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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 23:02

Mamadou Koulibaly, disciple tardif de Guillaume Soro?

 

 

"Les hommes les plus présomptueux avant le péril sont les plus lâches après un échec."
 Louis-Philippe de Ségur ; Pensées, maximes et réflexions - 1823.

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Avec cet homme, manifestement, qui vivra verra. Après le Boulanger d’Abidjan, voici donc le Dialecticien pervers à l’œuvre dans le style inimitable de l’âne de Buridan, qui mourut d’inanition, car ne pouvant choisir entre l’eau et l’avoine, la faim et la soif. L’actualité ivoirienne nous aura certes habitué à ses sorties aussi intempestives qu’incongrues. Débarqué fraîchement du FPI où ses affinités électives avec Laurent Gbagbo étaient depuis longtemps passées du beau  temps à la tempête, le leader solitaire du LIDER s’est régulièrement illustré depuis la fin de la crise postélectorale ivoirienne par un positionnement politique aussi illisible que risible : partisan apparent de l’autonomie nationaliste de la Côte d’Ivoire, l’ex-président de l’Assemblée Nationale n’avait pas réussi, ni voulu, de toute sa mandature, voter une seule loi qui émancipe radicalement la Côte d’Ivoire du pré-carré français. Défenseur attitré de l’économie libérale mondiale, il se présentait en même temps comme le pourfendeur socialiste attitré du FMI et de la Banque Mondiale, et le défenseur de la poursuite d’une politique internationale de libre concurrence et de propriété privée entre individus, nations, multinationales et entreprises. Emancipé soi-disant de son appartenance ethnique de Dioula, il était le premier à crier « haro sur le baudet » quand les ethnofascistes du FPI, son parti d’alors, lui rappelaient avec cynisme qu’on ne saurait « attacher bagage avec Dioula ». Vitupérant par monts et vaux contre la France, chargée de toutes les irresponsabilités ivoiriennes quand Gbagbo était au pouvoir, on le retrouve admettant enfin raisonnablement que la France , comme tous les autres Etats, a des intérêts et qu’il appartient à ceux qui veulent faire de la politique réelle de s’y faire. Claironnant dans tous les tabloïds qu’Alassane Ouattara et Guillaume Soro étaient de longue date des usurpateurs-nés de la chose publique ivoirienne, aucune oreille avisée n’espérait voir jaillir de la bouche aigrie de ce contempteur sans vergogne, autre chose que la rancœur, les rengaines et les contrevérités dont il a fait de longue date ses marques déposées. Hélas, surprise supplémentaire !

Dans l’art de la lâcheté politique, l’homme en en a encore sous la semelle. Mamadou Koulibaly, enfin, se met à petits pas sur le chemin de Damas. Car qui eût cru que l’ancien député de Koumassi, mal remis de sa campagne législative foireuse de 2011, oserait enfin franchir le Rubicon du grand mensonge historique de la Refondation depuis décembre 2010 ? Qui eût cru que Mamadou Koulibaly, dans un accès subit de lucidité et de véracité, reconnaîtrait en 2013, soit près de 2 ans après les 3000 morts de la crise postélectorale provoquée par son ex-parti avec son tacite accord, que Guillaume Soro, l’homme-pont de la transition démocratique ivoirienne, n’avait dit que la plus stricte vérité sur l’issue véritable de l’élection présidentielle d’octobre-novembre 2010 ? Dans la présente analyse, je voudrais revenir sur les fracassantes déclarations du Professeur Mamadou Koulibaly, en montrer l’impact sur la politique de la chaise brûlée du FPI, afin de mettre en évidence le fossé, que dis-je, l’abîme qualitatif qui sépare l’ex-député de Koumassi de l’actuel Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire, l’Honorable Guillaume Soro. On verra, je l’espère, à quel niveau d’irresponsabilité la classe politique ivoirienne issue du FPI s’est rendue ces douze dernières années, au mépris de cette justice, de cette vérité et de cette paix ivoiriennes pour lesquelles Guillaume Soro et ses Camarades, contre vents et marées, aux côtés du Président Alassane Ouattara, ont risqué leurs vies. On comprendra alors pourquoi je me demande si Mamadou Koulibaly n’est pas en train de devenir, tel un écolier retardataire impénitent toutefois, un disciple tardif d’un Guillaume Soro qui n’en demandait pas tant…Car comment comprendre autrement que Mamadou Koulibaly se range seulement en 2013, à ce que Guillaume Soro, d’un courage physique exceptionnel, est allé dire en chair et en os à Laurent Gbagbo au palais présidentiel le 3 décembre 2010 ? Comment comprendre que celui qui n’osa pas dire publiquement son fait à un Laurent Gbagbo en pleine dénégation en décembre 2010,  et qui n’eut pas la probité de rejoindre la république légitime incarnée par Alassane Ouattara, ait attendu 2013, soit  plus de 2 ans après la mise au chaud de Gbagbo à La Haye, pour se ranger enfin à la vérité des urnes ivoiriennes ? L’affaire mérite d’être documentée.

 

I

Guillaume Soro, grand peintre réaliste de la Refondation

 

Certains hommes ont le don de voir venir de loin le péril qui menace la demeure de leurs nations. Ce sont les peintres réalistes des situations historiques, qui savent nous conduire tout droit aux enjeux effectifs de la politique réelle, contre les fictions et rodomontades de tous bords. Or il n’y a aucun excès à rappeler ici que la transition politique entre les régimes Gbagbo et Ouattara doit quelque chose de décisif à un homme essentiel, que d’aucuns n’ont pas hésité à présenter avec raison comme la clé de voûte du dénouement de la crise postélectorale ivoirienne.  Œil d’aigle, cœur de lion. Venu du cœur du syndicalisme estudiantin ivoirien des années 90 où il sut percevoir la déchirure qui allait fissurer l’âme vertueuse de la Côte d’Ivoire, engagé dans la reconquête de la citoyenneté inclusive contre le péril ivoiritaire dès septembre 2002 avec le MPCI, impliqué avec les FN dans la renégociation du contrat social ivoirien à travers les Accords de Lomé, Accra, Marcoussis, Prétoria et Ouagadougou de 2002 à 2007, présent dans les gouvernements de Côte d’Ivoire depuis 2003, Guillaume Kigbafori Soro, de tous les hommes politiques confrontés au régime roublard et rebarbatif du FPI, était incontestablement celui qui connaissait le mieux les intestins de la Bête. Or qu’a dit  Guillaume Soro de la Refondation, longtemps avant que Mamadou Koulibaly, qui se découvre aujourd’hui seulement la force de dire la vérité, n’ose avouer la forfaiture catastrophique accomplie par le FPI au mépris des normes objectives de la démocratie ivoirienne qui émergeait du processus de paix par les élections exemplaires de la fin d’année 2010 ?

Premièrement, il convient de signaler qu’en tant que Premier Ministre sous Laurent Gbagbo à la suite de l’APO de Ouagadougou, de 2007 à 2010,  Guillaume Soro a mené avec rigueur et objectivité, la mise en place effective du processus électoral ivoirien, dans une démarche consensuelle, négociée, patiente et inclusive entre les principaux protagonistes du FPI, du PDCI et du RDR. Sous le regard scrupuleux des institutions financières, politiques, et civiles internationales, Guillaume Soro a pu réunir devant toute la nation ivoirienne et le monde, Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, qui d’un commun accord ont acté la tenue d’élections présidentielles le 31 octobre et le 28 novembre 2010. La déclaration de Guillaume Soro en vidéo, est associée au présent dossier. On ne vit pas Mamadou Koulibaly faire barrage à ce consensus.

Deuxièmement l’Histoire retiendra, que sur la base de la quintuple certification nationale et internationale des 1er et 2ème tours de l’élection présidentielle ivoirienne 2010, Guillaume Kigbafori Soro en personne se rendit le 1er décembre 2010 chez Laurent Gbagbo, pour lui dire : «  Monsieur le Président, les nouvelles ne sont pas bonnes pour vous. Vous avez perdu les élections. C’est Alassane Ouattara qui a gagné ces élections. Ne ratez pas l’occasion qui vous est donnée d’entrer dans l’Histoire par la grande porte ». A ces mots justes, fidèle à sa roublardise mais sonné par le courage de la vérité de Guillaume Soro, Laurent Gbagbo dit à son ex-premier ministre qu’il allait reprendre plus tard son contact pour donner une suite à cette exhortation de sagesse. Et c’est exactement ce que Guillaume Soro avait dit à Gbagbo en face-à-face, au risque de sa vie, qu’il répéta devant les caméras et micros du monde entier lorsqu’il rendit sa démission devant le président nouvellement élu par les Ivoiriens, S.E. Alassane Dramane Ouattara. Or, on ne vit pas alors Mamadou Koulibaly reconnaître le président légitime de Côte d’Ivoire.

Troisièmement, que la mémoire des siècles retienne que Guillaume Soro fut le premier des acteurs majeurs de la crise ivoirienne à affirmer publiquement que connaissant la psychologie des Gbagbo, il était à prévoir que le dénouement de la crise ne se fasse que par la mise de la force au service du droit national et international. Pourquoi ? Peintre réaliste de la politique ivoirienne, Guillaume Soro a pu mesurer depuis 1990,  le degré d’entêtement borné dont Laurent Gbagbo, comme leader politique, est capable. Il a souffert des manœuvres du leader frontiste du temps même de la FESCI déjà et en a apprécié les ruses cyniques. Plusieurs fois en mano a mano avec Gbagbo dans des gouvernements successifs à compter de 2003, Guillaume Soro a eu l’occasion de mesurer l’appétit, voire la drogue du pouvoir qui s’étaient emparés de l’homme et de son entourage, sans oublier le rôle néfaste du fanatisme pentecôtisant d’une Simone Gbagbo ou d’un Moïse Koré.

Longtemps avant la sortie de Mamadou Koulibaly dans un quotidien de Yaoundé au Cameroun en 2013, longtemps avant l’interview haletante de Mamadou Koulibaly le 30 mai 2013 sur RFI, Guillaume Kigbafori Soro avait donc tout simplement dit la vérité, toute la vérité, et rien que la vérité sur l’élection présidentielle ivoirienne. Et quand au cœur de la crise de 2011, Guillaume Soro, comme Alassane Ouattara, rappelaient que Gbagbo avait ostentatoirement bradé la Côte d’Ivoire, sollicité des conseillers et avocats français de tous poils, y compris d’extrême-droite, tel un Bernard Houdin, servi sans vergogne les intérêts de la France en Côte d’Ivoire, mobilisé des agences publicitaires françaises, scruté les sondages commandés aux Français, supplié la France de tout prendre au pays en échange de son maintien urbi et orbi au pouvoir, on cria sur tous les toits au mensonge. Voici donc celui qui, maintenant que la république nouvelle du RHDP, respectant sa liberté d’expression, lui garantit le droit de contradiction, s’improvise répétiteur de vérités établies. Enfonceur de portes ouvertes. Chasseur de mouches à coups de hache. Voyons l’ex-député de Koumassi à table !

 

II

Mamadou Koulibaly enfin à table en mai 2013 : in vino, veritas ?

 

Voici comment on prétend naïvement inventer la glace. Nous sommes en mai 2013. Loin des eaux troubles de la guerre civile lancée par la soldatesque du gbagboisme en décembre 2010, Mamadou Koulibaly, dans une Côte d’Ivoire apaisée par l’œuvre de redressement entreprise par le régime du RHDP, sort du bosquet de la dissimulation perpétuelle et ose enfin côtoyer le vrai. Deux sorties récentes de Mamadou Koulibaly retiennent particulièrement notre attention, les autres appartenant au menu fretin de ses incantations quotidiennes. La première sortie est consignée dans la presse camerounaise, notamment le journal Mutations, où le leader solitaire de LIDER s’est laissé aller à quelques confidences qui suggèrent la facilité avec laquelle sa langue se délie quand le péril s’éloigne.  La seconde sortie est une interview de notre personnage à RFI, ce média français maudit sous la Refondation qui tua lâchement le journaliste Jean Hélène à Abidjan en 2004. On croirait que soudain, ivre du désir de dire ce qu’il cachait longtemps, un scrupule aussi violent que poignant s’est emparé résolument de l’âme de notre personnage, sous la forme d’un conflit entre la vérité historique enfouie dans son inconscient psychique et la croûte de formules mensongères qu’il a servies aux opinions publiques ivoirienne et internationale depuis près de trois ans à propos de ce qui s’est effectivement passé en Côte d’Ivoire. En choisissant expressément les médias camerounais et français pour se confesser de ses omissions monumentales, Mamadou Koulibaly ne s’offre-t-il pas une catharsis publique qui semble faire écho à notre demande récente d’une psychothérapie collective pour les Refondateurs and Co ?  Intéressons-nous cependant à quelques propos saillants de l’homme, pour mesurer la gravité de son malaise moral :

« Question du quotidien Mutations : Gbagbo a-t-il gagné les élections ?

Réponse de Mamadou Koulibaly : Je ne suis pas le juge des élections. Mais si je m’en tiens au résultat, je dirais « non ». Gbagbo a lui-même, une nouvelle fois, mis la Constitution ivoirienne de côté pour faire appel à un panel de chefs d’Etats africains afin de trancher la question de la victoire électorale. Il a indiqué que la décision de ce panel s’imposerait à tous et que si le panel déclarait qu’il avait perdu, il quitterait le pouvoir. Et le panel a conclu qu’il a perdu les élections. »

Croyez-vous rêver ? C’est bien l’ex- dauphin constitutionnel de Laurent Gbagbo pendant 10 ans, vice-président d’alors du FPI, qui nous parle le 28 mai 2013 depuis le Cameroun. Corroborant les déclarations solennelles de la CEI, de l’ONU, et du panel des chefs d’Etats de l’UA, Mamadou Koulibaly avoue enfin l’évidence que la direction du FPI s’échine à dénier depuis décembre 2010 : c’est Alassane Ouattara qui a gagné les élections présidentielles 2010, et personne d’autre. Au plus haut point bien placé pour savoir ce qu’a concocté le régime mensonger de la Refondation, voici donc le fils d’Azaguié convoqué au tribunal de sa conscience. Le procès de Laurent Gbagbo à La Haye ne gagne-t-il pas ainsi d’une clarté supplémentaire en faveur des nombreuses victimes méprisées par la direction actuelle du FPI ? Ainsi donc, selon le nouveau Mamadou Koulibaly en cette fin mai 2013, les 3000 morts de la crise postélectorale sont l’œuvre directe de la mauvaise foi de Laurent Gbagbo lui-même. Sachant qu’il avait perdu le pouvoir dans les urnes, Gbagbo a tenté de le conserver par les armes retournées contre les populations civiles indociles et les représentants légitimes du peuple de Côte d’Ivoire, à savoir le Président démocratiquement élu à l’issue du deuxième tour de la présidentielle du 28 novembre 2010.

Deux jours tard, le 30 mai 2013, Mamadou Koulibaly répond cette fois-ci sur RFI au journaliste Cyril Bensimon :

 

« Question de RFI : Est-ce que en Côte d’Ivoire, la France n’est pas intervenue pour soutenir un président qui avait été élu ?

Réponse de Mamadou Koulibaly : Oui avec Ouattara, non avec Gbagbo […]

Question de RFI : dans une interview récente accordée à nos confrères camerounais du journal Mutations, vous avez déclaré que Laurent Gbagbo a offert la Côte d’Ivoire à la France. Est-ce que vous pouvez développer cette affirmation ?

Réponse de Mamadou Koulibaly : Oui, on a offert à Bolloré le terminal à conteneurs. La liste électorale et les cartes d’électeurs ont été données à Sagem, sans appel d’offres sachant très bien le travail mélangé que Sagem avait fait en RDC. Entre les deux tours, on a offert les puits de pétrole à Total, sans appel d’offres.

Question de RFI : Alors pourquoi la France est-elle intervenue contre Laurent Gbagbo puisque Laurent Gbagbo finalement préservait les intérêts français ?

Réponse de Mamadou Koulibaly : J’ai l’impression que Gbagbo s’est présenté comme un amant qui offrait des fleurs, mais que la dulcinée n’avait d’yeux que pour Ouattara. »

Devant le journaliste de cette radio française que la Refondation traqua allègrement dans Abidjan, Mamadou Koulibaly assène de vérités fort anciennes, avec une conviction cependant nouvelle, qui nous alarme sur sa conversion à la reconnaissance progressive des faits de la crise ivoirienne. Nous évoquions plus tôt  les déclarations largement connues par lesquelles Guillaume Soro, premier ministre sous Gbagbo et sous Ouattara, entre 2007 et 2011, avait pourtant proféré courageusement la vérité des faits à la face de la nation ivoirienne et du monde entier. Essayons d’analyser davantage la prose saillante du Professeur Koulibaly au micro de RFI. Si la France, dans le cadre d’une mission onusienne, est intervenue pour soutenir en 2010, le président effectivement élu par les Ivoiriens, à savoir Alassane Ouattara, peut-on admettre la comparaison étrange que Mamadou Koulibaly introduit entre l’attitude de la France lors de l’arrivée de Gbagbo au pouvoir en octobre 2000 , ou lors des événements insurrectionnels de septembre 2002, et l’ engagement  français pour la démocratie ivoirienne en 2010 ? Mamadou Koulibaly ne va à la vérité qu’à pas de mille-pattes. L’élection calamiteuse de Gbagbo en octobre 2000 était-elle démocratique quand on sait que le PDCI et le RDR, deux grands poids lourds de la politique ivoirienne avaient vu leurs candidats exclus de la compétition par une cour suprême manipulée par le FPI et le Général Guéi ? En 2002, n’est-ce pas à l’appui logistique de la France que Gbagbo doit le reflux des forces du MPCI vers le nord, tout comme l’instauration de la zone de confiance par laquelle la France démarqua les deux armées ivoiriennes belligérantes dites des FANCI et du MPCI, puis des FDS et des FAFN ?

Mieux encore, quand Mamadou Koulibaly clame que Laurent Gbagbo était aussi en bien en phase avec les intérêts ivoiriens de la France que ses adversaires de la coalition du RHDP, comment l’ancien député d’Azaguié oublie-t-il que la connaissance de cette évidence ne l’a jamais conduit à démissionner de son perchoir d’alors pour rejoindre l’opposition à la braderie de la souveraineté ivoirienne que pratiquait alors ostentatoirement Gbagbo aux seules fins de se maintenir au pouvoir ? Et pour finir, la métaphore de Laurent Gbagbo en amant indésirable, par laquelle Mamadou Koulibaly décrit l’ex-président ivoirien indiquerait-elle au fond que Gbagbo était prêt à se prostituer avec l’ennemi français pour se maintenir coûte que vaille au pouvoir ? Mamadou Koulibaly insinuerait-il que Gbagbo est un bien grossier séducteur dont les meilleures fleurs ne sauraient cacher la rustrerie dégoulinante ? On n’en finit pas de découvrir à quel point Mamadou Koulibaly et son supérieur hiérarchique ont achevé leur compagnie dans une intimité aussi étroite que celle du chien et du chat. L’ancien président intérimaire du FPI a-t-il vraiment fini sa page révélations croustillantes et affligeantes sur la hideur désertée de l’exercice gbagboiste du pouvoir ? Les tabloïds de Mamadou Koulibaly sur Gbagbo semblent décidément garder de bonnes réserves : la boîte à Pandore des scandales de la Refondation semble à peine s’ouvrir, tant la prolixité de l’homme n’a d’égale que la haine et la honte bues en dix ans de copinage politique stérile et tragique entre Gbagbo et lui-même à la tête de la Côte d’Ivoire…

 

Il est donc temps de conclure cette affaire : Mamadou Koulibaly n’a pas l’étoffe du métier d’homme d’Etat. Contrairement à Guillaume Soro, il lui manque la patience de construire une démocratie ivoirienne réelle, le courage de défendre ses idées et de dire la vérité en temps de péril, la cohérence entre son dire et son faire. Au jeu de l’engagement et de la persévérance, Mamadou Koulibaly perd à plate couture devant l’actuel président de l’Assemblée Nationale et s’il en devient peu ou prou un disciple tardif, c’est sans doute parce que la psychothérapie collective engagée par le régime démocratique du président Alassane Ouattara pour les Refondateurs commence à faire son plein effet. En effet, en Côte d’Ivoire, avec Alassane Ouattara et Guillaume Soro, il y a longtemps que la vérité a repris le chemin du triomphe. Et songeant donc aux dernières éructations de Mamadou Koulibaly se défaussant honteusement de son mentor d’antan, on ne peut que reprendre à bon compte  le mot suivant de Louis-Philippe de Ségur cité en exergue de notre dossier :

  "Les hommes les plus présomptueux avant le péril sont les plus lâches après un échec."
Pensées, maximes et réflexions - 1823.

 

 

« Côte d'Ivoire - Guillaume Soro fait le point de la situation avant les élections présidenti​elles », Voir
http://www.youtube.com/watch?v=FCjRh7L7Vzs&feature=youtube_gdata_player

Mutations, journal camerounais, du 28 mai 2013. Voir le lien http://www.linfodrome.com/index.php?option=com_content&view=article&id=9296:mamadou-koulibaly-president-de-lider-dans-le-quotidien-camerounais-mutations-non-gbagbo-n-a-pas-gagne-les-elections&catid=8&Itemid=110

www.rfi.fr/afrique/2013050-mamadou-koulibaly-rfi-cote-ivoire

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