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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 01:40

 

Dialogue avec Guillaume Soro 7 juillet 2012 001

Une chronique de Franklin Nyamsi

Agrégé de philosophie

Paris, France

 

Malgré les soubresauts ponctuels et sanglants que les soldats de l’ordre ivoiritaire ancien imposent à la nouvelle Côte d’Ivoire, les élections présidentielles de 2010, les législatives de 2012, et bientôt les municipales de ce pays auront opéré un renouvellement politique spectaculaire et profond de son armature citoyenne. Comment s’étonner dès lors que la Côte d’Ivoire inspire tant de plumes ? Telle une immense spirale sur l’océan infiniment mouvant des opinions africaines, le changement politique opéré en 2010 en Côte d’Ivoire continue d’irradier les consciences du continent noir, soulevant craintes et espoirs divers. On peut avec raison considérer comme précieuse pour tous les Africains francophones, l’expérience démocratique d’un des pays phares de ce qu’on appelait encore de fraîche date le pré-carré français, qui devient lentement sous nos yeux le pré-ouvert moderne  du génie collectif des Africains. Une constante s’impose : la rengaine victimaire de l’anticolonialisme dogmatique s’avère nettement en décalage par rapport aux exigences du temps présent. La pensée politique du présent africain a opéré un glissement critique vers une problématique plus originale que l’opposition binaire entre l’Afrique des héritiers-néocolonialistes et celle des nationalistes-souverainistes. La vieille distinction tranchée entre Etats africains souverains et Etats africains néocoloniaux, héritée de la Guerre Froide, a fait long feu. En soixante années d’indépendances, on a eu le loisir de constater que l’acquisition de la pleine souveraineté nationale ne s’accompagnait pas nécessairement de progrès politiques, économiques et moraux spectaculaires. Nos anticolonialistes dogmatiques ont gouverné en Lybie, en Côte d’Ivoire, au Zimbabwé, en Guinée, au Ghana, avec toutes les dérives qu’on sait. De la même façon, on a pu mesurer les limites d’un modèle de vassalité, dit de la Françafrique, qui infantilise à outrance les jeunes Etats africains ainsi maintenus sous perfusion tutélaire, débarrassant leurs dirigeants de la pleine conscience de leur responsabilité dans le devenir collectif de leurs communautés nationales. Le gaullisme africain est décédé. L’Afrique prolongation naturelle de la France, telle que la concevaient, avec des nuances diverses certes, les Houphouët, Bongo, Ahidjo, Sassou, Eyadéma, Biya ou Bokassa, est désormais surannée. Ni électron libre dans un espace indéterministe, ni pantin d’une histoire décidée ailleurs, l’Afrique en 2012 s’avère arrimée à un nouveau paradigme.

Du coup, quel visage politique l’Afrique contemporaine se dessine-t-elle ? Je voudrais répondre ici à cette question en m’appuyant sur la signification de la jeune démocratie ivoirienne pour toute l’Afrique francophone en mutations profondes. On peut d’ailleurs étendre cette projection sur les révolutions récentes d’Afrique du nord. La Côte d’Ivoire, par la visibilité et la lisibilité exceptionnelles des vingt dernières années de son histoire politique, offre à l’analyste une sorte de miroir où se réfractent les grands contours du monde nouveau où des générations neuves d’Africains  devront se mouvoir en ce 21ème siècle. La thèse que je développe dans la présente tribune est donc la suivante : l’expérience démocratique ivoirienne nous apprend que nous sommes désormais installés en postcolonie, dans un monde où les Africains ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes s’ils ne se tirent pas de leurs impasses économiques, sociales, culturelles et politiques. La vraie contradiction de notre temps est celle qui oppose la dictature à la démocratie, tandis que l’ancienne contradiction opposait les Etats dits souverains aux Etats dits vassaux, autrement dit l’Afrique à l’Occident. Est-ce donc à dire que la question du droit des peuples et Etats africains à disposer d’eux-mêmes est évacuée par la nouvelle problématique démocratique ? Ma réponse, là encore, est un peu complexe : j’affirme que si la contradiction principale de notre temps oppose désormais le phénomène dictatorial au phénomène démocratique, l’enjeu de souveraineté n’a pas disparu, mais dépend désormais largement du seuil démocratique franchi par une communauté politique en procès d’émergence. Il dépend en outre de la reconfiguration de l’Etat africain en Etat national d’intégration sous-régionale et à vocation cosmopolitique. Autrement dit, la question de la seconde indépendance de l’Afrique dépend désormais de celles de la démocratisation et de l’intégration régionale en Afrique, et non l’inverse, comme le prétendent les propagandistes de l’anticolonialisme dogmatique.

 

L’endogénisation ouverte de la politique africaine francophone

 

La crise politique ivoirienne, venue de la fin pénible des années 80, provenait de la combinaison de plusieurs paramètres critiques : à l’aggravation des difficultés du modèle socio-économique d’agriculture de rente mis en place dans les années soixante, se greffaient les contestations du monolithisme politique dominant, mais aussi la demande de reconnaissance de groupes sociaux longtemps tenus pour subalternes dans l’ancien équilibre des temps de vaches grasses. Ce qui est apparu nettement dès lors en Côte d’Ivoire, c’est la capacité propre des acteurs internes ivoiriens à faire et défaire les majorités politiques gouvernantes. La guerre successorale de l’après Houphouët-Boigny symbolise dans les années 90, comme celle qui aura opposé Paul Biya aux partisans d’Ahmadou Ahidjo au Cameroun dans les années 80, le pouvoir intrinsèque des Africains d’élaborer des stratégies de conquête, de conservation, de contestation, voire de destruction de l’autorité établie. Loin de se réduire aux jeux d’échecs organisés dans la cellule foccartienne de l’Elysée, les mécanismes mis en branle par les entrepreneurs politiques ivoiriens réussissent à échapper à la maîtrise supposée de l’ancienne puissance coloniale, qui s’initie dès lors à l’art de faire avec l’existant. En posant en termes d’alternance démocratique, et non plus en termes de succession dynastique la question de l’accès à la magistrature suprême, les manœuvres du FPI de Laurent Gbagbo, du RDR d’Alassane Ouattara, puis celles de l’UDPC de Robert Guéi, voire du MPCI de Guillaume Soro, indiquent clairement que les Africains se sont réappropriés l’essentiel des cartes du poker politique de leurs pays. Certes, les exemples archaïques de pays francophones où des successions dynastiques ont réussi jusqu’ici à s’imposer témoignent de la persistance éperdue du modèle ancien, dans les décombres de sa ruine dans les opinions. On pourrait croire, à la force de ces soubresauts d’agonie, que la Françafrique est éternelle. Mais, la Côte d’Ivoire, avec le Sénégal, le Niger, le Mali, le Bénin, notamment, nous rappellent que le paradigme des présidents-héritiers ne convainc même plus ses bénéficiaires. Si depuis 1993, la Côte d’Ivoire, grand pays d’Afrique francophone a connu quatre présidents de la république, c’est bien parce qu’il y a une norme qui a été inconsciemment ou consciemment rompue dans toutes les opinions francophones : le pouvoir doit être rendu aux peuples afin que les peuples le délèguent aux dirigeants. Désormais, la norme démocratique prime sur la norme dynastique.  Si l’on ajoute à ce processus les acquis des luttes démocratiques d’Afrique australe et d’Afrique du nord, il devient clair que les peuples africains feront de plus en plus leurs dirigeants, au moins autant que les dirigeants continueront d’influer sur la santé de leurs peuples. On peut donc, en contemplant le miroir politique ivoirien, parler à juste titre d’une endogénéisation ouverte de la politique africaine francophone.

 

La puissance française, variable stratégique des acteurs endogènes

 

Certes, on ne gouverne pas un grand Etat d’Afrique francophone en faisant fi de la France, ou en la défiant pompeusement. Il y a des David que les Goliath écrasent. La politique n’est-elle pas la saine appréciation des réalités tangibles et l’usage conscient des possibilités d’autonomie qu’elle nous concède ? La puissance française, il importe de s’en pénétrer encore, demeure dans le cadre de la répartition géostratégique des zones d’influence planétaire entre vainqueurs de la seconde guerre mondiale, le géant politique qui garde l’œil ouvert sur l’Afrique noire francophone. L’équilibre des grandes puissances décidant des grands axes de la politique planétaire est en ce sens un paramètre objectif qu’une dénonciation émotionnelle ne suffit pas à prendre en charge. Mais, ce que la Côte d’Ivoire nous apprend aussi,  à travers la présence de la Chine, de la Russie, des Etats-Unis, mais aussi du reste des puissances politiques africaines (Nigéria, Afrique du Sud, CEDEAO, UA) dans son équation politique, c’est que le pré-carré français d’Afrique est dans tous les cas devenus un grand pré-africain ouvert, où la diversification partenariale issue de la mondialisation économique et progressivement reconnue dans les nouveaux accords franco-africains, tourne à plein régime, offrant d’autres registres d’ancrage aux élites gouvernantes et entrepreneuriales.  On peut du reste prévoir qu’à court terme, le commerce avec l’Amérique du Sud anime l’Atlantique Sud qui relie de nombreux Etats du Golfe de Guinée au grand Brésil en émergence, tout comme on voit l’océan indien devenir l’axe de l’ouverture de l’Afrique australe vers l’Asie. Ne peut-on pas aller plus loin ? Ce que prouve l’expérience démocratique de ces vingt dernières années ivoiriennes, c’est bien aussi la capacité des élites africaines francophone de tous bords à rivaliser dans l’intégration de la puissance française comme variable d’ajustement de leurs propres stratégies et intérêts dans la prise, la conservation ou la destruction de l’autorité politique. Qu’on ne s’y trompe donc pas : si Laurent Gbagbo - dont les partisans, à la remorque des thèses faciles d’un Charles Onana crient au complot de la France contre la Côte d’Ivoire – avait pu obtenir l’aval des forces françaises pour écraser l’opposition du RHDP et entériner son élection au forceps en 2010, il n’aurait pas hésité une seconde à le faire. La sollicitation de l’aide militaire française contre la rébellion du MPCI en 2002, l’appui des socialistes français en 2000, le secours des Instituts de sondage français, le recours au duo Vergès-Dumas, ou à certaines figures de l’extrême-droite française, sont autant de manœuvres que l’on peut comparer à la maestria avec laquelle l’alliance du RHDP a obtenu le bombardement des forces pro-Gbagbo par l’aviation française sous pavillon onusien. Gbagbo a simplement échoué dans sa tentative de s’approprier la variable géostratégique française contre ses adversaires, probablement en raison de la crise de confiance créée par sa pseudo-défiance envers la puissance française, mais aussi parce qu’il n’a jamais imaginé que la France veuille désormais négocier ses intérêts ivoiriens avec le président véritablement élu par les Ivoiriens. Par voie de conséquence, la lutte démocratique ivoirienne nous apprend que loin de subir unilatéralement la France, les élites politiques africaines, davantage que par les actes de générosité discrets des satrapes africains envers des élites françaises corrompues, ont acquis l’extraordinaire aptitude à faire agir la France en convergence avec leurs intérêts, stratégies et tactiques propres. Pour tout dire, les politiques africains ont leurs Foccart africains, parfois plus habiles que Foccart ne le fut.

 

Voix des urnes et voie des armes : vivre ou mourir pour la démocratie

 

L’expérience démocratique ivoirienne a abouti à l’asservissement progressif de la voie des armes à la voix des urnes. L’expérience historique africaine du 20ème siècle nous avait habitués à disjoindre ces deux horizons. Pourtant, dès le coup d’Etat de 1999, le Général Guéi n’obtenait une année de répit que parce que la jurisprudence venue d’Amadou Toumani Touré au Mali lui était devenue norme opposable. L’ancien coup d’Etat africain a fait long feu. Il suffisait alors de prendre le palais présidentiel, la radiotélévision, les garnisons stratégiques, l’aéroport, de feindre de contrôler les frontières du pays, et le tour était joué. Un nouveau président, reconnu bon an mal an par les Africains puis le reste de la communauté internationale, était installé au pouvoir jusqu’au probable coup d’Etat suivant, ou jusqu’à sa mort. Désormais, la jurisprudence malienne nous apprend que la légitimité des armes est soumise à la mise en œuvre effective et objective de la légitimité des urnes. N’est-ce pas la raison pour laquelle le MPCI de Guillaume Soro ne se transformera pas en parti politique, pour ne pas faire oublier que sa finalité et la restauration d’un jeu démocratique national effectivement ouvert à tous les Ivoiriens, sans considération d’origine, de religion, d’ethnie ou d’idéologie ? La Côte d’Ivoire contemporaine apprend aux Africains que toutes les coalitions civiles ou militaro-civiles motivées par l’instauration de processus démocratique de désignation des dirigeants en situation de dictature sont conformes au paradigme dominant désormais l’éthique politique sur le continent et à travers le monde. Soumettre la voie des armes à la voix des urnes, c’est clairement se révolter au nom d’un idéal partagé par-delà les frontières de la nation et du continent, l’idéal démocratique, dont le professeur Raymond Aron me semble avoir donné la formulation la plus pragmatique possible dans son cours célèbre, L’Introduction à la philosophie politique : « L’organisation pacifique de la concurrence en vue d’exercer le pouvoir ». Pour aboutir à cette paix de la démocratie, Aron ne nie pas que des guerres aient parfois été nécessaires. Cela signifie donc in fine que la démocratie comme finalité, est la suprême raison collective de vivre ou de mourir de notre temps, car elle s’impose comme la seule forme d’organisation politique qui puisse réduire drastiquement l’impact de la violence, résoudre les conflits entre groupes politiques rivaux par des mécanismes objectifs de distribution de l’autorité politique, prévoir les conditions d’alternance, les droits de l’opposition, les conditions de protection de l’entreprise individuelle et collective, mais aussi le respect pour tous des libertés fondamentales de la personne humaine.

 

Anticolonialistes critiques et anticolonialistes dogmatiques

 

Du coup, la concurrence, voire la défiance politique africaine contemporaine se déroule désormais entre deux camps précis. 1) Celui des anticolonialistes dogmatiques, qui se réfugient derrière les grilles de lecture écornées d’un nationalisme qui absolutise sans sourciller les frontières des colons qu’il était supposé précédemment combattre. Ils aspirent à gouverner leurs Etats sur le fond d’un nationalisme souverainiste qui a l’inconvénient de s’isoler en outre dans une conception exclusiviste de la nation. Les dérives des Mugabe, Kadhafi  et Gbagbo et de leurs littérateurs respectifs les ont ardemment préparé à la fosse du temps. Les épousailles entre le FPI de Laurent Gbagbo et la doctrine de l’ivoirité élaborée par les intellocrates du régime d’Henri Konan Bédié aura coupé pour de longues années les socio-démocrates ivoiriens de l’humanisme internationaliste  du courant auxquels ils disaient avoir adhéré. 2) Celui des anticolonialistes critiques ou démocrates, qui s’efforcent de produire une éthique africaine de la démocratie comme présupposé fondamental de la conquête d’une réelle autonomie de pensée et d’action pour les collectivités politiques africaines. Ils ont compris que les nations issues des frontières coloniales sont obsolètes et qu’il faudra, sans pour autant nier la pluralité des identités collectives, voire l’existence effective d’une multinationalité africaine, penser leurs républiques dans de grands ensembles régionaux et continentaux intégrés sur les plans économiques, socioculturels, écosystémiques et politiques. L’Etat-Nation de l’Afrique du 21ème siècle pour lequel la nouvelle majorité politique ivoirienne travaille sera sans aucun doute un Etat-National intégré dans un sous-ensemble régional ouest-africain homogène, capable de participer d’une action politique locale et continentale efficace et bénéfique à ses populations. L’Etat-Nation ivoirien qui se construit sous nos yeux irradiera sur toute l’Afrique et autant que possible sur la planète entière, en assumant son identité comme entité spécifique ouverte à une vision cosmopolitique du local, tout comme à une vision locale de l’international. Ce sera, pour reprendre une métaphore du penseur de la créolité Edouard Glissant, un Etat ancré dans le Tout-Monde.

 

Guerre et paix légitimes et illégitimes

 

L’expérience ivoirienne nous apprend que toutes les guerres africaines ne se valent pas. La guerre africaine légitime de notre temps est celle que le camp des démocrates  et républicains africains doit livrer à celui des despotes archaïsants, pseudo-anticolonialistes. Il s’agit d’abord d’une guerre morale, d’un conflit de principes ultimes qui justifient le risque suprême. Qu’elle se configure comme lutte civique pour l’accès à de nouveaux droits ou pour la défense des libertés fondamentales, ou comme lutte armée menée pour l’émancipation des masses citoyennes violentées par de cyniques despotes, la guerre africaine qui promeut la naissance de cités bienfaisantes, est juste. Elle relève de la sphère des sacrifices pour la vie. Sa légitimité vient précisément du type de paix qu’elle recherche : un vivre-ensemble dans l’égalité, la liberté et la solidarité des personnes, sous l’égide d’institutions fortes tempérant les tentations des hommes forts. Par contre, la guerre africaine illégitime est celle qui est faite au nom d’un idéal nationaliste éculé, quand on sait comment sont nées nos nations africaines actuelles. Ce type de guerre haineuse est foncièrement injuste et ténébreuse. Elle relève de la sphère des sacrifices pour la Mort. Elle est illégitime quand elle veut conforter le règne de l’exclusion, de la violence des escadrons de la mort, de la xénophobie interafricaine, du mépris des Africains par ces mêmes imposteurs idéologisants Africains qui se voient trop tôt dans la peau d’un Lumumba ou d’un Um Nyobé que chacun de leurs actes quotidiens contredit pourtant allègrement. Pour le dire autrement, faire la guerre pour combattre les ravages sanglants de l’ivoirité, comme l’ont fait Guillaume Kigbafori Soro et ses compagnons du MPCI, ce n’est pas exactement la même chose que faire la guerre pour rétablir l’abjection ivoiritaire, comme s’y essaient aujourd’hui les acteurs de la nébuleuse pro-Gbagbo, des Laurent Akoun, Abel Naki, Hervé Blé, Charles Blé Goudé, Koné Katinan,  Gouanou, etc.  La guerre pour l’ivoirité ne vaut pas la guerre contre l’ivoirité, puisque la guerre pour la dictature ne vaut pas la guerre pour la démocratie. La paix voulue par les Refondateurs ivoiriens ivres de revanche, désireux de reprendre le pouvoir de la manière dont ils estiment l’avoir perdu, confond l’usage des armes pour la justice à l’usage des armes pour l’injustice. Ils confondent De Gaulle et Hitler, Mandela et Botha, Che Guevara et Batista.

 Or, l’une des leçons d’une défaite militaro-politique, n’est-ce pas qu’elle exige, à tout le moins, avant de reprendre éventuellement le combat, de se demander si la cause pour laquelle on risque sa vie en vaut vraiment la peine ? La démocratie ivoirienne, par ses succès et ses ratés, par ses avancées et ses hésitations, témoigne si bien de l’Afrique francophone qui se cherche que ceux qui sauront rester à son écoute, auront sans doute une longueur d’avance certaine sur l’avenir des satrapies d’Afrique centrale francophone, comme des rares poches de despotisme qui persistent en Afrique de l’Ouest. Il va falloir savoir scruter ce miroir, ce microcosme qui reflète notre macrocosme, car ce qui se passe en Côte d’Ivoire en bien, comme en mal, est probablement l’indice vivant de l’histoire imminente de l’ensemble de l’ex-pré carré français, désormais devenu un grand pré africain ouvert. A bon entendeur, comme à bon voyant, salut !

 

 

Ps : A paraître bientôt aux Editions Balafons à Abidjan, un livre revient sur les thèses développées dans cet article. Le livre s’intitule «  Pour un anticolonialisme critique & contre l’anticolonialisme dogmatique ». Ecrit par les professeurs Franklin Nyamsi et Alexis Dieth, il est préfacé par le professeur Augustin Dibi Kouadio de l’Université d’Abidjan et postfacé par le philosophe politique Paul Aaron Ngomo, de New York.  

 

 

 

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