Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 17:52

Lettre ouverte sur les  mystifications de Mono Ndjana : du viol du courrier de l’UPC aux mensonges sur la politisation de l’ethnicité au Kamerun.

 

 

« Je me suis promené dans le terroir où je suis né, le pays beti. Lorsque je suis retourné chez moi, j’ai été frappé par le dénuement et la pauvreté des populations. »

 

Mongo Beti,  in Mongo Beti à Yaoundé.

 

 

 

Par Franklin Nyamsi

Agrégé de philosophie des Universités Françaises.

Docteur en Philosophie de l’Université de Lille 3.

 

 

Cher Monsieur Mono,

 

            N’ayez pas la vaine prétention de croire que j’aurais du temps à vous consacrer. Je ne vous réponds ici que pour faire historiquement date et prendre acte de vos perfides accusations. C’est d’abord vous qui avez commandité le viol par vos sicaires d’un texte archivistique de l’UPC. Ledit texte ne vous était aucunement destiné. Le sieur Ayissi Lucien  s’en est servi précipitamment. Incapable par la suite de se défendre intellectuellement, ce quidam avait pourtant tenté de porter l’estocade contre ma personne en m’attribuant une très fantasmagorique entreprise de « sémitisation et de stigmatisation des Beti ». Mal lui en a pris. Ma réponse cinglante l’a laissé sans voix. Il vous a appelé à la rescousse, Mono, conscient de votre passion rhétorique, mais aussi de vos talents suspects de policier d’Etat de la philosophie kamerunaise. C’est ensuite et encore vous, sur la base de ce viol de la confidentialité des courriers privés de l’UPC,  qui m’avez fait l’honneur infâmant d’une tribune pressée et sur commande, parue dans certains médias depuis près de deux semaines, où vous m’accusez d’organiser – ni plus ni moins que cela ! –  un soi-disant passage des Béti du Kamerun au feu de l’Holocauste. Il ne sert à rien de rappeler ici qu’il n’en est rien et ceux qui suivent rigoureusement le fil de cette affaire s’en convaincront aisément. L’enjeu pour votre bande d’intellectuels organiques, on le sait, est d’opérer une récupération émotionnelle de l’adhésion des bétiphones au Régime Biya, en leur présentant celui-ci comme l’ultime assurance-vie de leur supposée communauté destinale tribale.

            Or, a contrario, Mongo Beti, Jean-Marc Ela, Ossende Afana, Abel Eyinga, parmi de nombreux autres valeureux penseurs issus du terroir socioculturel Beti, n’ont jamais usé de cette instrumentalisation par la peur envers les bétiphones. Ils leur ont transmis l’exigence d’être des citoyens radicaux, attachés à la justice, au droit et si nécessaire, à la charité. Or encore, de nombreux hommes politiques issus de ce terroir n’ont eu cesse depuis des dizaines d’années d’expliquer aux bétiphones pourquoi leur sort ne pouvait être lié à la satrapie infecte de Biya !  Or enfin, la soi-disant communauté homogène des Beti que le détaillant Ayissi Lucien invoque naïvement, comme de nombreux groupes socioculturels en postcolonie, sont en très grande partie configurés par les manipulations stratégiques de l’ethnicité en société de domination. Mais la complexité du problème échappe sans doute aux chevaliers-servants de la biyacratie  aux abois, chevauchant dans l’affolement du vide qui les hante, à la manière de Don Quichotte.         

 

            Cher monsieur Mono, je montrerai donc seulement en la présente réplique que votre dernière sortie est assise sur deux mystifications aisées à déconstruire, quand on sait de quel bois vous êtes fait : une mystification sur la fonction symbolique de maître, une mystification sur l’objet réel de notre différend. Le tout ancré dans  une vaste et trop dérisoire mystification sur la nature même du régime politique de Paul Biya, cette organisation criminelle que vous servez en zélote,  exhibant une bien sadique délectation qui vous vaut une tout aussi ténébreuse notoriété. Ayant dépassé les âges réels et symboliques de l’enfance, je ne doute pas que vous subodoriez la ferme assurance de mon indocilité à votre passion outrancière du glaive satrapique. Ce qui se joue au fond entre nous, c’est la confrontation de l’upécisme à l’aujoulatisme.

 

 

I

Mystification sur le statut de maître philosophe

 

            Je voudrais rapidement vous rassurer : vous ne fûtes, vous n’êtes et vous ne serez ni mon ancien, ni mon maître. Ces deux qualificatifs que vous vous attribuez pompeusement tiennent à votre entente superficielle de la relation pédagogique de maître à disciple en philosophie. Loin de découler de la rencontre fortuite d’un étudiant et d’un enseignant dans un département de philosophie, la relation de maître à disciple en philosophie présuppose une exemplarité intellectuelle et humaine que je ne trouvai jamais en votre policière, sulfureuse et très lubrique personnalité, quand j’étudiai à l’Université de Yaoundé au début des années 90. Je ne saurais par ailleurs perpétuer contre vous un quelconque parricide. La raison en est simple : je ne suis votre fils, ni intellectuellement, ni symboliquement, car vous appartenez justement au groupe politique et symbolique néocolonial qui a assassiné les véritables Pères  Fondateurs du Kamerun et leurs centaines de milliers de compagnons : Um Nyobé, Félix Moumié, Ossende Afana, Ernest Ouandié et tous les combattants de notre indépendance regarderont éternellement de très haut, le satrape Biya qui vous tient accroupi jusqu’à ce jour, dans l’attente d’un bien insignifiant ministère. La notoriété internationale – en Afrique comme ailleurs dans le monde - d’un Eboussi Boulaga, d’un Jean-Marc Ela, d’un Jean Achille Mbembé, d’un Ambroise Kom ou d’un Mongo Beti, est telle que je ne manque pas au Kamerun, de modèles exemplaires pour m’égarer à vous prendre, même un tantinet, en admiration. Dans les sciences sociales en Afrique et hors d’Afrique, tous les hagiographes de Biya réunis ne peuvent que pâlir de funeste jalousie devant l’excellence incomparable d’un seul des penseurs de la résistance éthique et démocratique kamerunaise. C’est ce mal-être intellectuel lié à votre insignifiance hors des elobi de Yaoundé qui commande la flopée d’ouvrages hagiographiques, révisionnistes et négationnistes que vous clairsemez ça et là, profitant de la décrépitude matérielle des enseignants-chercheurs kamerunais pour vous imposer comme vedettes surfaites de l’esprit en république bananière.

             Contrairement à votre régime arbitraire de référence, je ne crois pas en la fécondité politique de l’esprit de vengeance. Je suis plutôt fermement attaché à la défense réelle du Pauvre, de l’Orphelin, de la Veuve, de l’Etranger, du Vieillard, que le biyaïsme a livré aux hasards de la nature et de ses diktats au Kamerun.  Je me sens ainsi en devoir d’éclairer votre lanterne brouillée par des décennies d’arbitraire. Pour votre information, monsieur Mono, sachez que vous ne pouvez pas corriger la Dissertation d’un Agrégé de Philosophie de l’Université Française. Avant moi dans notre pays, Joseph Ngoué et Guillaume Bwélé en connurent les standards d’excellence. Vous, Mono, n’y parviendrez jamais. Encore moins votre acolyte, le sous-traitant Ayissi Lucien, qui ne s’étonne pas assez des sottises qu’il débite sur mon statut professionnel. Je lui sais gré d’avoir battu en retraite, espérant trouver dans votre billet perfide contre ma personne, une occasion inespérée d’abonder avantageusement son blog fadasse. En outre, vous savez peut-être que le titre prestigieux d’Agrégé en France n’est ni un acquis de circonstance, ni la contrepartie d’un pourboire fiduciaire ou corporel – comme on les affectionne tant dans votre environnement quotidien -, mais le couronnement du plus redoutable concours de philosophie du monde francophone depuis près de cent cinquante ans. Et l’on compte parmi les enseignants de l’Université de Yaoundé – hormis ceux qui, comme vous, sont allés prudemment chercher leur sésame de Philosophie en Corée du Nord  - de nombreux candidats  définitivement malheureux à l’Agrégation de Philosophie Externe de l’Université Française. Eux au moins ont le mérite d’avoir essayé. Demandez-leur ce que c’est, voilà une curiosité bien placée. A moins de reprendre votre vieille thèse sur Jouissance et développement devant un jury sérieux…

            Et sans doute, votre enracinement idéologique dans le funeste totalitarisme nord-coréen, votre « quelque part » comme vous le dites si bien à la fin de votre tribune, vous a épargné un grave péril narcissique. Mais votre carrière, comprenez-le franchement, ne m’est à aucun égard enviable. Ni symboliquement, ni matériellement. Je préfère mille fois le pain que je gagne à celui dont vous vous nourrissez avec Biya – l’homme aux vacances à 42000 euros/jour-  dans le mépris des complaintes de millions de kamerunais livrés à la misère abjecte. Et puisque vous vous prévalez de vos pouvoirs pervers pour tenter de m’intimider en invoquant contre toute légitimité ou légalité, la consultation  éventuelle de mes archives d’étudiant à Yaoundé, je vous prie, après l’exécution de cette ubuesque besogne d’espion académique qui vous paraît toujours si valorisante,  de consulter ensuite celles de l’Université de Côte d’Ivoire où la lâcheté de votre curée m’exila, mais aussi celles des Universités de Poitiers et de Lille où je posai mes valises avec bonheur. Enfin, les archives de la Société Française des Agrégés de l’Université vous seraient peut-être secourables. Vos vieux réflexes inquisitoriaux se portent décidément à merveille ! N’oubliez pas qu’un examen éventuel de vos traces françaises – à Tours, par exemple -  ou nord-coréennes ne manquerait pas de regorger de bien sombres surprises pour la misérable gloriole que votre strapontin yaoundéen vous inspire.

             Au demeurant, il y a bien longtemps que vous naviguez entre l’Hôtel de Police et l’Autel de la Jeunesse au Kamerun.  La récurrence du fait indique que plus qu’un symptôme, vous êtes viscéralement attaché à l’exercice de la coercition physique contre vos contradicteurs. En 1987, Bassek Ba Kobhio s’était plaint de vos agissements pour les mêmes raisons : après une Conférence à l’Amphi 700 de l’Université de Yaoundé où il avait montré l’inanité de votre tribalisme d’Etat, le cinéaste Bassek et vos autres contradicteurs d’un jour se retrouvèrent pris en charge par vos amis flics du CENER et Cie. Comment un personnage aussi violent et intolérant que vous peut-il jouer à l’ange de Lumière en me demandant d’être tolérant après des forfaitures aussi ostensibles? Les étudiants de troisième année de Philosophie de l’Université de Yaoundé en 1993, - pendant la purge dictatoriale de l’Université dont vous vous délectâtes aux côtés du prisonnier politique Titus Edzoa -  surent aussi apprécier le lien étroit qui vous rattachait aux officines de la police politique sur notre campus d’alors. Vous étiez en plein dans votre lubie paternaliste de petit Kim Jong-Il de fac. Une enquête minitieuse sur les pratiques de monitoring décriées pendant votre passage à la tête du département de philosophie à Yaoundé à cette époque déjà, prouverait tout aussi largement que vous ne brillâtes pas spécialement par votre sens de l’équité Allez donc fouiner, il y aura largement de quoi apaiser votre frénésie de satrape postcolonial. Avec vous, Monsieur Mono, il y a longtemps qu’on sait avoir trouvé le meilleur barbouze de la philosophie kamerunaise. A défaut de produire de vrais concepts, vous avez fait vos lettres de noblesse dans l’usage du forceps contre vos adversaires intellectuels et politiques. Votre ficelle est trop grosse depuis lors. Vous ne discutez jamais sans y mêler votre satrapie.

            Je m’impose de vous dire que je n’ai pas revu Blaise Pascal Touoyem depuis près de 17 ans. Je ne le savais même pas doctorant sous votre bien prétentieux magistère. Et si je l’avais su, je ne l’aurais même pas cité dans le texte dont vous vous êtes frauduleusement saisi, texte qui, je le répète, appartenait aux Archives Internes de l’UPC que vous avez violées. De même, par respect et vénération pour la mémoire de mon Maître Joseph Ngoué que votre bande satrapique prétend avoir honoré du bout des lèvres, je ne dirais pas ici, dans le combat de gadoue que vous tenez à m’imposer, ce que d’autres occasions permettront de révéler utilement. Enfin, je ne juge pas opportun de rappeler ce que les Professeurs Fabien Eboussi Boulaga – dont vous n’avez pas organisé l’hommage ! -  ou Adoum Mbaïsso ont enduré sous votre régime ingrat. Leurs propres œuvres et témoignages montrent largement l’abjection dans laquelle vous avez constamment traîné les témoins et intellectuels radicaux qui dénoncent l’hypocrisie et le cynisme de la biyacratie. Oui, comme vous, Mono, je n’ai pas le temps. Donc, faisons vite.

 

 

II

Mystification sur le fond du différend qui nous oppose

 

D’abord différend sur la méthode : du viol des archives de l’UPC par Mono Ndjana et Lucien Ayissi

 

            Dans vos affaires intellectuelles, il y a toujours des traces de pas de flics. Vous faites sans cesse alterner méthodes d’espionnage et techniques de répression, chaque fois que l’argument, la preuve, et même les faits vous font défaut.  Ainsi, procédant selon les méthodes policières de la biyacratie que vous servez cyniquement depuis une trentaine d’années, vous avez accédé de façon indue et indigne à un courrier interne de l’UPC, dans lequel j’indiquais les raisons pour lesquelles le Comité de Rédaction des Sites Web de l’UPC ne pouvait pas publier des Notes de lecture dans lesquelles un cadre de l’UPC s’attaquait de façon désobligeante au livre d’un de ses Camarades, tout comme ce cadre classait, en s’inspirant du livre d’un certain Charles-Romain Mbélé, des intellectuels de la résistance kamerunaise parmi les défenseurs de l’impérialisme occidental et de la domination capitaliste internationale. C’est incontestablement un acte de viol d’archives qui vous a permis d’accéder à ce débat. Examinons cependant le butin de votre singulière rapine que l’indigne personnage Lucien Ayissi a indûment publié sur son blog funeste le 8 novembre passé.

            Retraçant la filiation intellectuelle et politique de ce Charles-Romain Mbélé, je le retrouvai dans le sillage de l’Ecole Pseudo-Marxiste de Marcien Towa, répétant à l’encan les incantations de la vulgate locale contre la mondialisation capitaliste, alors même que tous sont nourris  à la mamelle du protecteur local des multinationales du crime : le régime illégitime, criminel et corrompu de Paul Biya. J’aurais procédé de même si le livre citait Njoh Mouellé ou Guillaume Bwélé, ou encore Maurice Kamto comme penseurs de la libération kamerunaise. J’aurais évalué une telle prétention à l’aune de l’imposture séculière des mêmes penseurs. C’est la bonne méthode pour comprendre un penseur politique. Au lieu de se contenter de ses discours politiques, s’intéresser sérieusement à son faire politique, qui parle toujours davantage que ses meilleurs écrits. C’est parce que Socrate ne craint pas la mort que sa doctrine de l’immortalité de l’âme est prise au sérieux par Platon…

            La philosophie, contrairement à vos illusions, n’est pas que verbale car ici plus qu’ailleurs le Verbe n’est pas que locution, il est en même temps aussi manière d’être, manière de faire. Or, sans doute du fait de votre fascination pour la rhétorique politicienne et pour la jouissance qui fut l’objet de vos premiers travaux doctoraux, vous découplez le dire et le faire en moments séparés, alors même que le dire philosophique ne prend tout son sens que par le faire qui l’éclaire, l’exprime en actes.  Vous confondez ainsi l’ordre d’exposition logique et l’ordre ontologique. L’exposition logique d’une réalité humaine se fait en moments séparés. L’ordre ontologique quant à lui, n’admet pas cette séparation. L’être pur est pure manifestation, il est justement Verbe. Le Verbe est action, manifestation, donation. Ici, donc, le silence lui-même parle. Le non-engagement est une manière d’engagement. L’indifférence même est affirmation d’une différence. La cohérence du philosophe se lit donc non pas seulement dans ses livres ou ses allégations vertueuses, mais dans le livre de son rapport au monde, à la Cité terrestre. Que révèle donc ce dernier livre dans votre cas, alors que vous essayez maladroitement de nous assigner à rendre compte de vos insipides hagiographies biyacratiques ?

 

 

 

 

II. 2  Ensuite différend sur l’objet : du panbétisme philosophique et ses jumeaux kamerunais

 

            La bande à Towa a été prise en charge dans l’écrit privé dont vous vous êtes saisi, non pas parce qu’elle serait la seule à perpétrer le fléau du tribalisme d’Etat au Kamerun, mais bien parce que le donneur de leçons Mbélé – véritable accusateur de nos frères -  appartient à cette bande.  Pour montrer que Mbélé ne peut pas vouloir la libération authentique du Kamerun ou de l’Afrique, il suffisait de le surprendre en flagrant délit de complicité avec ceux qui ostracisent, dominent et spolient des africains. Il ne fallait pas chercher longtemps la filiation françafricaine de cet auteur.  Ce qui a été dénoncé, c’est la tribalisation des équipes de recherche des Universités kamerunaises, en lieu et place de leur spécialisation en pôles scientifiques adaptés aux bassins d’insertion professionnelle qui les entourent. Corollaire de ce malheur d’échelle nationale, mon papier privé indexait les silences des auteurs de la bande à Towa sur les crimes réels du régime Biya, que Towa et ses fidèles soutiennent et servent. Or, jamais, au grand jamais, le sous-traitant Lucien Ayissi, ni vous-mêmes, n’osez vous intéresser à ce problème de fond. Peut-on continuer, au nom de la doctrine ignoble de l’équilibre régional qui sert de cache-sexe à l’oligarchisme transethnique de l’UNC-RDPC, de laisser des pans entiers nos Universités Nationales tomber sous le contrôle de bandes ethniques déguisées en équipes de chercheurs compétents ? Un Rapport du Sénat Français datant de 1997, indique ouvertement que la géopolitique kamerunaise est construite sur l’alliance entre des élites corrompues originaire du terroir Beti et des élites féodales du Grand Nord, Peuls et Non-Peuls. Vous qui aimez tant les sources, allez donc lire ce sinistre Rapport étonnant de vérités ! Est-ce de ma faute si, de fait, les tuteurs français de la biyacratie attestent que c’est une telle alliance stratégique de type ethnique qui décide de l’équilibre de la Terreur aujourd’hui au Kamerun ? N’a-t-on pas vu des élites de Maroua obtenir de votre régime RDPC des passe-droits universitaires pour leurs co-régionnaires au nom de votre prétendue politique de l’équilibre ethnique ? Assumez donc jusqu’au bout la morgue monumentale de votre curée !

 

            Si Jean-Achille Mbembé, ou Eboussi Boulaga, doivent être considérés désormais au Kamerun  - par des penseurs du RDPC !- comme des agents du néocolonialisme parce qu’ils ont théorisé les mécanismes de la domination africaine endogène sans jamais négliger la structure internationale de la domination, qu’en est-il des intellectuels de la bande à Marcien Towa comme vous, qui ont théorisé la domination capitaliste internationale tout en s’accroupissant sous le Veau d’Or du Renouveau de Paul Biya, à cause précisément – entre autres raisons - du tribalisme  d’Etat stylisé par les régimes successifs et complices Ahidjo-Biya ? N’est-ce pas justement cet aujoulatiste de Biya qui est l’héritier et le représentant local , le nouveau « sage » nous dit-on, du système criminel de la Françafrique dont Omar Bongo fut le phare sanguinolent ?  Que dire de ces soi-disant marxistes qui, comme vous, Towa, Mbélé, Pius Ondoua, et Cie, continuent de nous servir la bouillabaisse de la critique de la domination mondiale alors même qu’ils ferment les yeux sur le sort des kamerunais que le régime Biya abat ostentatoirement dans nos rues et prisons comme ce fut le cas de Jacques Tiwa et plus de cent kamerunais en 2008, ou en 2010, du journaliste Bibi Ngota  ? Que dire de ces soi-disant penseurs de toutes les ethnies cooptées dans votre oligarchie qui -  comme vous- ont accompagné de toutes les arguties imaginables, vingt-huit ans de dictature biyacratique au Kamerun, tout en continuant de vitupérer contre la Banque Mondiale et le FMI ? N’est-ce  pas le régime Biya qui a précisément livré l’Etat kamerunais à ces puissances, en battant les records de corruption internationale, en fêtant en grande pompe l’admission du pays au rang de PPTE et en parlant de Grandes Ambitions lorsque près de 50% de la population du pays vit sous le seuil international de pauvreté, selon les données officielles de l’Institut National des Statistiques (INS) du Kamerun lui-même ?

 

            Le glaive que vous avez cru voir scintiller contre votre individualité biologique n’est que celui de la vérité et de la justice – avec rigueur et compassion -  sur la réalité du tribalisme d’Etat et de la tribalisation outrancière de nombreuses équipes disciplinaires de nos universités kamerunaises. Au lieu de crier au loup, passons donc  à l’épreuve des faits que vous prétendez affectionner ! Est-ce par mes œuvres que TOUS les cinq (5) départements de philosophie des Universités de Yaoundé, Dschang, Douala, et de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé, de l’Université de Maroua, sont comme de juste dirigés par les membres de la bande tribale à Marcien Towa - ce serviteur du satrape Biya -  qui  est par ailleurs pompeusement présenté par Charles Romain Mbélé comme « penseur de la libération africaine » ? A Dschang, c’est Charles Robert Dimi ; à Yaoundé, c’est vous-même Mono Ndjana ; à Douala, c’est Rachel Bidja Ava ; à L’ENS, c’est Nkolo Foé ; à Maroua, c’est Ossah Eboto ! Quel singulier déterminisme fait des seuls professeurs bétiphones, les plus aptes à diriger TOUS LES CINQ (5) départements de philosophie du Kamerun ? Suis-je à l’origine de l’illusion du panbétisme philosophique que votre bande suscite à point nommé ? Suis-je responsable de la coïncidence entre l’appartenance ethnique Beti et la direction des principales administrations de la philosophie au Kamerun ? Seriez-vous secrètement persuadé d’appartenir à un groupe socioculturel qui aurait « la philosophie dans le sang » ? Par quels singuliers, grands ou petits mystères ?  Est-ce vraiment la seule administration où de telles concentrations ethniques et stratégiques soient observables ? Est-ce de ma faute ou est-ce pur hasard si la majorité des enseignants de philosophie de l’Université de Yaoundé se trouvent être des Beti ? Si ceux de Dschang se trouvent être en majorité des Bamiléké ? Si ceux de Douala se trouvent être en majorité des Sawa ?  Est-ce ma faute si le tribalisme d’Etat du RDPC s’est reproduit en métastases infectes, tel un inexorable cancer, dans les administrations kamerunaises, où il a généré de nombreux phénomènes mimétiques ?

            La critique des métastases du tribalisme d’Etat  ne vous vise pas en tant que bétiphones, mais en tant qu’oligocrates de clan ; elle vise tous ceux qui, originaires de toutes les « ethnies » kamerunaises, campent sur des positions de prédation budgétaire, de rente économique, de domination politique et symbolique, autant dans nos administrations publiques que dans nos entreprises et associations privées. La critique remet autant en cause toutes les configurations ethniques de la compétence publique, que le cache-sexe de l’équilibre régional a produites au Kamerun. Et la congruence des faits de contrôle de la philosophie universitaire kamerunaise par la bande à Marcien Towa devrait servir de cas d’école pour d’autres démantèlements de poches clientélistes et tribales dans nos administrations. Où est l’appel au pogrom dans tout ceci ? Certes, on peut comprendre votre gêne sans l’excuser, car exiger comme je le fais une véritable justice politique, sociale, culturelle et économique au Kamerun, c’est forcément remettre en cause les intérêts et avantages illégitimes des bandes claniques qui confisquent des pans entiers de l’administration publique kamerunaise. La restauration de la justice et de l’équité au cœur des administrations universitaires kamerunaises pourrait justement servir de laboratoire à la refondation démocratique du Kamerun tout entier. Mais est-ce pour autant en appeler aux crimes de masses, au lynchage, à l’Holocauste !? Vous faites preuve ici d’une mauvaise foi où le cynisme le dispute à l’opportunisme. Assez de votre imposture de faux prédicateur de tolérance ! Nous ne demandons que la refondation du Kamerun sur des bases saines. S’impose alors la prise de conscience des profondeurs ultimes de notre différend.

 

 

 

 

III

Du différend entre aujoulatisme et upécisme

 

            Deux principes politico-moraux antithétiques sont en réalité à l’œuvre dans le passé et le présent du Kamerun : l’aujoulatisme et l’upécisme. Vous êtes soumis au premier, je n’obéis qu’au second. Vous êtes en tant que rdpciste, héritier du courant de l’aujoulatisme, c’est-à-dire de la grande lignée des ennemis des justes du Kamerun. Vous parlez de ce que vous ne faites pas et faites ce dont vous ne parlez pas. Vos livres véritables, vos œuvres authentiques, c’est la misère infligée par votre régime à des millions de kamerunais. C’est la succession d’élections truquées que votre régime UNC-RDPC n’a eu cesse de fourbir. Vos livres réels, c’est la livraison éhontée des terres, forêts et mers du Kamerun à ce néolibéralisme international que vous dénoncez verbeusement mais que vous soutenez réellement. La tradition politique qui gouverne le Kamerun actuel vient du parti colonial français dirigé autrefois par le Docteur Louis-Paul Aujoulat. Nous la nommons aujoulatisme. Assise sur une compréhension orthodoxe du catholicisme comme religion supérieure et de l’homme blanc défini comme être humain de référence, l’aujoulatisme est un évolutionnisme antropologique et théologique. Son prétexte fut la thèse bancale selon laquelle l’évolution politique des peuples, qui dépendrait de leur christianisation et de leur occidentalisation,  doit se faire lentement pour être sûre et profonde. Dans cette tradition, l’indépendance immédiate du Kamerun n’était pas une urgence. Il fallait d’abord sortir les nègres « peu à peu de la barbarie ». L’homme blanc étant le sommet de la pyramide humaine, la mission civilisatrice devait conduire ses inférieurs vers une illumination anthropologique progressive. Cette tradition politique avait donc pour finalité de maintenir le plus longtemps possible,  le Kamerun dans le giron de l’empire français, en tant que territoire d’approvisionnement privilégié de l’économie française en matières premières économiques et humaines.          L’aujoulatisme se heurta violemment à l’éveil critique des populations du Kamerun, non seulement du fait de l’insupportable cohorte de souffrances imposées par le joug colonial,  mais aussi du fait des traditions de liberté présentes dans les cultures populaires kamerunaises, tout comme de la naissance de la conscience nationale dans les milieux ouvriers, paysans et syndicaux au Kamerun entre les deux Guerres Mondiales. On peut ajouter à ces facteurs, la présence d’une élite intellectuelle kamerunaise formée dans les métropoles occidentales, et qui pouvait mettre en contradiction les valeurs alléguées de la métropole et les pratiques détestables de la colonie. Enfin, le christianisme colonial se trouva en porte à faux avec ses nouveaux fidèles qui ne demandaient qu’à voir réellement s’instaurer des rapports d’égalité chrétienne entre tous les enfants de Dieu en colonie. La violence fut alors la ressource originelle et l’ultime recours de l’aujoulatisme. Ses méthodes de fonctionnement sont connues : à la violence grossière contre les populations, s’arrime une administration cynique, entièrement dévouée aux exigences de maintien de l’ordre de l’occupant, par des forces armées et policières débridées au besoin. L’aujoulatisme est assis sur trois piliers essentiels : a) la puissance tutélaire française ; b) La collaboration criminelle des élites kamerunaises choisies et encadrées par cette puissance tutélaire sous la méthode de la géopolitique raciale; c) L’anomie, cette espèce d’abrutissement collectif des kamerunais, provoqué par l’uniformisation immorale de la société par l’habitude-d’être-dominé.

 

Ainsi donc, le Docteur Louis-Paul Aujoulat, représentant du Kamerun à l’Assemblée Nationale Française, forma à ses côtés de brillants successeurs dans l’art de diviser les kamerunais pour mieux les asservir. Okala, Mbida, Ahidjo, Biya, sont les fruits directs de cette école coloniale, avec des sorts légèrement variés pour les uns et les autres. Nous en sommes là à ce jour. Le changement dans cette tradition n’est que la somme des arrangements nécessaires pour que l’aujoulatisme perdure. Pour le parti-Etat RDPC, le Kamerun de demain doit être la prolongation naturelle de celui d’aujourd’hui, dominé par la violence et la corruption chroniques d’une oligarchie installée depuis les pseudo-indépendances à la tête du pays. Parapluie tutélaire du système néocolonial camerounais, la France politique doit garantir sa politique de défense, contrôler sa politique économique par l’outil monétaire du Fcfa géré par la Banque de France, contrôler sa politique internationale en usant du droit de veto français dans toutes les Institutions où le régime Biya-Ahidjo-Mbida-Okala est menacé.

 

            J’appartiens à la tradition de l’upécisme, qui est l’humanisme kamerunais le plus élevé qui ait jamais été promu, par les lettres de noblesse du droit, de la véridiction et de la lutte pour la dignité. Face à l’aujoulatisme et au pragmatisme collaborationniste, l’upécisme appelle au changement radical des fondements de notre société. L’upécisme est sans ambages dès son origine, une lutte et une pensée révolutionnaires, comparables à celle des français en 1789, à celle des américains en 1776, à celle des russes en 1917, à celle des chinois en 1949, à celle des Sud-Africains en 1994, à celle des ivoiriens en 2000, à celle des maliens en 1990, etc.

Porté dès 1948 par le mouvement indépendantiste de l’Union des Populations du Cameroun (UPC) dont  Ruben Um Nyobé fut la figure la plus remarquable, l’upécisme s’oppose pied à pied à l’aujoulatisme et aux hésitations du pragmatisme collaborationniste.

Il existe en réalité trois points de démarcation réelle entre upécisme et aujoulatisme.

-a) Contre la tutelle militaire, politique, culturelle et économique de la puissance française , l’UPC exigea l’indépendance immédiate du Kamerun et prit les armes à cet effet contre le colon. Cette indépendance fut obtenue en droit mais détournée en fait par l’ancienne puissance coloniale. Voilà pourquoi tous les Accords iniques de défense et de coopération qui lient le Cameroun aux puissances internationales doivent être et seront immédiatement dénoncés. Voilà un point de démarcation sûr entre upécistes et aujoulatistes !

b) Contre la négation de la souveraineté populaire camerounaise, l’UPC exige des consultations électorales larges, transparentes et irréductibles aux calculs politiciens. Cette souveraineté populaire kamerunaise a été suspendue dès 1955 avec l’interdiction de l’UPC par l’administration coloniale française, alors même que l’UPC représentait la formation politique majoritaire du pays. C’est cette négation de souveraineté qui s’est prolongée jusqu’à ce jour dans toutes les pseudo-élections organisées par le régime Okala-Mbida-Ahidjo-Biya.  Ce qu’a subi le candidat du SDF à la dernière grande compétition électorale de 1992 n’est que le pâle reflet d’un processus ancien que nous devons démanteler sans délai en nous mobilisant aujourd’hui contre l’imposture d’ELECAM. Autre point de démarcation entre upécistes et aujoulatistes.

c) Contre la misère des masses paupérisées du Kamerun, l’UPC, bras séculier de l’upécisme, propose la fondation de nouvelles institutions économiques orientées vers les besoins réels de nos populations, comme le signale notre Programme 2008, consultable sur le site www.upc-kamerun.com. L’UPC prône l’instauration d’une économie humaine, où les personnes valent mieux que le profit, et où la santé, l’éducation, le logement, la sécurité et l’emploi des camerounais seront au cœur de la construction même de la nation kamerunaise. D’où la présence des upécistes aux côtés de toutes les couches sociales martyrisées par l’économie de domination régnante : paysans de l’ACDIC, étudiants de l’ADDEC, syndicalistes du SYNES, syndicalistes ouvriers, prisonniers politiques, chômeurs, enfants de la rue, etc. Combien de nos anti-impérialistes d’un soir peuvent afficher leurs soutiens aux luttes sociales en cours au Kamerun ? Où sont les faits de lutte sociale des Mono, Mbélé, Towa, Ayissi et Cie, au côtés du prolétariat kamerunais, contre la bourgeoisie d’Etat qui ruine le pays ? Halte au pseudo-marxisme rdpciste ! Troisième point de démarcation entre upécistes et aujoulatistes.

 

            L’upécisme, c’est donc davantage que l’organisation-UPC, c’est la conscience révolutionnaire, politique et humaniste la plus radicale du peuple du Kamerun. C’est une idéologie de libération, mais aussi d’invention et de consolidation d’une modernité politique kamerunaise sans précédent historique. Elle est l’âme immortelle du peuple kamerunais, sa boussole et son désir collectif, son mythe vivant et sa réalité spirituelle la plus haute. Au lieu de vous épuiser à l’espionner ou  à lancer vos incantations puériles sur « les upécistes bon teint » - dixit, vous-même -  que votre régime RDPC s’est fabriqué de toutes pièces pour faire de la diversion, repentez-vous de vos fautes et oeuvrez à l’instauration d’une justice politique qui vous  adoucira peut-être la sanction des institutions kamerunaises indépendantes à venir. Ressaisissez-vous. Les grands peuples savent pardonner à leurs bourreaux repentants.

 

            Aucun groupe socioculturel du Kamerun n’a à craindre de me retrouver derrière, avec ou  parmi les lâches exécutants d’un quelconque pogrome ethnique. Installé au cœur de la résistance kamerunaise, je les combats et je les combattrai tous, ces politiciens servis par des escadrons de la mort, comme je dénonce les délires funestes et les dérives réelles de votre foireuse politique rdpciste de l’équilibre ethnique, autre nom de la négation de la res publica kamerunaise. Je n’ai jamais, contrairement à la bande à Towa, donné le moindre soupçon de soutien à une milice tribale comme les groupes d’Autodéfense qui firent vos beaux jours dans les années 90. Les dieux du sol et du sang me sont instinctivement incompatibles. Nos voies sont irréconciliables. Et s’il y en a une qui devra être abandonnée dans l’intérêt général bien compris de toutes les populations du Kamerun, c’est la votre. Et je suis disposé à vous le rappeler autant de fois que nécessaire, partout où vos manœuvres dilatoires s’essaieront à revêtir le manteau indu de l’innocence. Tenez-le vous pour dit !

           

 

Franklin NYAMSI

Agrégé de philosophie des Universités Françaises

 

Rouen, le 20 novembre 2010.

 

 

Textes réunis et publiés par Philippe Bissek aux Editions des Peuples Noirs, Rouen, 2005, p.131

On peut utilement consulter la réponse que j’ai faite aux diffamations de Lucien Ayissi, nuisible personnage imbu de son « pensoir »  foireux de Yaoundé, sur le lien suivant : http://www.icicemac.com/actualite/lucien-ayissi-et-la-strategie-victimaire-de-l-auto-semitisation-le-crepuscule-des-idoles-kamerunaises-dp2.html

Nous saluons ici la profondeur de vue et le courage citoyen du texte publié par Célestin Bedzigui, Chairman de la CAMDIAC,  le 19 août 2009. Ce texte est  accessible sur internet au lien suivant : http://www.cameroon-info.net/reactions/@,25285,7,lettre-ouverte-exhortation-aux-elites-betis-qui-disent-parler-au-nom-du-centre.html. Je milite pour un CODE de déontologie ou une CHARTE que tous les intellectuels libres du Kamerun devraient signer, avec la mention d’un article où ils s’engageraient TOUS, à ne jamais prendre la parole au soi-disant nom d’une ethnie ! Le CODE PENAL KAMERUNAIS pourrait s’en inspirer…

Ainsi, Biyiti Bi Essam craint pour le RDPC : « Demain est-il un jour suspect où l’on ferait porter à certains une étoile, pour avoir appartenu à tel Parti ? Que le Ciel nous préserve de semer dans les cœurs et les esprits, les germes de la chasse aux sorcières ; que le Ciel nous garde de la tentation de l’exclusion, on sait trop bien où elle mène. », Cameroon Tribune, 17 janvier 2009.

Texte insipide et sans substance, consultable  sur le blog de Lucien Ayissi, timide sous-traitant du biyaïsme. Voir le lien internet suivant :http://ayiluc.over-blog.org/article-la-reaction-du-pr-hubert-mono-ndjana-a-la-mythomanie-de-franklin-nyamsi-60553979.html.

On peut utilement lire à cet effet mon article sur « L’art politique de Paul Biya, ou comment Satan expulse Satan », accessible au lien suivant : http://constitutioncamerounaise.skyrock.com/2761004562-L-art-politique-de-Paul-Biya-ou-comment-Satan-expulse-Satan-Une.html

J’utilise ce concept dans l’esprit de Serge Tchakhotine, qui montra dans Le viol des foules par la propagande politique, que le jeu pervers de la domination politique consiste pour ainsi dire à « pavloviser » les citoyens en les dressant de façon aveugle contre toute forme de travail critique d’abord, et contre des coupables imaginés par le dominant pour détourner la fureur des dominés ensuite. Ainsi, alors que la colère des kamerunais contre le régime Biya est permanente, les idéologues de la bande à Towa veulent fidéliser certains bétiphones en réveillant en eux l’instinct de survie, qu’ils auraient à user contre toute personne – individuelle ou collective - suspectant le régime de Biya d’être assis sur un incontestable tribalisme d’Etat. La pavlovisation de tous les bétiphones ne se fera pas. Les kamerunais savent déjà contourner vos manigances, car ils apprennent aussi de leurs échecs, Monsieur Mono !

En violation de la Loi Française sur l’Informatique et les Libertés, de 1978.  Mon ordinateur se trouvant sur le sol français, vous pourriez être amené à répondre de cette intrusion devant les tribunaux de mon pays de résidence. Consultez, à toutes fins utiles, le lien que voici. En ses articles 2 et 3, ladite Loi précise qu’on ne peut pas s’immiscer comme destinataire d’un courrier qui ne nous était pas adressé par l’expéditeur. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006068624&dateTexte=20101120

Voici le lien du texte de l’UPC traîtreusement divulgué par des taupes du RDPC en action dans le parti nationaliste. Le petit monsieur Ayissi Lucien, barbouze du viol archivistique, s’est complu à le signaler sur son blog bidon : http://ayiluc.over-blog.org/article-les-elucubrations-d-un-petit-tribaliste-du-nom-de-franklin-nyamsi-60553739.html.

A la page 24 du livre absurde de Charles-Romain Mbélé, on peut en effet lire l’incongruité que voici : « Le néo-pragmatisme de Fabien Eboussi Boulaga tout comme la philosophie de la traversée de Jean-Godefroy Bidima avec leur ruse et leur moment opportun ou propice sont une forme d’adhésion au sens du réel et de l’opportunité. Une tendance africaine croissante consiste à identifier l’utile et l’efficace au vrai, quitte à rejeter le juste, le bon et la lutte. Ce marché de dupes dit aux peuples africains de s’ajuster à la phase ultralibérale du marché universel car il faut accepter l’Empire puisque ni la Révolution ni la croissance n’ont pu restructurer l’ordre économique mondial, la faillite africaine des années quatre-vingt du XXe siècle l’attestant à souhait. ». In Essai sur le postcolonialisme en tant que code de l’inégalité, Editions Clé, Yaoundé, 2009. Et dire que ce monsieur Mbélé est un intellectuel de la nébuleuse du RDPC…parti néocolonial et ultralibéral, de la famille aujoulatiste, représentant les intérêts les plus criminels du capitalisme international au Kamerun ! Et dire que Paul Biya, le mentor jamais critiqué par Mbélé, est le nouveau Doyen de la Françafrique, après le décès du satrape Omar Bongo Ondimba. ! C’est à en perdre son latin…Ils sont vraiment tous devenus fous, ces rdpcistes !

 

 

Au lieu de me conseiller de citer le livre inique de Charles-Romain Mbélé, lisez plutôt utilement le dernier livre de Jean-Achille Mbembé, Sortir de la grande nuit. Essai sur l’Afrique Décolonisée, paru chez La Découverte en 2010 ; lisez aussi, des fois que vous voudriez bénéficier de quelque lumière complexe sur les phénomènes de la postcolonialité, l’ouvrage profond de Edward W. Said, Culture et impérialisme, paru chez Arthème Fayard en 2000 ; et soyez à l’affût : mes livres arrivent…Vous vous y comprendrez mieux. Sortez de votre tropisme nord-coréen ! Ou des légèretés de Pour le libéralisme communautaire…qui a fait long feu.

Le public peut utilement observer la concentration et la direction bétiphone du département de philosophie de l’Université de Yaoundé sur  le lien suivant : http://sites.google.com/site/uy1philo/Home/departement;

Consulter le lien suivant sur la direction bétiphone du Département de philosophie de l’Université de Dschang : http://www.univ-dschang.org/index.php?option=content&task=view&id=18

Consulter le lien suivant, sur la direction bétiphone du Département de philosophie de l’Université de Douala

http://www.quotidienlejour.com/index.php?option=com_content&view=article&id=672:nominations-au-ministere-de-lenseignement-superieur

Consulter le lien suivant sur le directoire bétiphone du Département de philosophie de l’Université de Maroua :

http://www.citi.cm/maroua/index.php?option=com_content&view=article&id=58&Itemid=28

On l’ a bien compris : un upéciste « bon teint » version Mono Ndjana, c’est un collabo de la biyacratie.

Notre compatriote Josué Ngako a parfaitement raison de vous prévenir de l’impatience innommable des kamerunais devant le bilan dramatiquement désolant du RDPC : « C'est pourquoi le peuple assoiffé de concrétude, de l'effectivité,  attend la réalisation, la matérialisation des idées avec lesquelles Paul Biya et ses amis nous ont bourré le tête depuis plus de 25ans. »  Voir Mutations du 25 octobre 2007.

http://www.quotidienmutations.info/mutations/52.php?subaction=showfull&id=1193319315&archive=&start_from=&ucat=52&. Et vous aviez bassement tenté d’intimider notre courageux compatriote, en sortant le glaive de la Terreur contre sa personne, comme vous aimez tant à le faire. Ayissi Lucien n’est pas allé vous chercher par hasard…

Partager cet article

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans tribunes politico-philosophiques
commenter cet article

commentaires

ekotto sostene rodrigue 06/05/2015 19:18

salut professeur nyamsi parler de panbétisme philosophique est ce que c'est pas exagerer à votre avis ne sont ils pas compétents? .je me nomme EKOTTO SOSTENE RODRIGUE étudiant en philosophie UY 1 je pense que ça ne vous étonne pas qu un étudiant de licence deux vous connaisse et cherche à vous comprendre