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1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 01:44

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Le Général Sanogo au Tribunal de la démocratie malienne

Une tribune internationale de Franklin Nyamsi

Professeur agrégé de philosophie, Paris, France

 

La vie des nations démocratiques est pleine de ces péripéties qui démontrent leur puissance historique. C’est quand la force de la loi juste est remise en cause par la loi de la force injuste que les bonnes volontés qui bâtissent une civilisation moderne sont convoquées au pied du mur de la bêtise rampante. La réplique est alors exemplaire. N’en est-il pas ainsi du Mali contemporain, démocratie conquise de haute lutte contre le système autoritaire du Général Moussa Traoré au début des années 90 par la conjugaison des forces éclairées de l’armée et de la société civile de ce pays aux traditions multiséculaires ? Lorsque la presse annonce le 27 novembre 2013, l’arrestation puis l’inculpation du Général putschiste Amadou Haya Sanogo pour séquestrations arbitraires, crimes et autres violences contre des citoyens maliens, il est à peu près certain que le premier réflexe de l’ensemble de la galaxie médiatico-politique est de douter de cette information, tellement l’homme passe encore pour un imprenable Blockhaus. Or, par recoupements et confirmations successives, l’évidence s’impose et tous ceux qui avaient misé sur les étoiles du dernier général  nommé par le président intérimaire Dioncounda au Mali, se mettent alors à réviser leurs certitudes au soir de ce 27 novembre. L’absence d’images probantes de l’arrestation manifestement musclée, qui auraient volontiers nourri le goût très universel de l’humiliation médiatico-politique des forts en thème, n’aura pas effacé l’inouï de l’événement. La présente tribune s’attache à comprendre ce qui s’est passé en répondant à trois questions : 1) De quelle légitimité le Capitaine Sanogo s’est-il prévalu pour accomplir le coup d’Etat du 22 mars 2012 et que valait ladite légitimité ? 2) Pourquoi le putsch de Sanogo aura-t-il finalement fait long feu, alors même qu’il contrôlait militairement la place de Bamako et psychologiquement la classe politique malienne ? 3) Quelles leçons de choses le général aujourd’hui prisonnier nous permet-il de tirer pour la séquence démocratique actuelle qui irradie toute l’Afrique francophone ?

 

I

De la question de la légitimité du putsch du 22 mars 2012

 

Celui qui était alors le Capitaine Sanogo et ses amis du MP22, dont notamment Oumar Mariko, Aminata Traoré et les agitateurs de la COPA, ont déployé un argumentaire bien singulier pour justifier le coup de force du 21 au 22 mars contre le régime du président Amadou Toumani Touré, démocratiquement réélu en 2007 à la tête de l’Etat malien. On ne saurait comprendre la pomme de discorde malienne sans revenir à ces arguments du camp du putsch, qui posent en toile de fond la question de savoir dans quelles circonstances une partie du peuple ou tout le peuple peut et doit renverser un régime qui a été objectivement et démocratiquement élu. Ils me paraissent résumables en un argument sécuritaire et un argument moral.

Le premier des arguments des putschistes portait sur la situation sécuritaire du Mali. Des rebelles du MNLA, d’Ansar Dine, du Mujao et d’autres coalitions hétéroclites avaient, plusieurs années auparavant montré leur volonté de s’emparer de pans entiers du territoire et de les administrer dans leurs intérêts exclusifs. Le choix de l’administration ATT fut, de bout en bout, de négocier avec eux, tout en engageant autant que faire se pouvait, des projets de développement dans l’immense et très aride nord-malien, dans l’espoir que l’économie apaise la politique et que les idées sécessionnistes de certains Touareg soient amenuisées par la présence généreuse de l’Etat. Or, non seulement cette politique de la douceur généreuse et du consensualisme systématique avait échoué, mais l’armée malienne, plus que jamais, était abandonnée à elle-même, livrée et vulnérable devant les hordes sécessionnistes en mouvement dans ce sempiternel nord à problèmes. Pour Sanogo et ses suiveurs, il fallait donc déloger l’impotent pour redresser la puissance malienne. Cela fut fait du 21 au 22 mars 2012. Mais que vit-on ensuite ? Tout le contraire de la prédiction du MP22. Non seulement la descente aux enfers de l’Etat malien s’accéléra, mais des combats fratricides opposèrent dès la fin avril 2012, les soldats de Kati dits bérets verts, à ceux de Djicoroni, dits bérets rouges, laissant sur le carreau des dizaines de vies militaires et civiles. Dans cette atmosphère de ni guerre ni paix qui s’ensuivit, le MNLA, Ansar Dine, le Mujao et consorts, défirent les dernières garnisons militaires maliennes dans le Nord et commencèrent à descendre en janvier 2013 vers Bamako, au grand dam de la planète entière. C’en était fini de la principale prétention des putschistes maliens à la légitimité. Celui qui se donnait pour le capitaine Courage apparut vite comme un capitaine d’eau douce, davantage habile dans l’art de brutaliser des civils désarmés ou des militaires sans logistique qu’à affronter des hommes redoutables comme les islamistes du nord sur un vrai champ de bataille. Dans Bamako et dans toutes les capitales du monde, le capitaine Sanogo fut unanimement revêtu de la tunique du lâche par excellence, qui ne devait plus le quitter. Il fallait donc se trouver une autre source de légitimité.

Le second des arguments des putschistes du 22 mars 2012 fut moral. Eux, ils représentaient les justiciers du Bien. Le pouvoir ATT incarnait le diable. Pour le Capitaine Sanogo et ses suiveurs, le régime ATT, comme tous ceux qui avaient suivi la chute du Général Moussa Traoré au début des années 90, s’était enlisé dans une corruption généralisée et impardonnable : détournements de fonds, népotisme, gaspillage des budgets, mollesse dans la répression des fraudeurs de tous poils, pratique effrénée d’interminables arrangements ethniques avec les pires dérives, négociations à rétro-commissions avec la rébellion, incapacité de développer durablement le Mali, sous-formation de la jeunesse, délabrement des institutions régaliennes, etc. La démocratie malienne, née des décombres de l’ancien régime autoritaire, s’était transformée, selon Sanogo et Cie en kleptocratie, voire en anarchie.  Il fallait donc faire fi de sa légitimité électorale et la renverser, afin de refonder la démocratie malienne sur des bases plus saines. Telle fut, à l’image de tous les coups d’Etat contre la démocratie en Afrique, l’ultime justification morale choisie par le CNDRE du capitaine Amadou Haya Sanogo pour s’accrocher mordicus au pouvoir. Mais ici encore, les carottes cuisirent très vite pour l’homme fort du camp de Kati. Tous les péchés d’Israël, qu’il attribuait à Amadou Toumani Touré se reproduisirent au cœur de la junte de Kati à la vitesse de la lumière. Le goût du crime facile, les bastonnades et ratonnades qui firent tressaillirent jours et nuits les habitués de la paix malienne, l’ostentatoire enrichissement des leaders de la junte, l’incapacité de la junte à assurer le plein fonctionnement de l’Etat, son impuissance consommée face aux rebelles pourtant inhumains du nord, sa tendance à l’instrumentalisation des bandes de jeunes désoeuvrés à Bamako, mais aussi son choix d’un certain patriotisme qui rappelait un peu trop la gouaille des foules criminelles du régime Gbagbo défunt en Côte d’Ivoire, achevèrent d’isoler l’embryon de régime Sanogo, à la fois dans un pays devenu rétif et craintif,  dans une sous-région franchement hostile à l’attentat antidémocratique du 22 mars 2012 et dans une communauté internationale inquiète de la progression du projet de création d’un Malistan par les milices AQMI)clairement dirigées par les hommes d’Al Qaida au Maghreb Islamique. Le capitaine Sanogo et ses suiveurs conquirent très vite ainsi la palme d’or de l’immoralité politique malienne et de l’infréquentabilité diplomatique internationale. C’en était définitivement fait de leur double prétention à la légitimité politique. Ainsi fut instauré le régime intérimaire du Président Dioncounda Traoré qui devait essuyer les derniers soubresauts des militaristes rassemblés à Kati autour du truculent capitaine à la voix éraillée.

II

L’échec du putsch de Sanogo ou la force des démocraties modernes

 

Il serait pourtant insuffisant d’attribuer la chute du Général Sanogo à la malchance liée aux événements impondérables qui se sont précipités autour d’une prise de pouvoir qui fut finalement facile le 22 mars 2012. En réalité, la faiblesse du capitaine Sanogo venait principalement du capital démocratique accumulé depuis les luttes des années 90 par le peuple malien en général, et la société civile malienne en général. Quoiqu’on dise, l’expérience du choix de ses dirigeants, de l’alternance à la tête de l’Etat, de la chute et de la condamnation durable du dictateur Moussa Traoré, de la libération de la parole médiatique et notamment de l’émergence des libertés des jeunes et des femmes du Mali, toutes ces ouvertures qui rendent un peuple progressivement indocile, finalement, ont eu raison du renouveau autoritariste que voulait incarner Sanogo. La démocratie, ce n’est pas seulement un jeu de pouvoirs et de contre-pouvoirs complémentaires dans l’intérêt de tous. C’est aussi un éthos, un air de civilisation qui crée une conscience collective réfractaire aux régressions vers l’archaïsme originellement rejeté par la communauté politique dans son moment fondateur précédent. Telle est la force intérieure des démocraties modernes, qu’elles ne se laissent point convaincre par la haine de la justice. Nuque raide, elles se réveillent de leur torpeur et reprennent leur marche vers l’émancipation.

Mieux encore, le Mali s’était, bien que toujours comptant parmi les Etats les plus pauvres de la planète, taillé une réputation de terre de paix et d’espérance par son engagement dans le modèle de fonctionnement démocratique. Certes, l’ethnicisme, le népotisme, les maladies endémiques des sociétés africaines contemporaines pour tout dire, étaient loin d’avoir disparu du Mali du trop débonnaire Amadou Toumani Touré. Mais, le fait est que par son choix de l’alternance démocratique au pouvoir comme mode d’accès aux manettes de l’Etat, par son choix de la dialectique des urnes en lieu et place de celle des armes après la chute de la dictature du Général Moussa Traoré dans les années 90, le peuple Malien avait résolument tourné le dos à une aventure nouvelle vers l’ère des hommes forts de l’Afrique obscurantiste. Entre le capitaine Sanogo et le peuple malien, il n’y avait pas qu’un quiproquo, dès lors. Il y avait un hiatus, voire un abîme moral irréductible. C’était finalement lui ou le Mali qui gagnerait ce duel invisible. Il ne pouvait pas y avoir un Capitaine à la tête d’une démocratie, ou c’est la démocratie qui aurait la tête du Capitaine. Voyons maintenant comment elle s’y est astucieusement prise, dame Démocratie malienne.

III

Les trois baisers mortels de la démocratie malienne au Général Sanogo

 

Qui trop embrasse, trop étreint. On ne saurait comprendre la convocation musclée du Général Sanogo par le juge Yaya Karembé le 27 novembre 2013, sans reconstituer quelques épisodes saillants de sa prise en main par les démocrates maliens et par la communauté internationale accourue au chevet du Mali agonisant. A mon sens, le Général Sanogo a été mis en difficulté par trois gestes tactiques de très haut vol, tributaires d’une stratégie de reprise en main dont les maîtres d’œuvres successifs ne sont rien d’autre que les trois derniers présidents démocratiques du Mali : Amadou Toumani Touré, Dioncounda Traoré, et enfin Ibrahim Boubacar Keïta.

Renversé par la troupe violente de Kati conduite par Sanogo, Amadou Toumani Touré achevait un second mandat et ne devait pas rempiler en juin 2012 à la tête de l’Etat malien. Il a donc tôt fait de comprendre que le capitaine Sanogo ne voulait pas seulement prendre le pouvoir, mais humilier dans son entièreté la démocratie malienne instaurée aux lendemains de la chute d’un leader naturel des bérets verts, à savoir le général Moussa Traoré. Faut-il rappeler que ce fut le lieutenant-colonel Amadou Toumani Touré qui déposa le général-dictateur avec l’approbation massive du peuple malien au début des années 90 ? Un air de revanche contre les para-commandos de Djicoroni flottait dans l’atmosphère de ce putsch, tout comme une sourde volonté de réhabilitation de l’ancien régime autoritaire, dont des proches revenaient fortement aux affaires, rendant même le sourire à Moussa Traoré lui-même. ATT choisira donc de céder rapidement le pouvoir, afin qu’un intérim démocratique coupe rapidement l’herbe sous les pieds de Sanogo. Alors qu’il aurait pu mener ses hommes dans un baroud d’honneur sanglant contre Kati, sa stratégie sera de laisser ses troupes au service de Dioncounda et de se faire petit à Dakar au Sénégal. Premier baiser mortel à Sanogo.

A son tour, le professeur Dioncouda Traoré va avoir affaire au terrible bonhomme de Kati. Il va lui céder des places au gouvernement, lui accorder la légitimité du régime intérimaire en le mettant à la tête d’une commission fictive de redressement de l’armée, lui donner tous les honneurs en accordant qu’on le considère dans les ors de la république comme un ancien Chef d’Etat, avec toutes les facilités liées au statut. Le capitaine Sanogo, convaincu d’être l’homme fort de Bamako, ne boudera aucun de ces honneurs et se les offrira du reste avec outrecuidance et bombance. Battu à mort par les hordes lancées par la junte de Kati pour le déloger du palais présidentiel, Dioncounda Traoré se replie à Paris et murit sa stratégie. Il comprend qu’avec Sanogo, une seule solution s’impose : le faire monter si haut que sa chute n’en sera que plus lourde. Le faire monter si haut que le piédestal qui lui sera offert le rendra détestable à sa propre troupe, suscitant ainsi les viles passions des soldats mercantiles qui l’entourent. Par ailleurs, Dioncounda Traoré, dans une passe de grande sérénité, réussit à impliquer la communauté internationale dans le conflit malien, avec notamment l’entrée en guerre de la France, sous contrôle onusien, à Konna en janvier 2013. Il sera le président de la défaite des jihadistes, de loin au-dessus du capitaine d’eau douce sagement resté à Kati pendant toute la campagne militaire. Pourtant, Dioncounda ne lâche pas Sanogo. Avant de quitter la présidence intérimaire du pays après des élections présidentielles transparentes, il bombarde le capitaine Sanogo Général quatre étoiles. Le ver se met alors à remuer dans le fruit de la garnison de Kati qui pourrit à vue d’œil. C’est le baiser mortel de Dioncounda à Sanogo. Obligé de se défendre contre ses propres hommes, le Général Sanogo s’enfonce dans des voies de fait criminelles qui lui valent dès octobre 2013, et notamment le 17 novembre, la citation puis la convocation au tribunal de la démocratie malienne récemment renouvelée par l’élection incontestable d’Ibrahim Boubacar Kéita à la tête de l’Etat.

Le président de la république Ibrahim Boubacar Kéita, à la surprise générale, ne rentre pas immédiatement dans le lard du général Sanogo aux lendemains de sa prise de fonction pendant l’été 2013. Bamako bruit alors de murmures contradictoires. Il laissera volontiers courir la rumeur qu’il est complice de l’homme de Kati, mais dès qu’il y a du rififi entre Sanogo et ses hommes dans son camp retranché, IBK fait déloger le général quatre étoiles et lance une phrase dont le ton fera date : « Nul n’est ne sera au-dessus de la loi au Mali ». Dans le même temps, il dit aux Maliens : « An ka wouli ! » ; « Debout et avançons ! ». La phrase et le slogan annoncent que fort du soutien démocratique du peuple malien et du soutien géostratégique de la communauté internationale dont la présence militaire à Bamako réduit les velléités des hommes de Sanogo au néant, le président Ibrahim Boubacar Kéita n’entend pas laisser un capitaine défier davantage une démocratie malienne qui a vaincu plus farouches hommes que lui. La guerre contre les fondamentalistes au nord a rendu risible la résistance du Général Sanogo à l’Etat malien de nouveau debout, avec l’aide des perfusions militaires et économiques internationales, il est vrai et la solidarité active des Etats de la CEDEAO tout comme de la courageuse armée tchadienne. Pourtant, alors que IBK n’ignore pas qu’après les crimes de la fin septembre 2013, le Général Sanogo ne saurait échapper aux fourches caudines du Tribunal, il dit officiellement lui reconnaître, envers et contre tous, le statut d’ancien Chef d’Etat. Le Général Sanogo, extrait de Kati, se croit alors en situation de défier la justice qui le convoque le 17 novembre 2013, officiellement. En le poussant à cette ultime erreur d’interprétation, Ibrahim Boubacar Kéita venait de donner au Général quatre étoiles son troisième baiser mortel. Menés par le Général deux étoiles Didier Dakouo, un officier qui a tenu courageusement le combat au nord à partir de la place de Sévaré, des militaires armés jusqu’aux dents vont déloger et dit-on, menotter le Général Sanogo dans la matinée du 27 novembre 2013, qui sera manu militari conduit devant le juge Yaya Karembé qui le met en détention. L’annonce officielle le 27 novembre 2013 de l’arrestation du chef de Kati, faite le même jour par le gouvernement malien, laissera Bamako dans un calme plat que ne suivra justement aucune tempête.

Concluons donc cette affaire : la fin enclenchée du Général Sanogo prouve au moins trois choses importantes pour la politique africaine contemporaine : la première, c’est que tous les coups d’Etat et toutes les rébellions ne se valent pas. Sans légitimité politique, ni morale, un coup d’Etat contre la démocratie mérite l’adversité de la démocratie contre ses auteurs. Ces derniers ont tort de la sous-estimer. La deuxième leçon, c’est que la démocratie, et elle seule, peut justifier les luttes les plus sacrificielles des temps africains contemporains, car la finalité qu’elle incarne annonce une ère de respect des droits de l’Homme et du citoyen, que les dictatures méprisent et écrasent. La troisième leçon, c’est qu’il sera de plus en plus difficile, en Afrique aussi, de s’improviser chef de l’Etat. L’interdépendance des régions africaines, mais aussi la planétarisation des enjeux politiques, économiques et sécuritaires sont telles que les grandes puissances du monde n’auront aucun intérêt à laisser émerger, dans leurs zones de vulnérabilités, des débrouillards de la chose publique, qui se réfugient derrière un patriotisme de pacotille pour confisquer les aspirations modernes de leurs peuples. Suivez-moi du regard…bien sûr.

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Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans analyses sociales - politiques - économiques
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commentaires

de bremondieres 06/12/2013 20:38

La belle démocratie seleka en Centrafrique !!! Elle irradie !!!