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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 21:38

 

« 29 Juin 2007 ! Jour fatidique. Jour de douleurs vives. Ce jour-là, j’avais compris la MORT. Je l’avais presque acceptée avec sérénité. »

 

Guillaume Kigbafori Soro

 

« Si le 29 juin, nous avions été tués, sur l'épitaphe de nos tombes, nos parents liraient : "ci gisent les traîtres qui signèrent l'APO »

Alain Lobognon

 

« C’est Soro Guillaume, en tant qu’acteur du processus de paix, qui était visé. Celui qui veut aller au paradis sans mourir, il se trompe… »

 

Laurent Gbagbo

 

 

Une tribune internationale de Franklin Nyamsi Agrégé de philosophie, Paris, France. Ne soyons pas dupes de la morale. « Politique i magni », dit le dicton dioula. Des Kennedy aux Gandhi, de De Gaulle à Mandela, Ouattara ou Soro, tous les grands hommes politiques ont dû réchapper ou succomber, par plusieurs fois, à un attentat. Qu’on ait la Baraka ou non, la réalité des choses est ainsi tissée. La vie politique, en tant qu’elle suppose l’engagement pour des idées qui plaisent ou déplaisent aux uns et aux autres, déclenche sans cesse dans son environnement interne et externe, des pulsions de mort, des désirs de vengeance, des complots en sourdine. Une passion du sang versé de l’ennemi déclaré rôde dans toutes les républiques. On pourrait même décrire l’expérience politique comme Alfred Hitchcock faisait du cinéma : avec le poids permanent du suspense sur le pire qui hante sans cesse le présent. Sur ce plan d’interprétation, on mesure nécessairement l’importance d’un homme politique au type de grande adversité qu’il génère parmi ses ennemis les plus acharnés. Qui aura la naïveté de se croire aimé de tous en politique ? La vie politique authentique se vit en mode qui-vive. Tout grand homme politique ou toute grande femme politique, qu’ils le veuillent ou non, ont tôt ou tard leur comptant de morts violentes ratées ou réussies par leurs contempteurs les plus audacieux. Ceux qui ne peuvent pas tuer vos idées peuvent au moins vous tuer. Il ne s’agit donc pas, pour qui sait la dureté de la vie des grands dirigeants, de se confondre en jérémiades, de pleurer sur toutes les chaumières, car cela ne changera pas le monde. Alea jacta est. Comment toutefois exercer en cette affaire une lucidité exemplaire ? Il importe subtilement, dans ces conditions extrêmes, où la fragilité de la vie individuelle coïncide avec celle des institutions, d’élaborer une philosophie de l’attentat politique, susceptible de nous préparer aux pages chaudes de l’avenir. Car tant qu’il y a de la vie, il n’y a pas que de l’espoir. Le risque de la mort brutale demeure. L’action politique avisée de la présence du risque tragique doit donc se donner sans cesse plusieurs longueurs d’onde d’avance sur les ennemis visibles ou invisibles. Ainsi, les événements du 29 juin 2007 à Bouaké nous offrent une occasion sérieuse de méditer sur l’humaine condition en général, mais aussi et surtout sur la portée du désir extrême de tuer Guillaume Soro qui s’exprima ce jour ivoirien fatidique, par les armes lourdes déployées par ses ennemis les plus décidés sur le tarmac de l’aéroport de la seconde ville du pays. En réalité, l’attentat anti-Soro du 29 juin 2007 est un merveilleux objet philosophique car il remplit toutes les conditions pour servir d’expérience-carrefour, de donné à penser pour comprendre le présent et l’avenir de la Côte d’Ivoire. Pourquoi donc, me dira-t-on ? D’abord à cause des circonstances invraisemblables du déroulement de cet attentat. Ensuite en raison des différentes hypothèses explicatives que cet attentat a soulevées. Enfin parce qu’on n’a pas fini de savoir à qui la réussite de cet attentat anti-Soro aurait profité et par conséquent, à qui profiterait amplement une répétition réussie du même projet, dans la Côte d’Ivoire contemporaine. Dans la présente tribune, je voudrais revisiter ces trois niveaux de réflexion. J’expliquerai pour finir pourquoi ce fut par essence un « attentat anti-Soro » et quelles perspectives en tirer pour l’avenir.

 

I L’attentat et sa double attente : incursion dans la Côte d’Ivoire issue de l’APO de 2007

 

 

Dans la notion même d’attentat, l’oreille qui sait l’origine des mots entend « l’attente », « l’attention », en tous cas l’exercice suprême d’attendre. Qu’attend-on d’un attentat ? Tout dépend du point de vue. Ceux qui perpètrent l’attentat veulent qu’il déjoue l’attention de ses victimes recherchées et confirme les attentes de ses auteurs décidés. Avant de le commettre, ses auteurs comptent éradiquer leurs cibles. Après l’avoir commis, les auteurs se réjouissent en cas de succès, se mordent les doigts en cas d’échec ; de l’autre côté, qui ne s’y attendait que fort peu, les victimes survivantes n’ont qu’une hantise : retrouver les coupables et les sanctionner exemplairement, pour rendre justice aux voix qui à jamais, ont été éteintes par la violence du forfait. L’attentat, par nature, vient comme un voleur à l’improviste et aboutit à deux sortes d’attentes : l’attente des criminels qui veulent changer le monde par la violence éliminatoire qu’ils exercent ; mais aussi l’attente des victimes survivantes ou de leurs proches, voire des défenseurs des morts, qui tiennent à faire rendre gorge à leurs offenseurs, pour que jamais plus l’ignominie ne soit possible. L’attentat, par nature, est un futur a priori impossible qui se montre a posteriori effectif. Un trou dans le temps. Quand on écoute les témoignages des rescapés de ce cauchemar diurne de Bouaké, rien ne frappe autant que leur abasourdissement par l’événement : Guillaume Soro, Konaté Fakhy, Alain Lobognon, Méité Sindou, les soldats Bakayoko, Kobo, Wattao, et compagnie, prennent des minutes éternelles à comprendre dans le Fokker officiel et autour de lui, ce qui leur arrive. Il y a un vécu intransmissible de cette scène du 29 juin 2007, qui soudera à jamais ses survivants dans une fraternité d’exception. Notre propos n’est donc surtout pas de nous l’approprier ou de nous y immiscer, mais de la re-situer dans le temps politique qui la rendit possible pour la penser prospectivement. Or donc, demandons-nous résolument : dans la Côte d’Ivoire du mois de juin 2007, qu’est-ce qui semblait rendre fertile l’hypothèse d’un attentat contre le premier ministre Guillaume Soro ? Qui souhaitait donc voir immédiatement mourir le principal acteur de la réconciliation politique ivoirienne d’alors, à savoir le leader des Forces Nouvelles ? La première leçon qu’il faut tirer des événements est là. C’est quand tout semble bien aller que le diable entre dans les détails. La logique de l’attentat épouse intimement celle des périodes de grand optimisme, de sérénité et de confiance retrouvée. Comme en boxe professionnelle, c’est quand la garde baisse, que les uppercuts qui mettent K.O. rentrent fatalement. La Côte d’Ivoire, issue des accords de Ouagadougou, avait renoué avec le dialogue direct entre ses filles et ses fils. L’optimisme était de rigueur, car tous les points du désaccord national ivoirien qui s’étaient exprimés à partir de la bataille successorale de l’après Houphouët-Boigny dès 1993 avaient enfin été passés au peigne fin de la discussion argumentée. Les négociateurs de Ouaga, représentants les camps Gbagbo, Ado, Bédié, et Soro avaient enfin décidé de poser sur la table, les questions de la nationalité ivoirienne, de la réunification et du désarmement concomitant des belligérants, de la constitution des listes électorales, du calendrier électoral, de l’organisation pacifique de la compétition pour le pouvoir suprême, du statut définitif de l’opposition, du sort individuel des grands leaders politiques, etc. Ouagadougou avait juridiquement et politiquement pacifié la Côte d’Ivoire. A partir de Ouaga 2007, la voie vers une véritable compétition démocratique inter-ivoirienne était ouverte. Les discours étaient au beau fixe. Nous étions dans le meilleur des mondes possibles.

 

II Des hypothèses multiples et désespérément muettes depuis 2007

 

 

Dans le ciel bleu de la Côte d’Ivoire du 29 juin 2007, Dieu lui-même semblait jalousement garder ses enfants. Le dialogue, la paix, ces mots récurrents de la politique ivoirienne semblaient avoir pris toute leur épaisseur significative. Or, de triste mémoire, l’élimination lâche par le camp Gbagbo du Général Robert Guéi et de son épouse en septembre 2002, n’avait-elle pas subrepticement instauré une tradition funeste en Côte d’Ivoire, celle de la neutralisation opportuniste et anticipée des concurrents politiques ? Les grandes échéances politiques ivoiriennes ne sont-elles pas depuis lors précédées de nuits des longs couteaux ? Disons-le autrement. N’est-ce pas pour réduire le nombre potentiel de bénéficiaires de cette embellie démocratique que Guillaume Soro entra résolument, après l’APO de 2007, dans la liste rouge et urgente de certains protagonistes de la crise ivoirienne ? Manifestement et malheureusement, il y avait dans la quasi-totalité des camps politiques ivoiriens, des gens que la mort prématurée de Guillaume Soro, ce « pipi devenu caïman » selon une expression consacrée, ne dérangerait pas énormément, y compris dans l’hypothèse d’un heureux hasard auquel ils ne participeraient point eux-mêmes. Comment se convaincre de cela ? Il n’y a qu’à voir la multiplicité des pistes suscitées par l’événement dans la presse, dans les discours politiques ivoiriens de tous les camps, et mêmes dans les supputations des experts internationaux : a) on a évoqué le camp Gbagbo, qui aurait voulu tuer Soro pour se venger de 2002 et profiter de l’emballement de la situation comme alibi pour envahir les zones CNO au nom de la préservation de l’ordre ; b) on a évoqué la France, qui aurait voulu faire éliminer Soro pour se débarrasser d’un témoin gênant de son imbrication intime dans la politique ivoirienne ; c) on a évoqué les Nations Unies, qui auraient voulu se dépêtrer du bourbier ivoirien en laissant disparaître l’un des principaux protagonistes et en levant l’ancre après la réunification du pays ; d) on a évoqué les frères ennemis de la rébellion ivoirienne du MPCI, rassemblés notamment autour d’Ibrahim Coulibaly, l’ennemi de toujours, qui voulait faire payer à Guillaume Soro le fait de l’avoir supplanté à la tête de la rébellion ivoirienne ; e) on a évoqué l’hypothèse de partenaires politiques de la rébellion ivoirienne, frustrés de voir Guillaume Soro aller au gouvernement Gbagbo, et décidés à lui faire payer cette traîtrise à prix de sang, afin que l’ordre revienne à jamais dans les rangs de l’opposition armée. Pourtant, à ce jour du 29 juin 2013, aucune de ces pistes n’a été retenue officiellement, ni par le camp Soro, ni par les autres regroupements politiques de la Côte d’Ivoire contemporaine. J’ai personnellement compulsé près de deux cents pages de déclarations officielles et d’articles de presse de tous bords, sans voir triompher une seule de ces hypothèses. Aujourd’hui, la présomption d’innocence et l’absence d’enquête officielle conclue, rendent encore impossible l’énoncé de certitudes durables sur l’identité et les visées des auteurs directs et lointains de l’attentat de 2007. Il va de soi que les coupables, même par hérésie, ne s’accuseront point eux-mêmes. Mais comment comprendre que les victimes, malgré tous leurs efforts, n’aient pas résolument mis des noms sur cet abominable forfait qui coûta la mort à de nombreux innocents ? Mon flair d’analyste politique m’incite à risquer l’hypothèse suivante : le silence collectif sur les auteurs réels de l’attentat de 2007 à Bouaké, observé par tous les camps politiques ivoiriens, signifie que ses germes sont encore actifs dans notre contemporanéité. Il ne s’agit pas nécessairement d’un silence d’omerta, celui qu’observent les complices pour que leur secret ne s’évente point. Il s’agit avant tout, il me semble, d’un silence inquiet, typique du calme avant d’autres tempêtes, dans les films à suspense d’Hitchcock : silence qu’observent les protagonistes mutuellement suspicieux d’une scène politique, quand un attentat s’avère susceptible d’avoir bénéficié de complicités actives - ou passives - de plusieurs camps. On pourrait même oser : et si ce sont des seconds couteaux de différents camps qui avaient voulu débarrasser leurs patrons respectifs de Guillaume Soro, ce concurrent supposé gênant que l’on redoutait tant pour la présidentielle 2010 ? Le mot d’Alain Lobognon, rescapé du drame, prendrait ici tout son sens : « Si le 29 juin, nous avions été tués, sur l'épitaphe de nos tombes, nos parents liraient : "ci gisent les traîtres qui signèrent l'APO »

 

III Penser politiquement l’attentat de 2007, c’est en prévenir les remake

 

 

Au regard de ce qui précède, l’analyse nous convainc d’une évidence : il n’y a pas de politique à risque zéro. De tout temps, que l’on lise l’histoire des empires et royaumes antiques ou celle de nos modernes républiques, l’engagement à changer la cité s’accompagne toujours du déclenchement de forces négatives automatiquement opposées au changement proposé. Il faut s’y attendre, les attendre, les combattre ou les convaincre. Il faut en tous cas les vaincre pour continuer la course des jours de l’existence terrestre. Mais, pour en revenir spécifiquement à l’épisode de Bouaké 2007, il importe surtout de bien comprendre pourquoi c’était par excellence un attentat anti-Soro et pourquoi une telle hypothèse demeurera toujours ouverte tant que le député de Ferkéssédougou poursuivra sa mission au cœur de l’équation politique ivoirienne. La première raison qui me vient à l’esprit, c’est que Guillaume Soro, comme la plupart des politiciens ivoiriens venus du nord du pays, fait partie de ceux-là que la classe politique traditionnelle de ce pays, issue des rangs classiques de l’houphouetisme ou de l’opposition frontiste, n’attendait pas. A la suite du miracle politique incarné par le président Alassane Ouattara, qu’on traita d’apatride, de boyordjan, de mossi et consorts, Guillaume Soro s’affirme comme un grand loup solitaire qui vient pacifier des meutes entières d’héritiers des familles ivoiriennes de pouvoir. Il énerve et dérange par le simple fait de son existence et de sa force de pénétration politiques. Sa masse volumique ne cesse d’étonner les observateurs de tous bords. Par son parcours politique exceptionnel de leader syndical, chef de la rébellion anti-ivoiritaire, ministre d’Etat, chef des gouvernements Gbagbo puis Ouattara, puis président de l’Assemblée Nationale et donc dauphin constitutionnel de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro cristallise et cristallisera toujours, dans tous les camps politiques, des jalousies, des envies, mais aussi des haines tenaces qui n’hésiteront pas, en cas d’opportunité sérieuse, à emprunter les voies de fait. La deuxième raison qui me semble s’imposer à l’analyse de cet attentat, c’est qu’en visant Guillaume Soro, c’est l’ensemble du processus de paix issu de l’APO qu’on voulait faire capoter. Guillaume Soro en était l’incarnation et la garantie, car son engagement ressoudait les deux bords écartelés de la Côte d’Ivoire. L’attentat de 2007 était ainsi un geste désespéré du parti multipartite ivoiritaire et des ennemis de la justice, contre le devenir moral de la Côte d’Ivoire. Cet attentat réconciliait pour quelque temps, toutes les forces maléfiques de la politique ivoirienne. Car l’on savait parfaitement que provoquer une nouvelle crise de leadership à la tête des Forces Nouvelles leur serait peut-être fatal en 2007. Mieux encore, l’on savait que les amis de Guillaume Soro auraient résolument déterré la hache de guerre contre leurs ennemis de tous bords pour venger leur patron. L’on savait aussi que l’opposition politique du RHDP, sans la présence de l’aile militaire des Forces Nouvelles, devenait du menu fétu de paille pour la soldatesque et les patriotes pro-Gbagbo à Abidjan. Pont de la situation politique ivoirienne entre la politique des Anciens et celle des Modernes, Guillaume Soro, selon les mots de Laurent Gbagbo dans une vidéo célèbre aux lendemains de l’attentat de juin 2007, était « Le nouveau visage qui incarne la paix en Côte d’Ivoire ». La disparition de Guillaume Soro à cette date était dès lors le risque pris d’une véritable apocalypse pour tous. Il y a donc aussi un relent d’anarchisme primaire et de criminalité potentielle qui pèsera longtemps sur la scène politique ivoirienne. Et les mots de Gbagbo mis en exergue ici le suggèrent bien : « C’est Soro Guillaume, en tant qu’acteur du processus de paix, qui était visé. Celui qui veut aller au paradis sans mourir, il se trompe. » La troisième raison que cet attentat met parfaitement en valeur, c’est qu’à quarante et un ans sonnés, bien que Guillaume Soro ait un CV de politicien quasi octogénaire, la moindre analyse incite à penser - comme l’a récemment rappelé le médiateur burkinabé Boureima Badini à Abidjan, ou comme les Sénégalais l’ont rappelé en lui décernant la Grand’ Croix de leur pays - qu’il a acquis une carrure d’homme d’Etat qui ne lui ferme surtout pas les grandes portes de l’avenir. Dans ces conditions, l’attentat de 2007 n’est-il pas à la fois le drame et l’onction de Guillaume Soro comme enjeu national de la politique ivoirienne contemporaine ? A ce compte, la vraie philosophie de l’attentat anti-Soro du 29 juin 2007, ne serait-elle pas dans l’exigence, au présent, d’en nommer enfin les coupables ou de les isoler, d’honorer davantage la mémoire des morts innocents de Bouaké, de poursuivre l’émergence démocratique et économique ivoirienne aux côtés du Président Alassane Ouattara, tout en veillant autant que les moyens humains le peuvent, à préserver les chances d’une continuité exemplaire au sommet de la Côte d’Ivoire quand le Président Ouattara aura fini de la remettre sur sa voie d’espérance ? On ne peut que louer, par-delà toutes ces analyses, la tranquille conviction avec laquelle Guillaume Soro assume son destin. Chacun des mots que voici vaut grande leçon de sagesse et d’humilité pour tous: « 29 Juin 2007 ! Jour fatidique. Jour de douleurs vives. Ce jour-là, j’avais compris la MORT. Je l’avais presque acceptée avec sérénité. » Incontestablement, un homme politique qui n’a pas atteint cette lucidité tragique ne devrait retenir l’attention de personne de sérieux.

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