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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 11:52


 Pr. Franklin Nyamsi

                                                   Université de Rouen, France.


L’élection présidentielle du 9 octobre passé au Cameroun n’en était pas une. A tout le moins, c’était une tragicomédie électorale. Nul n’est besoin de s’attarder sur ce que différents acteurs et observateurs politiques nationaux et internationaux ont amplement établi : organisée par ELECAM, une institution partisane du RDPC de surcroit émasculée par le despote Biya du droit de proclamer les suffrages qu’elle était censée recueillir, l’élection présidentielle camerounaise 2011 s’annonçait dès le dernier viol constitutionnel de 2008 et l’assassinat sanglant de 139 civils camerounais comme un plébiscite de tripatouilleurs bureaucratiques fidèles au système qui les a créés, nourris et fidélisés à ses sales besognes ; organisée par un pouvoir illégitime jusqu’à la moelle dont le chef octogénaire s’accroche  toujours après plus d’un quart de siècle aux ors et lambris de la république, l’élection était condamnée à consacrer, comme par le passé, son érection phallique en juge et partie de la chose publique nationale, au mépris de ses concitoyens, de ses propres rivaux internes et des principes généraux du droit ; confiée à une Cour Constitutionnelle de magistrats pavlovisés par le président de la république qui les nomme, l’élection était prescrite d’avance comme une auto-nomination présidentielle ; plongées dans une grande incertitude quant à la capacité des groupes politiques de l’opposition à offrir une alternance crédible au pouvoir du croulant d’Etoudi, les grandes puissances de la Communauté Internationale ont brillé par un attentisme et une complicité par indifférence envers la dernière manœuvre d’un pouvoir camerounais qu’elles continuent de considérer comme leur pis-aller ; prévisible aussi, était l’abstention massive du peuple camerounais à cette farce de mauvais goût, où les jeux étant faits d’avance, les électeurs potentiels se savent réduits au rôle de petits dindons à étriper ; enfin l’ambiance de misère généralisée qui écrase le grand nombre ne pouvait faire des foires électorales du régime, des occasions d’un dépaysement durable de la hantise de la malemort qui fauche les gens de chez nous comme jamais auparavant. Le viol du peuple camerounais commencé dès le détournement de l’indépendance dans les années 50 se perpétue. Nous avions anticipé les conséquences de ce trop connu et douloureux fait du prince d’Etoudi dans nos tribunes sur « La future crise postélectorale camerounaise ». Maintenant donc que ce qui devait se passer s’est passé comme nous le voyions venir, faut-il, les bras croisés constater la sempiternelle répétition d’une histoire camerounaise qui semble pour ainsi dire marquer le pas sur place ? Ce serait manquer de vigilance.

L’avenir ne pèse jamais autant de tout son poids que quand le présent semble radicalement bloqué. Il n’y a pas de fatalité positive ou négative a priori pour une collectivité humaine dans l’histoire. Nous sommes libres, y compris quand nous sommes dans les fers, parce que jamais ne sont réduites à zéro les possibilités de résistance d’une société. Nous ne  céderons donc ni au camerouno-optimisme des vendeurs d’illusions tragiques, ni au camerouno-pessimisme des annonciateurs d’orages à peu de frais. La politique étant la saine appréciation des réalités présentes, passées et futures, il convient plutôt d’entrer dans une phase de camerouno-réalisme, à ne pas confondre avec quelque opportunisme ou réalisme intéressé. Le diable étant dans les détails, l’avenir doit pouvoir nous interpeller à partir de l’inouï du présent. Fort justement, nous pensons qu’au moins trois phénomènes nouveaux apparaissent au regard de l’analyste froid du devenir du Cameroun en cette période de crise postélectorale : 1) Un phénomène de reconstruction de la diaspora démocratique, patriotique, progressiste et humaniste, autour de pratiques nouvelles et matures de travail politique organisé ; 2) Un phénomène de reconfiguration de la question successorale dans l’Etat-Parti du RDPC, dans une perspective instruite par la dynamique héréditaire des satrapies françafricaines du Gabon et du Togo ; 3) Un phénomène de repositionnement stratégique vers une radicalité nouvelle et suspecte des principaux leaders de l’opposition institutionnelle au régime Biya, suite à leur désillusion postélectorale collective. Nous voulons consacrer la présente tribune à analyser ces trois nouveautés de la crise postélectorale en cours dans le pays,  afin d’en tirer de précieux enseignements pour l’aventure démocratique du peuple camerounais.

I

Mobilisations nouvelles dans la diaspora camerounaise : la rencontre de la militance et de l’activisme.

Il n’est jamais trop tard pour mieux faire. Le premier fait marquant de la période pré-électorale, c’est le regroupement des organisations d’opposition de la diaspora camerounaise en un Front Uni pour le Boycott Actif de l’élection présidentielle 2011. Une tradition de résistance transgénérationnelle est entrain de naître sous nos yeux dans la diaspora. Les derniers oukases du régime Biya, refusant la double nationalité, excluant près de 4, 5 millions de camerounais de l’étranger du jeu politique par ses manigances, le poids des dépendances nationales envers l’assistance des exilés, les vexations diverses subies par les camerounais en exil du fait de leur exil, semblent manifestement être entrain de créer une véritable conscience de classe cosmopolitique au sein des communautés camerounaises de l’étranger. Un observateur averti de la dernière décennie passée par cette diaspora se convaincra aisément de la nouveauté de cette  dynamique. L’ancienne ambiance de la diaspora commence à faire long feu sous la maturation des contradictions. Avant, c’était querelles de clochers, luttes de positionnement médiatique, guerre des egos, tacles stratégiques, surenchères tribalistes, espionnage au profit du pouvoir, m’as-tu-vuisme outrancier. Aujourd’hui, une éthique de la mutualisation des luttes se fait jour. Les deux ailes du CODE (Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la diaspora camerounaise) se rabibochent. Viennent à leurs côtés pour agir de concert, des organisations camerounaises de tous les continents : FER, Conscience Camerounaise, Diaspomo, Camdiac, personnalités civiles et intellectuelles de tous domaines, prennent comme jamais par le passé, langue ensemble. Une année plus tôt, en septembre 2010, nous proposions à ces différentes organisations et individualités de tenir une Convention Inter-Organisations pour définir une plateforme commune d’actions de lobbying contre le pouvoir impénitent du RDPC. Nous prêchâmes à l’époque dans le désert. Quelques semences avaient pourtant pris racine dans ce limon. Comment expliquer cette nouvelle symbiose en cours ? Ne dépend-elle que du syndrome de l’ennemi structurant ? L’anti-biyaïsme est-il le seul programme politique de ce regroupement stratégique ?

Composée de camerounais de trois générations, l’opposition diasporique a durement peiné à faire corps depuis 1992, pour des raisons que nous pouvons seulement esquisser ici, de façon non-exhaustive. La génération des doyens des années 70, composée de cadets de la résistance upéciste, était restée aux affaires dans la plupart des organisations de l’opposition diasporique jusqu’à l’arrivée de la génération dite des parlementaires, ou diaspora des années 90, mais aussi de la génération des addécistes (ADDEC) des années 2000. La première connaissait à peine les suivantes, ces dernières reconnaissaient difficilement la légitimité de la première, à la fois du fait de leur ignorance réciproque, mais aussi du fait du différentiel des pratiques et traditions militantes qui les séparaient. Disciplinée dans le cadre d’associations de gauche inspirées du modèle socialiste, la génération des années 70 accordait encore beaucoup de place aux binaires idéologiques Nord/Sud, Est/Ouest, Gauche/Droite, collabos/résistants, alors même que celles des années 90 et 2000 ne connaissaient que l’opposition principale entre la dictature et la démocratie. C’est le contraste entre culture militante et culture activiste. Source de nombreux conflits et malentendus dans toutes les organisations politiques camerounaises. Les générations 60-70 insistent sur l’action et la discipline de parti, la centralisation et l’idéologisation décisionnelles. N’ayant plus les moyens d’imposer cette tradition, elles s’impatientent de désespoir et se réfugient dans une condescendance désabusée qui culmine dans une assurance théorique  sans pratiques conséquentes.

Dans les générations 90 et 2000, ce qui compte, c’est de faire reculer le pouvoir partout où il abuse du peuple, mais c’est aussi de prendre et assumer le pouvoir, crânement, comme les Soro Guillaume ou Blé Goudé en Côte d’Ivoire. Les générations 90-2000 s’illustreront ainsi dans le domaine universitaire, par la tentative de conquête de franchises durables ; dans le domaine socioéconomique, par la volonté de lutte contre la corruption et la promotion réelle d’une politique bénéfique de l’emploi et de la sécurité sociale ; dans le domaine culturel, par le développement de projets innovants pour les sports et la jeunesse, pour l’art et l’ingénierie populaires. Dans le domaine international, par le harcèlement des chancelleries dévouées à l’incurie biyaïste.  Il manque ici l’unité d’une conception théorique et d’une organisation de masse pour peser dans le rapport de forces contre le Parti-Etat qui étrangle le pays. Peu habituées à la phraséologie de la génération des nationalistes révolutionnaires des années 70, les générations 90 et 2000 de la diaspora camerounaise croient que le pedigree politique vient de l’aura du terrain, de la médiatisation cybernétique et de la fusion alternative des foules. Ce sont des générations de praticiens sans théorie. Coupée de l’action populaire par son long exil, les générations 70, incarnée par les Ekanè, Moutoudou, Moukoko Priso, Ndema, Mack-Kit, Tekam, Kuissu et consorts, n’a pas pu renouer avec les masses kamerunaises. Elle est donc restée populaire en théorie et inconnue en pratique du peuple kamerunais.

Sûre d’avoir raison, du fait de son expérience disciplinaire de parti et de la clarté relative de ses conceptions idéologiques, la génération des années 70 avait en quelque sorte espéré un ralliement de droit des générations 90 et 2000 aux organisations qu’elle dirigeait. Rien de bien substantiel n’en sortit en fait. Les contacts sporadiques des doyens avec les cadets n’ont pas produit, pendant les deux décennies précédentes, l’osmose dont le pays nouveau sortirait. On donc peut parler d’une longue période d’incompatibilité entre la culture militante et la culture activiste. N’est-ce pas précisément cette incompatibilité qui prend fin en cet automne 2011 ? Ce que l’on peut observer aujourd’hui, et c’est notre hypothèse devant la naissance d’un Front Uni de la Diaspora Camerounaise en 2011, c’est la lente parturition d’une nouvelle culture métissée de résistance, faite de l’alliage patient de la culture théorico-militante des générations 70 et de la culture activiste des années 90-2000. On met désormais en commun la mémoire historico-idéologique du problème national et la créativité activiste des jeunes générations. L’observation ultérieure de ce phénomène nous en révèlera, nous espérons, des caractéristiques plus nettes. Penchons-nous sur le suivant, les interrelations viendront en conclusion.

II

La reconfiguration subreptice de la question successorale par Paul Biya : le dauphin spermatique Frank Biya monte en puissance.

Pendant la campagne électorale, une bassesse françafricaine qui nous pendait au nez s’est fait jour sous la forme d’une scène que peu de tabloïds nationaux avaient prévue : aux côtés de son président de père en parade devant ses partisans chauffés à l’alcool et aux slogans lobotomisants, un certain Frank Biya, la quarantaine fringante, s’est fait applaudir à Kribi et à Douala en des termes plus qu’énigmatiques : « Frank Biya, Président ! Frank Biya, Président ! » Qui l’eût cru aussi simplement ? Echaudé par le triste sort des dictateurs africains ayant délibérément pris leur retraite, Paul Biya aurait décidé de ne faire confiance finalement à personne dans le sérail traditionnel de son parti- Etat. Les bains de foule de Frank Biya en pleine campagne électorale, véritables montée en puissance dans l’échelle du pouvoir paternel,  ne sont-ils pas les indices probants d’une transformation du dauphinat institutionnel interne du parti-Etat RDPC en dauphinat spermatique ? Violeur des foules, violeur de la Constitution, Biya ne voudrait-il par l’immixtion de son fils au sommet des affaires publiques de l’Etat dès cette campagne 2011 indiquer qu’il se succèdera à lui-même, ou alors ce sera le chaos ? Le pouvoir découlant de l’érection présidentielle ne se mue-t-il pas comme par une nécessité naturelle en pouvoir s’écoulant de l’érection présidentielle, en pouvoir spermatique ? Un Biya remplaçant Biya, n’est-ce pas mille fois mieux pour notre autocrate octogénaire qu’un biyaïste remplaçant Biya ? Paul Biya est tout, sauf un biyaïste. En  postcolonie, on n’est mieux  servi que par soi-même. La crise de confiance interne au système RDPC, telle qu’elle a transpiré via Wikileaks des révélations des hauts dignitaires du régime à la diplomate américaine Janet Garvey, est l’axe à partir duquel s’éclaire l’obscurité de cette manipulation successorale.

Au nom des élites du Nord, Amadou Ali, Vice-Premier Ministre du régime Biya, a annoncé la déflagration successorale qui sanctionnerait le non-respect de la clause d’alternance stratégique du pouvoir entre élites du Nord et élites du Centre-Sud, depuis les années 60. Biya lui-même a laissé entendre qu’il se reconduirait au pouvoir pour préparer sa succession pendant cet ultime mandat. En laissant désormais flotter dans l’air l’hypothèse d’une transmission spermatique du pouvoir, Biya donne donc au moins trois signes : d’une part, il indique aux élites pourvoiristes du Centre-Sud que leur « sécurité » sera assurée par la transmission du fauteuil suprême à son propre fils, issu comme lui du groupe Beti/Fang ; d’autre part, Biya tient en joue ses rivaux du Nord qu’il somme de s’aligner à cette hypothèse ; enfin, Biya indique aux partenaires stratégiques internationaux, à travers la jeunesse de son rejeton, comparativement avantageuse quand on regarde l’âge de ses pairs Faure Eyadéma du Togo et Ali Bongo du Gabon, que la postcolonie camerounaise continuera bel et bien de fonctionner, sur la longue durée, dans leur intérêt bien compris. L’observateur se souviendra enfin, pour se convaincre de la nouvelle donne d’une  succession spermatique que nous déconstruisons, que Paul Biya a bel et bien été le parrain- aux grands dépens de l’opposition gabonaise – de la succession successorale gabonaise. C’est à Biya qu’Omar confia son fils Ali, ainsi que l’a montré la visite  précoce de reconnaissance pieuse, du nouveau « présidant » gabonais à son mentor, dès son « élection ». Il faudra donc que l’opposition camerounaise se prépare à faire face au futur Ministre d’Etat Chargé de la Défense, ou au futur Vice-président de la République du Cameroun Chargé de la Défense, un certain…Frank Biya. Il faudra, aussi d’ores et déjà envisager une stratégie de la société civile camerounaise si l’hypothèse d’une guerre civile successorale entre les différents clans du RDPC au pouvoir venait à prendre corps dans l’histoire imminente. Les conflits successoraux au sein des partis-Etats, sont les terrains favoris du troisième larron.

III

La reconfiguration de l’opposition institutionnelle camerounaise : un radicalisme tardif et suspect

La  troisième nouveauté de la crise postélectorale, c’est enfin la récente prise de position radicale des principaux leaders de l’opposition institutionnelle qui ont pourtant donné crédit à la farce électorale de Biya en acceptant d’y participer dans les conditions iniques d’ELECAM. Réunis à Yaoundé le 15 octobre,  Fru Ndi, Ndam Njoya, Kah Walla, Ben Muna, Anicet Ekané et Cie demandent l’annulation pure et simple du scrutin ténébreux du 9 octobre 2011 et appellent le peuple camerounais à descendre dans la rue si la Cour Constitutionnelle persiste à introniser le prince Biya, malgré les nombreuses irrégularités qui ont de façon tangible et flagrante, discrédité le processus électoral. Des questions inévitables nous viennent à l’esprit : pourquoi n’avoir pas adopté cette position commune avant les élections, contre ELECAM, comme le demandait incessamment l’UPC des Fidèles, notamment ? Pourquoi avoir donné du crédit à une élection qu’on savait fausse, truquée, ubuesque, monstrueuse dans son déni cruel de démocratie et de souveraineté envers près de 90% de citoyens camerounais de l’Intérieur et de l’Etranger ? Avaient-ils seulement cure des 4,5 millions de camerounais de la diaspora exclus de cette soi-disant élection ? Sont-ils enfin sincères, nos joueurs de cirque connus pour leur passion de la thèse « politique na njangui », devise sublime pour amateurs de mangeoires postcoloniales ?

Il nous paraît clair qu’en s’alignant formellement , mais seulement a posteriori sur les positions du Front Uni de la Diaspora pour le Boycott Actif de cette élection présidentielle, l’opposition institutionnelle a voulu jouer et gagner sur tous les tableaux : a) Occuper une place institutionnelle menacée par des partis rivaux opportunistes à l’affût de l’appât du pouvoir d’Etat et de ses facilités financières ; b) Obstruer la voie à la reconnaissance internationale de l’opposition radicale nationaliste et démocratique de l’intérieur comme de la diaspora, comme seule interlocutrice valable du changement politique au Cameroun ; c) Pouvoir garder le contact avec Etoudi pour négocier les strapontins annoncés d’un futur gouvernement d’union nationale promis en sourdine par le régime ; d) Se réserver la possibilité, en cas de feed-back négatif des tenants du pouvoir, de se replier sur des positions politiques radicales mais tardives et hypocrites, quitte pour cela à livrer quelques colères sociales à la soldatesque du régime, pour se repositionner à l’avant-garde d’une lutte démocratique livrée aux oubliettes du quotidien en postcolonie. Pour toutes ces raisons, le radicalisme de la déclaration du 15 octobre 2011 à Yaoundé est hautement suspect et mérite d’être mis à l’épreuve des faits. Il cache une tentative

Assez de ces atermoiements illimités ! Qu’ils fassent donc descendre en ordre, eux-mêmes étant aux avants- postes, leurs militants mobilisés dans la rue, nos opposants institutionnels !  Et sans aucun doute, les opposants diasporiques en mouvement de synchronie comme nous l’avons montré ci-dessus, les soutiendront activement. Qu’ils prennent enfin toutes leurs responsabilités contre le régime Biya, et Achille Mbembé – bien souvent loin du chaudron du BIR et des autres bidasses de la postcolonie biyaïste comme moi -   ne les traitera plus avec raison d’  « opposition imbécile » ! Pire encore, ils ne bénéficieront pas de l’indulgence suspecte du cynique Mono Ndjana, qui réclamait il y a peu le départ à la retraite de Paul Biya et qui célèbre sans sourciller la nouvelle forfaiture électorale du même despote.  Au fond de l’affaire, ce n’est pas l’opposition institutionnelle actuelle qui est imbécile, mais ceux qui espèrent sans garantie aucune en elle. Sans alliage des citoyennes et citoyens camerounais révoltés dans des organisations nationales et diasporiques bien pensées, dotées de stratégies, de tactiques et de moyens assurés et assumés, l’espoir attendra. L’alchimie heureuse du Cameroun qui vient n’est pas l’affaire exclusive des politiques ou celle des intellectuels. Elle ne peut se faire en séparant le génie populaire du génie critique. Elle viendra de la mise de la science au service de la société civile et l’articulation de l’intelligence camerounaise à l’activisme citoyen, dans un projet d’émancipation inspiré, coordonné, discipliné, créatif, volontariste et sans complexe devant l’adversaire, voire impitoyable face à l’ennemi. Mûrir et assumer le défi de notre temps, voilà la tâche imprescriptible du métissage générationnel des luttes en cours. Telle est, je pense la réalité camerounaise qui nous échoit en ce mois d’octobre 2011. Elle appelle, cela me semble incontestable, l’émergence de nouvelles organisations populaires de lutte pour la démocratie et la république.

 

Paris, le 19 octobre 2011.

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commentaires

filtre pour piscines 11/11/2011 04:43


j'adore ton site par contre j'ai une interrogation à te poser


professeurfranklinnyamsi.over-blog.com 27/02/2012 00:11


J'attend donc la question.


Franklin 19/10/2011 14:01


Excellent article.
Merci


professeurfranklinnyamsi.over-blog.com 27/02/2012 00:12


Merci!