième obstacle est la persistance de certains réflexes népotistes, la recréation çà et là de pools de captation et de partage tribal du pouvoir d’Etat, toutes choses qui imposent aux présidents Bédié et Ouattara de faire de toute urgence des déçus dans leurs propres rangs, pour lever toute ambiguïté sur la radicale nouveauté du projet de société dont le RHDP s’est voulu porteur et qui lui a valu les suffrages majoritaires des ivoiriens aux présidentielles. Enfin, le dernier obstacle à la montée en puissance plénière du régime Ouattara est bien sûr la question de l’équité dans la justice politique concernant la dernière crise postélectorale. Le signal des signaux en matière de justice politique en Côte d’Ivoire ne sera-t-il pas, qu’on le veuille ou non, la condamnation effective des violations de droits humains commises par certains militaires des FRCI, qu’ils aient agi ou non sous les ordres de leur directoire politique ? Comment un pouvoir qui doit tant au sacrifice des jeunes ivoiriens engagés dans le feu contre le despote Gbagbo pourra-t-il faire passer la pilule de la sanction de certains de leurs chefs aux hommes de troupe qui leur sont affectivement liés ? Une sérieuse impasse s’annonce en cette affaire et le président Alassane Ouattara sait sans doute mieux que quiconque qu’il s’agit là d’un des défis majeurs de sa présidence actuelle.

De l’autre côté, le Camp de la Refondation du FPI du prisonnier Laurent Gbagbo,  rassemblé autour du président intérimaire Miaka Oureto, maintient une thèse qui lui paraît si viscérale qu’elle fonde de fait une politique de la nuque raide et de la terre brûlée contre le régime Ouattara : non seulement les refondateurs nient encore l’effectivité de la défaite électorale de Laurent Gbagbo au deuxième tour de la dernière présidentielle, mais avec détermination en outre ils posent qu’il n’y aura point de réconciliation politique, tant que tous les responsables politiques du FPI et de sa mouvance ne seront pas libres de tous leurs mouvements dans le territoire national. Quid du bilan calamiteux des dix années de pouvoir FPI, laissant un peuple et un espace national paupérisés comme jamais auparavant ? Quid des responsabilités des refondateurs emprisonnés dans les milliers de morts de cette crise postélectorale ? Quid des appels à la haine et aux crimes lancés par de nombreux responsables LMP durant cette période cruciale ? Quid des atrocités commises, y compris au cœur du Palais de la présidence, sous les ordres du couple présidentiel ? Mieux encore, redoublant de surdité à l’appel nécessaire de la conscience, les partisans de la Refondation estime infondés le procès international en cours contre leur leader qu’ils estiment victime d’une cabale organisée. Comment ignorer que le choix de la guerre comme moyen de maintien au pouvoir fut implicite dès la précampagne 2010, à travers le slogan du « Ou bien on gagne, Ou bien on gagne » de Laurent Gbagbo ? Comment oublier la mythologie du film western mobilisée par Gbagbo lui-même pour dessiner le finish du duel politique ivoirien ? Gbagbo n’avait-il pas, de toutes façons, prévu de faire la guerre contre ses adversaires, s’il perdait l’élection 2010 ? union Aficaine6

Je caractériserai volontiers la thèse du FPI comme celle du TOUT ou RIEN. On comprend davantage l’impasse dans laquelle cette thèse jette ce parti et ses militants en la confrontant à une réalité politique qui sans cesse s’effrite sous ses pas : non seulement la crédibilité de l’anticolonialisme allégué de Laurent Gbagbo a été mise à mal par ses implications révélées dans la vie de la Françafrique – 3 millions de dollars offerts à Chirac en 2002 pour sa campagne présidentielle française, entre autres concussions colossales - , mais en outre, le transfert réel de l’ancien chef de l’Etat à La Haye achève de doucher l’illusion d’une reconquête du pouvoir pour Gbagbo par des armes via les frontières guinéenne ou libérienne. Décapité, le FPI peut-il toujours faire de la politique en Côte d’Ivoire, en s’alignant derrière un leader désormais coupé de toute possibilité d’être à court terme opérationnel sur le terrain national ? J’ai perçu durant ces trois jours le désarroi des partisans de l’ex-président ivoirien quand on leur pose ces questions. A l’incapacité d’argumenter, j’ai vu parfois se substituer sur certaines de leurs lèvres, le discours de l’émotion victimaire, la tentation de menace, d’intimidation et de fait de vengeance, toutes manières de faire qui prospérèrent dans le populisme criminel de certaines agoras où la mort abjecte se donnait au jugé du désaccord. Fort heureusement, le nouveau régime semble avoir à cœur de désarmer durablement la violence des discours en Côte d’Ivoire. Tout sera juste et parfait, si une justice politique impartiale venait à couronner le processus de réconciliation nationale en cours. L’avenir de la Côte d’Ivoire n’appartient-il pas aussi à la séparation effective des trois pouvoirs d’Etat ?

Le duel des visions qui se poursuit de fait en Côte d’Ivoire ne sera plus - je l’espère pour ce pays en raison de la qualité des mesures sécuritaires en cours - tranché par les armes,  mais par le contraste de la cohérence des actes et promesses du nouveau régime avec celle de l’ancien. La logique opposée des discours, faite de méfiance et de détermination réalisatrice pour le nouveau pouvoir, d’une part, et d’autre part, marquée de désir de vengeance et de déni de réalité chez les partisans de l’ancien pouvoir, devra connaître le verdict de l’Histoire quand se confronteront les bilans respectifs. N’est-ce pas pour cette raison qu’on peut parler d’un renouveau de l’espérance ivoirienne par la prise de conscience de la centralité de la démocratie représentative dans l’épistémê politique de l’Afrique contemporaine ?

III

Téléologie abidjanaise, renaissances ivoirienne et africaine

La Côte d’Ivoire, à travers son microcosme abidjanais, est résolument le lieu d’une téléologie, d’une polarisation de l’humanité africaine par des fins dignes d’être poursuivies. La téléologie abidjanaise, - du grec télos qui veut dire « finalité », et logos qui veut dire « discours »-  c’est l’appel de l’idéal qui sourd de l’effort des filles et fils de Côte d’Ivoire de refaire de cette ville le reflet du projet cosmopolitique houphouetiste qui lui donna ses premières lettres de noblesse. Il s’agit de rehausser Abidjan à la hauteur de la Côte d’Ivoire et de rehausser la Côte d’Ivoire à la hauteur de l’idéal panafricain d’universalité. Comment se manifeste concrètement cette téléologie active ? Par le nouveau visage international de la Côte d’Ivoire au travail, impulsée par la rigueur et la compétence politique de son président, Alassane Ouattara. Mais aussi par quantité de signes qui manifeste l’opiniâtreté du désir d’excellence à l’œuvre dans ce pays. Il me paraît nettement que l’événement du Colloque d’Abidjan sur le thème « La renaissance africaine et les leçons de la crise ivoirienne » témoigne de cette dynamique nouvelle. Organisé par le ministère ivoirien de la Culture, ce Colloque commencé – encore une coïncidence symbolique heureuse – le 28 novembre 2011, soit exactement un an après le basculement du pays dans la crise postélectorale le 28 novembre 2010,  donne à voir une Côte d’Ivoire qui veut donner toute sa valeur à l’effort de la pensée critique dans le projet de panser ses fléaux. Je ne résumerai pas ici les richesses des communications entendues lors de ce Colloque International, et je ne saurais restituer la chaleur des rencontres impromptues,   des croisements d’analyses et de trajectoires personnelles qu’il a réunies. J’ai eu l’occasion d’y échanger avec des anciens cadres du pouvoir Gbagbo et les nouveaux cadres du pouvoir Ouattara. L’avenir dira ce que valaient leurs confidences.

 


J’insisterai seulement, à titre d’illustration de la richesse de l’événement, sur deux textes prononcés par le philosophe Augustin Dibi Kouadio et moi-même. Ecrits sans pré-consultation mutuelle de leurs auteurs,  leur convergence est une œuvre impromptue de l’alchimie des pensées essentielles à la fondation cosmopolitique des contours de l’Afrique en gésine. Le texte du Professeur Dibi Kouadio, analyse la notion de frontière comme entente d’un nouveau commencement. A la conception essentialiste et nombriliste de la frontière coloniale comme enjeu d’une ontologie patriotique appauvrissante, violente et xénophobe, le penseur hégélien de Cocody nous invite à dialectiser la frontière comme limite ouverte vers l’Autre ; comme cela même qui, en traçant un lieu de rencontre entre le national et l’international, crée l’inter-monde où peut s’accueillir l’Autre en tant qu’Autre, c’est-à-dire l’Etranger, le Pauvre, l’Orphelin, et la Veuve, figures de l’altérité humaine d’ici et d’ailleurs. La renaissance africaine, n’est-ce pas précisément l’émergence - contre le discours lénifiant d’un patriotisme substantialisant des limites nationales qui furent reçues du diktat de l’imperium colonial - d’une entente nouvelle de la frontière comme appel à une mise en commun équitable et responsable des ressources planétaires de la vie et du sens ?

Ma  propre contribution, basée sur une distinction conceptuelle entre colonialisme et colonialité d’une part, et anticolonialisme et anticolonialité d’autre part, se focalisera sur l’anticolonialisme dogmatique. L’analyse pointera justement les impasses d’une manière de contrefaire la politique africaine, qui aura prospéré notamment sous les régimes Gbagbo, Mugabé et Kadhafi : celle qui consiste à masquer le refus de la démocratie et à occulter la violation massive des droits humains par l’instrumentalisation du discours anticolonialiste, à des fins de conservation de pouvoir. Les actes du Colloque du 28 au 1er décembre, sous la direction du Pr. Yacouba Konaté, devraient témoigner, dans les jours qui viennent, de ce qui constitue désormais l’orientation quintessentielle de la Côte d’Ivoire : son désir d’incarner non plus seulement le miracle économique qui fit la carte d’identité politique de l’ère Houphouët, mais aussi et surtout le progrès politique articulé au renouveau économique. Dans cette combinaison du politique et de l’économique dans la rénovation de l’espérance ivoirienne, réside sans doute le défi lancé au siècle ivoirien par le président Alassane Dramane Ouattara. Le maçon étant au pied du mur, n’aurons-nous pas tout loisir de pouvoir le juger sur pièces à la fin de son mandat en cours ?

Au pied des morts de Côte d'Ivoire

Avant de quitter la Côte d’Ivoire le 1er décembre au soir, content et satisfait de l’hospitalité demeurée exceptionnelle de mes amis et pairs en ce pays, j’ai tenu à consacrer un profond moment de recueillement auprès de ses morts illustres et anonymes, de toute extraction et condition, dans le cimetière d’Abobo-Té en Côte d’Ivoire. En ce lieu qui m’aura servi de repère d’ une méditation compassionnelle pour tous les disparus de ce pays, victimes directes ou indirectes de sa déchéance à remédier, j’ai senti les sucs d’espérance et reçu les grâces solennelles qui font de la Côte d’Ivoire, une école de référence inébranlable pour tous les bâtisseurs de l’Afrique. Ainsi m’en allai-je à nouveau de cette Côte d’Ivoire qui au fond, jamais ne m’a quittée. C’est en gardant vivante la mémoire de ses morts inutiles et utiles que la Côte d’Ivoire saura accompagner de dignité, la vie de tous ses habitants d’aujourd’hui et de demain. Car tendu vers l’avenir, ce pays, plus que jamais, est pour ainsi dire «  à devandougou » - au village des devants- , pour parodier le parler nouchi populaire dont j’ai retrouvé les saveurs pendant trois jours dans mon fief existentiel d’Abobo.

 

 

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans tribunes politico-philosophiques
commenter cet article
19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 11:52


 Pr. Franklin Nyamsi

                                                   Université de Rouen, France.


L’élection présidentielle du 9 octobre passé au Cameroun n’en était pas une. A tout le moins, c’était une tragicomédie électorale. Nul n’est besoin de s’attarder sur ce que différents acteurs et observateurs politiques nationaux et internationaux ont amplement établi : organisée par ELECAM, une institution partisane du RDPC de surcroit émasculée par le despote Biya du droit de proclamer les suffrages qu’elle était censée recueillir, l’élection présidentielle camerounaise 2011 s’annonçait dès le dernier viol constitutionnel de 2008 et l’assassinat sanglant de 139 civils camerounais comme un plébiscite de tripatouilleurs bureaucratiques fidèles au système qui les a créés, nourris et fidélisés à ses sales besognes ; organisée par un pouvoir illégitime jusqu’à la moelle dont le chef octogénaire s’accroche  toujours après plus d’un quart de siècle aux ors et lambris de la république, l’élection était condamnée à consacrer, comme par le passé, son érection phallique en juge et partie de la chose publique nationale, au mépris de ses concitoyens, de ses propres rivaux internes et des principes généraux du droit ; confiée à une Cour Constitutionnelle de magistrats pavlovisés par le président de la république qui les nomme, l’élection était prescrite d’avance comme une auto-nomination présidentielle ; plongées dans une grande incertitude quant à la capacité des groupes politiques de l’opposition à offrir une alternance crédible au pouvoir du croulant d’Etoudi, les grandes puissances de la Communauté Internationale ont brillé par un attentisme et une complicité par indifférence envers la dernière manœuvre d’un pouvoir camerounais qu’elles continuent de considérer comme leur pis-aller ; prévisible aussi, était l’abstention massive du peuple camerounais à cette farce de mauvais goût, où les jeux étant faits d’avance, les électeurs potentiels se savent réduits au rôle de petits dindons à étriper ; enfin l’ambiance de misère généralisée qui écrase le grand nombre ne pouvait faire des foires électorales du régime, des occasions d’un dépaysement durable de la hantise de la malemort qui fauche les gens de chez nous comme jamais auparavant. Le viol du peuple camerounais commencé dès le détournement de l’indépendance dans les années 50 se perpétue. Nous avions anticipé les conséquences de ce trop connu et douloureux fait du prince d’Etoudi dans nos tribunes sur « La future crise postélectorale camerounaise ». Maintenant donc que ce qui devait se passer s’est passé comme nous le voyions venir, faut-il, les bras croisés constater la sempiternelle répétition d’une histoire camerounaise qui semble pour ainsi dire marquer le pas sur place ? Ce serait manquer de vigilance.

L’avenir ne pèse jamais autant de tout son poids que quand le présent semble radicalement bloqué. Il n’y a pas de fatalité positive ou négative a priori pour une collectivité humaine dans l’histoire. Nous sommes libres, y compris quand nous sommes dans les fers, parce que jamais ne sont réduites à zéro les possibilités de résistance d’une société. Nous ne  céderons donc ni au camerouno-optimisme des vendeurs d’illusions tragiques, ni au camerouno-pessimisme des annonciateurs d’orages à peu de frais. La politique étant la saine appréciation des réalités présentes, passées et futures, il convient plutôt d’entrer dans une phase de camerouno-réalisme, à ne pas confondre avec quelque opportunisme ou réalisme intéressé. Le diable étant dans les détails, l’avenir doit pouvoir nous interpeller à partir de l’inouï du présent. Fort justement, nous pensons qu’au moins trois phénomènes nouveaux apparaissent au regard de l’analyste froid du devenir du Cameroun en cette période de crise postélectorale : 1) Un phénomène de reconstruction de la diaspora démocratique, patriotique, progressiste et humaniste, autour de pratiques nouvelles et matures de travail politique organisé ; 2) Un phénomène de reconfiguration de la question successorale dans l’Etat-Parti du RDPC, dans une perspective instruite par la dynamique héréditaire des satrapies françafricaines du Gabon et du Togo ; 3) Un phénomène de repositionnement stratégique vers une radicalité nouvelle et suspecte des principaux leaders de l’opposition institutionnelle au régime Biya, suite à leur désillusion postélectorale collective. Nous voulons consacrer la présente tribune à analyser ces trois nouveautés de la crise postélectorale en cours dans le pays,  afin d’en tirer de précieux enseignements pour l’aventure démocratique du peuple camerounais.

I

Mobilisations nouvelles dans la diaspora camerounaise : la rencontre de la militance et de l’activisme.

Il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Le premier fait marquant de la période pré-électorale, c’est le regroupement des organisations d’opposition de la diaspora camerounaise en un Front Uni pour le Boycott Actif de l’élection présidentielle 2011. Une tradition de résistance transgénérationnelle est entrain de naître sous nos yeux dans la diaspora. Les derniers oukases du régime Biya, refusant la double nationalité, excluant près de 4, 5 millions de camerounais de l’étranger du jeu politique par ses manigances, le poids des dépendances nationales envers l’assistance des exilés, les vexations diverses subies par les camerounais en exil du fait de leur exil, semblent manifestement être entrain de créer une véritable conscience de classe cosmopolitique au sein des communautés camerounaises de l’étranger. Un observateur averti de la dernière décennie passée par cette diaspora se convaincra aisément de la nouveauté de cette  dynamique. L’ancienne ambiance de la diaspora commence à faire long feu sous la maturation des contradictions. Avant, c’était querelles de clochers, luttes de positionnement médiatique, guerre des egos, tacles stratégiques, surenchères tribalistes, espionnage au profit du pouvoir, m’as-tu-vuisme outrancier. Aujourd’hui, une éthique de la mutualisation des luttes se fait jour. Les deux ailes du CODE (Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la diaspora camerounaise) se rabibochent. Viennent à leurs côtés pour agir de concert, des organisations camerounaises de tous les continents : FER, Conscience Camerounaise, Diaspomo, Camdiac, personnalités civiles et intellectuelles de tous domaines, prennent comme jamais par le passé, langue ensemble. Une année plus tôt, en septembre 2010, nous proposions à ces différentes organisations et individualités de tenir une Convention Inter-Organisations pour définir une plateforme commune d’actions de lobbying contre le pouvoir impénitent du RDPC. Nous prêchâmes à l’époque dans le désert. Quelques semences avaient pourtant pris racine dans ce limon. Comment expliquer cette nouvelle symbiose en cours ? Ne dépend-elle que du syndrome de l’ennemi structurant ? L’anti-biyaïsme est-il le seul programme politique de ce regroupement stratégique ?

Composée de camerounais de trois générations, l’opposition diasporique a durement peiné à faire corps depuis 1992, pour des raisons que nous pouvons seulement esquisser ici, de façon non-exhaustive. La génération des doyens des années 70, composée de cadets de la résistance upéciste, était restée aux affaires dans la plupart des organisations de l’opposition diasporique jusqu’à l’arrivée de la génération dite des parlementaires, ou diaspora des années 90, mais aussi de la génération des addécistes (ADDEC) des années 2000. La première connaissait à peine les suivantes, ces dernières reconnaissaient difficilement la légitimité de la première, à la fois du fait de leur ignorance réciproque, mais aussi du fait du différentiel des pratiques et traditions militantes qui les séparaient. Disciplinée dans le cadre d’associations de gauche inspirées du modèle socialiste, la génération des années 70 accordait encore beaucoup de place aux binaires idéologiques Nord/Sud, Est/Ouest, Gauche/Droite, collabos/résistants, alors même que celles des années 90 et 2000 ne connaissaient que l’opposition principale entre la dictature et la démocratie. C’est le contraste entre culture militante et culture activiste. Source de nombreux conflits et malentendus dans toutes les organisations politiques camerounaises. Les générations 60-70 insistent sur l’action et la discipline de parti, la centralisation et l’idéologisation décisionnelles. N’ayant plus les moyens d’imposer cette tradition, elles s’impatientent de désespoir et se réfugient dans une condescendance désabusée qui culmine dans une assurance théorique  sans pratiques conséquentes.

Dans les générations 90 et 2000, ce qui compte, c’est de faire reculer le pouvoir partout où il abuse du peuple, mais c’est aussi de prendre et assumer le pouvoir, crânement, comme les Soro Guillaume ou Blé Goudé en Côte d’Ivoire. Les générations 90-2000 s’illustreront ainsi dans le domaine universitaire, par la tentative de conquête de franchises durables ; dans le domaine socioéconomique, par la volonté de lutte contre la corruption et la promotion réelle d’une politique bénéfique de l’emploi et de la sécurité sociale ; dans le domaine culturel, par le développement de projets innovants pour les sports et la jeunesse, pour l’art et l’ingénierie populaires. Dans le domaine international, par le harcèlement des chancelleries dévouées à l’incurie biyaïste.  Il manque ici l’unité d’une conception théorique et d’une organisation de masse pour peser dans le rapport de forces contre le Parti-Etat qui étrangle le pays. Peu habituées à la phraséologie de la génération des nationalistes révolutionnaires des années 70, les générations 90 et 2000 de la diaspora camerounaise croient que le pedigree politique vient de l’aura du terrain, de la médiatisation cybernétique et de la fusion alternative des foules. Ce sont des générations de praticiens sans théorie. Coupée de l’action populaire par son long exil, les générations 70, incarnée par les Ekanè, Moutoudou, Moukoko Priso, Ndema, Mack-Kit, Tekam, Kuissu et consorts, n’a pas pu renouer avec les masses kamerunaises. Elle est donc restée populaire en théorie et inconnue en pratique du peuple kamerunais.

Sûre d’avoir raison, du fait de son expérience disciplinaire de parti et de la clarté relative de ses conceptions idéologiques, la génération des années 70 avait en quelque sorte espéré un ralliement de droit des générations 90 et 2000 aux organisations qu’elle dirigeait. Rien de bien substantiel n’en sortit en fait. Les contacts sporadiques des doyens avec les cadets n’ont pas produit, pendant les deux décennies précédentes, l’osmose dont le pays nouveau sortirait. On donc peut parler d’une longue période d’incompatibilité entre la culture militante et la culture activiste. N’est-ce pas précisément cette incompatibilité qui prend fin en cet automne 2011 ? Ce que l’on peut observer aujourd’hui, et c’est notre hypothèse devant la naissance d’un Front Uni de la Diaspora Camerounaise en 2011, c’est la lente parturition d’une nouvelle culture métissée de résistance, faite de l’alliage patient de la culture théorico-militante des générations 70 et de la culture activiste des années 90-2000. On met désormais en commun la mémoire historico-idéologique du problème national et la créativité activiste des jeunes générations. L’observation ultérieure de ce phénomène nous en révèlera, nous espérons, des caractéristiques plus nettes. Penchons-nous sur le suivant, les interrelations viendront en conclusion.

II

La reconfiguration subreptice de la question successorale par Paul Biya : le dauphin spermatique Frank Biya monte en puissance.

Pendant la campagne électorale, une bassesse françafricaine qui nous pendait au nez s’est fait jour sous la forme d’une scène que peu de tabloïds nationaux avaient prévue : aux côtés de son président de père en parade devant ses partisans chauffés à l’alcool et aux slogans lobotomisants, un certain Frank Biya, la quarantaine fringante, s’est fait applaudir à Kribi et à Douala en des termes plus qu’énigmatiques : « Frank Biya, Président ! Frank Biya, Président ! » Qui l’eût cru aussi simplement ? Echaudé par le triste sort des dictateurs africains ayant délibérément pris leur retraite, Paul Biya aurait décidé de ne faire confiance finalement à personne dans le sérail traditionnel de son parti- Etat. Les bains de foule de Frank Biya en pleine campagne électorale, véritables montée en puissance dans l’échelle du pouvoir paternel,  ne sont-ils pas les indices probants d’une transformation du dauphinat institutionnel interne du parti-Etat RDPC en dauphinat spermatique ? Violeur des foules, violeur de la Constitution, Biya ne voudrait-il par l’immixtion de son fils au sommet des affaires publiques de l’Etat dès cette campagne 2011 indiquer qu’il se succèdera à lui-même, ou alors ce sera le chaos ? Le pouvoir découlant de l’érection présidentielle ne se mue-t-il pas comme par une nécessité naturelle en pouvoir s’écoulant de l’érection présidentielle, en pouvoir spermatique ? Un Biya remplaçant Biya, n’est-ce pas mille fois mieux pour notre autocrate octogénaire qu’un biyaïste remplaçant Biya ? Paul Biya est tout, sauf un biyaïste. En  postcolonie, on n’est mieux  servi que par soi-même. La crise de confiance interne au système RDPC, telle qu’elle a transpiré via Wikileaks des révélations des hauts dignitaires du régime à la diplomate américaine Janet Garvey, est l’axe à partir duquel s’éclaire l’obscurité de cette manipulation successorale.

Au nom des élites du Nord, Amadou Ali, Vice-Premier Ministre du régime Biya, a annoncé la déflagration successorale qui sanctionnerait le non-respect de la clause d’alternance stratégique du pouvoir entre élites du Nord et élites du Centre-Sud, depuis les années 60. Biya lui-même a laissé entendre qu’il se reconduirait au pouvoir pour préparer sa succession pendant cet ultime mandat. En laissant désormais flotter dans l’air l’hypothèse d’une transmission spermatique du pouvoir, Biya donne donc au moins trois signes : d’une part, il indique aux élites pourvoiristes du Centre-Sud que leur « sécurité » sera assurée par la transmission du fauteuil suprême à son propre fils, issu comme lui du groupe Beti/Fang ; d’autre part, Biya tient en joue ses rivaux du Nord qu’il somme de s’aligner à cette hypothèse ; enfin, Biya indique aux partenaires stratégiques internationaux, à travers la jeunesse de son rejeton, comparativement avantageuse quand on regarde l’âge de ses pairs Faure Eyadéma du Togo et Ali Bongo du Gabon, que la postcolonie camerounaise continuera bel et bien de fonctionner, sur la longue durée, dans leur intérêt bien compris. L’observateur se souviendra enfin, pour se convaincre de la nouvelle donne d’une  succession spermatique que nous déconstruisons, que Paul Biya a bel et bien été le parrain- aux grands dépens de l’opposition gabonaise – de la succession successorale gabonaise. C’est à Biya qu’Omar confia son fils Ali, ainsi que l’a montré la visite  précoce de reconnaissance pieuse, du nouveau « présidant » gabonais à son mentor, dès son « élection ». Il faudra donc que l’opposition camerounaise se prépare à faire face au futur Ministre d’Etat Chargé de la Défense, ou au futur Vice-président de la République du Cameroun Chargé de la Défense, un certain…Frank Biya. Il faudra, aussi d’ores et déjà envisager une stratégie de la société civile camerounaise si l’hypothèse d’une guerre civile successorale entre les différents clans du RDPC au pouvoir venait à prendre corps dans l’histoire imminente. Les conflits successoraux au sein des partis-Etats, sont les terrains favoris du troisième larron.

III

La reconfiguration de l’opposition institutionnelle camerounaise : un radicalisme tardif et suspect

La  troisième nouveauté de la crise postélectorale, c’est enfin la récente prise de position radicale des principaux leaders de l’opposition institutionnelle qui ont pourtant donné crédit à la farce électorale de Biya en acceptant d’y participer dans les conditions iniques d’ELECAM. Réunis à Yaoundé le 15 octobre,  Fru Ndi, Ndam Njoya, Kah Walla, Ben Muna, Anicet Ekané et Cie demandent l’annulation pure et simple du scrutin ténébreux du 9 octobre 2011 et appellent le peuple camerounais à descendre dans la rue si la Cour Constitutionnelle persiste à introniser le prince Biya, malgré les nombreuses irrégularités qui ont de façon tangible et flagrante, discrédité le processus électoral. Des questions inévitables nous viennent à l’esprit : pourquoi n’avoir pas adopté cette position commune avant les élections, contre ELECAM, comme le demandait incessamment l’UPC des Fidèles, notamment ? Pourquoi avoir donné du crédit à une élection qu’on savait fausse, truquée, ubuesque, monstrueuse dans son déni cruel de démocratie et de souveraineté envers près de 90% de citoyens camerounais de l’Intérieur et de l’Etranger ? Avaient-ils seulement cure des 4,5 millions de camerounais de la diaspora exclus de cette soi-disant élection ? Sont-ils enfin sincères, nos joueurs de cirque connus pour leur passion de la thèse « politique na njangui », devise sublime pour amateurs de mangeoires postcoloniales ?

Il nous paraît clair qu’en s’alignant formellement , mais seulement a posteriori sur les positions du Front Uni de la Diaspora pour le Boycott Actif de cette élection présidentielle, l’opposition institutionnelle a voulu jouer et gagner sur tous les tableaux : a) Occuper une place institutionnelle menacée par des partis rivaux opportunistes à l’affût de l’appât du pouvoir d’Etat et de ses facilités financières ; b) Obstruer la voie à la reconnaissance internationale de l’opposition radicale nationaliste et démocratique de l’intérieur comme de la diaspora, comme seule interlocutrice valable du changement politique au Cameroun ; c) Pouvoir garder le contact avec Etoudi pour négocier les strapontins annoncés d’un futur gouvernement d’union nationale promis en sourdine par le régime ; d) Se réserver la possibilité, en cas de feed-back négatif des tenants du pouvoir, de se replier sur des positions politiques radicales mais tardives et hypocrites, quitte pour cela à livrer quelques colères sociales à la soldatesque du régime, pour se repositionner à l’avant-garde d’une lutte démocratique livrée aux oubliettes du quotidien en postcolonie. Pour toutes ces raisons, le radicalisme de la déclaration du 15 octobre 2011 à Yaoundé est hautement suspect et mérite d’être mis à l’épreuve des faits. Il cache une tentative

Assez de ces atermoiements illimités ! Qu’ils fassent donc descendre en ordre, eux-mêmes étant aux avants- postes, leurs militants mobilisés dans la rue, nos opposants institutionnels !  Et sans aucun doute, les opposants diasporiques en mouvement de synchronie comme nous l’avons montré ci-dessus, les soutiendront activement. Qu’ils prennent enfin toutes leurs responsabilités contre le régime Biya, et Achille Mbembé – bien souvent loin du chaudron du BIR et des autres bidasses de la postcolonie biyaïste comme moi -   ne les traitera plus avec raison d’  « opposition imbécile » ! Pire encore, ils ne bénéficieront pas de l’indulgence suspecte du cynique Mono Ndjana, qui réclamait il y a peu le départ à la retraite de Paul Biya et qui célèbre sans sourciller la nouvelle forfaiture électorale du même despote.  Au fond de l’affaire, ce n’est pas l’opposition institutionnelle actuelle qui est imbécile, mais ceux qui espèrent sans garantie aucune en elle. Sans alliage des citoyennes et citoyens camerounais révoltés dans des organisations nationales et diasporiques bien pensées, dotées de stratégies, de tactiques et de moyens assurés et assumés, l’espoir attendra. L’alchimie heureuse du Cameroun qui vient n’est pas l’affaire exclusive des politiques ou celle des intellectuels. Elle ne peut se faire en séparant le génie populaire du génie critique. Elle viendra de la mise de la science au service de la société civile et l’articulation de l’intelligence camerounaise à l’activisme citoyen, dans un projet d’émancipation inspiré, coordonné, discipliné, créatif, volontariste et sans complexe devant l’adversaire, voire impitoyable face à l’ennemi. Mûrir et assumer le défi de notre temps, voilà la tâche imprescriptible du métissage générationnel des luttes en cours. Telle est, je pense la réalité camerounaise qui nous échoit en ce mois d’octobre 2011. Elle appelle, cela me semble incontestable, l’émergence de nouvelles organisations populaires de lutte pour la démocratie et la république.

 

Paris, le 19 octobre 2011.

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 22:08

union Aficaine6

 

 

 

 

Pr. Franklin Nyamsi

Paris, France.

 

            Il est temps de panser une plaie dont la purulence exceptionnelle risque d’endommager gravement la destinée des sociétés africaines contemporaines. Je veux parler d’une sorte de nécrose invisible, de pourrissement intérieur de la parole politique sous l’action de ceux que je nomme les opposants de bouche. Si rien n’est fait contre ces phraseurs sans consistance bénéfique, la parole de l’opposant africain entrera dans la plus terrible des traversées du désert de son histoire. A cause de nos plaisantins ensanglantés, la noble cause des révoltés s’étiole en Afrique. Il convient donc de se révolter contre le tort que cette engeance cause à la transcendance spirituelle de la révolte humaine légitime. Il faut s’opposer aux faux opposants. Qui sont-ils ? A quoi reconnaît-on cette espèce de perroquets de la faune politique en Afrique noire ? Comment nos sociétés en sont-elles venues à produire cette espèce particulière d’imposteurs, capables de parler et camper le discours des anges de lumière alors même que leur première préoccupation est l’accaparement des peuples, le braquage des libertés et l’exploitation outrancières des terres, mers, forêts et énergies créatrices du continent noir ? Je voudrais d’abord dresser dans cette tribune leur portrait, afin d’augmenter la traçabilité et l’identifiabilité de cette coterie de bonimenteurs postcoloniaux. Ensuite, il m’importera de démonter la mécanique illogique de leur prétention à assurer l’instauration ou la consolidation de la démocratie dans leurs pays. Enfin, j’en viendrai à ce qui me semble être le sens d’une opposition politique véritable dans l’Afrique contemporaine.

 

Portrait et manières d’imposteurs

 

            Qu’ils aient perdu le pouvoir ou qu’ils l’aient conquis, on peut les reconnaître. Ils bougent des lèvres, mais ne disent rien de sensé à ceux qui savent lire entre leurs lignes tordues. Sur le plan national, sans solidarité de classe réelle avec les plus pauvres, les plus démunis, les laissés pour compte, ils s’improvisent représentants des tout petits face aux  grands bonnets de la société postcoloniale. Ainsi s’efforcent-ils de récupérer les frustrations, les colères légitimes, les conflits locaux, pour en faire la preuve de l’efficacité de leur critique de l’Autre. Le fait est qu’ils sont depuis bien longtemps coupés de ces peuples qu’ils prétendent représenter, non seulement parce que leur problème est l’avoir du pouvoir, mais aussi parce qu’ils ont cessé depuis longtemps de comprendre ce que les sociétés africaines sont devenues après la Chute du Mur de Berlin. Clivés dans des catégories mentales héritées de la Guerre Froide, ils brillent par un binarisme intellectuel aveuglant. L’Afrique est à penser au-delà du capitalisme et du communisme, dans une perspective originale qui s’intéresserait davantage aux priorités matérielles, écologiques, sanitaires, économiques et juridiques qu’à la proclamation d’un nouveau corpus idéologique. Au fond, la démocratie, quoiqu’on en dise, est l’urgence locale réelle de l’Afrique contemporaine, tous les autres problèmes africains étant soumis à celui de la justice politique. Mais nos imposteurs n’en ont cure. Ruant dans tous les brancards, on les retrouve donc au cœur de toutes les discriminations criminelles. Opposants leurs concitoyens en allogènes et autochtones, en vrais nationaux et faux nationaux, opposant sans cesse droit du sang et droit du sol, opposant leurs rivaux politiques en gens de l’Etranger et gens du pays, opposants leurs citoyens de la diaspora à ceux de l’intérieur, les hommes aux femmes, la religion à la société, ils ne vivent que de fabriquer sans cesse dans la société, des contradictions qui ne sont pas essentielles, mais servent artificiellement à abonder leur quête jouissive du pouvoir d’Etat.

 

            Leur cirque est aussi international. Ils donnent de la voix pour attirer les peuples dans leur escarcelle de lâches, alors même que dans la nuit, ce sont eux qui vont quérir le soutien des grandes puissances qu’ils vilipendent apparemment. Nos opposants de bouche sont souvent de grands clameurs de thèses anticolonialistes sans soubassement réel dans la praxis. Leur engagement politique, malgré les accents éthiques et la hauteur de l’idéal qu’il put susciter dans leurs peuples, s’est révélé n’être qu’une soif du pouvoir pour la jouissance, une érotisation aveugle de l’agir public. « Avant, nous disent-ils, nous n’avions rien. Maintenant, nous avons un peu ».  Parce que la mémoire anticoloniale et antiesclavagiste des peuples africains est encore vive, non seulement en raison des ravages de la raison impériale occidentale, mais aussi à cause des continuités contemporaines de la déshumanisation des africains par les africains, nos opposants de bouche surfent sur ces vagues du ressentiment avec plus ou moins de bonheur. Au fond, ils se foutent de leur pays. Qu’ils aient été au pouvoir ou qu’ils n’y aient pas été, ces gens se reconnaissent à leur pratique invétérée de la politique de la terre brûlée. Ils se proposent comme les seuls et ultimes garants de l’ordre et de la survie de leurs sociétés. Avant eux, disent-ils, c’était le chaos. Après eux, prétendent-ils aussi, ce sera le chaos. Praticiens de la démocratie de propagande, ils ne croient en réalité qu’aux ruses et aux vertus de la duplicité politicienne. Les valeurs de vérité et de justice étant aux antipodes de leurs visées, le clanisme, le tribalisme, l’opportunisme et le cynisme sont leurs refuges immoraux. Ils ont la diabolicité chevillée au corps, revendiquant la tromperie ou boulangerie politique comme carnet d’adresses. Tant que cela marche, il s’en réjouissent, mais quand la farine monte au nez du boulanger, on l’entend requérir la protection de la morale et l’indulgence des âmes charitables.

 

 

Des experts en impuissance collective

 

            J’entends  donc par opposants de bouche, cette espèce particulière d’acteurs politiques connus pour leur singulière incapacité à offrir de véritables victoires qualitatives à leurs peuples, en termes d’avancées sociales, économiques et politiques. Au plan social, ils excellent dans l’art de diviser pour régner et ne tolèrent ni dans leurs partis, ni dans le pays, l’existence de voix capables de porter un message dissonant envers leurs petits calculs d’apothicaires. Au plan économique, ils ne sont ni capables de créer des richesses, ni capables de commercer utilement avec le reste du monde. La misère et le chômage massifs sont leurs meilleures réussites quand ils passent par le pouvoir. Leur pratique politique est complètement creuse : faite d’esbroufe et de faux procès d’intention, elle consiste à imputer leurs échecs à l’Autre, quitte à l’inventer de toutes pièces avec le bric à brac des circonstances.  

 

            Ce sont des chantres de la démocratie quand ils cherchent le pouvoir et des ogres de la démocratie quand ils le prennent. Leur principe est celui du Tout ou Rien. Non seulement ils prévoient un seul cas de figure quand ils vont aux élections  (gagner), mais ils sont prêts à casser la figure de leur pays, à lui voler sa souveraineté démocratique dès lors qu’elle ne s’exprime pas conformément à leurs tropismes obtus. Marxistes-léninistes de bouche à l’occasion, ils se servent de la phraséologie révolutionnaire de gauche quand ils ne sont pas au pouvoir ; mais aussitôt y sont-ils qu’ils s’engouffrent dans les grands boulevards infects de l’extrémisme réactionnaire de droite.  Voilà par quelles voies, vomis par leurs peuples et délaissés par leurs mentors de l’ombre – y compris quand ils financent les campagnes des présidents occidentaux qu’ils font semblant d’exécrer - , ces gens ne vont jamais bien loin. Après avoir longtemps nagé dans la confusion, leur dos se montre enfin aux démocrates rassemblés et organisés qui les épinglent et les inscrivent dans le placard de la petite histoire, celle des grenouilles qui se prenaient pour plus grosses que des bœufs. Au fond, ce sont des acteurs de l’impuissance africaine.

 

Noblesse de l’opposition authentique

 

            A contrario, que devrait donc être l’opposition politique africaine de tous nos espoirs ? Celle qui veut prendre le pouvoir d’Etat pour faire franchir un seuil qualitatif positif à la société nationale. Une sous-organisation  sociale alliant les acquis de la science et les revendications de liberté et de bien-être en cours dans sa société globale. Composée de gens déterminés à comprendre et capables de comprendre effectivement les mécanismes de la pauvreté, de la misère intellectuelle et morale, de la domination politique nationale et internationale en cours dans son époque et dans son pays,  l’opposition politique doit être un alliage d’intelligence théorique et de connaissance pratique de la société civile, mais aussi le maillage des forces sociales, économiques, politiques et spirituelles qui aspirent à un saut qualitatif de la société globale. Noble par essence, l’opposition porte en elle une possibilité créative essentielle pour la société : le NON de la conscience révoltée n’est pas simplement légitime en termes d’objectivité. Le NON constitutif de l’acte de s’opposer politiquement renvoie à la possibilité de bâtir un monde autrement meilleur, de proposer d’autres issues à une communauté politique. Ce n’est pas simplement un NON de bouche, mais une parole créatrice d’un ordre nouveau, mûri et pensé par des citoyens avertis, instruits, libres et responsables. Le NON de l’opposant doit puiser à la fois dans l’éthique de la conviction et dans celle de la responsabilité. C’est à ces deux sources de la moralité collective que se renouvelle authentiquement un corps social.

            L’opposition politique africaine doit donc être une opposition d’intelligence, de proposition, d’organisation et de résistance planifiée contre la misère, la violence, la ruse, la domination, toutes tares qui transforment les peuples africains soumis à leur longue durée en véritables zombies marchant comme des aveugles en plein jour, comme si c’était la nuit. Qu’il nous soit permis d’espérer l’attention des intelligences vives aux lieux où se tissent les toiles de l’opposition politique africaine de tous nos espoirs. Celle qui saura se préparer à gouverner autrement que par l’instrumentalisation de la haine, du ressentiment et de la mémoire ensanglantée du continent noir. Celle qui saura constituer des équipes et des assemblées de femmes et d’hommes capables de donner une orientation heureuse à la destinée de l’Afrique. Une opposition spirituelle, éthique, intellectuelle, mobilisatrice, active et géniale. Puissions-nous reconnaître et accompagner l’émergence de ces forces positives. 

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans analyses sociales - politiques - économiques
commenter cet article
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 21:08
Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com
commenter cet article
13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 12:37

 

 

 

 

ENTRETIEN AVEC le Pr. FRANKLIN NYAMSI, AGREGE DE PHILOSOPHIE, DOCTEUR DE L’UNIVERSITE DE LILLE 3, PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE DANS L’ACADEMIE DE ROUEN

(FRANCE)

 

8e4f4e56395a8d60092612.jpg

 

" A la tête du Cameroun se trouvent des froids sanguinaires"

 

Le Cameroun est l'un des rares pays au monde où les martyrs et autres héros ne sont pas honorés annuellement au cours d'une journée précise. Pour pallier ce manquement, à  l’ initiative de Célestin Bedzigui, par ailleurs Chairman de Global Democratic Project, une ONG basée aux USA et  orientée vers la promotion des Droits Politiques dans les Pays d’ Afrique,  un groupe de Camerounais issus de divers milieux  et réunis au sein du "Comité du 13 septembre", vient de décider de la Proclamation de ce jour, 13 septembre - jour de l'assassinat du Mpodol Ruben Um Nyobe -, "Journée nationale des martyrs et héros du Cameroun". Pour permettre à ses lecteurs d'avoir les tenants et les aboutissants de cette proclamation dont l'inauguration a lieu aujourd'hui, Le Messager s'est, par le biais d'Internet, entretenu avec le Secrétaire Exécutif de ce "Comité du 13 septembre". Professeur agrégé de philosophie, docteur de l'Université de Lille 3 et enseignant de philosophie dans l'Académie de Rouen en France, le Secrétaire exécutif du "Comité du 13 septembre" explique avec force et détails les motivations de ce groupe dont il a été coopté  Secrétaire Permanent du Comité Exécutif.

 

Quel sens accordez-vous à la proclamation du 13 septembre comme Journée nationale des martyrs et héros du Cameroun ?

Jour de souffrance nationale, jour de souvenir, jour d’espoir. Le jour où le Mpodol Ruben Um Nyobé - assassiné par l’armée coloniale française et ses supplétifs africains - quitta ce monde, porte le cachet emblématique de tous les lâches crimes subis par le peuple camerounais. On ne peut passer par pertes et profits chaque année, les vies camerounaises happées par les crimes économiques, politiques et socioculturels de l’incurie qui administre violemment le Cameroun depuis les indépendances. Le mépris de la vie et l’écrasement de la dignité humaine ont atteint et dépassé le seuil de l’intolérable. Nous ne survivrons pas à la contamination ambiante de la connivence criminelle qui enserre les esprits dans une léthargie de poids abyssal, si nous ne réarmons pas moralement et spirituellement la société camerounaise. La saignée doit être stoppée, ou alors notre société produira des monstres encore plus terrifiants que les régimes despotiques postcoloniaux de Paul Biya et Ahmadou Ahidjo, héritiers directs du système colonial. Pour relever la tête de ce pays et lui donner la force de se projeter de façon créative dans la modernité, il faut l’enraciner davantage dans la conscience de ses tragédies et la mesure de ses tâches actuelles de lutte contre la misère, contre la violence et la corruption des institutions injustes, contre l’absence de pensée qui devient marque de fabrique en un monde pourtant traversé par de profondes mutations démographiques, écologiques, socioéconomiques, stratégiques et politiques.

 

En quoi cette proclamation n’est-elle pas une simple bravade de plus envers le pouvoir ?

Le pouvoir s’est gravement déconsidéré tout seul au Cameroun. Lisez leurs révélations de génocidaires en préparation sur Wikileaks, et vous comprendrez quels froids sanguinaires nous avons à la tête de ce pays ! Maurice Halbwachs, célèbre sociologue français, étudiant les cadres sociaux de la mémoire collective, fit remarquer à juste titre que la mémoire d’un peuple porte toujours en réserve les traumatismes qu’on lui a fait subir. Et quoi qu’on fasse croire à ce peuple, il ne redevient lui-même qu’en assumant cette mémoire comme source de refondation et de réinvention de soi. Telle est la situation du peuple camerounais. S’il tourne en rond, s’il semble faire du sur-place, c’est parce qu’il veut redevenir lui-même pour s’élancer de toute sa spontanéité créatrice vers l’avenir. Comme l’athlète avant le saut, le peuple camerounais a besoin de piliers pour s’arc-bouter et bondir par devers l’ère dictatoriale qui perdure. Le peuple camerounais porte en lui, comme la cathédrale jamais construite de son avenir. Il a encore beaucoup à montrer à l’Histoire.

 

Que voyez-vous donc venir à l’horizon du Cameroun, Professeur ?

Un peuple organisé en synergies bien pensées, originales et déterminées finit par faire valoir ses droits. La proclamation de cette Journée instaure un radical devoir de mémoire et met en garde les fossoyeurs de la valeur humaine au Cameroun contre l’inéluctable jugement de l’Histoire et des tribunaux imminents de la démocratie camerounaise. La convergence des intuitions de Camerounais de toutes les origines vers cette proclamation n’est pas le fait d’un simple volontarisme. C’est aussi la conjugaison des forces cachées de la mémoire qui travaillent notre peuple. Cette proclamation fixe la ligne de démarcation entre bourreaux et victimes, contre toutes les tentations révisionnistes et négationnistes en cours. Cette proclamation redonne l’initiative de sa mémoire au peuple camerounais qui s’habillera en blanc, ou en rouge et noir tous les 13 septembre futurs, en souvenir des jours infâmes que les criminels qui tiennent le pays en otage lui auront infligé. Il s’agit en fait, au final, d’instaurer un rituel républicain nouveau, en vue de la République réellement démocratique à laquelle le dédain des Camerounais pour les élections-bidon du Renouveau, nous invite à travailler d’arrache-pied. Par la suite, ce travail intellectuel et la créativité symbolique qu’il stimule de mémoire devront révolutionner l’architecture publique nationale, les institutions républicaines, les ordres de la chancellerie par exemple, bref les repères spatio-temporels et spirituels des générations naissantes.

 

Peut-on considérer le devoir de mémoire comme l’urgence de notre temps alors que les Camerounais sont d’abord confrontés à des problèmes concrets comme l’emploi, le logement, l’éducation, la nutrition, la santé, etc. 

 

Aucun des problèmes concrets que vous soulevez ne trouvera justement de réponse tant que le Cameroun ne sera pas gouverné par une majorité politique et des institutions représentatives de la souveraineté du peuple, élues, contrôlées et sanctionnables par le peuple dans le cadre d’une réelle tradition démocratique d’alternance et d’alternative politiques. Nous œuvrons à bâtir un cadre où les problèmes réels des Camerounais seront l’objet réel de l’action politique des gouvernants. Si en 30 ans de pouvoir, le régime de Paul Biya n’est toujours pas parvenu à vaincre sa propre corruption, à respecter les droits humains, à se soumettre aux mécanismes impartiaux de véritables consultations électorales, à développer le pays pour combattre efficacement la misère et l’hostilité de la nature, c’est bien parce que ce régime est déconnecté de ce qui constitue l’axe de la mémoire camerounaise profonde. Dans de telles conditions, la société civile, en réseau avec des forces saines de l’opposition politique, doit à la fois proposer une stratégie d’alternance et une alternative crédible aux plans foireux et machiavéliques du régime en place. Cela passe aussi par la création de nouveaux cadres symboliques d’auto-perception des citoyens. Cette Journée nationale des martyrs et héros du 13 septembre participe de cette vision recréatrice du rapport de la citoyenneté camerounaise à l’histoire réelle. Elle prépare les esprits aux changements salvateurs que le peuple camerounais organisé inscrira bientôt dans le marbre de ses institutions les plus chères.

 

Comment cette initiative sera-t-elle suivie ?

         Par un organe de gestion qui est le Comité Exécutif  du ‘’Comité du 13 Septembre’’ et un Organe d’orientation qui est le Free Kameroon Foundation (FKF).

Premièrement, les missions et taches du Comité Exécutif du ‘’Comité du 13 Septembre, Célébration de la Journée des martyrs et héros nationaux’’ (Cocemas), qui a la charge de la gestion courante  seront les suivantes :

- La promotion institutionnelle et la consécration de la Journée au Cameroun et dans le monde, à travers les médias et les réseaux d’éducation populaire;

- La préparation, la réalisation et la consolidation des célébrations annuelles de la Journée au Cameroun et dans le monde : conférences publiques, meetings populaires, festivités, œuvres culturelles de toutes sortes;

- Le sponsoring et le parrainage des travaux scientifiques sur la mémoire des martyrs du Cameroun, au sein des réseaux universitaires nationaux et internationaux.

         Le Comité Exécutif  du ‘’Comité du 13 Septembre’’ a comme Secrétaire Permanent  votre serviteur, le Professeur Franklin Nyamsi à Paris, et comme membres les citoyens Agnès Taile à New York, Kenneth Ndeh à Washington, Rouffaou Oumarou à Bruxelles, Cyrille Ekwalla à Montréal, Serge Banyoguem à Washington, Venant Mboua à Montréal, Marcel Sime à Washington, Emmanuel Fonkwa au Cameroun.

 

         Deuxièmement, par le canal du Secrétaire Permanent, l’orientation des activités du ‘’Comité du 13 Septembre’’ est assurée par  Free Kameroon Foundation (FKF) ou Fondation du Cameroun libre, établie par les citoyens Dominique Djeukam Tchameni , Célestin Bedzigui, et moi même il ya déjà quelques années. FKF est un  Think Tank et une structure de  réarmement civique,   d’ appui et de suivi des initiatives comme celle de ce Comité du 13 Septembre   jusqu’a ce qu’ elles aient un  fonctionnement autonome et efficace.

 

Je vous remercie, Professeur.

 

Entretien avec

Honoré FOIMOUKOM

via Internet (Skype),

depuis les Etats-Unis

 

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 11:33

Manifestation Anti-Françafique 13 juillet 2010 008

 

 

1. Martyrs et héros morts pour le Kamerun par millions, millions de kamerunaises et kamerunais vivant dans le triangle national et vous autres millions de kamerunaises et de kamerunais conduits par le destin dans la diaspora, ô divins ancêtres et dignes contemporains du Kamerun ! Que les chairs des innocents putréfiés dans nos forêts, savanes, marais et mangroves reprennent vie en ces paroles inaugurales.

 

2. En cet instant solennel, que le temps s’arrête sur la pointe du Mont Fako pour que le verbe sacré fasse son œuvre créatrice ! En cet instant solennel, que s’inscrivent à jamais dans la mémoire des siècles, devant l’idéal éternel de l’humanité et devant la valse frémissante des peuples de la terre,  les paroles qui vont suivre, pour la mémoire des martyrs et héros de notre peuple, à compter de ce treize septembre 2011 ! En cet instant solennel, que les  esprits fraternels et solidaires de tous les pays entendent le soupir des âmes sans sépulture qui attendent dans la nuit de notre liberté, une civilisation qui les relève et les élève dans la considération sacrée des vivants !

 

3. Chères concitoyennes, chers concitoyens, pensons à ces personnes qui auraient voulu regagner la chaleur de leurs foyers, partager les joies et les peines de leurs femmes, époux et enfants, enterrer dignement leurs vieux parents, vieillir et quitter le monde dans la décence et le respect des coutumes sacrées de notre pays.

 

4. Pensons à ces êtres d’amour et de rêve que leurs amis, que leur village, que leur ville, province ou que notre peuple ne revirent jamais debout parmi les clameurs des vivants, parce que les grands sacrificateurs de la domination avaient disposé de leurs vies comme autrefois on vendait des hommes à l’encan.

 

5. Pensons à ceux qu’on ne revit jamais sans savoir qui les tuait, où on les tuait, comment on les tuait et pourquoi on les tuait.

 

6. Nos héros et martyrs, dont la longue file muette s’étend des matins sanglants de l’invasion coloniale des siècles passés aux jours contemporains ne peuvent plus attendre. Leurs visages se glissent dans nos songes pour demain, et nous devons d’ores et déjà leur ériger un Panthéon Mémoriel , leur réserver une place dans notre vie pour que jamais ne s’oublie leur genre de mort, leur sacrifice pour notre dignité. Nous devons nous préparer à leur réserver un Mémorial dans notre capitale et à donner leurs noms à nos  Institutions, rues, avenues et boulevards les plus remarquables. Car ces gens étaient résolument des ‘’ BRAVES’’ , comme on en trouve fort peu aujourd’hui…

 

7. Evoquons en égrenant  respectueusement le chapelet de leurs  noms : Le Chef Bakweri KUVA LIKENYE, Le Chef Ewondo OMGBA BISSOGO , Le mahdi GONI  WADAY, Le Lamido d'Agorma, le Djaouro de Bamé, le Djaouro de Oubao, le Yérima de Lagdo, le Lamido de Béngui, l‘Ardo de Déngui, Wadjiri Hamidou d'Agorma, Maloum Gorni Savana, Malam Bana, Le Chef Mvokani NKONGO MEKONGO, King Rudolph DOUALA MANGA BELL, Ngosso Din; Martin Paul SAMBA, Le Chef Batanga  MADOLA, Le Sultan NJOYA, Karnou, Ruben UM NYOBE, Dr. Félix MOUMIE, Le Chef Bamileke Kamdem NINYIM, AUGUSTINE NGOM JUA, JOHN NGU FONCHA, Dr. Marcel BEBEY EYIDI, Ernest OUANDIE, Castor OSSENDE AFANA, Monseigneur Albert NDOGMO, Abel KINGUE, Le Chef Mvog Namye MBILONGO à NOMO ONGUENE, Mgr Jean Zoa, le Père Engelberg MVENG, Albert WOMAH MUKONG, Jacques TIWA, Pius NJAWE.

 

8. Nous ne saurions oublier ni les  Mvog Ottou massacrés  par les Allemands à Mvog Betsi, Yaoundé, en 1894-1895, ni les Bati massacrés par la colonne Von Morgen en 1894, ni les   400, 000 victimes des massacres de masse des Nationalistes Kamerounais perpétrés entre 1957 et 1962 dans les Hauts Plateaux Bamilékés et entre 1955 et 1971  en pays Bassa,   par l’armée française et ses supplétifs camerounais , ni les déportations massives des Eton   dans les camps de concentration de Mentum en 1962 sous le régime de Ahidjo et d’ où nombreux ne sont pas revenus , ni les 52 suppliciés, militants nationalistes ,  du train de la mort, wagon  N°31 047, qui ont été embarqués le 1er Février 1962 en gare de Douala et seront trouvés morts  asphyxiés à leur destination de Yaoundé.

9. Nous ne saurions oublier les milliers de compatriotes morts dans les prisons concentrationnaires de Mentum, Tcholliré, Yoko, dans les centres de tortures des BMM, dans la période 1962-1990, au cours des manifestations des ‘’ Villes Mortes’ en 1991 et du soulèvement populaire de  Février  2008.

10. Nous ne les oublierons jamais !

11. Considérant que tous les êtres humains méritent respect en raison de leur mérite, de leur courage, de leurs sacrifices et des circonstances de leur vie et de leur mort, qu’une collectivité humaine ne se dresse sous la hauteur du firmament qu’à condition que sa mémoire s’enfonce dans les profondeurs vivantes de ses drames et tragédies historiques, puise dans les sucs de ses souffrances et recueille la rosée de ses plus nobles espérances ;

 

12. Considérant que l’oubli des sacrifiés d’un peuple accompagne bien souvent la poursuite éhontée du sacrifice banal de ce peuple par les héritiers de son abomination, jusqu’à ce que s’ensuive la mort  ou la résurrection physique, morale, symbolique et spirituelle de ce peuple ;

 

13. Considérant la cohorte impressionnante des millions de sacrifices humains concédés, comme aucun peuple de l’Afrique Noire Francophone, par le vaillant peuple du Kamerun, dans la lutte contre l’invasion impériale, contre la colonisation et contre la dictature postcoloniale des héritiers de la barbarie coloniale ;

 

14. Considérant le travail de sape et l’œuvre de confusion diabolique poursuivis par les héritiers de la barbarie coloniale kamerunaise, à travers la confiscation, la déformation, la destruction et le viol des archives nationales ; à travers le viol des corps et des âmes, la sous-éducation historique des jeunes générations, et la substitution de la propagande à la connaissance scientifique de l’histoire réelle du Kamerun ;

 

15.Considérant que la conscientisation historique de notre peuple est l’un de devoirs impérieux de ses intellectuels, de ses entrepreneurs, de ses cadres et de ses citoyens avertis, qu’ils soient dans le territoire national ou dans l’immense diaspora 

 

16. Le Peuple  Kamerunais, àtravers la présente Proclamation, dès ce jour du 13 Septembre 2011,  élève les  citoyens expressément cités au Paragraphe 7 et ceux ayant perdus la vie dans les événements et conditions évoqués aux Paragraphes 8 & 9  ci dessus, à la Dignité de Martyrs et Héros Nationaux et les admet au ‘’Panthéon Mémoriel National’’ qu’ en sa conscience, chacun citoyen abrite, jusqu’ au jour de la Grande Victoire où la République aménagera le lieu où la Nation reconnaissante viendra se recueillir sur la mémoire de ses Braves.

 

17. Le Peuple  Kamerunais proclame solennellement et jurent d’une seule et même voix que par devoir sacré, le 13 septembre de tous les ans, jour anniversaire de l’assassinat du Mpodol Ruben Um Nyobè, héros et martyr de l’Indépendance, sera désormais célébré partout où vit la moindre âme kamerunaise et partout où en repose une dans la terre , comme ‘’ Journée Nationale des Héros et des Martyrs ‘’du peuple kamerunais.

 

18. Le Peuple  Kamerunais proclame solennellement et jure d’une seule et même voix que le signe de ralliement de la’’ Journée des Martyrs et des Héros’’  sera la vêture ou la parure noire et rouge, ou entièrement blanche, qu’ils arboreront ce jour de souvenir, quelles que soient les occupations qui les accapareront, partout dans le monde. Ces couleurs leur rappelleront le deuil (noir), le sacrifice (rouge), mais aussi la pureté (blanc) du dévouement de nos martyrs et héros nationaux.

 

Ainsi Proclamé et Établi, inspiré par et agissant sous la volonté de Dieu, Créateur de l’ Univers, et qu’il en soit ainsi pour les siècles , pour honorer les âmes de ses créatures mortes pour le Kamerun.

 

Ont signé ce jour, 13 Septembre 2011

 

Pour le Comité du ‘’13Septembre, Journée Nationale des Martyrs et Héros’

 

1/Celestin Bedzigui , USA                                      2/Franklin Nyamsi, France

3/Djeukam Tchameni, Afrique du Sud                          4/ Kenneth Ndeh, USA

 5/Marcel Sime, USA                                               6/Roufaou Oumarou, Belgique

7/Agnes Taile, USA                                                        8/Juliette Abandakwe, Belgique

9/Dibussi Tande, USA.                                             10/ Pierre Ndom, Portugal.

11/ Josué Yetna, France.                                           12/  Paul Aarons Ngomo, USA.                                           13/Jean Claude UM Mahop, Benin                                                  14/Cyrille Ekwlla, Canada    

15/ Nene Fatimatou, Cote d’ Ivoire                                  16/ Emmanuel Fonkwa, Cameroun.

17/ Yves Beng, France                                                     18/Dieudonne Nyobe, Cameroon France.

19/ Maurice Makek, Cameroun.                                         20/Jean-Pierre Djemba, France.

21/  Daniel Yagne, Espagne                                      22/Guy-Thierry Mbousngock, France.   

23/Nouk Bassomb, USA.                                          24/Jean Pierre Boum, Cameroun

25/Venant Mboua, Canada                                       26/Serge Banyoguem, USA

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 14:19

Le pasteur qui rêvait de se faire mettre une puce.

Psychanalyse des délires d’un irrévérent imposteur.

 

“A man regards a piece of evidence as convincing. This is but another phrase for saying he is convinced.”

James Mill, The Principles of  toleration.

 

 

 

Pr. Franklin Nyamsi

Rouen, France.

 

 

 

            L’une des raisons du désastre humain en cours dans les sociétés africaines contemporaines tient précisément à la multiplication des types d’impostures. Aux prédateurs de richesses et de droits humains, se sont adjoints des prédateurs de vérités qui affectent le plus naturellement du monde la morgue patriotique pour masquer leurs lâchetés les plus ostensibles. Un observateur mal averti des reconversions de l’obscurantisme africain n’y comprendrait que dalle. Il faut pourtant savoir lire dans le pavé mosaïque de leurs contorsions tragicomiques, en se servant des armes imparables de la pensée logique et de la traçabilité archivistique. A l’imposture de leaders politiques s’autoproclamant in extremis nationalistes et anticolonialistes quand leurs fauteuils sont convoités par des rivaux locaux, s’ajoute l’imposture de nouveaux ralliés à la cause nationaliste africaine, qui croient pouvoir se faire une place dans les rangs de l’intelligentsia critique en affectant l’indignation, en se présentant comme victimes d’un vaste complot mondial, afin d’occulter leurs propres liens intimes avec les forces criminelles de domination qui font rage dans le berceau même de leurs ancêtres.

             On veut ainsi occulter les contradictions africaines internes en s’abritant derrière la ligne de fracture internationale entre les grandes puissances planétaires et le reste des nations. Dans cette manœuvre, quelques bousilleurs sans talent autre que la parole délirante se sont hélas glissés. A l’imposture d’ alphabètes sommaires propriétaires d’un ordinateur qui se prennent pour des gens de culture ou de science, s’ajoute ainsi celle de prophètes de foire se servant d’une intelligence grossière de la Révélation Chrétienne pour empoisonner les opinions par l’usage des fantasmes populaires, des imprécations apocalyptiques, de la terreur mythique et l’exacerbation des confusions de toutes sortes. On a vu ainsi les délires du soi-disant Révérend Koné Malachie en Côte d’Ivoire, prédisant pour la mi-août 2011, le feu du ciel aux adversaires de son mentor  de Mama, avant de s’éclipser quand l’autre rejoignait la résidence présidentielle de Korhogo. Entre temps, l’actuel président intérimaire de l’aile très radicale du FPI, Miaka Oureto,  annonçait officiellement le soutien  du parti déchu à la candidature d’Henri Konan Bédié, président du RHDP, pour le Prix Nobel de la Paix. Merveille des merveilles de l’opportunisme politique ! Voici que le délire des révérends s’empare à son tour du Cameroun.

            Ces pasteurs/imposteurs de tous poils, dont la faune devrait faire l’objet d’une somme à charge, ont malgré tout un point en commun : ils se taisent ou minorent la responsabilité des despotes de leurs pays natals, tout en éructant lâchement sur les drames en cours dans d’autres contrées. Ainsi, ils passent pour des croisés de l’anticolonialisme et de l’anti-impérialisme international, alors même que ce sont les pires chevaliers-servants de la bêtise afro-africaine. Comme Calixte Beyala et Gaston Kelman passant le criminel Biya sous silence, nos imposteurs de seconde zone parlent rarement voire ne parlent jamais vraiment de leurs propres tyrans préférés pour des raisons intéressées. Ils minorent la nuisance de gens  comme Biya qui  se sont alignés, dès les indépendances, sous le diktat du colonialisme et de l’impérialisme que leurs adorateurs feignent de combattre par ailleurs. Nous laisserons-nous distraire par le jeu infect de ces plumitifs sans scrupules ? Suffira-t-il qu’on fasse de la dictature de Biya une lapalissade pour être admissible parmi les esprits véritablement critiques de notre temps ?

            Ainsi en est-il du soi-disant Pasteur Guy François Olinga - à l’ esprit fort trouble comme je l’établirai - qui se croit en mesure de porter le fer contre moi parce que j’ai appelé Gaston Kelman et Calixte Beyala, franco-camerounais comme moi, à s’exprimer avec autant de véhémence contre le despote Biya Bi Mvondo de Yaoundé, qu’ils l’ont fait pour défendre les despotes finissants Gbagbo et Khadaffi, auprès desquels nos écrivains à scandale se sont taillés de nouvelles égéries ces derniers mois dans tous les médias. Qui est Guy François Olinga ? Que dit-il ? Que me reproche-t-il ? Ce qu’il me reproche est-il fondé ? Qu’ai-je à répondre à l’espèce de tribune en entonnoir qu’il a publiée sur le présupposé « Ultime assaut des maîtres du monde » dont je serais le maillon médiocre de la longue chaîne ? La gravité et l’incohérence des accusations de ce camerounais du Canada qui craint de se faire mettre une puce quelque part – je n’invente rien- , sont telles que par-delà sa pathologique personne, la présente réponse, qui fait écho à celle que j’adressai autrefois aux « Gueulards de l’anticolonialisme dogmatique », aura une valeur pédagogique pour d’autres obscurantistes embusqués.

 

I

L’irrévérent  Olinga dans tous ses états : critique de la méthode d’un obscurantiste sans talent.

 

 

            A lire la prose de cet individu, on a de la peine à comprendre comment il se souvient de son propre nom tous les matins à son réveil. Incohérences, contradictions, confusions conceptuelles en tous genres, prospèrent dans ses dires successifs, sans qu’il ne s’impose jamais d’y revenir. L’homme parle comme un fleuve se perdant dans la plaine. Les choses qu’il dit après celles qu’il a dites n’ont rien à voir les unes avec les autres. Guy François Olinga confond de fait l’écriture du fait politique avec les poussées emphatiques de ses prêches du dimanche. Sa parole, déliée de toute exigence de cohérence, est pur bruit, flatus vocis où les effets de manches masquent mal une ignorance crasse et substantielle des questions évoquées. Vous en doutez ? Examinons la matière du texte de notre tribunicien à la petite semaine pour en décider.

            L’argument – si on peut l’appeler ainsi – de l’irrévérent Guy François Olinga au sujet de la marche du monde est à la fois simple et grossier : il existerait, dans son imaginaire enfiévré par la lecture sommaire des textes évangéliques apocalyptiques,  une petite clique de personnes qui se prennent pour les Maîtres du monde , usent des moyens militaires, économiques, médiatiques et culturels pour réduire la pensée multiforme des sociétés humaines à la pensée unidimensionnelle, afin d’instaurer un Gouvernement Mondial satanique. Olinga nomme ce gouvernement mondial sans prendre la peine d’en citer les dirigeants, comme pour laisser au lecteur le soin de parachever le montage de ses propres délires. Ceux qui savent lire le non-dit de notre irrévérent personnage retrouveront au fond dans l’esprit et la lettre de son texte, une antienne fort connue qui combinant les ingrédients théoriques de deux courants idéologiques obscurantistes et conspirationnistes bien rôdés dans l’opinion internationale depuis des siècles : d’une part l’antisémitisme, d’autre part l’anti-maçonnisme. L’irrévérent Olinga défend en réalité la thèse de l’existence d’un vaste complot judéo-maçonnique pour diriger la planète. Identifiant ce judéo-maçonnisme au satanisme, il se présente comme le défenseur du Christ face aux légions de Satan. Une culture religieuse sommaire conduit inévitablement à de telles conclusions. Au fond, Olinga a-t-il seulement songé que la nécessité d’une gouvernementalité mondiale- par-delà les fantasmes mythologiques de gens sans culture symbolique et intellectuelle- est une donnée objective de notre siècle en raison précisément des crises climatiques, écologiques, nucléaires, économiques, sociales et politiques que véhicule la mondialisation capitaliste en cours ?  Olinga a-t-il seulement idée que s’opposer à l’idée d’un gouvernement mondial est aussi stupide que s’en tenir à la seule version impérialiste ou totalitaire de cette gouvernementalité mondiale ? Enfin, Olinga a-t-il connaissance de la hauteur éthique du judaïsme ou de la valeur anthropologique de l’école de perfectionnement maçonnique dans l’histoire des civilisations d’Occident, d’Orient et d’Afrique ? L’homme se mure dans une mauvaise foi et une ignorance prétentieuse aussi épaisses que la pâte d’Okok.

             Ces questions lui passent manifestement par-dessus le chapeau. Occupé à affirmer sans preuves, il procède par copier/coller des derniers fantasmes de certains persécutés imaginaires qui polluent le web.  Voilà comment notre homme jette le bébé et l’eau sale du bain. La vérité dans cette affaire - thèse que nous défendons- est qu’il est nécessaire de structurer une gouvernementalité mondiale sur la base des principes de fraternité, de solidarité, de responsabilité et de justice, ce qui passe autant par une réforme des institutions internationales vers une plus grande multilatéralité, que par le renforcement des luttes locales pour la démocratie afin de donner aux peuples et citoyens du monde entier, les moyens d’être effectivement acteurs et auteurs de leur devenir, dans un vivre-ensemble sans cesse perfectible. Dans la perspective progressive d’un gouvernement démocratique planétaire qui est la destination impérieuse de l’homo sapiens s’il ne veut périr de ses propres œuvres, il est précisément nécessaire de mettre en place les mécanismes intellectuels, moraux, socioéconomiques et politiques consolidant du proche au lointain et inversement, dans le cadre d’une politique de civilisation qui donne chair terrestre à la tolérance mutuelle et bien pesée des convictions privées.

 

II

L’irrévérent Olinga enfonce ses mentors par sa défense de bousilleur

 

            Allons plus loin dans l’analyse de l’effarante incapacité  d’articuler une pensée critique chez ce vendeur d’illusions terrifiantes. L’imposture grossit alors comme un nuage d’orage à l’horizon. L’irrévérent Olinga se prend pour un prophète éclaireur de consciences, au nom de la science infuse de la Révélation Chrétienne qu’il a sommairement agitée, mais aussi en se réfugiant derrière l’ignorance crasse qui voile son évocation des intellectuels camerounais qu’il croit connaître. Nous nous sommes imposé la tâche ingrate de parcourir les thèses éculées de notre barbouze de l’écriture dans la presse cybernétique récente. Que d’aberrations flagrantes ! Concluant un article de 2011 sur le despote finissant Gbagbo, qu’il nomme par ailleurs « Notre leader tant éclairé et aimé » Olinga ne craint pas d’écrire : « Autant dire que sans le soutien de Jésus-Christ, la cause me semble perdue d’avance ». Puisque Laurent Gbagbo, aujourd’hui incarcéré à Korhogo, a fini par perdre le pouvoir le 11 avril à Abidjan, faut-il en déduire que le Christ a plutôt choisi Alassane Ouattara ? Si le soutien du Christ a été retiré à Gbagbo et donné à Ouattara, selon la logique de notre dogmatique, comment comprendre que ses mentors Kelman et Beyala ne se rangent finalement pas derrière celui que soutiendrait le Christ ? Mieux encore, Olinga établissait en fin 2010 dans un autre article que parce que Gbagbo a commis de graves erreurs, il devrait quitter le pouvoir. Comment comprendre que le même Olinga soutienne Calixte Beyala présentant Gbagbo en 2011 comme le parangon de la cause des africains ? Vertigineuse folie !

 

            Olinga, du fond de son repaire de Québec où il rassemble et exploite les ragots de toutes sortes,  opère dans ce tohu-bohu indistinct, un distinguo fictif entre d’une part, les « acteurs/auteurs principaux/esprits d’élite » qui comprendraient le jeu de dames stratégique du monde, et d’autre part  les visionnaires qui cogiteraient sur la destinée du monde et agiraient pour accomplir leurs visions, « Quitte à perdre les faveurs financières et médiatiques des Maîtres du monde ». Bien comprendre notre crypto-écrivain, c’est donc identifier d’une part les Obama, Cameron, Sarkozy, Merkel, Netanyahu, bref les grandes puissances occidentales et leurs puissances alliées, comme Maîtres autoproclamés du monde. C’est ensuite ranger Beyala, Kelman et ceux qui leur ressemblent dans la catégorie des visionnaires intellectuels qui, capables de se faire harakiri, dénoncent quand ils l’estiment nécessaire, les crimes en cours des Maîtres du monde. Cette distinction imaginaire révèle cependant vite ses limites car Olinga affirme pourtant que ces mêmes visionnaires intellectuels doivent leur statut aux faveurs financières et médiatiques des Maîtres du monde. Ainsi, Beyala et Kelman seraient des agents alternatifs du complot judéo-maçonnique international, dont ils se démarqueraient de temps à autre quand ils estiment que les Maîtres du monde exagèrent…Hilarante et vertigineuse logique d’ignare ! Olinga raisonne comme une foire à tout, dans un bric-à-brac de bribes poussant la confusion de son dire au paroxysme. Comment comprendre que Guy François Olinga défende encore ceux qu’il accuse insidieusement d’être de temps à autre au service de la domination internationale ? Dans la logique absurde de l’argument que nous analysons, on peut donc supposer que l’irrévérent Olinga veut encourager Kelman et Beyala à s’émanciper davantage des Maîtres du monde, tout en stigmatisant ceux qui – entendez pour lui Franklin Nyamsi – serviraient toujours les desseins du supposé complot judéo-maçonnique des Maîtres du monde. A quoi s’en tenir quand un type a l’esprit aussi confus ? Un fanatique de cette espèce mérite-t-il l’hospitalité d’une démocratie ?

 

            L’irrévérent Olinga entre enfin dans la description de la prise en main du monde par les comploteurs de son cru. On s’attendrait à voir une description des mécanismes économiques, sociaux, politiques et culturels de la domination du capitalisme financier ravageant l’équilibre de la distribution des richesses dans le monde. Cette description devrait l’amener à décrire d’abord le système du Renouveau National, dans lequel il a longuement pris ses aises d’antan, d’où ses nombreuses omissions de Biya dans les listes de dictateurs qu’il agite. Car il existe de fait un conflit éthique et politique profond entre ceux qui veulent de la mondialisation capitaliste et ceux qui n’en veulent pas, entre ceux qui combattent les despotes de tous pays et ceux qui ne les combattent pas, entre ceux qui savent que le projet communiste de gouvernement mondial et le projet capitaliste sont tous inféconds, et ceux qui ne savent pas que nous avons résolument besoin d’un nouveau paradigme de la vie sur terre pour affronter les défis démographiques, écologiques, démocratiques et stratégiques qui s’imposent à notre espèce. On s’attendrait donc à ce que notre irrévérent écrivant esquisse ne serait-ce que les fondements d’une mondialisation autre que celle du Capital. Foin de tout cela. Son esprit enténébré par l’interprétation sommaire des textes bibliques et par le tout venant des fantasmes apocalyptiques qui animent la blogosphère s’emballe.  Ici se révèle toute l’emprise des préjugés, des fantasmes, des fables archaïques  sur l’entendement de notre défenseur du binôme infâme Beyala/Kelman. Nous serions en voie de nous faire tous mettre la marque du Diable par les comploteurs judéo-maçonniques à l’œuvre pour l’instauration du Gouvernement Mondial. Voyant le Diable partout, sauf dans les détails de ses propres silences, craignant l’ intrusion insidieuse de Lucifer dans les entrelacs sinueux de son âme corporelle, le pasteur Olinga a peur de finir par se faire mettre une puce électronique quelque part. Son fantasme de pénétration par effraction se mue en syndrome de persécution. Il fantasme le viol électronique des corps pour prouver sa thèse, mais dans le même geste il redoute l’orgie imaginaire qu’il s’offre. Et c’est de cette peur d’être violé qu’il tire toute l’épaisseur de sa littérature d’oiseau de malheur, témoignant ainsi d’un impensé de représentations confuses, où l’érotique se confond au prophétique, les pulsions accélérant alors la ratiocination dans sa scène mentale fort primitive de catéchiste de la terreur instrumentale. Ce type est un indécrottable jouisseur. Souffrons donc de faire lire l’ahurissant déferlement d’hallucinations précipitées par l’irrévérent Olinga. Le délire de l’affreux imposteur s’exprime ici tout seul, dans le style pernicieux du vraisemblable déguisant le faux :

 

            « Tous les hommes seront alors invités à se faire volontairement implanter la micro-puce sous la peau. Tous les résistants à ce mouvement se seront eux-mêmes mis en marge de la société, puisqu’ils ne pourront plus percevoir un salaire, payer un loyer, échanger des services et des produits. La micro-puce électronique contiendra un enregistrement unique composé de plusieurs zones dans lesquelles seront enregistrées les informations aux moindres détails concernant son porteur. »

 

                        Sans commentaire. Ou alors oui, quand même : avec de telles idées, il ne reste plus à notre irrévérent imposteur Olinga qu’à quitter le pays de haute technologie qui l’accueille indûment, le Canada, et à aller se réfugier dans les taillis de la forêt équatoriale pour y revivre le temps de la civilisation paléolithique. Probablement, l’irrévérent Olinga, vivant au Canada en 2011, ne possède ni téléphone, ni carte bancaire, bref rien qui ne comporte de puce. Et s’il devait se faire infliger un jour l’outrage d’une pose de peace-maker dans le cœur, il y verrait l’accomplissement de sa prophétie hystérique. Non, Olinga ne veut pas se faire mettre une puce quelque part et il tenait à nous le faire savoir ! Rien que cela, car il préfère fuir la marque du Diable pour se protéger sous la marque de Biya. Autant fuir la pluie pour se cacher dans la rivière ! Venons-en pour en finir à l’acte d’accusation insipide de notre sicaire inavoué du biyaïsme.

 

III

Franklin Nyamsi, complice criminel des Maîtres du monde ?

 

                        Déterminé à régler des comptes théoriques que ni Beyala, ni Kelman – dont le niveau intellectuel est des plus délabrés dans l’historiographie des intellectuels camerounais – ni Mono Ndzana, ni Charles Mbélé, ni Lucien Ayissi, ni Towa,   bref qu’aucun membre de la coterie des adorateurs avoués et inavoués de Biya ne peut régler victorieusement avec moi sur le plan des idées, l’irrévérent imposteur Guy François Olinga procède dans la dernière partie de sa tribune de paranoïaque rdpciste : 1)  à un classement séparant ses soi-disant esprits de ceux qu’il qualifie d’esprits médiocres ; 2) à une mise à l’index de ma personne comme complice criminel d’Obama, de Cameron, de Sarkozy, de Barroso, bref co-responsable des crimes des grandes puissances en Afrique ; 3) à une exhortation moralisante tirée du livre biblique des Galates qui m’inviterait à examiner mon comportement. Examinons patiemment chacun de ces outrages, pour montrer dans toute sa hideur, l’esprit d’hypocrisie et de lâcheté qui anime les dires cryptés et contradictoires de notre religieux à la ramasse.

           

            III.1 Ma tribune contre Beyala et Kelman consistait en une thèse essentielle : des intellectuels camerounais ne peuvent pas vouloir la démocratie en Côte d’Ivoire ou en Lybie, tout en étant complices du système dictatorial de M. Biya au Cameroun. La méthode qui consiste à vitupérer contre l’impérialisme international et à se taire sur les mécanismes endogènes de domination à l’œuvre dans les pays africains a un nom : l’anticolonialisme dogmatique. Sa technique est sous couvert de patriotisme, de couvrir les crimes des dictateurs locaux en dénonçant hypocritement les grandes puissances que ces dictateurs locaux servent pourtant servilement. Or tout le monde le sait, Kelman et Beyala, comme tous les intellectuels organiques du RDPC, n’ont jamais esquissé publiquement une critique objective du système de Paul Biya. Cet homme a  assassiné des milliers de camerounais en 30 ans, parmi lesquels de nombreux prélats, tels par exemple le père Mveng ou l’abbé Mbassi. Des camerounais de toutes origines sont tombés sous les balles assassines du RDPC.  Lors des récents événements de 2008 par exemple, nos foireux Kelman et Beyala se terraient dans leurs antres en France. Biya a verrouillé, y compris par l’esbroufe d’ELECAM, le système politique camerounais, sans que nos forts-en-gueule ne s’en émeuvent. Les bilans social, économique, culturel et politique du régime RDPC sont comme tout le monde le sait, affligeants, mais nos gueulards enjambent la monstruosité camerounaise pour aller pérorer à mort sur les conflits politiques d’ailleurs. Dans cette démarche d’occultation qui leur est typique, l’irrévérent imposteur Olinga bat tous les records, car dans ses écrits contre les dictateurs africains, le seul qu’il ne cite jamais, le seul qu’il n’analyse jamais, c’est précisément le monstre Biya. La technique qui consiste à dire que parler du dictateur Biya c’est faire dans la lapalissade n’est rien d’autre que celle du déni de réalité. Faire de la dictature de Biya une lapalissade, c’est au fond en faire un détail sans importance, comme si un homme qui crie était un ours qui danse. C’est au fond minorer les crimes du biyaïsme, pour mieux prédisposer l’opinion à les oublier. Olinga est un tacticien de l’amnésie par euphémisme. Si dire que Biya est un dictateur n’est pas inventer la roue, réussir à écrire un appel à la repentance des dictateurs africains sans jamais citer Biya une seule fois, c’est un miracle que seuls des suppôts inhibés du biyaïsme savent accomplir.

           

            III.2  La liste des esprits d’élite de l’irrévérent imposteur Olinga comprend donc  pêle-mêle : Beyala, Kelman, Monga, Mbembé, Monenembo, Moubamba, Mono Ndjana, Touoyem, Ayissi, Mbélé. Dieu merci ! Je n’y figure pas. C’est le seul outrage que je remercie l’ignare irrévérent Olinga de ne m’avoir pas fait en sa sinistre tribune, même si je n’en reviens pas qu’il ait osé salir les citoyens radicaux Achille Mbembé et Célestin Monga dans son délire classificatoire. Mais allons plus loin dans l’analyse de cette liste. Nom par nom, nous verrons que l’irrévérent Olinga est un cerveau brouillé, car il mélange résolument la chèvre et le chou, ignorant suprême qu’il est du contenu des prestations intellectuelles des gens qu’il cite.

 

                        Calixte Beyala, esprit d’élite ? Plagiaire reconnue de Ben Okri, oui ! Franco-camerounaise comme moi, Beyala n’est pas connue pour des travaux intellectuels de référence. Elle n’a réussi aucun concours universitaire en France – l’élite intellectuelle se reconnaît en France par l’excellence compétitive des grands concours  -  et ne fait pas partie de l’Université, où s’imposent les esprits d’élite ici. Mongo Beti, agrégé de l’Université française comme moi-même, en savait davantage et il faut lire avec intérêt son célèbre papier sur Beyala. Pour quelle analyse sociale, politique ou culturelle de référence Beyala serait-elle une visionnaire ou esprit d’élite ? On n’en connaît pas. Cette dame est certes une romancière connue, mais elle est aussi  à certaines de ses heures libres plagiaire ou roturière parisienne. Ce sont des faits. Elle trouve Chantal Biya très brillante et n’a jamais écrit le moindre texte contre son dictateur préféré, Biya ! Ancienne amatrice de dictateurs de tous poils, elle s’est jetée dans la mêlée des anticolonialistes dogmatiques quand Sarkozy ne lui pas offert le fauteuil de l’OIF. Tout le monde le sait. C’est une enfant gâtée. Beyala, amatrice de scandales où l’érotique se mêle au politique et aux intrigues raciales n’a donc jamais été pour moi qu’un épiphénomène individuel.

                        Gaston Kelman, esprit d’élite ? Quel drame ! L’auteur malicieux de l’ouvrage négationniste Je suis noir mais je n’aime pas le manioc , bien connu pour ses entrées dans la droite colonialiste de France, dont il a été conseiller politique – chez le ministre Eric Besson -  peut-il me donner des leçons d’anticolonialisme ? Il faut être aussi bougre que l’irrévérent Olinga pour le penser. Ce vendu de l’inhibition nègre peut-il m’affronter avec succès dans un débat public ? N’a-t-il pas rudement mordu la poussière face à moi lors d’un débat public au Palais de l’Immigration à Paris en 2010 ? L’animateur social Kelman a-t-il titre et qualités pour se prévaloir d’une quelconque avance intellectuelle sur un agrégé/docteur de l’université française en philosophie ? Pour quels faits d’armes dans le domaine de l’intelligence théorique Kelman, serviteur périphérique de la sarkozie peut-il passer pour un esprit d’élite aux yeux du monde ?  Pitié, Olinga !

                        L’irrévérent Olinga ose mêler Achille Mbembé et Célestin Monga à sa liste de fous de l’anticolonialisme dogmatique. Affligeante contradiction ! N’est-ce pas le RDPC de Mono Ndjana qui embastilla Célestin Monga à la fin des années 80 ? Ne sont-ce pas les mêmes sicaires du biyaïsme qui contraignirent Achille Mbembé à quitter l’Université Camerounaise au milieu des années 80 du fait de son travail remarquable sur la mémoire de Ruben Um Nyobé et l’histoire de la lutte nationaliste camerounaise ? On ne peut considérer que Mbémbé et Monga sont des élites au même titre que leurs bourreaux locaux, ou ceux qui s’acharnent à proclamer précisément qu’ils sont des valets de l’impérialisme ! L’inculte irrévérent Olinga a-t-il seulement conscience du fait que les Mono Ndjana, Ayissi, Mbélé, bref toute la bande des criminels en cols blancs du biyaïsme tapis dans l’Université Camerounaise, ont consacré de larges extraits de leurs ouvrages à présenter justement Mbembé et Monga comme des suppôts de l’impérialisme international ? Olinga a-t-il par exemple lu le livre de l’hypocrite Charles-Romain Mbélé qui accuse ni plus, ni moins, Eboussi Boulaga, Jean-Marc Ela, Jean Godeffroy Bidima, Achille Mbembé, d’être les suppôts intellectuels de l’impérialisme international en Afrique ? L’œuvre de Mbémbé et Monga, véritables critiques de la postcolonie et notamment farouchement opposés à ce qu’ils nomment l’ensauvagement du Cameroun ou la satrapie de Biya, n’a rien à voir avec les élites corrompues élues par l’inculte Olinga. De grâce, M.Olinga, reprenez utilement le chemin  de l’Université et fermez-la pour un temps ! Voici par exemple comment, aux antipodes de l’anticolonialisme hypocrite de la bande rdpciste de Yaoundé, Mbémbé définit le projet de critique de la domination africaine locale dans son livre majeur :

           

            Au lieu d’expliquer la nature et les causes de la domination par les raisons convenues (colonisation, impérialisme, lutte des classes, ethnicité et ainsi de suite), le livre propose de localiser, de manière générale, la source de la domination dans la rencontre intime entre la volonté de celui ou celle qui veut l’exercer et le désir de celui ou celle qui, se laissant séduire, s’y soumet ou tente de la capter, de la miner et, éventuellement, de l’utiliser à son profit. […] Ces signifiants sont régis par une double économie : l’économie de la jouissance et celle du désir dont on sait par ailleurs qu’elles ne sont pas sans lien avec la pulsion de mort.

 

                        Mono, Ayissi, Mbélé, et Cie, esprits d’élites ??? !!! La bande à Mono Ndjana – l’homme déçu parce que Biya ne l’a pas nommé ministre- , Ayissi, Mbélé, Nkolo Foé et compagnie, est connue pour défendre précisément la thèse vaseuse que l’impérialisme international est la source de tous les maux de l’Afrique. Leurs bêtes noires sont les critiques de la domination camerounaise dont ils jouissentarrogamment des fastes depuis 1982, au prix d’une omission chronique de la critique de la domination de Biya dans tous leurs écrits politiques publiés. Le nationalisme africain est chez eux l’ultime refuge de l’opportunisme intellectuel. La défense du despote Gbagbo n’était pour eux que le paravent de la préservation de l’hégémonie du RDPC au Cameroun. Par cet anticolonialisme dogmatique et hypocrite, ils déchargent le système tyrannique de Biya de ses responsabilités dans la malemort camerounaise. Du même coup, ils passent pour des anticolonialistes dans l’opinion nationale, alors même qu’ils ont partie liée et mimée avec la domination locale du meilleur élève de l’Elysée, Biya. Nous avons déconstruit et mis fin à l’arrogance de ces imposteurs.Il faut dire que l’irrévérent Olinga est le plus médiocre d’entre eux tous, sa sortie étant mille fois inférieure en sophistication à celle de ses comparses. Je ne m’étendrai donc pas sur messieurs Touoyem, Ben Moubamba et Monenembo, parachutés dans la liste des esprits d’élite du comique Olinga pour faire une fois de plus diversion sur son incapacité à dénoncer de façon structurée, le scandale agonisant du biyaïsme, notre véritable problème national camerounais.

 

                        III.3  L’accusation de complicité criminelle et l’exhortation de bonne moralité adressée à notre endroit par l’irrévérent imposteur Guy François Olinga apparaissent ainsi dénudées, dans toute leur stupidité vénielle et leur nullité de consistance. Les notions de « Maîtres du monde », « d’esprits d’élite », de « visionnaires » et d’ « esprits médiocres » commentant les faits d’armes des autres,  ne trouvent jamais d’équivalent dans la réalité historique distraitement invoquée par notre scribouillard. Je n’ai tué ni aidé à tuer personne. Les morts de 1955 à 1971, d’avril 1984, de février  2008 au Cameroun, ne sont pas mon œuvre. Je n’ai pas tué Bibi Ngota. Je n’ai pas tué Engelbert Mveng, ou Jeanne Irène Biya. Les morts des années 90 au Cameroun ne sont pas mon œuvre. L’halluciné  m’accuse sans preuves d’être le complice d’Obama, de Sarkozy, de Merkel, de je ne sais qui, alors que je prouve ici qu’avec les Beyala, Kelman, Mono, Ayissi, Mbélé, et leurs ouailles hypocrites, Olinga n’est rien d’autre qu’un défenseur planqué du biyaïsme et de ses crimes. On devine à sa tronche de haineux qu’il n’est pasteur que pour son ventre, comme son camp politique ne parle de politique que pour la jouissance. Le boomerang fonctionne bien. Le procès qu’il me fait n’est donc rien d’autre que la poursuite de notre différend historique originel sur la construction démocratique de la république et de la nation camerounaises. Fuyant ce débat où je leur fais mordre à tous la poussière dans tous les médias du monde, cette bande de serviteurs du satrape infect de Yaoundé saute sur les occasions latérales de porter le fer contre moi. Il leur arrive même parfois de mobiliser des petits lâches comme Touoyem pour tenter de s’escrimer sur mes plates-bandes. Peine perdue ! Ils ont cependant oublié que le temps émergent de la démocratisation réelle du Cameroun n’a rien à voir avec le temps déclinant de leur mentor de foire. La hideur des souffrances et des désillusions que le régime RDPC a infligées au peuple camerounais est telle que je ne puis que me réjouir d’être radicalement détesté par ce pasteur sans profondeur ni hauteur, dont l’intelligence a été sans doute trop tôt écourtée et étouffée par ses génuflexions à la bêtise qui tue encore chez nous. Dont acte. Et haut les cœurs ! Haut les cœurs ! Haut les cœurs ! Le peuple camerounais vaincra le biyaïsme.

 

            Pr. Franklin Nyamsi

            Rouen, le 5 septembre 2011.

 

 

Voir son article insipide « De quoi je me mêle dans les élections des autres pays », in www.ladepechedabidjan.net/.

Voir une autre éructation fanatique et délirante du personnage dans www.camer.be/index1.php?art

Eugène WOPE témoignait ici de la critique anti-Gbagbo du sieur Olinga

Voir son article  hypocrite  « Afrique : appel à  la repentance des chefs d’Etat et  barbouzes africains » http://www.camer.be/index1.php?art=12596&rub=11:1, où le seul tyran d’Afrique francophone qu’il s’arrange à ne pas citer, c’est …Paul Biya ! Comme par hasard.

http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-4581.html. « L’ultime assaut des Maîtres du monde ». Tissu d’élucubrations indignes d’un être pensant.

« Biya musèle le Cameroun : Kelman et Beyala se taisent… »,  http://brukmer.be/BIYA-musele-le-Cameroun-Kelman-et,2468.html.

Voir « Afrique : appel à la repentance des chefs d’Etat et barbouzes africains ». Un  article hypocrite du sieur Olinga sur : http://www.camer.be/index1.php?art=12596&rub=11:1.

Dans Mongo Beti à Yaoundé,  1991-2001, textes réunis par Philippe Bissek, Editions des Peuples Noirs, Rouen, 2005. Notamment, p.288-297

Charles Romain Mbélé, Essai sur le postcolonialisme, Yaoundé, Clé, 2010.

Achille Mbembé, De la postcolonie. Essai sur l’imagination politique dans l’Afrique contemporaine, Paris, Karthala, 2000.

Idem, op. cit., p.xxi.

Notez au passage que la pensée de Mono Ndjana est absolument obnubilée par le concept de jouissance, qu’il sacralise dans sa thèse foutaise, Jouissance et développement. Ceux qui ont vu vivre cet homme n’ignorent par ailleurs pas sa lubricité. Or, c’est précisément contre cette théorie de l’agir politique comme jouissance que s’élève la pensée critique des Mbembé et Monga. Pire encore, Mono Ndjana, auteur de la théorie de l’exclusion politique des Bamiléké, est en passe de triompher des esprits au RDPC, où les révélations récentes de Wikileaks en ce mois de septembre 2011 sur les propos d’Amadou Ali, prouvent que l’instrumentalisation de l’ethnicisme anti-bamiléké devient un très grave problème politique national, frisant l’incitation au génocide entre camerounais !

Dans notre réponse à l’importun et servile mono-ndjaniste Blaise Pascal Touoyem, « Les gueulards de l’anticolonialisme dogmatique », publiée sur afrik.com. http://www.afrik.com/article22659.html.

  « Le Biyaïsme. Le Cameroun au piège de la médiocrité politique, de la libido accumulative et de la (dé)civilisation des mœurs» est le titre du livre que Thierry Amougou vient de publier aux éditions l’Harmattan.

 


Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com
commenter cet article
18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 17:19

Pr. Franklin Nyamsi

Paris.

            Décidément, il est des silences plus parlants que tous les discours. Les défenseurs camerounais du despote Gbagbo pendant la dernière crise postélectorale ivoirienne, nous auront habitués à de bien étranges  mutismes, chaque fois que leur propre pays natal, le Cameroun est au cœur du débat démocratique et de l’actualité politique africaine. Nous devons ausculter ce patriotisme africain suspect,  à tête chercheuse, à allumage alternatif et à objectifs semi-invisibles. Selon la loi camerounaise, une élection présidentielle doit se tenir au plus tard en octobre 2011 dans le pays, dont Paul Biya, 78 ans sonnés, tient farouchement les rênes depuis 29 ans au prix de moult mensonges et crimes de toutes sortes. Qu’en pensent nos anticolonialistes à tête chercheuse ? Notre propos est précisément de nous interroger : Où sont-ils passés, nos anticolonialistes dogmatiques, passés maîtres dans l’art de pérorer sur la Côte d’Ivoire et  la Lybie, maintenant que Biya s’affiche résolument comme candidat à la présidence à vie et parangon de la défense des intérêts multinationaux de l’Occident au Cameroun ? Où sont passés les Beyala et les Kelman quand Biya martyrise les rares formations politiques à pouvoir encore contester la mascarade électorale que l’organisme ELECAM, à la botte du parti-Etat du RDPC, nous prépare à froid ? Que disent nos gueulards fieffés des révélations extraordinaires du livre d’enquête de la journaliste Fanny Pigeaud, Au Cameroun de Paul Biya, qui défraie actuellement la chronique éditoriale politique sur les trente dernières années de l’histoire du pays ?  J’irai même plus loin : où sont les cadres de LMP en général et du FPI en particulier, quand leurs rares soutiens de l’UPC sont pris en otage par la soldatesque de Biya au Cameroun, alors même que l’UPC est la seule formation politique au sud du Sahara à avoir organisé des manifestations de rue dans un pays étranger pour soutenir le maintien au pouvoir du soi-disant Camarade anti-impérialiste Laurent Gbagbo ? Le principe de réciprocité en matière de solidarité politique internationale n’eut-il pas voulu que le FPI et ses militants manifestassent d’une manière ou d’une autre leur soutien à leurs « camarades » menacés par le despote criminel de Yaoundé ? L’Afrique abonde décidément de mystères.

 

I

Une semaine d’enfer pour l’opposition radicale au Cameroun

 

 

            La semaine passée a été marquée au Cameroun par l’encerclement militaire  des militants de l’UPC (Union des Populations du Cameroun) en Congrès ordinaire de leur parti à Douala. Alors qu’ils participaient aux travaux de leur Congrès prévu du 12 au 14 août 2011, les upécistes ont été envahis et pris à la gorge par un détachement de bidasses sans foi ni loi appartenant à l’unité terroriste du BIR (Brigade d’Intervention Rapide), au service du dictateur Paul Biya. Irrité par le fait que l’UPC, le parti du mythique résistant Ruben Um Nyobè, ancien Vice-Président du RDA aux côtés de Félix Houphouet-Boigny, soit le seul parti politique à réclamer l’instauration effective d’une Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI), Biya a décidé de montrer ses muscles, envoyant une centaine d’hommes armés jusqu’aux dents dans le quartier de New-Bell où le parti nationaliste tenait ses Assises. Malgré toutes ces intimidations et oukases, l’UPC a ténu son Congrès et a relativement renouvelé sa direction, comme prévu.  En dehors donc de nous-mêmes et de tous nos camarades upécistes, mais aussi des intellectuels camerounais libres et engagés, restés attachés à la fois à la démocratie et à la souveraineté de l’Afrique, qui a-t-on entendu et vu monter au créneau contre les dérives arbitraires du biyaïsme ?

            Ce qu’il y a de terrible dans cette affaire, c’est que nous en sommes à moins de trois mois de l’échéance de l’élection présidentielle dans un pays où le droit de manifester, le droit de s’associer, de se réunir n’est toujours pas reconnu par le pouvoir. A la moindre velléité de manifestation publique, au moindre rassemblement de masse, le régime Biya mobilise l’armée – même pas les seules police et gendarmerie-  et notamment ses troupes d’élites contre le menu peuple des citoyens aux mains nues. 150 vies ont été ainsi fauchées en 2008 par les tirs à balles réelles de l’armée camerounaise sur les foules. Devant une telle forfaiture, que de plumes camerounaises manquent à l’appel dans la presse, que de voix et de visages font défaut aux radiotélévisions ! Cette aberration de l’arbitraire triomphant du despote Biya est connue de tous, mais nos forts en thème de l’anticolonialisme dogmatique, les Beyala, les Kelman, les Mono Ndjana, les Touoyem, les Ayissi Lucien, les Mbélé et consorts, n’en font curieusement pas les choux gras de leurs sorties médiatiques.

            Comment comprendre qu’il existe une intelligentsia critique de la domination internationale dans un pays comme le Cameroun, mais que la même intelligentsia soit aux abonnés absents quand la domination des africains sur les africains fait rage ? Le SDF (Social Democratic Front ) de John Fru Ndi, lui-même ancien militant du RDPC de Paul Biya, a abandonné l’exigence radicale d’une Commission Electorale Nationale Indépendante il y a une semaine, pour se soumettre à la machinerie d’ELECAM. Or qu’est-ce, ELECAM ? Un organisme électoral dont 90% des membres nommés par le Président de la République et Président du RDPC au pouvoir, sont des hauts cadres et militants de longue date du RDPC . Un organisme soi-disant électoral, qui a été dépouillé du droit de proclamer les votes dans les bureaux de vote. Un organisme de caricature électoral qui découvrira avec étonnement les résultats de l’élection qu’il est supposé organiser, à la télévision nationale, comme le gros du peuple camerounais qui refuse à bon droit de cautionner cette mascarade en abondant des listes électorales qui ne servent à rien ! ELECAM, ou l’impuissance de l’opposition et de la société civiles camerounaises à mettre en place un rapport de forces qui contraigne Biya à se soumettre au verdict souverain des urnes…

 

II

Le silence des charognards vient de leurs ventres pleins…

 

         Venons en donc aux raisons de cet anticolonialisme dogmatique à tête chercheuse et osons une hypothèse explicative qui ne plaira pas à certains esprits simplistes. Vraisemblablement, le silence de la bande des anticolonialistes d’opérette du Cameroun a partie liée avec celui des pseudo-démocrates du FPI quand leurs soi-disant alliés camerounais de l’UPC sont pris à la gorge par les sbires du despote Biya, l’homme-Lion du RDPC.  Si ces intellectuels d’opérette et ces alliés de circonstances politiques se taisent lorsque Biya violente des citoyens upécistes avec pour seul motif leur opposition à la mascarade pseudo-électorale d’ELECAM, c’est bien qu’il existe au fond une solidarité objective entre les deux engeances. Sur quoi cette solidarité objective est-elle construite ? Au fond, les Kelman, Beyala, et leurs suiveurs donneurs de leçons de patriotisme en Côte d’Ivoire ne sont ni des patriotes, ni des démocrates africains, mais bel et bien des pourvoiristes. L’enjeu de leur soutien à Gbagbo fut le soutien de Gbagbo à leur projet d’insertion politico-diplomatique et à leurs quêtes de strapontins opportunistes.

             Sans vergogne, ni Kelman, ni Beyala, ne s’inquiètent des violations des libertés au Cameroun. Ils s’activent autant que possible à lisser l’image de la barbarie camerounaise et à exercer toute leur verve critique là où ils n’ont rien à perdre : dans les affaires de pays étrangers qui peuvent nourrir leur business médiatico-diplomatique. Kelman, bien introduit dans les milieux de la droite et du centre politique en France, ancien conseiller du tristement célèbre Eric Besson, est connu pour ses entrées au Consulat de France à Yaoundé et pour ses largesses verbales et télévisuelles envers le régime Biya. L’homme s’est même reconverti dans l’exacerbation des fantasmes anti-chinois qu’un certain capitalisme français veut désespérément exploiter pour consolider des positions souvent indues en Afrique. Calixte Beyala s’est quant à elle souvent affichée comme une proche amie et conseillère de Madame Chantal Biya, lésinant volontiers sur les crimes de Paul Biya à la tête de l’Etat, le présentant comme un homme résolument moderne et compétent quand les interrogations sur les silences camerounais de ses sorties critiques se faisaient ardues.  De fait, Beyala avait espéré le soutien des barbouzes de la Françafrique pour l’accès au poste de Secrétaire Générale de la Francophonie, contre un vieux briscard de la carrure d’Abdou Diouf, l’ancien chef de l’Etat sénégalais. Mal en a pris  notre gueularde de l’anticolonialisme dogmatique, car le cinglant désaveu des chefs d’Etat africains, doublé de la paire de claques de Sarkozy, l’avait laissée aphone, avec Simone et Laurent Gbagbo, mais aussi le bédouin fou Khadaffi pour seuls et menus soutiens. L’affaire à foiré et depuis lors, Beyala, qui a fait ses choux gras en arpentant les allées secrètes de la droite française parisienne, se comporte médiatiquement comme une enfant gâtée qui commençait à prendre ses mauvaises habitudes pour des normes de comportement.

            Les intellectuels sédentaires du pouvoir camerounais, les Rachel Bidja,  Mono Ndjana, Mbélé, Towa, Mbélé, Ayissi, Njoh Mouellé, Kontchou, Kamto, Fame Ndongo et consorts,  très chauds pour se jeter dans l’arène politique ivoirienne au nom d’un patriotisme africain de pure illusion, sont aussi aux abonnés absents dans les luttes populaires contre l’exploitation économique dévastatrice du pays. Ils ne disent rien de décisif devant la descente aux enfers de nos universités nationales par la départementalisation ethnique des facultés et écoles. Ils ne disent rien de clair devant les nombreuses réécritures et récupérations ethnicistes de la normativité politique camerounaise. Ils ne disent rien face à l’instrumentalisation politicienne et cynique de l’opération anti-corruption Epervier par Paul Biya contre ses rivaux politiques de l’oligarchie du RDPC. Ils ne disent rien quand Biya fabrique un monstre institutionnel nommé ELECAM, pour nuire à l’espérance forte du peuple camerounais d’exercer enfin sa souveraineté dans le choix de ses dirigeants provisoires. Quelle explication donner au silence de ces soi-disant hommes et femmes de science ?  Je dirai qu’on ne comprendra jamais ce mutisme si on ne prend pas en compte la branche de l’arbre sur lequel reposent tous les espoirs de cette engeance. Laissons parler à cet effet le Professeur Jacques Famè Ndongo en 2010, expliquant ce que valent les intellectuels du biyaïsme :

 

« Nous sommes tous des créatures ou des créations du président Paul Biya, c’est à lui que doit revenir toute la gloire dans tout ce que nous faisons. Personne d’entre nous n’est important, nous ne sommes que ses serviteurs, mieux, ses esclaves. »

 

            C’est donc parce qu’ils ont le ventre plein de la mansuétude du prince Biya que nos anticolonialistes dogmatiques se taisent allègrement sur les crimes locaux d’un despote qu’ils défendent du reste contre l’intrusion impérialiste d’une Communauté Internationale de plus en vétilleuse sur les avancées démocratiques des Etats africains. Le silence de ces gens est celui des ventriloques du biyaïsme, ils ne parlent et se taisent que pour roter.

 

            Ecoutons aussi Gaston Kelman, le noir qui n’aime pas le manioc,  justifiant dans une émission télévisée sur France 5 en 2011, la politique française de l’immigration sous les yeux médusés d’admiration du ministre sarkozyste Brice Hortefeux :

 

« La politique de l’immigration de la France ne peut se décider dans les pays d’origine des immigrés…Et de toutes les façons, moi je demande, au lieu de s’acharner sur la politique d’immigration de la France, qu’on regarde un peu les chinois, car moi Kelman, je n’ai pas envie qu’un chinois devienne président de la république du Cameroun. » 

 

            Vous y avez compris quelque chose ? Biya, pour tous ces neuneu, doit rester au pouvoir au Cameroun pour protéger les intérêts français contre l’invasion chinoise en Afrique. Françafrique contre Chinafrique. Le match dans le match a commencé à la barbe de nos luttes démocratiques ! La question essentielle est pourtant celle de l’expression souveraine des peuples africains dans l’invention et la consolidation des institutions de leurs libertés.

 

 

III

 

Les traces de l’avenir : le renouvellement radical du leadership et des méthodes…

            Et pour en revenir à nos anticolonialistes dogmatiques de LMP/FPI en Côte d’Ivoire, autant dire maintenant pourquoi ils n’organisent pas de manifestation en Côte d’Ivoire pour soutenir les upécistes menacés de mort par le dictateur Biya, alors que l’UPC, dans un fourvoiement grave,  a osé organiser des manifestations de rue au Cameroun pour défendre le soi-disant anticolonialiste Laurent Gbagbo au lieu de se concentrer sur le cas patent du dictateur Biya qui la tient en joue aujourd’hui grâce à ses sbires ! N’existerait-il donc pas un principe de réciprocité en matière de relations politiques internationales ? Ne soyons pas dupes de l’inanité de certaines pseudo-alliances. Nous pensons à haute voix que le FPI en 2011 n’est ni un parti démocratique, ni un parti anticolonialiste, l’un de ces attributs ne valant rien de bon sans l’autre. Parti d’extrême-droite ivoiritaire, le dépôt de bilan du FPI en 2011, avec toutes les clarifications apportées par la critique courageuse du Professeur Mamadou Koulibaly, ancien Vice-Président de ce parti, est dramatiquement désolant : pays appauvri, infrastructures à l’abandon, écoles et universités délabrées, image internationale de la Côte d’Ivoire écornée, recul massif du respect de la dignité humaine, racisme et xénophobie exacerbés, corruption publique massive, etc.

           

            La Côte d’Ivoire de Gbagbo ressemble étrangement au Cameroun de Paul Biya ( Lire en ce sens de livre-enquête de Fanny Pigeaud, Au Cameroun de Paul Biya), et le FPI de Gbagbo au RDPC de Paul Biya ! Le mépris du verdict des urnes, marque déposée du biyaïsme (le livre de Thierry Amougou, Le Biyaïsme, L’Harmattan 2001 en traite), est devenu l’emblème du gbagboisme en fin de pouvoir. Plutôt mourir au pouvoir que de le perdre, brûler le Cameroun et la Côte d’Ivoire que de reconnaître qu’on n’y a pas gagné les élections. Gbagbo, comme Biya, ont dit à leur peuple : « après moi, sans moi, ce sera le chaos ! » Par voie de conséquence, les militants de l’UPC (Union des Populations du Cameroun)  qui ont été tentés par l’appel des sirènes anticolonialistes et dogmatiques du LMP/FPI de  Gbagbo ont hélas brillé par leur irresponsabilité et leur naïveté impardonnables. On ne peut risquer la crédibilité d’une organisation historique de la valeur de l’UPC dans la défense d’un anticolonialisme dogmatique couvrant les crimes de l’africain Gbagbo contre les libertés fondamentales de ses propres compatriotes. On ne peut risquer sans désaveu électoral des upécistes, dans l’UPC elle-même, de sacrifier l’UPC à l’autel des bêtises du Front Populaire Ivoirien. Cela impose, au FPI comme à l’UPC,  l’urgence d’ un changement radical de leadership politique et de méthodes d’action pour affronter les nouveaux impératifs de la démocratisation africaine. Affaires à suivre dans mon livre à paraître en septembre 2011, Critique de la tragédie kamerunaise

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 14:53

LE REGIME-RDPC DU DESPOTE BIYA INTERDIT A NOUVEAU LE CONGRES DE L’UPC A DOUALA : TROP C’EST TROP !


 Manifestation-Anti-Francafique-13-juillet-2010-008.JPG

         La Direction Nationale de l’UPC, à travers son Président le Dr. Samuel MACK KIT et son Secrétaire Général le Pr. MOUKOKO PRISO, alerte l’opinion nationale et internationale des manœuvres d’interdiction, d’empêchement, d’intimidation et de contrainte dont le Congrès statutaire de l’UPC prévu du 12 au 14 août 2011 est victime de la part du pouvoir dictatorial du RDPC de M. Paul Barthélémy BIYA, accroché depuis 29 ans au palais d’Etoudi !

            Depuis ce matin du 11 août 2011, des courriers administratifs arbitraires, des policiers en civil, des hommes en armes des armées et police, des officiers de tous poils soumettent la direction et les militants upécistes à un harcèlement criminel. Les vies de nos dirigeants et de nos Camarades sont en grave danger, pour une simple affaire de réunion en Congrès Ordinaire !

            Comme en 2008, comme en 2004, comme en 2000, comme en 1996, comme en 1992, comme depuis 1955, L’UPC demeure la bête noire privilégiée du pouvoir fantoche de Yaoundé. Le même cirque de charognards recommence autour de l’âme immortelle du peuple kamerunais. Notre péché mortel serait-il d’être les seuls farouchement opposés à l’arnaque d’ELECAM, au moment où de faux opposants s’apprêtent à légitimer cette mascarade ubuesque ?!

247138_1571068297222_1850962093_1008875_2771440_n--2-.jpg

            Or l’UPC plie, mais ne rompt guère. Nous tiendrons coûte que vaille ce congrès.

            Nous en appelons donc  solennellement à la solidarité de toutes les forces vives de l’opposition politique nationale et diasporique, nous en appelons au sens du devoir des citoyennes et des citoyens du Kamerun pour participer à la défense du droit des upécistes de se réunir librement dans leur pays, comme toutes les autres formations politiques.

           Nous n’accepterons pas la violation des libertés d’expression, de réunion, d’association, de l’UPC et des upécistes.

           Nous ne nous soumettrons pas aux oukases des criminels assoiffés de sang du RDPC. UM, MOUMIE, OUANDIE, OSENDE, ne l’ont pas fait ! Nous ne le ferons point !

           Nous ne crédibiliserons jamais l’injustice d’un pouvoir illégitime, illégal, stérile et aux abois devant le désastre calamiteux de son bilan social, économique, culturel et politique.

            L’UPC dénonce avec la dernière énergie les obstructions pseudo-juridiques, le harcèlement administratif et l’arbitraire abject du pouvoir RDPC. L’UPC tient à son Congrès et tiendra son Congrès.

            Protestez avec nous, rejoignez notre lutte pour la justice et la vérité au Cameroun, au moment où de faux opposants se préparent à aller à la mauvaise soupe du pouvoir Biya, préparée par ELECAM.

            Publiez, diffusez  amplement,  et faites faire au présent tract le tour du monde !

 

Pour les Services de Communication Nationaux de l’UPC

La Section de France de l’UPC

 

Président de Section                                                         Vice-Président de section, Chargé de la Communication

 

JOSUE YETNA                                                                            Pr.  FRANKLIN NYAMSI.

 

 


 Fait à Paris, le 11 août 2011.

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article
6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 15:14

 

                       9fb79842d7f05c20090932.JPG


            Peut-on transformer un pays africain en république moderne et exemplaire sans devoir négocier avec les plus grands périls ? La chose publique peut-elle résolument devenir l’affaire de tous sans des luttes et des ruptures qui découragent résolument les accapareurs de pouvoir dans leurs menées autocratiques ? Pour le dire autrement, peut-on bâtir une république sans risquer ni subir la loi d’airain de la tragédie ? Ces questions ne peuvent manquer de venir à l’esprit de celui qui a vu trois mille personnes trouver violemment la mort parce que l’autocrate Laurent Gbagbo - comme ses nombreux pairs vivant telles des sangsues des peuples d’Afrique -voulait coûte que vaille s’accrocher à un pouvoir régulièrement perdu dans les urnes face aux leaders du RHDP, dès le premier tour de l’élection présidentielle ivoirienne. Ces questions ne peuvent manquer de raviver dans nos esprits les émois et les gâchis des luttes démocratiques des années 90 qui virent un peu partout sur le continent noir, des populations civiles martyrisées par la soldatesque des partis uniques en détresse. Ces questions ouvrent au fond notre mémoire aux traces indélébiles des années coloniales, marquées par un ordre de la culture de rente, par la trique et les nombreux crimes de la domination raciale des maîtres d’alors du monde. Que faire donc de la dure réalité du monde dans lequel nous avons à jouer nos partitions existentielles ? Nous voulons précisément, en cette tribune, aborder ces questions en trois moments :1) Montrer en quoi l’idée même de république implique l’acceptation, sous les modalités des luttes sacrificielles, une certaine forme de tragédie ; 2) Insister sur la distinction entre les sacrifices de vie et les sacrifices de mort, pour distinguer les républiques démocratiques des républiques bananières ; 3) Indiquer en quoi la voie de la nouvelle Côte d’Ivoire, malgré les tragédies qui l’émaillent, me paraît résolument être radicalement inspirée par des politiques sacrificielles pour la profusion de la vie.

 

I

République, choix et tragédie

 

            La république, du latin res publica, est la chose publique, l’espace civil commun où, en dehors des sphères privées de la famille, de l’association ou de l’obédience religieuse, les citoyens se rencontrent sous le linteau de la loi égalitaire. On voit donc par là même que la république n’est pas un don de la nature, mais l’œuvre des hommes concrets faisant collectivement l’histoire dans un espace géographique donné. Il ne va pas de soi qu’il y ait république, car par l’acte même d’exister, une république refoule la sphère du privé, sépare le singulier de l’universel, par la médiation des distinctions particulières. Ces opérations ne sont pas innocentes. Les acteurs ne les effectuent pas la fleur à la bouche. Autrement dit encore, l’acte même de fonder une république suppose que certaines forces socioéconomiques, porteuses des nouvelles institutions auxquelles elles aspirent, renversent le rapport de forces entre elles et l’ordre ancien. C’est cela qui se fait tantôt par la succession politique, par  l’élection, par la réforme, par la révolution civique, par le coup d’Etat ou par la guerre civile. Il faut et il suffit de remarquer ici que chacune de ces formes de changement suppose que ceux qui la mobilisent aient conscience de ce qu’ils pourraient perdre dans la bataille. Une succession politique, une élection, une réforme, une révolution civique, un coup d’Etat ou une guerre civile créent de facto un champ de confrontation à mort, un duel en forme d’ami/ennemi, comme l’a bien vu le théoricien politique Carl Schmitt. Les Constitutions des républiques sont dès lors les textes-témoins de l’équilibre provisoire entre les forces politiques engagées dans l’histoire d’une société donnée. Si la constitution est dans un premier sens « la structure globale concrète de l’unité politique et de l’ordre social d’un Etat précis », elle est aussi en un second sens, « une certaine forme d’ordre politique et social ». Carl Schmitt y voit en un troisième sens  « le principe du devenir dynamique de l’unité politique », et enfin, en un quatrième sens, « une loi fondamentale régulatrice. » Toutes ces définitions révèlent le caractère non pas arbitraire mais décisif ou décisionnaire de la fondation républicaine. La constitution d’une république indique non seulement ses raisons de vivre et de mourir, mais aussi ses raisons ultimes de tuer et de faire vivre. Elle suppose des choix de valeurs, de normes, de principes exclusifs d’autres valeurs, normes et principes. En cela, la république discrimine entre ce qu’elle veut être et ce qu’elle ne veut pas être. Elle choisit son cap et en assume les conséquences. La république est donc, en sa conception intime, le projet d’affronter, voire d’assumer certaines tragédies. Le concept de tragédie vise ici une situation historique dans laquelle qui ne perd rien ne gagne rien. Est tragique en ce sens, toute action qui suppose l’acceptation de pertes humaines et matérielles substantielles, au nom d’un projet dont la valeur est supposée transcender ce qui, tout en étant sacré, sera sacrifié. L’action politique, bénéfique ou maléfique donc, s’avère nécessairement tragique, par essence, car supposant toujours des sacrifices. Lesquels donc ?

 

II

Sacrifices politiques de vie et sacrifices politiques de mort

 

            Mais toutes les tragédies se valent-elles ? La république peut-elle vivre de les accepter et/ou de les subir en toute indifférence ? Imaginons une république qui se livrerait à la merci de toutes les tragédies : catastrophes naturelles, pandémies et endémies, disettes et aléas de saisons côtoieraient alors la pire criminalité économique, politique, et une délinquance sociale sans bornes prospèreraient également. Il est difficile de justifier pareille logique suicidaire, même si les cas de la Somalie, de Haïti, et de nombreuses républiques-cimetières du monde blessent encore le bon sens par leur singulière déshumanisation. Les philosophes de la tradition contractualiste ont appelé cela l’état de nature, qu’ils ont justement opposé à l’état civil. Dans l’état de nature, chaque individu n’agit qu’à proportion de ses capacités. Ses seules bornes sont ses limites intellectuelles, physiques ou morales. Mais n’étant pas seul, l’individu est rapidement confronté à la généralisation de l’arbitraire, cette guerre de tous contre tous qui rend nécessaire l’état civil. Désormais, la loi et le gendarme volent au secours des hommes naturels qui deviennent alors des fruits de la culture et de l’histoire, inventant ainsi l’action politique. Or qu’implique l’état civil ou l’état politique pour la gestion des tragédies ? Justement une lutte sans merci contre les dégâts de la nature, grâce aux progrès scientifiques et techniques. L’action politique collective suppose donc le sacrifice des forces de la nature à l’autel des besoins de la culture, ou la préservation des forces naturelles compatibles avec le bien-être socioculturel.

            Mais à cette action politique sur la nature, l’état civil ajoute l’action politique de l’homme sur l’homme. Les forces sociales conservatrices qui n’ont pas été convaincues de participer à la métamorphose déclenchée par les forces de changement doivent alors payer le lourd tribut de la résistance. Ceux qui ne veulent pas le changement en veulent nécessairement à ceux qui le veulent et vice versa. La lutte à mort pour la domination date alors de là. La tragédie de cette confrontation pour le contrôle de la géographie et de l’histoire nationales n’est pas que celle des groupes humains armés que leurs leaders liguent et dressent les uns contre les autres. Dans ce conflit, davantage que des forces matérielles,  deux principes peuvent cependant se trouver opposés. D’une part, les principes d’une politique sacrificielle pour la mort, de l’autre ceux d’une politique sacrificielle pour la vie.  J’entends par la première sorte de principes, les normes du sacrifice et de la haine gratuites, transformées en mode de gouvernement d’un pays. Le régime déchu de Laurent Gbagbo, comme le régime agonisant du despote Paul Biya au Cameroun, nous en donnent de précieuses illustrations. Dans ces régimes, on vole, tue, pille, ment, incite à la haine, par pur plaisir. La misère du grand nombre y prospère et les hommes sont à la merci des tragédies naturelles et sociales, sans limite.  Les vies humaines sont sacrifiées au désir de domination, à la volonté de puissance. Le mépris du pauvre, de l’orphelin, de la veuve et de l’étranger prospère dans ces régimes indifférents au devenir de leurs populations. Par contre, une politique sacrificielle pour la vie consisterait à assurer le bien commun ; à ne donner la mort qu’en des circonstances exceptionnelles, légitimes et légales ; à assurer les libertés fondamentales de la société civile et un fonctionnement moderne de l’Etat ; à tenir un discours et à poser des actes de reconnaissance et de réconciliation nationale ; à placer le devoir au dessus du plaisir, donc la responsabilité pour autrui au dessus de l’intérêt de l’ego. C’est une politique où les seules tragédies assumées sont celles qui garantissent inévitablement une rédemption qualitative et égalitaire de la société. La politique sacrificielle pour la vie est le choix de l’orientation de la société politique vers les piliers de justice, de vérité, de prospérité et de charité. N’est-ce pas dans cet esprit nouveau que la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara s’oriente laborieusement ?

 

III

La nouvelle voie de la Côte d’Ivoire : les signes d’une métamorphose à l’œuvre.

 

            Une certaine propagande veut que la Côte d’Ivoire en ce mois d’août 2011 soit encore à feu et à sang. Les rapports de certaines ONG des droits de l’Homme, autrefois fort discrètes sur les crimes éhontés du régime Gbagbo, laissent accroire que le pays d’Alassane Ouattara est encore l’enfer qu’il a pourtant consacré sa vie à combattre.  Que vaut ce discours pessimiste et partial quand on sait l’état de délabrement dans lequel le régime identitaire et xénophobe, gabégique et imprévoyant de Laurent Gbagbo avait mis tous les indicateurs de gouvernance du pays sous voyant rouge ? Pourquoi s’attache-t-on à présenter les bourreaux en fuite du régime Gbagbo comme de pauvres innocents qui découvrent malgré eux l’horreur du désir de vengeance ? La situation humanitaire de la Côte d’Ivoire est loin d’être maîtrisée, mais en parler sans prendre la mesure des responsabilités respectives des régimes ivoiriens successifs, voilà une méthode comparable à celle de celui qui fuit la pluie pour se cacher dans la rivière. Comment sortir de cette morosité médiatique organisée par les porte-voix disséminés du régime LMP déchu ? Les faits témoignent incontestablement pour le renouvellement éthique de la société politique ivoirienne. J’insisterai ici sur des faits économiques ; des faits culturels et sociaux ; des faits politico-diplomatiques et des faits stratégiques. Il apparaitra alors très clairement que ce sont des politiques du sacrifice pour la vie qui animent la nouvelle dynamique gouvernementale de la Côte d’Ivoire, même si cette dynamique est encore bien imparfaite, souffrant des tares persistantes de la corruption, du tribalisme, de l’imprévoyance et de l’absence d’une vision solidaire et originale de l’avenir. Examinons chacune de ces catégories de faits avant d’en conclure.

            Au plan économique, la Côte d’Ivoire a incontestablement retrouvé sa fonction de locomotive de la zone CEDEAO. Les facilités de décaissement et la garantie des nominations ivoiriennes au sommet de l’institution monétaire régionale ont très vite pesé dans la duel Ouattara-Gbagbo au profit du premier. Dans l’économie mondiale, les entrées et la crédibilité anciennes du Président Alassane Ouattara auprès de la Banque Mondiale et du FMI sont connues. Les financements attendus pour la relance de l’économie ivoirienne ne font l’ombre d’aucun doute. Par ailleurs, l’intensité de l’action économique gouvernementale commence à porter ses fruits : la réorganisation des administrations est en cours, sur la base de missions d’audit qui en font trembler plus d’un. On parle à bon escient de retour en force de la méthode Ouattara, connue et respectée par tous les ivoiriens de bonne volonté quand le premier ministre d’Houphouët-Boigny remit son pays au travail, au début des années 90.

            Au plan social et culturel, le nouveau régime d’Alassane Ouattara a donné quantité de signes positifs. L’honneur fait aux différentes victimes de la barbarie du régime Gbagbo s’est accompagné d’une attention croissante à certains partisans du FPI injustement victimes d’actes de représailles à travers le pays. Le discours insistant du Président contre l’impunité commence à faire son effet. Les gens de Gbagbo, notamment ceux qui ne se sont pas impliqués directement dans le lynchage de leurs concitoyens, sont pour la plupart rentrés chez eux ou s’apprêtent sans doute à le faire. L’implication des nouvelles autorités auprès des populations traumatisées s’est affirmée par la garantie pendant de longs mois de la gratuité des soins de santé dans les hôpitaux publics. On a vu Alassane Ouattara, plus rapide que tout son gouvernement, aller auprès des accidentés du bus de la Sotra, tombé du Pont Houphouët-Boigny dans les eaux tumultueuses de la lagune Ebrié. Le rôle de la première Dame n’est pas innocent dans cette reconquête de la solidarité ivoirienne. Ses sorties vers les mondes de l’éducation, de la famille,  et vers les ivoiriennes et ivoiriens individuellement en difficultés ne se comptent plus en quelques mois, tout comme l’action rayonnante de CHILDREN FOR AFRICA. La mobilisation des femmes et hommes de culture pour le redressement social de la Côte d’Ivoire n’est pas en reste. L’implication des Meiway, Magic System, Alpha Blondy, Tiken Jah Facoly, Noel Dourey et Cie  pour la réconciliation des ivoiriens est plus que jamais proactive. Maurice Bandaman, le grand écrivain de la Côte d’Ivoire, en véritable Malraux de son pays, officie de nouveau au sommet du ministère de la Culture. Finie la valse des hommes de culture dévoués à la haine, à un anticolonialisme de bouche contredit par leur despotisme intérieur, finis les messages haineux des Serge Kassi et consorts, à la RTI. Le Quotidien Frat-Mat reprend force et vigueur sous l’exigence d’un Venance Konan résolument au pied du mur. Enfin, la diaspora ivoirienne, ardemment invitée à prendre toute sa place dans la société, s’implique comme jamais dans les tâches à venir. Un livre blanc de réflexions et de propositions, issu de ses Assises des 30 et 31 juillet 2011 à Paris, est en cours de présentation aux nouvelles autorités. Peut-on dire raisonnablement dire du mal d’un pays remis ainsi sur ses pieds ?  La société ivoirienne se ressoude progressivement autour de ses vraies valeurs : travail, solidarité, hospitalité, prospérité partagée, fraternité.

            Parlons maintenant des faits politiques, diplomatiques et stratégiques qui témoignent pour notre thèse de l’orientation actuelle de la Côte d’Ivoire par une politique sacrificielle pour la vie. La victoire éclatante du RHDP au 2ème tour de cette élection a consacré la nécessité d’une politique au-delà des clivages ethniques. Alors que le candidat Gbagbo croyait contrôler l’électorat Akan par la fibre identitaire, il a mordu la poussière sous l’efficacité de l’alliance politique méta-ethnique passée entre Ouattara et Bédié, sur la base du renoncement à l’objet de leur différend ancien : la doctrine de l’ivoirité. La restructuration en cours de l’armée nationale et des principales administrations du pays, mobilise de l’avis de tous les experts, un effort réel d’articulation poste/compétence, mais aussi une recherche d’équilibre stratégique pour la stabilité intérieure du pays.  L’autre fait politique nouveau est la prouesse historique de l’alliance du RHDP à mobiliser diplomatiquement et militairement l’ONU, la CEDEAO, la France et les USA pour triompher d’un Laurent Gbagbo qui avait choisi la politique suicidaire de la mort pour la mort, la logique du pire. Le retour en force de la Côte d’Ivoire dans le concert des Nations vient d’être couronné par la visite remarquable du Président Alassane Ouattara aux Etats-Unis où le Président Obama lui a rendu un vibrant hommage. La Côte d’Ivoire devient dès lors une plaque tournante de l’expérience démocratique africaine et un modèle de référence pour la démocratisation à venir des régimes despotiques du Cameroun, du Gabon, du Congo, du Tchad, etc. Les puissances du Pacte Atlantique nous paraissent avoir compris qu’elles ne peuvent garantir leurs intérêts en Afrique qu’en les négociant avec des élites réellement élues et responsables devant leurs propres concitoyens. La Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara aura ainsi prouvé aux USA, à la Grande-Bretagne, à l’Union Européenne et à la face du monde, que les relations stratégiques avec les Etats africains ne doivent puis s’appuyer sur la mode surannée et tragique des hommes forts, mais sur l’exigence urgente d’institutions africaines fortes capables de faire face aux quatre grands défis du 21ème siècle : le défi démographique, le défi écologique et économique, le défi démocratique, et le défi stratégique du surarmement planétaire.

 

            Les mauvaises langues devraient donc l’avouer. Alassane Ouattara n’est pas un président à ranger dans la vulgate des présidants  de pacotille qui ruinent l’Afrique noire francophone. Ce n’est pas un président qui se contente d’être un Résident de la République. De l’aveu même de son opposant et prédécesseur Gbagbo, c’est un président travailleur qui ne passe pas le plus clair de son temps entre son village et ses villégiatures  à travers le monde.  La cadence et la régularité de l’action des nouveaux gouvernants de Côte d’Ivoire tranche avec les tendances propagandistes et populistes du gbagboïsme, tout comme avec la fainéantise fieffée des vieux dictateurs d’Afrique Centrale. Ainsi, on ne peut pas dire de Ouattara ce que l’on doit dire de l’impotent Biya.  Une journaliste française vient de caractériser à juste titre l’art politique de Biya, dans son livre Au Cameroun de Paul Biya, comme un mélange bien dosé d’autoritarisme – quand son pouvoir est en cause - et de laxisme – quand il s’agit de travailler efficacement. Nous sommes bien au contraire, dans le cas de la nouvelle Côte d’Ivoire, au cœur d’une métamorphose de l’agir politique vers les impératifs de justice et d’efficacité, qui doivent certes encore affronter les vieux démons de la corruption, du tribalisme d’Etat, de l’imprévision et de l’absence de vision solidaire de l’avenir.  Quelques signes indiquent que le régime Ouattara ne compte pas baisser les bras face à ces quatre tares anciennes. Le remplacement brusque de Brou Aka Pascal par Aka Sayé Lazare à la tête de la RTI signale que tous les fauteuils de haute responsabilité sont éjectables en Côte d’Ivoire. La volonté de diversification socioculturelle des responsabilités au sommet de l’Etat telle qu’exprimée par la nomination de Madame Henriette Dagri à la Chancellerie, de  MM. Francis Wodié et Marcel Zadi Kessi à la tête du Conseil Constitutionnel et du Conseil Economique et Social, de MM. Ngolo Coulibaly et Koné Mamadou à la tête de la Médiation Républicaine et de la Cour Suprême, exprime un vrai désir de co-responsabilité pour la Côte d’Ivoire en gésine. Enfin, la place d’importance accordée aux propositions élaborées par des groupes d’intellectuels compétents, tels que les projets PASRES ou les Assises de la Diaspora Ivoirienne des 30-31 juillet à Paris, indiquent un besoin d’expertise sans pareil dans l’histoire récente du pays.

Non, chers détracteurs, vous êtes bien obligés de reconnaître que la Côte d’Ivoire s’oriente résolument vers une politique de sacrifices pour l’abondance de la vie. Persistez-vous à croire le contraire ? C’est votre droit. Mais je voulais précisément, par cette tribune, vous suggérer de penser la Côte d’Ivoire réelle au lieu de vous contenter de croire tout ce qu’on vous raconte sur elle.

 

 

Franklin NYAMSI

Professeur Agrégé dans l'Académie de Rouen.

Docteur en Philosophie de l'Université de Lille 3

 

Carl Schmitt, Théorie de la Constitution, Paris, P.U.F, 1993, Ière Partie, pp.129-260.

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans analyses sociales - politiques - économiques
commenter cet article

Présentation

  • : Blog du Professeur Franklin Nyamsi
  • Blog du Professeur Franklin Nyamsi
  • : Analyses socio-politiques.
  • Contact

Recherche

Liens