Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 12:26

Les combines de Sabine Mellet et « Sa Sainteté  IB » : de la passion à la déraison

Une tribune internationale de Franklin Nyamsi

Agrégé de philosophie, Abidjan, Côte d’Ivoire

 

 

Les choses de l’amour ont leur secret. Parmi les conséquences malheureusement fâcheuses qu’elles déclenchent parfois parmi les âmes faibles, il y a la lâcheté, la prolixité vaine, les bouffées délirantes et les prétentions surfaites. Comme l’alcool, en effet, on peut avoir l’amour bon ou l’amour mauvais, avec toute la cohorte d’effets secondaires que cela suppose. N’est-ce  pas ce qui ressort des effluves passionnelles des officines planquées çà et là à travers le monde pour réécrire, voire trafiquer l’histoire de la rébellion ivoirienne du MPCI aux FN ?  Une certaine Sabine Mellet, journaliste dans une chaîne française d’information, semble malheureusement vouloir poursuivre une carrière parallèle dans la désinformation de l’opinion nationale et internationale sur les vraies réalités de la récente crise postélectorale ivoirienne. Certes, l’on peut comprendre, devant le vent d’apaisement et de progrès qui souffle sur la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, que les amateurs et amatrices de tabloïds soient en mal de nouvelles sensationnelles et que ce pays ne fasse plus si bien prospérer de tels vautours. Mais, lorsque le goût de l’intoxication est poussé jusqu’à l’exacerbation des incantations imaginaires sur des faits historiques que tout esprit sain peut clairement appréhender, il importe que soient interrogées les motivations du délire, afin que la raison de la folie en montre, paradoxalement, la folie de la raison. Dans le cas d’espèce, il faut se demander de quoi remue la velléité de Sabine Mellet d’établir, au prix d’un documentaire foireux, monté de toutes pièces et cousu du fil blanc du mensonge, que le sergent-chef Ibrahim Coulibaly, mort au combat le 27 avril 2011 à Anyama, était un enfant de chœur qui a eu la malchance de tomber sur les mauvais garçons des FRCI ? Et s’il était montré que sa thèse ne vaut pas plus qu’une poignée de détritus toxiques, quel sort réserver à son projet de sanctifier IB  à titre posthume ? Des choses doivent être dites. Cela s’impose manifestement pour la pleine production de l’évidence.

Sabine Mellet semble, de fort longue date, avoir trouvé le tracé de sa géographie du monde. D’un côté, le saint homme IB, sacrifié à Anyama pour l’Histoire et de l’autre le diable que serait le régime Ouattara, qui n’aurait pas laissé à IB le loisir de poursuivre son doux ministère. Quelles raisons invoquerait notre journaliste française pour alimenter sa thèse ? Pêle-mêle on citerait : 1) la gentillesse généreuse d’IB, dont elle, Sabine Mellet, se trouve être la mère d’un enfant adultérin ;2)  le charisme supposé d’IB, autoproclamé Général au cœur du fameux Commando Invisible d’Abobo ; 3) la volonté mystique de sauver la Côte d’Ivoire de la guerre successorale entre les héritiers d’Houphouët, en les  dépossédant tous du pouvoir, comme le proclamait IB lui-même, dans une vidéo célèbre de 2011, annonçant un coup d’Etat contre Gbagbo, Ouattara, tous azimuts.

Ces raisons pèsent-elles à l’examen rationnel ? Pour la première raison, on a peine à voir pourquoi Sabine Mellet pourrait déduire de ses amours profanes et sulfureuses avec le sergent IB, la conclusion qu’il s’agit d’un enfant de chœur. Aimer IB rend-il son ex-maîtresse aussi aveugle que cela au fait qu’IB s’est plusieurs fois illustré dans le désir d’anéantissement de tous ceux qui lui faisaient ombrage ? Pour la deuxième raison, le charisme supposé d’IB, comment confondre les qualités d’un sous-officier dans sa troupe avec celles qui importent dans la direction d’un Etat cosmopolitique comme celui de Côte d’Ivoire ? L’on sait aujourd’hui que  IB savait à peine lire un texte écrit en gras et grosses lettres. Est-ce cet homme que Sabine Mellet voyait à la tête de la Côte d’Ivoire alors que par plusieurs fois depuis 2002, celui que ses Camarades ont si significativement appelé « Le poltron »  avait été incapable d’assumer les risques de son engagement verbal de rebelle contre la dictature Gbagbo ? Pour la troisième raison, comment IB pouvait-il vouloir renverser le président élu de Côte d’Ivoire par les armes et s’attendre à ce que l’autorité républicaine se soumette docilement à ses oukases ? Sabine Mellet s’abonne décidément à la combine. Elle met le journalisme au service de la passion irrationnelle. Elle confond l’éclosion de la vérité avec l’émotion compréhensible des orgasmes adultérins.

 De 1999 à 2011, ceux qui suivent l’actualité ivoirienne savent pourtant que le schéma d’interprétation proposé par Sabine Mellet, de l’affaire IB, est faux d’un bout à l’autre. Le sergent IB, par plusieurs fois, a tenté de faire assassiner et a fait assassiner plusieurs de ses camarades. L’attentat de juin 2007 contre Guillaume Soro à Bouaké, porte par exemple de nombreuses traces de sa haine active et inventive contre le chef du MPCI. Au four et au moulin d’un projet de grandeur qui passait systématiquement par l’élimination de ses rivaux, sa propension à prendre le pouvoir pour le simple plaisir du pouvoir a terriblement ensanglanté la rébellion ivoirienne. Celle-ci n’a survécu que grâce à a baraka et à la solidité de ses ténors, ligués autour de Guillaume Kigbafori Soro. Lors donc que IB, revendiquant ouvertement 5000 hommes en armes dans Abobo, refuse de se soumettre aux forces légitimes de la république de Côte d’Ivoire, il lance un défi à l’Etat de Côte d’Ivoire et celui-ci lui répond à la hauteur de sa forfaiture le 27 avril 2011.

 On eut voulu voir  le sergent IB survivre à sa énième tentative de coup d’Etat et répondre de ses actes de rébellion contre un pouvoir démocratiquement élu, comme celui du Président Alassane Ouattara. On eut voulu lui demander d’assumer enfin toutes les sales besognes qu’il avait inspirées aux brebis égarées de la république. C’est, hélas, la témérité absurde d’IB qui a fini par le perdre. Sabine Mellet ne devrait-elle pas, par amour pour IB au besoin et pour sa descendance qu’elle éduque, s’en tenir à cette évidence salvatrice ? C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter. Mère d’un enfant issu de sa liaison  adultérine avec Ibrahim Coulibaly à l’insu de son épouse Kady, Sabine Mellet, qui au même moment,  exerçait dans un média français bien connu des Africains,  ne devrait-elle pas par ailleurs adopter un profil bas au regard de ce pedigree terni d’imposture ? La sagesse visite toujours, tôt ou tard, les âmes humbles…

 

Abidjan, le 15 juillet 2013

 

Partager cet article

Repost 0
Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
commenter cet article

commentaires

de bremondieres 16/07/2013 18:12

Excellent, heureusement qu'en CI il y a Saint SORO comme le dit la Voix de son Maître ...Au moins entre les lignes !!

Présentation

  • : Blog du Professeur Franklin Nyamsi
  • Blog du Professeur Franklin Nyamsi
  • : Analyses socio-politiques.
  • Contact

Recherche

Liens