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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 14:06

Gildas Le Lidec et la chose

Analyse des délires de l’ex-diplomate français dans Marianne[1]

 

Une tribune internationale de Franklin Nyamsi

Agrégé de philosophie

 

Le désoeuvrement des âmes en peine est parfois source de malheurs pour le monde qui les entoure et pour leur époque. En voici la preuve vivante. L’ex-ambassadeur français Gildas Le Lidec a décidément trouvé, en plus des plaisirs de Bacchus qui meublent et ravagent depuis de longues années ses jours mélancoliques, une occupation digne d’un retraité contrit et  en mal de visibilité. Qui doutera, au moment où la CPI de La Haye vient de confirmer les charges de l’ami de tous les jours de Le Lidec, Laurent Gbagbo, que Le Lidec soit entrain de tenter un baroud d’honneur médiatique pour son idole africaine ? L’opération de Le Lidec, on le verra consiste à tenter d’accréditer le thème rebattu de la justice des vainqueurs en présentant la résistance ivoirienne sous un jour comparable au régime criminel et chauviniste que le FPI de Laurent Gbagbo a infligé de 2000 à 2011 à la Côte d’Ivoire. Conscient que Gbagbo est sans doute perdu pour longtemps, Le Lidec vient à sa rescousse, pour que le coupable potentiel ne déguste pas avec ses seuls comparses, les conséquences pénales de sa forfaiture historique. Dans le concerto d’ouvrages publiés par les stratèges de la Refondation pour préparer l’opinion à la défense juridique de la pseudo-innocence de Laurent Gbagbo, Le Lidec joue le rôle du clairon qui part en éclaireur pour le reste de la troupe. Comme dans une armée de souteneurs logistico-idéologiques qui va en campagne, il se positionne, aux côtés des Charles Josselin, Bernard Houdin, Alain Cappeau et autres répondeurs de Laurent Gbagbo en France, parmi les futurs témoins auto-constitués du Procès Gbagbo à La Haye. Qui vivra verra la sortie en première ligne de toutes ces chauve-souris politicardes qui confirment l’intime appartenance de Gbagbo, de longue date,  au système dit de la Françafrique. Ainsi, dans sa dernière interview délivrée au journal français Marianne, l’homme se livre à cœur joie à  son art de prédilection : la parole détachée du réel. Je m’attache dans les lignes qui suivent, à cibler et déconstruire les thèses farfelues de Gildas Le Lidec défendues dans un journal français qui n’est pas moins complice, comme on le verra, des légèretés verbales et morales du diplomate retraité.

Un titre qui dit tout


Le titre annoncé de l’ouvrage de Le Lidec est déjà tout un programme : De Phnom Penh à Abidjan, fragments de vie d’un diplomate. Méditons sur cette entame. On s’attendrait que Gildas Le Lidec nous parle de l’épisode bien connu de ses frasques à Madagascar, qui lui valurent une expulsion en bonne et due forme du territoire malgache où il s’était résolument comporté en diplomate indigne. Mais, Le Lidec a oublié Madagascar dans son annonce, pour une raison qu’il nous énonce aussitôt : sa mémoire est fragmentée, fragmentaire. Morcelée et hachée par des souvenirs décousus. Pourquoi donc ? A quoi sert-il d’écrire ses mémoires si l’on a perdu la trame de sa carrière diplomatique et qu’il n’en reste plus, comme des lambeaux d’un vieux vêtement reconverti en torchon de cuisine, que des traces imprécises, vagues, et quasiment fantomales ?  La fragmentation de la mémoire de ce diplomate a une cause évidente : sa trop forte dépendance à l’alcool, établie de notoriété par tous ceux qui l’ont régulièrement pratiqué. Le vrai titre de ce livre pourrait donc être : De Phnom Penh à Abidjan, via mon expulsion malgache : fragments de vie d’un diplomate ivrogne. Et ce serait justice.

 

Le subjectivisme militant d’un lunatique


On comprend mieux la suite de l’Interview, puisque Le Lidec précise au journaliste que ses Mémoires ne prétendent ni à l’objectivité scientifique, ni à la vérité historique. Etonnant non ? Au moment où Gbagbo sort un livre prétendument dévoué à la vérité et à la justice, Le Lidec en sort un autre pour servir ses fragments de mémoire destinés à défendre Gbagbo. Mais sans la moindre objectivité ni vérité historique attestées. Comment comprendre qu’on veuille disculper Gbagbo tout en avouant qu’on n’a aucune certitude ? Nous avons là un aveu de taille sur le genre du livre de l’ex diplomate français. Le livre de Le Lidec s’inscrit donc dès lors dans la sphère, non pas des mémoires, ni de l’essai politico-historique, mais plutôt de  l’écriture de  -iction romanesque. Pourquoi se donner dès lors la peine de verser ses thèses au procès juridico-historique des crimes de la Refondation ? Comme on le verra vite, si ni la vérité historique, ni les preuves scientifiques de ses dires n’intéressent Le Lidec, c’est qu’il a un autre objectif dans ce livre.


Une méthodologie de l’accusation  comme stratégie de division


A défaut de prouver, Le Lidec écrit pour accuser. Etudions bien la méthode de notre agent double à la rescousse des Refondateurs. La cible fondamentale de l’Interview est aussitôt révélée. Loin de vouloir blanchir Laurent Gbagbo, puisque « les dérives du régime de Laurent Gbagbo ne sont pas exonérées », il s’agit pour Le Lidec de noircir Guillaume Soro et les Forces Nouvelles, afin de mettre un terme à la conception dominant l’opinion en Occident au sujet de la crise ivoirienne. En effet, il se sait en Occident en général que Laurent Gbagbo a voulu confisquer violemment la victoire démocratique de son adversaire au second tour de la présidentielle 2010, alors même que le processus électoral avait bénéficié de la surveillance des meilleures organisations politiques internationales, dont notamment l’ONU. L’occident politisé considère globalement Laurent Gbagbo comme un anti-français et un anti-occidental, depuis notamment l’agression lâche de novembre 2004, qui a vu l’armée ivoirienne tuer des soldats français dans leur camp de Bouaké. Or pour battre en brèche cette vérité historique, politique, juridique et diplomatique, la stratégie de Le Lidec ne consiste pas à prouver que Gbagbo a gagné les élections, ou même à dire que le régime Gbagbo n’a pas commis de graves crimes. Le détour du vieil ami de Gbagbo est facétieux et malicieux. L’homme procède par une double tentative de dislocation : il s’agit de montrer que la seule tare que le régime du Président Alassane Ouattara puisse porter de manière congénitale, ce sont les Forces Nouvelles de Guillaume Soro. Ensuite, pour achever son projet de dislocation du régime ivoirien actuel, Le Lidec va procéder à une autre distinction artificielle ayant pour but de diviser pour entrechoquer les têtes ennemies. Il va tenter de séparer le portrait qu’il dresse de Guillaume Soro du sort infect qu’il réserve aux Comzones des Ex-Forces Nouvelles. Qui n’a pas compris le fin du fin de la méthode de la bande à Gbagbo? En faisant condamner éventuellement des Chefs militaires de la rébellion des Forces Nouvelles à La Haye, on croit pouvoir obtenir qu’ils mouillent le Chef militaro-politique de la rébellion ivoirienne, Guillaume Soro,  par leurs dires. En obtenant ensuite que le Chef militaro-politique de la rébellion ivoirienne soit mouillé dans les procès de La Haye, on s’attend à ce qu’à son tour il s’en réfère au Chef suprême des forces républicaines ivoiriennes, donc le Président de la République Alassane Ouattara, lors de la crise postélectorale 2010-2011. En un mot, Gildas Le Lidec fait partie d’un vaste complot des fidèles de l’ancien régime qui tentent d’atteindre le régime du Président Alassane Ouattara par le bas, c’est-à-dire par l’inculpation des héros de la résistance ivoirienne, ceux-là même qui se sont sacrifiés pour mettre fin au régime criminel de l’ivoirité et pour ramener la Côte d’Ivoire dans sa marche vers la pleine émergence économique et démocratique. Il faut absolument se pénétrer l’esprit de cette méthodologie de l’accusation compensatoire, pour comprendre où en est la tactique et la stratégie des promoteurs du mythe éculé de la « justice des vainqueurs ».


La complicité scandaleuse de Marianne : égorgement, étranglement ou hallucination ?


La suite de l’Interview s’éclaire dès lors encore plus. Le journaliste de Marianne, dans un acte de complicité sordide, demande à Le Lidec de s’expliquer sur un fait crapuleux attribué par le diplomate à Guillaume Soro : une tentative d’égorgement, dit le journaliste. Vous l’avez bien entendu ! Alors que Le Lidec s’est répandu depuis plusieurs jours dans les journaux pour peindre Guillaume Soro en étrangleur, voici que le journaliste français qui l’interroge offre à Le Lidec un mythème encore plus scandaleux, sur un plateau d’argent ! Egorger un homo sapiens, voilà qui ne se saurait se faire sans une arme tranchante. Etrangler ici, c’est se servir à mains nues de sa force de pression sur le cou de l’adversaire pour le priver d’oxygène et l’exposer à une asphyxie certaine. Que s’est-il donc réellement passé à Yamoussoukro ce jour de début 2003 ? Non seulement, Guillaume Soro, entouré par un dispositif de militaires français, ne pouvait détenir aucune arme, mais mieux encore, comme nous l’avons établi par recoupement de témoignages dans ma précédente tribune, les mains de Guillaume Soro n’ont jamais frôlé le cou de notre personnage sulfureux. Par ailleurs, jamais, pendant cette scène, qui ne se déroula surtout pas à la Basilique de Yamoussoukro comme Le Lidec en rêve, mais plutôt à la Fondation Houphouet-Boigny, on ne nota la présence des ambassadeurs d’Italie et d’Espagne. Le Lidec abuse de ses châteaux de cartes et tombe sous le charme de ses propres rêveries humectées d’excès ! Et voilà pourquoi à la question pourtant déjà implicitement scandaleuse de journaliste, Le Lidec répond aussi petitement  comme une montagne qui accouche d’une souris : « Il a tenté de m’étrangler… ». Ni égorgement, ni étranglement, mais tentative alors ? Il faut être bien niais pour croire qu’un diplomate capable de recourir au droit international diplomatique depuis  2003, ne se soit malgré tout jamais résolu à porter plainte comme une telle supposée atteinte à son intégrité physique. En rappelant cette anecdotique altercation, Le Lidec ne veut donc qu’atteindre un but : ternir l’image de marque de l’actuel président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.


Pourquoi Le Lidec aurait bien mérité un uppercut…


Il faut cependant redire les raisons pour lesquelles ce type aurait bien pu mériter un bon uppercut. Cela renvoie au code de l’honneur, qui se soldait en duel dans les siècles précédents. Ce pied-noir d’Algérie a dû garder une trop grande prédilection pour la condescendance envers les Africains. Il en usa et en abusa lors de cette rencontre à la Fondation Houphouët-Boigny en début d’année 2003. Tous les témoins s’accordent pour le dire. Et ce qui corrobore ce penchant de Le Lidec à parler aux Africains comme à des esclaves, c’est encore l’incroyable grossièreté dont il fait preuve dans l’Interview donnée à Marianne en ce mois de juin 2014. Les mots qu’il emploie dans l’interview examinée, pour décrire Guillaume Soro et ses camarades de la résistance ivoirienne de 2002 à 2011, témoignent éloquemment des causes de la colère virile du chef du MPCI contre ce néocolon déguisé en diplomate dilettante. Les comzones ne sont pour Le Lidec que des « salopards échevelés ». Il lui paraît donc opportun de livrer ceux qui ont sauvé la Côte d’Ivoire à la CPI, au même titre que ceux qui ont provoqué la descente de la Côte d’Ivoire aux enfers. Quel cynisme ! Comment s’étonner que ce diplomate hautement discourtois entende maintenant ses oreilles siffler ? Pour Le Lidec, Guillaume Soro n’est qu’un « petit bonhomme qu’il avait tout le temps dans les pattes ». Qui est donc cet olibrius de Le Lidec pour traiter les combattants de la dignité des Ivoiriens par tous ces quolibets remplis d’indue suffisance ? Mieux encore, pour Le Lidec, Guillaume Soro « éructait contre la France » lors de ladite entrevue. Le Lidec nous révèle-t-il enfin par là un Guillaume Soro anticolonialiste, courageux contre le paternalisme franchouillard et déterminé  se faire respecter dans tous les cénacles où se décide le sort de son pays ? De la scène de la confrontation de Yamoussoukro, le héros n’est finalement pas la pseudo-victime qui s’invente un destin de crucifié en confondant la Basilique avec la Fondation Houphouët-Boigny.  Le héros, c’est le jeune chef militaro-politique ivoirien d’alors, Guillaume Soro, qui impose un changement de ton à son interlocuteur, et fait respecter la résistance ivoirienne par le représentant de l’Etat français.


Le camion imaginaire de Le Lidec 


Dans sa volonté de charger tous azimuts le camp Ouattara en procédant à une dislocation interne des anciennes Forces Nouvelles, Le Lidec ne semble pas pouvoir se contenter du récit halluciné de son prétendu égorgement/étranglement à Yamoussoukro. Il éprouve le profond besoin d’inventer un autre canular de nature à compléter le costume de terroriste qu’il tient, par ces temps d’AQMI, du MUJAO ou de BOKO HARAM, à coudre pour Guillaume Soro et tous ses camarades de la résistance civique ivoirienne contre l’ivoirité. Comment faire alors ? Guillaume Soro n’est ni un barbu, ni un enturbanné. Catholique de son état, marié à une fille du pays bété de Laurent Gbagbo, ami des Musulmans authentiques de son pays et du monde entier, la figure cosmopolite  du nordiste Guillaume Soro résiste à toute tentative d’embrigadement dans quelque logique sectaire. Notre écrivain de science-fiction va donc coudre de toutes pièces l’histoire d’une demande de véhicule bourré d’explosifs aux fins d’éliminer physiquement Laurent Gbagbo. Si Guillaume Soro voulait éliminer Laurent Gbagbo, pourquoi le MPCI aurait-il attendu qu’il soit absent de Côte d’Ivoire en 2002 pour entrer en rébellion ? Pourquoi à l’hôtel du Golf comme à la résidence présidentielle en avril 2011, Guillaume Soro n’a-t-il pas fait passer les Gbagbo ad patres alors même que les Gbagbo n’eurent aucune pitié pour Robert et Rose Guéi en 2002 ?  Le seul témoin du prétendu entretien où Guillaume Soro aurait demandé une voiture d’explosifs à Le Lidec, c’est un hélicoptère que le romancier appelle à son secours. Faut-il interroger cet hélicoptère pour s’assurer des dires brumeux de Le Lidec ?


Un portrait contradictoire de Guillaume Soro


On demande à Le Lidec de dresser un portrait de Guillaume Soro.  Le mythomane s’y presse à l’envi. Sans se rendre compte de ses contradictions flagrantes, l’homme à la pensée fragmentaire nous sert encore une soupe infecte de précipités verbaux. Guillaume Soro serait à la fois, « arriviste », « très intelligent », et « bien formé », avec « une force de conviction exceptionnelle ». Comment comprendre alors qu’un homme très intelligent et bien formé fasse une demande d’aide militaire à un diplomate dont il sait parfaitement la condition permanente d’ivrogne patenté ? Comment comprendre qu’un chef militaro-politique bien formé confie ses projets militaires à un diplomate de longue date intime de Laurent Gbagbo avec lequel il nous dit lui-même, qu’il avait des entrevues toutes les semaines ?  La vérité, dans le duel Le Lidec- Soro qui était en réalité le duel Gbagbo-Soro a été connue de tous le 11 avril 2011, lorsque le premier ministre et ministre de la défense d’alors, sûr d’avoir vaincu le Boulanger d’Abidjan, demanda au peuple de Côte d’Ivoire de sécher ses larmes. Le cauchemar des Ivoiriens, clama-t-il solennellement, était terminé. Or mieux encore, le tombeur de Gbagbo, contrairement à Gildas Le Lidec, est demeuré en cohérence avec son combat engagé en 2002 pour la démocratie et la dignité des Ivoiriens, alors que Le Lidec avoue lui-même dans la même interview que l’éminent constitutionnaliste Pierre Mazeaud le traita d’agent double de Gbagbo et de traître à la France…Qui doutera que Pierre Mazeaud avait raison quand Le Lidec avoue n’avoir pas passé une semaine en Côte d’Ivoire sans passer des moments de convivialité avec Laurent Gbagbo ?

Le Lidec à des années-lumières des réalités ivoiriennes

Enfin, on demande à Le Lidec ce qu’il pense de la situation sécuritaire de la Côte d’Ivoire contemporaine. Sans sourciller, le diplomate prétend que la Côte d’Ivoire contemporaine est très incertaine. De quoi parle-t-il au juste ? D’un pays où la bélligérance des factions a absolument disparu ? Où l’armée républicaine améliore chaque jour davantage ses standards de professionnalisme et de conscience civique, avec notamment l’entrée des femmes à la gendarmerie ? D’un pays où le président du FPI, Pascal Affi Nguessan, se promène librement et va de meeting en meeting comme jamais dans la période 2010-2011 ? D’un pays où l’essentiel des prisonniers de la dernière crise postélectorale a été libéré ? Le gros des comptes de l’ex-baronnie débloqué ? D’un pays dont la croissance économique est passée à 9,8 % avec un boom des investissements infrastructurels qui sont les conditions sine qua non d’une émergence socioéconomique solide ?  D’un pays auquel l’ensemble des grandes institutions politiques, diplomatiques, économiques, sociales, culturelles et financières internationales a refait toute sa confiance ? Gildas Le Lidec qui n’a été ni de près, ni de loin témoin des événements de la crise postélectorale ivoirienne 2010-2011, est un has been qui ronge son frin. Le Lidec, on l’a tous compris, se prépare en réalité à venir témoigner éventuellement pour son ami Gbagbo en procès à La Haye. Mais au moins, on sait d’ores et déjà ce que vaudra son témoignage : un vague moment de distraction pour les amateurs de politique-fiction.

 



[1] http://www.marianne.net/Cote-d-Ivoire-les-verites-derangeantes-d-un-ex-ambassadeur-de-France_a239735.html

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Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
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commentaires

odebremondieres 03/07/2014 07:22

J'ai particulièrement goûté le dernier paragraphe...Il y aurait encore des comptes non débloqués ? Il y aurait encore des gens emprisonnés pour des raisons politiques ? La belle démocratie
ivoirienne sous Ouattara , elle donne envie d'y retourner !!!