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11 février 2014 2 11 /02 /février /2014 09:49

                

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Le Président Blaise Compaoré, l’opposition burkinabè et l’avenir

 

Une tribune internationale de Franklin Nyamsi

Professeur agrégé de philosophie, Paris, France

 

            Tout esprit sensé ne peut que se réjouir de l’effort de concertation que les filles et les fils du Burkina Faso déploient ces derniers jours pour baliser l’itinéraire de leur démocratie, avec sagesse, force et beauté.  Que nous apprennent-ils ?  L’alternance n’est pas en démocratie une fin en soi. La conservation à vie du pouvoir ne saurait davantage se justifier. Ce qui est absolument essentiel, c’est l’exercice bienveillant de la res publica dans l’intérêt de tous et  la préservation des libertés par l’enracinement irréversible d’institutions raisonnables et bonnes dans le monde de la vie quotidienne, afin de faire du pays un havre d’émergence pour ce qu’il y a de meilleur en chaque être humain.  Dans une telle perspective non-dogmatique, la manière de prendre le pouvoir est aussi importante que celles de l’exercer ou de le quitter. Et quand un homme politique de premier rang donne le meilleur de lui-même à son temps, ceux qui savent lire l’Histoire doivent le dire, pour sauver les ignorants de bonne foi du péril du sens et de la catastrophe existentielle qui les guettent en cas d’impatience et de précipitation.   Et quand par ailleurs, de sa main experte, un homme a formé l’essentiel d’une classe politique qu’il connaît donc par cœur, on ne peut douter du flair avec lequel il s’attache à entrevoir une transition mieux réussie entre sa séquence historique  et les suivantes. Comment se présente la situation politique burkinabè aujourd’hui ? Quel rôle décisif le président Blaise Compaoré, dont le mandat actuel court jusqu’en 2015, y aurait-il encore à jouer ? Que vaut la prétention actuelle de l’opposition radicale burkinabè à l’exclure de la compétition présidentielle de 2015, en vertu d’une interprétation fixiste de la constitution ? Je voudrais répondre à ces questions après avoir au préalable clarifié la nature de ma posture intellectuelle dans la contemporanéité burkinabè, histoire de faire réfléchir davantage certains nationalistes burkinabè qui s’autorisent de leur burkinité pour m’interdire de proposer mes analyses sur leur pays revendiqué comme thème interdit et exclusif.  Je reviendrai, à la fin du présent article, sur les raisons pour lesquelles, opposant politique au régime camerounais actuel, j’estime demeurer cohérent lorsque je soutiens la nécessité, non pas d’un pouvoir à vie pour le président Compaoré au Burkina Faso, mais d’une transition souple et démocratique à la tête du pays des hommes intègres.  

I

L’intellectuel  est-il soumis au principe de non-ingérence diplomatique ?

            A lire les réactions chauvines de certains lecteurs burkinabè de mes tribunes sur la situation du Faso, on pourrait allègrement répondre à l’interrogation qui précède par l’affirmative. L’émotion jouit ici de toutes les faveurs d’un scandale qui semble couler de source. Voyons donc ! Que vient chercher un natif du Cameroun, qui plus est citoyen adoptif de Côte d’Ivoire et de France, dans les affaires politiques burkinabè ? De quoi se mêle cet étranger sorti de nulle part ? C’est dans cette longueur d’onde exclusiviste que les suiveurs des Etienne Traoré, Saran Sérémé et Cie, se sont empressés de s’engouffrer pour tenter d’invalider mon propos.  Nationalistes jusqu’au bout des ongles, attachés donc comme des sangsues aux frontières tracées par les colons et éventuellement  par les coutumes traditionnelles du passé,  ils n’ont manifestement pas compris que la pensée critique, qui plus est, politique n’a point de frontières. Quand Cheikh Anta Diop pense l’émancipation culturelle de l’Afrique noire dans les années 50, il ne pense pas qu’au Sénégal ou en Sénégalais. La monumentale histoire générale de l’Afrique rédigée par le Professeur Ki-Zerbo n’aurait jamais été possible s’il n’avait le droit que de parler du pays mossi ou de la Haute-Volta d’alors. Quand Kwamé Nkrumah écrit The consciencism, il n’a pas à s’embarrasser de ne songer qu’au Ghana pour l’application de ses idées ou leur illustration.  Emmanuel Kant, philosophe du 18ème siècle allemand, s’exclama de joie à l’annonce de la révolution française, écrivant dans cet enthousiasme son fameux « Qu’est-ce que les Lumières ? ».  De même, Jean-Jacques Rousseau, genevois de naissance, célébra la révolution française comme un moment essentiel de l’histoire, tout comme un Hegel, apercevant l’Empereur Napoléon à Iéna prétendit avoir rencontré l’individu qui incarnait l’esprit du monde. Or, à Franklin Nyamsi, natif du Cameroun, on interdit en 2014 de parler des questions politiques burkinabè au non d’un principe imaginaire de non-ingérence intellectuelle, défendu en langue française par des africains.

            Que montrent pourtant les exemples précédemment cités parmi des milliers d’autres similaires ? Que la pensée politique portant sur la question essentielle de la gestion de la pluralité humaine, il n’y a rien de pire que d’en faire l’apanage des seuls citoyens d’un pays quelconque, en raison de l’enchevêtrement de l’Histoire et de la communauté destinale de l’humain sur toute la surface de la terre.  Autrement encore, la politique est une affaire trop sérieuse pour qu’on l’abandonne aux seuls nationalistes. Et mieux, avec sa diaspora de quatre millions d’étrangers, rien que dans sa voisine Côte d’Ivoire, la nation burkinabè ne peut se payer le luxe nombriliste de ne prendre en considération que les pensées de ses nationaux, fussent-ils les plus brillants sujets au monde. La sphère du débat public se nourrit de toutes les divergences et de toutes les différences, car elle est tranche, en chacune de ses orientations, sur l’avenir de l’homme d’ici comme de ceux d’ailleurs. Or, en tant qu’il doit comprendre le monde, rien de ce qui est humain n’est étranger à l’intellectuel. La pensée n’est définitivement chez elle que dans l’inquiétude pour l’universel, ici comme ailleurs. J’accepte donc la rançon d’incompréhension de l’engagement critique que j’ai pris d’être au cœur de la disputatio politique africaine, parce que c’est dans ce risque de penser le singulier et le particulier que se joue la mission universelle de l’intellectuel, dans la mesure où c’est dans la banalité boueuse du quotidien qu’il doit tirer l’or de l’émergence de l’homme.    Les pleurnicheries rageuses des propriétaires consanguins de la patrie, où que ce soit, n’y feront donc rien. A ceux-là, qui me rappellent étrangement « les imbéciles heureux qui sont nés quelque part », célèbre chanson de Georges Brassens, disons-le tout net : il n’existe nulle part au monde, de principe diplomatique de non-ingérence intellectuelle. Et puisqu’il est encore possible à un penseur, d’où qu’il vienne,  de parler du Burkina Faso en ce mois de février 2014, parlons-en.

 

II

L’équation politique burkinabè contemporaine

            Contrairement à ce que certains semblent laisser entendre, en suggérant qu’ils pourraient mener les manifestants du 18 janvier vers le  Palais Présidentiel si telle ou telle initiative de modification constitutionnelle se confirmait, il n’y a aucune crise de légitimité institutionnelle au Burkina Faso qui puisse fonder un tel projet insurrectionnel,  puisque les plus radicaux des représentants de l’opposition s’accordent à dire que le Président du Faso a été régulièrement élu en 2010 à la tête de leur pays. J’ai du reste ouï les critiques formulées contre les élections successives du Président Compaoré en raison des taux d’abstention. Mais faut-il rappeler ici que l’abstention n’a pas une signification unique en démocratie ? Il y a des abstentionnistes par principe, des abstentionnistes par que faire, des abstentionnistes par paresse, des abstentionnistes par ignorance et des abstentionnistes par projet. La dernière catégorie citée, tout le monde en conviendra est d’autant plus faible que ce n’est pas la transparence du scrutin qui fut en cause au Burkina, mais le sentiment d’une évidence anticipée : l’insuffisante popularité des candidats de l’opposition à l’élection présidentielle du Faso. Car si le scrutin est transparent et libre comme ce fut le cas en 2010 au Burkina Faso, le contester après-coup pour les abstentionnistes, c’est vouloir se prévaloir de sa propre turpitude…

            Aujourd’hui 9 février 2014 donc, la scène politique burkinabè s’est refocalisée en trois pôles : 1) l’extrême gauche sankariste de Me Bénéwendé reste sur ses positions communistes traditionnelles et continue de servir à foison le discours moralisant de ceux  qui savent que ce n’est pas demain la veille qu’ils accèderont à nouveau au pouvoir, en raison de l’irréalisme criant de leur programme politique  et de leur méfiance congénitale envers la démocratie représentative en général; 2) la droite libérale  campe certes sur son adaptabilité naturelle à l’environnement politique de l’économie capitaliste mondialisée, mais elle compte davantage sur la déconfiture du camp de la social-démocratie burkinabè pour ratisser large dans un électorat moderne et traditionnaliste burkinabè qui ne voudra pas réentendre les sirènes du communisme ; 3) Le Front Républicain, force sociodémocrate rassemblée autour du CDP demeure la force majoritaire incontestable, à côté d’un MPP plutôt menu comme l’espérance politique de son président Roch Christian Kaboré, malgré sa relative pompe médiatique. L’équation politique burkinabè se jouera donc de la gauche au centre-droit, où l’on peut prédire que rira bien qui rira le dernier. Peut-on imaginer un scénario où les démissionnaires du CDP et l’UPC de Zéphyrin Diabré viendraient siphonner l’ensemble de l’électorat sociodémocrate à la barbe du CDP ? Je doute de la plausibilité d’une telle hypothèse et je m’en vais tout de go vous dire pourquoi.

            Trois raisons me conduisent à prédire l’échec de la marche au forceps de l’opposition contre le pouvoir légitime du président Compaoré.

            Première raison : Toute la crème de  l’opposition sociodémocrate et libérale est issue du CDP dont elle partage nécessairement le bilan aux yeux du peuple. Comment critiquer le CDP sans s’accuser soi-même en pareil cas ? Comment continuer de vivre des crédits bancaires obtenus avec la caution morale du parti au pouvoir alors même qu’on le voue publiquement aux gémonies ? En d’autres termes les succès comme les échecs de la présidence Compaoré seront tout aussi bien imputables au travail de ses proches collaborateurs que furent les Roch Kaboré, Salif Diallo, Simon Compaoré ou même Zéphirin Diabré qui fut un important conseiller économique du président du Faso. Le peuple n’oubliera pas que jusque dans les années les plus récentes, les démissionnaires médiatisés du CDP soutenaient tous la modifiabilité de l’article 37 de la Constitution et la viabilité politique du Sénat. Ce ne sont donc pas les opinions politiques qui ont proprement changé parmi ces âmes instables, mais les calculs de carrière politique. Moins en lumière ces dernières années dans le système-Compaoré, ils n’ont pas longtemps résisté en fait aux souffrances du sevrage des ors et lambris de l’Etat. Loin dès lors de constituer un danger pour le CDP qu’ils ont quitté en plein jour et qui peut se réorganiser plus sereinement depuis lors, chacun des  actes publics ou privés de reniement du CDP par les démissionnaires confirmera le portrait de traître que l’opposition radicale leur dresse en son âme et conscience. Car, on a tant vu des démissions des partis au pouvoir sans effet en Afrique : au Ghana, au Niger, au Nigéria, au Sénégal, au Cameroun, des départs comme ceux des Diabré, Simon, Roch Kaboré ou Salif Diallo se compte par centaines de cadres des partis au pouvoir. Ironie du sort : les démissionnaires des partis au pouvoir sont bien souvent davantage un souci pour les oppositions radicales que pour les pouvoirs avisés.

Seconde raison : le peuple burkinabè, à travers son pouvoir référendaire inviolable par les oukases de l’opposition, a toutes les raisons de requérir encore du président Blaise Compaoré une meilleure organisation de l’avenir politique de son pays, au regard de la rapacité et de l’ingratitude extraordinaires que manifestent ceux-là mêmes qui s’empressent de s’engouffrer à Kosyam pour être au pouvoir pour le pouvoir. Ce que l’opposition radicale a clairement montré par sa manière de vouloir instrumentaliser la rue pour bloquer les procédures constitutionnelles pourtant légales, c’est sa peur bleue de la voix du peuple burkinabè. En voulant empêcher coûte que coûte une consultation populaire dans laquelle les abstentionnistes de projet auraient l’occasion de montrer ce qu’ils valent face au pouvoir CDP, l’opposition a clairement montré son peu de confiance dans les institutions qu’elle a pourtant massivement participé à bâtir avec le président Compaoré. Face à une opposition qui crache dans la soupe qu’elle a elle-même, de longue date contribué à faire mijoter, un peuple averti en vaut vraiment deux ! Et quand cette opposition - dans certaines de ses franges incontrôlées comme celles qu’incarnent l’intarissable populiste Saran Sérémé ou la girouette idéologique Etienne Traoré - emprunte les accents de la xénophobie, de la pensée identitaire et de l’obscurantisme anti-panafricain, elle brûle, tel Icare aveuglé par le soleil,  toutes les ailes de sa trop fragile diplomatie régionale et mondiale. Qui écoutera de tels brûleurs de vaisseaux ?

Troisième raison : On ne se débarrasse pas d’un Chef d’Etat efficace, efficient et efficace comme on se séparerait d’un garçon de courses. Car un tel homme incarne la stabilité même de son pays et doit être accompagné dans la transition vers l’après-lui. Le président Compaoré a impulsé, depuis 1990 notamment, après le bilan critique de la révolution de 1983-1987, une transformation sans précédent du Burkina Faso qui s’est accompagnée d’une révélation concomitante de sa propre stature magistrale d’homme d’Etat. Pour avoir visité le Burkina Faso des deux périodes (90-2000), je dois avouer mon émerveillement devant le saut qualitatif réalisé par le régime Compaoré dans la métamorphose du terrible sort des masses burkinabè qui n’en sont pas pour autant- loin s’en faut encore – définitivement à l’abri du dénuement désolant.  Quelques données macroéconomiques de l’INSD[1] du Burkina Faso devraient suffire à illustrer le bond accompli par ce pays sous Blaise Compaoré : au niveau de la population, le taux brut de mortalité était de 17.5% en 1985 ; il est passé à 11.3% en 2011 ; l’espérance de vie était de 48.5 ans en 1985, elle est de 58 ans en 2011 ;  dans le secteur de l’éducation, il y avait 2486 écoles primaires au Burkina en 1990-1991, il y en a 11545 en 2011-2012 ; il y avait 8603 classes au Burkina Faso en 1990-1991, il y en a 43661 en 2012 ; 30% de taux brut de scolarisation en 1990-1991, il y en avait 79,6% en 2012 ; 23% de taux net d’alphabétisation et de scolarisation en 1990-1991, 62, 2 % en 2012 ; 171 établissements secondaires publics et privés en 1990, mais 1444 en 2011-2012 ; 8815 étudiants du secteur public en 1993-1994, pour 47604 étudiants en 2010-2011 ; dans le domaine de la santé, 314 médecins au Burkina en 1990, contre 738 en 2011 ; 11 CHR/CHU en 1991 contre 13 en 2011 ; dans le secteur macroéconomique : 844 milliards FCFA de PIB en 1990 contre 5085, 4 milliards de CFA de PIB en 2011 ; des recettes de l’Etat qui s’élevaient à 114 milliards de FCFA en 1990 à 1037 milliards de CFA (dix fois plus !) en 2011 ; des avoirs extérieurs nets qui s’élevaient à 66 milliards de CFA en 1990 et qui sont de 700 milliards de CFA en 2011 ; dans le domaine agricole, l’installation du Burkina à la tête du coton mondial est remarquable : de 189543 tonnes en 90-91 à 441057 tonnes en 2012. Et j’en passe ! L’homme qui a impulsé cet immense changement pouvait-il passer inaperçu dans l’Afrique contemporaine ? Conscient que la diplomatie est la sagesse des pays en développement et le gage du doux commerce des nations, le Président Blaise Compaoré aura déployé avec succès au Mali, au Togo, en Guinée, au Libéria, en Sierra-Léone, en Côte d’Ivoire, toute l’expérience des hommes et des choses qu’il a acquise dans la méditation du pouvoir. D’une singulière importance géostratégique, est la position actuelle du Burkina Faso, coincé entre des Etats à stabilité récente ou à instabilité devenue chronique : la Côte d’Ivoire, le Niger, le Mali, l’Algérie, ont besoin d’un Burkina Faso encore inspiré par la fine diplomatie-Compaoré, marquée au coin du réalisme, de la connaissance précise des hommes et des choses, avec la modestie des commençants perpétuels qui aura tranché avec la verbosité peu diplomatique de l’ère révolutionnaire 82-87.            Ne serait-ce pas tragique pour le Burkina Faso, à l’heure où des successeurs de piètre envergure se bousculent aux portes du palais présidentiel,  d’éviter ces chants de sirènes du passé et de prendre un temps de réflexion et de concertation suffisant pour une transition maîtrisée et réussie vers un après-Compaoré qui garantisse à l’Etat qu’il a modernisé sa stabilité et son essor ?

            On l’aura compris. Il ne s’agit point pour moi de défendre l’idée d’une présidence à vie de Son Excellence Blaise Compaoré à la tête du Faso. Il n’en a nul besoin et aucun de ceux qui l’aiment et l’apprécient vraiment ne se méprendra à lui recommander pareil projet. Pourquoi ? Soutenir une telle thèse serait renoncer de fait à l’idée démocratique pour retomber dans un patriarcat politique africain de trop.  Mais gardons-nous pour autant de surestimer les pouvoirs de l’alternance politique. Trop de gens attribuent au peuple burkinabè une maturité de choix et d’action qu’ils n’ont même pas imaginée pour eux-mêmes ! J’insiste seulement qu’un homme d’Etat de l’envergure de Blaise Compaoré qui -  contrairement à d’autres chefs d’Etat africains foncièrement inutiles pour leurs peuples et jamais élus réellement par eux - , est encore si précieux pour son pays et pour notre sous-région ouest-africaine,  ne doit surtout pas être l’objet de tentatives de chantages anti-référendaires ou d’intimidations anticonstitutionnelles. Ce qu’on perdrait à tenter d’insécuriser le président Blaise Compaoré, dont l’ancrage dans le Burkina profond est indubitable, serait infiniment plus coûteux pour son peuple et pour notre continent que ce que l’on gagnerait à dialoguer avec lui et à œuvrer pour qu’il transmette solennellement à la postérité, une union burkinabè encore plus parfaite.

             Je crois que la médiation entreprise ces derniers jours par le Comité des Sages burkinabè est profondément pénétrée de cette évidence. On peut comprendre que certains intellectuels prisonniers de leurs nuées lointaines, et certains opposants politiques habitués à s’entendre avec leurs propres fictions s’en écartent. Notre devoir de penser le phénomène politique burkinabè réel nous impose quant à nous cette incitation à la prudence pragmatique et au bon vieux bon sens. Car l’avenir du Burkina Faso étant par ricochet celui de la sous-région ouest africaine et celui de l’Afrique, nous ne serons jamais assez méticuleux dans la sauvegarde de ses acquis, si du moins nous  souscrivons véritablement à une éthique de la responsabilité pour les générations futures.

           



[1] Voir « Performances socioéconomiques du Burkina Faso », Rapport 2012, Direction Générale de l’Economie et de la Planification, juillet 2012, Ministère de l’économie et des finances du Burkina Faso

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Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans tribunes politiques
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