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21 avril 2011 4 21 /04 /avril /2011 18:43

Le Crépuscule de Gbagbo, l’Aurore d’Ado et l’Horizon de la Côte d’Ivoire

(Suite de la série, deuxième partie)

II

 

L’Aurore d’Alassane Dramane Ouattara 

 

« On ne jette des pierres qu’à l’arbre chargé de fruits. »

 

            Nous avons choisi l’image de l’aurore pour décrire la fulgurante ascension d’Ado dans la trame de son pays natal. La métaphore solaire que nous convoquons est celle d’une petite lumière, vacillante, qui progressivement, contre et malgré toutes les épreuves destinales infligées par les éléments naturels et psychiques déchaînés, s’affirme, grandit, s’impose, majestueuse, au cœur du foyer créateur d’un peuple. Il faudrait une nouvelle théorie du foco pour comprendre les forces symboliques qui se sont éveillées en Côte d’Ivoire. Cette théorie s’inspirerait d’une approche de la différence, d’une politique de la sensibilité à l’altérité, d’une politique du sacrifice pour l’émergence abondante de la vie.

            L’histoire d’Alassane Dramane Ouattara ressemble à celle des héros légendaires des contes africains depuis l’Egypte négro-pharaonique. Il est celui qu’on n’attendait pas, le mutilé qui sans cesse se reconstitue,  le personnage hors-cadre que rien ne préfigure, l’intrus d’un temps qui finalement se révèle être celui par qui se produit l’intelligibilité du Grand Œuvre qui couvait.  M’inspirant de la métaphore symbolique du philosophe ivoirien Augustin Dibi Kouadio, je parlerais volontiers de Ouattara comme de « la pierre  rejetée par les bâtisseurs, devenue angulaire ». Comme Héraclite le vieux philosophe Grec répondit à un visiteur intrigué de le trouver dans la poussière banale d’un four à pain, on peut dire de la vie de cet homme ordinaire né en 1942 dans la bourgade Akan de Dimbokro : « Ici aussi, les dieux sont présents ». En langage de course hippique, c’est le tocard qui enlève la mise, là où les chevaux de référence semblaient avoir sécurisé à jamais la victoire. Les ivoiriens l’ont appelé à cet égard « le brave Tchê ,  pissanci », pour signaler son exceptionnel kairos, sa baraka, sa sérénité exceptionnelle face au danger. Et le sociologue Abdou Touré n’hésite pas à proposer une interprétation inédite du nom du personnage, qu’il définit comme  « Le pur, le beau, le bon, celui qui pardonne et qui recèle en lui la force et la puissance  pour entreprendre tout projet ». Voilà, pour la part d’impondérable, pour l’auréole énigmatique dont cet homme, comme toute figure historique capitale, traîne incontestablement le halo. Mais nous devons, tout en prenant acte de leur valeur de témoignages,   transcender ces éléments de fascination pour procéder aux mesures froides de la réflexion sur le sens de l’émergence d’Ado au cœur de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire.

            Loin donc de vouloir ici dresser une hagiographie de l’homme - style d’écriture pour lequel nous avouons notre indocilité et notre indisponibilité- nous voulons cependant comprendre, par-delà la gloire parfois bien éphémère des victoires politiques, les raisons profondes de la victoire historique d’Alassane Dramane Ouattara. Nous les énoncerons au préalable, sans prétention à l’exhaustivité. Pourquoi cet homme émerge-t-il des ruines de la bataille de Titans qui se livre en Côte d’Ivoire depuis la mort du président Félix Houphouët-Boigny ? Osons le dire et attachons-nous à le prouver. A notre sens, Ouattara devient le 5ème Président de la République de Côte d’Ivoire à cause : de la force d’un destin ; du fait de ses capacités psychologiques, intellectuelles et managériales remarquables ; du fait de sa conception spécifique de l’houphouëtisme ;  du fait qu’il incarne les frustrations du drame de l’ivoirité et se situe au cœur du nœud moral de son pays ; du fait de ses alliances nationales efficaces avec le RHDP, les FN, le MFA et l’UDPCI ; du fait de ses alliances internationales efficaces avec les dirigeants des Grandes Puissances Occidentales, mais aussi de ses rapports de solidarité avec de nombreux dirigeants de grandes organisations internationales, notamment dans les monde économique et précisément financier ; mais surtout, fait majeur, grâce au soutien remarquable dont il bénéficie de la part du peuple cosmopolitique de Côte d’Ivoire. Analysons donc ces raisons.

 

            1°Le destin, c’est ce que je suis devenu indépendamment de ce que j’ai fait. C’est l’effet du cours des choses dans la trame de l’action humaine. Assurément, il y a de cela dans tout parcours de vie en général, et davantage dans les vies singulières des hommes politiques. Pourquoi ? Pour la raison que voici. Parce qu’elles mobilisent davantage de forces convergeant vers elles, en bien comme en mal, les vies des hommes politiques sont lourdement lestées par le destin. Sans cesse, elles croisent aux carrefours de l’existence, des forces négatives et positives qui contribuent à faire et défaire leur destinée. Les vies ordinaires sont parfois le théâtre exceptionnel d’un tel acharnement des circonstances, cela dit. Mais la récurrence de ce phénomène de convergence de forces destructives et positives est en moyenne plus élevée dans les carrières politiques que dans toutes les autres. Ainsi en est-il d’Alassane Dramane Ouattara. C’est sans doute cette convergence destinale, traduite par le concept de providence, que le philosophe chrétien Augustin Dibi Kouadio veut saisir quand il observe profondément : « La Providence ne peut descendre pour nous parler. Elle nous a fait déjà grandement signe, à sa manière. Elle est certaine qu'elle a mis en nous et hors de nous, suffisamment ce qu'il faut pour lire ses volontés, et accueillir ce jour qui vient, non pas terne et morne comme les autres, mais radieux, irradiant à l'image d'un axe de diamant. »

 

            Le destin, dans la vie des hommes politiques de premier rang, n’est par contre rien sans leurs efforts. Il a besoin du contrepoint structurant de la destinée pour apporter sa part. Louées par un Laurent Gbagbo qui s’avérera finalement être son pire adversaire et ennemi, les qualités de résistance physique et psychologique, mais aussi de pertinence intellectuelle d’Alassane Ouattara sont incontestables. Nul besoin d’en faire l’homme le plus intelligent de Côte d’Ivoire ! Il faut et il suffit de constater que rien de ce qui lui est arrivé n’aurait pu le conduire à ses fonctions actuelles sans sa part d’abnégation, de rationalité, parfois de ruse et de sang-froid, mais surtout de capacité de matérialisation des projets en actes. Les témoignages de ses amis et de ses ennemis insistent ainsi sur sa capacité redoutable de travail et de réalisation. Manager, formé dans les meilleures écoles américaines de gestion des hommes et des choses, Ouattara s’annonce d’abord dans l’histoire politique de Côte d’Ivoire comme le restaurateur destinal de l’Etat en faillite, au début des années 90. C’est d’abord le bon père de famille, gestionnaire rigoureux et parfois implacable qui tiendra le gouvernail du navire-Ivoire en péril au moment où périclitent les forces physiques et mentales du père contesté de la Nation Ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny.  Et l’on se rendra vite compte qu’à la mort de son mentor en 1993, après trois années d’exercice du poste de Président du Comité Interministériel qui était de fait une présidence de la République par intérim, Ouattara était déjà de fait un présidentiable ivoirien. Situation qui le livrera de fait aux rivalités de la querelle de succession parmi les houphouétistes d’une part, et face à l’opposition du Front Populaire Ivoirien de Laurent Gbagbo, d’autre part.

 

            3°L’histoire de l’houphouétisme nous offre ainsi la troisième clé du succès d’Alassane Ouattara. Gouverneur de la BCEAO à Dakar quand le Président Houphouët-Boigny l’appelle à la tête du Comité Interministériel de Côte d’Ivoire, Ouattara commence certes sa carrière politique avec la bénédiction de quatre puissances mondiales de premier plan et le choix réfléchi d’Houphouët-Boigny lui-même : a) la France, ex-puissance colonisatrice de la Côte d’Ivoire, tutrice monétaire des économies de l’UEMOA, qui maintient sa présence stratégique dans le pays, en renégociant avantageusement avec Houphouët-Boigny les termes de l’ancien pacte colonial ; b) les Etats-Unis, où Ouattara a suivi ses études et contracté son premier mariage, tout en gardant de précieuses amitiés et entrées ; c) la Grande-Bretagne et par extension l’Union Européenne, dans le cadre de l’Alliance Transatlantique, mais aussi dans le cadre du partage des zones d’influence avec la puissance coloniale française en Afrique ; d) la CEDEAO, où Ouattara a su s’assurer le soutien du Nigeria, du Sénégal et du Burkina Faso, appuis non-négligeables dans le jeu stratégique sous-régional. C’est au cœur du jeu de ce ces quatre puissances que l’houphouëtisme originel avait lui-même tissé sa voie : celle d’une autonomisation progressive de la Côte d’Ivoire à travers son développement économique, à travers une idéologie de l’unité nationale fondée sur la pratique du parti unique, mais aussi une culture de paix et de négociation interne appuyée sur un appareil sécuritaire solidement encadré par la présence française. Cette question de la souveraineté totale des ex-pays colonisés, encore suspendue à la fin non-advenue de la Françafrique, méritera qu’on y revienne plus tard dans cette étude (3ème partie, à venir ).Constatons cependant que technocrate, libéral, pas idéologue radical pour un sou, Ouattara avait  le profil idéal du job défini de manière consensuelle par Houphouët et ses alliés étrangers : bien gérer l’Etat menacé par la crise des matières premières et la corruption endémique, améliorer la compétitivité de l’économie ivoirienne en péril, négocier le vent des libertés des années 90 en concédant une ouverture satisfaisante du domaine politique. Il devait ainsi assurer la continuité et les ruptures de l’houphouëtisme.

            On sait aujourd’hui que Ouattara mena, tant bien que mal, les trois tâches de bonne gouvernance, de lutte contre la corruption d’Etat et d’amorce d’ouverture politique. Certes, Laurent Gbagbo et ses proches du FPI pâtiront de la main de fer du régime PDCI craquant de toutes parts, tout comme les syndicats estudiantins et de fonctionnaires payeront leur part de sacrifices à la lutte pour le multipartisme. Nous sommes loin de partager la thèse selon laquelle, c’est de bonne grâce que le parti unique d’Houphouët accepta le retour à la compétition pluraliste. Mais, si c’est à la lutte farouche et déterminée du FPI, du SYNARES et de la FESCI qu’on doit principalement la libéralisation de la vie politique ivoirienne en 1990, de nombreux témoignages indiquent pourtant par ailleurs qu’Alassane Ouattara représenta, dans le camp du PDCI, la tête de file des partisans de la restauration du multipartisme prévu dans la Constitution de Côte d’Ivoire. Contre l’aile conservatrice du PDCI représentée alors par les Camille Alliali, Pierre Kipré, Henri Konan Bédié,  qui concevaient tous la succession présidentielle en termes de transmission quasi-héréditaire du pouvoir, Ouattara eut l’audace d’apporter à l’houphouëtisme une nouvelle altérité politique : tout en veillant de façon intransigeante à l’ordre public, il insista auprès du Président Houphouët pour accepter la revendication principale de l’opposition (le retour au mulitpartisme) et fit comprendre par là que le mode d’accès au pouvoir d’Etat en Côte d’Ivoire devrait, tôt ou tard, dépendre de l’expression de la souveraineté populaire par des élections justes et transparentes. L’houphouëtisme de Ouattara lui est donc spécifique en cela même qu’il ajouta aux leviers préférés du premier président du pays, l’idée que la démocratie et le libéralisme économique étaient parfaitement compatibles avec les objectifs de paix, d’unité nationale et de prospérité collective que l’homme de Yamoussoukro privilégiait. Et si Laurent Gbagbo est incontestablement le « monsieur-multipartisme » de son pays, Ouattara ne fut pas sur ce point, réellement opposé à lui.

            4°La bataille politique dans laquelle la succession d’Houphouët place résolument Alassane Ouattara dès 1992 n’est donc pas seulement une lutte personnelle pour la conquête du pouvoir suprême. Elle comporte un enjeu de civilisation majeur pour toute la Côte d’Ivoire, à savoir la mise en place d’institutions politiques, sociales, économiques et culturelles qui assurent réellement, sans discrimination, une citoyenneté ivoirienne arrimée aux normes d’égalité, de liberté et de solidarité qui fondent partout ailleurs les véritables démocraties représentatives inspirées de la tradition du libéralisme politique occidental. Dans ce combat d’un type nouveau, Ouattara se retrouve dès cette période au cœur même de la plus grande fracture symbolique que la Côte d’Ivoire ait jamais connue, l’idéologie de l’ivoirité. Non seulement, les premiers emplois de cette notion au début des années 90 par Pierre Kipré le visent, mais l’ivoirité va entièrement inspirer l’argumentaire nauséabond des rivaux politiques successifs de Ouattara dans la conquête de la magistrature suprême de son pays. Bédié, Guéi, Gbagbo, en useront, mais à chaque fois, sans y réussir, contre toute attente.       Dans un pays constitué d’une immigration sous-régionale de près de 30% de la population, la doctrine de l’ivoirité fera de Ouattara qui est pourtant de père et de mère ivoiriens et nés en Côte d’Ivoire,  le représentant de tous les citoyens spoliés et menacés de spoliation identitaire en Côte d’Ivoire. Les populations étrangères vivant sur le sol ivoirien s’identifieront massivement à lui, espérant que son avènement au pouvoir les protège contre les pogromes annoncés. Son parcours mondial, l’œcuménisme de sa vie privée, son extraordinaire capacité à organiser à travers le RDR la résistance des exclus de la Nation, font rapidement de lui, l’homme des métissages, le porte-voix de la Côte d’ivoire plurielle, le médiateur qualifié entre la Côte d’Ivoire et les autres pays ouest-africains, l’homme de l’ouverture cosmoplitique de son pays au monde. Dès cette époque, des foules immenses de Côte d’Ivoire cesseront de voir en cet homme le nordiste, le dioula, le musulman, l’ex-résident de Haute Volta. Elles y verront désormais un homme central, Ouattara aura résolument acquis dans l’imaginaire de son pays et des observateurs extérieurs, la carrure de Président de la Côte d’Ivoire. Et les mots du philosophe Dibi Kouadio, commentant la position intermédiaire d’Alassane Ouattara à l’issue du 1er tour de l’élection présidentielle 2010 résonnent encore dans notre esprit : « Le Premier ministre Alassane OUATTARA se situe à un lieu médian : il est là, au milieu, en cet espace absolu de la médiation où les choses germent dans le silence avant que de s'offrir à la lumière du jour. Il est là, au milieu, en ce lieu de rassemblement du divers de la chose publique, où le pain est proposé pour être simplement rompu et partagé. Il est là, au milieu, comme la pierre rejetée par les bâtisseurs, devenue la pierre angulaire, à l'image de MARIE MADELEINE, de BARTIMÉE, de ZACHÉE, de toutes ces personnes que nous excluons loin de notre horizon, dans l'exil de l'indifférence et de la haine, et que la Providence recouvre de son manteau. »

            5° Ce qui précède permet de comprendre l’extraordinaire capacité d’alliances nationales et internationales d’Alassane Ouattara, qui est entré dans l’histoire comme le premier homme politique d’Afrique francophone à amener l’ex-puissance coloniale française à se battre pour défendre le résultat légitime d’une élection juste et transparente gagnée par l’opposition politique. De tous les candidats de la dernière élection présidentielle, on n’a pas assez remarqué que Ouattara a été le seul à avoir été successivement l’allié de tous ses rivaux. En 1995, contre le PDCI d’Henri Konan Bédié, le RDR d’Alassane Ouattara et  le FPI de Laurent Gbagbo formèrent le Front Républicain qui boycotta l’élection présidentielle de 1995 au motif que ses conditions d’organisation étaient inéquitables. Dix ans plus tard, c’est encore Alassane Ouattara qui retrouvera Henri Konan Bédié, mais aussi les héritiers de Guéi Robert dans l’UDPCI, pour construire le RHDP, coalition qui a battu la LMP de Laurent Gbagbo à la dernière présidentielle. Sans soutien populaire supérieur à celui de la LMP de Gbagbo, le RHDP ne l’aurait pas battu dans les urnes. Sans une organisation politique et sécuritaire en mesure de sécuriser sa victoire dans les urnes, y compris en faisant jouer les alliances nationales et internationales, le RHDP ne présiderait pas en ce 21 avril aux destinées de la Côte d’Ivoire. Les oppositions africaines, souvent à court d’imagination, devraient méditer cette alchimie.

            A la crédibilité nationale  et la popularité nationale supérieures que son statut de passeur des camps lui confère, il faut ajouter la longue expérience des relations internationales que l’homme a acquise pendant l’exercice de son métier de banquier-financier, mais aussi pendant ses trois années d’exercice du pouvoir d’Etat dans son pays. Les victoires diplomatiques de Ouattara, au niveau de la BCEAO, de la CEDEAO, de l’UA, de l’UE, de l’ONU, ne s’expliquent par la thèse aisée du complot international contre la souveraineté de la Côte d’Ivoire. S’il en était vraiment ainsi, il est clair que Laurent Gbagbo n’aurait pas gouverné un seul jour son pays ! Les victoires diplomatiques de Ouattara s’expliquent bien plus tôt par la perte de crédit international du régime illégitime de Gbagbo, d’une part, mais aussi et surtout, d’autre part,  par la force d’opposition et de proposition constituée patiemment par le RHDP. Dans cette alliance instruite de ses errements passés s’opère actuellement, et bien sûr laborieusement, la remise en cause des inconvénients passés de l’houphouëtisme et la mise en valeur de ses avantages.

            L’aurore d’Alassane Ouattara, que nous venons ainsi de décrire en ces grandes raisons constituantes est cependant, comme toute œuvre humaine, une affaire vulnérable, tenue au bout de la force de la volonté et de l’application des actions. Pour conduire la Côte d’Ivoire vers la nouvelle espérance que son élection incarne, le nouveau régime Ouattara doit se hisser au diapason des défis qui lui pendent résolument au nez . Ces défis constituent ce que nous comptons examiner dans la troisième et dernière partie de cette série de tribunes sous le schème d’ « Horizon de la Côte d’Ivoire ». A nouveaux frais, Ouattara doit résoudre au moins les quatre équations suivantes, irrésolues par tous ses prédécesseurs : 1°La modernisation culturelle, économique et sociale durable du pays ; 2°La réalisation d’un nouveau palier de souveraineté politique pour le pays face à l’ogre persistant de la Françafrique ; 3°La création et la consolidation de véritables Forces  Républicaines Armées, de Police et de Gendarmerie ; 4°L’implantation réelle d’un Etat de droit démocratique qui soit le vecteur d’une cosmopolitique panafricaine exemplaire, avec comme normes l’impunité, la réconciliation, la force au droit, l’équité rigoureuse et la solidarité. L’Horizon de la Côte d’Ivoire, c’est donc la réalisation effective des chantiers que les présidents Houphouët, Bédié, Guéi, et Gbagbo ont, pour des raisons communes et variées, laissés en friche.

 

            Notre prochaine tribune, sans avoir la moindre valeur prescriptive, s’adonnera à ce travail de prospection qui nous permet de vouloir pour la Côte d’Ivoire, ce que nous espérons fermement pour toutes les civilisations démocratiques africaines en douleurs d’enfantement. Le président Ouattara est, comme ses prédécesseurs, un mortel. Et la politique, dans sa dignité la plus tenue, est précisément l’art de vaincre la mortalité de l’individualité par la pérennisation de l’espèce. Sachons, avec les moyens d’aujourd’hui, servir au mieux les réserves de vie heureuse qui s’éveillent avec les libertés conquises pour les générations futures.

           

            Paris, le 21 avril 2011.

Dans son Discours au Forum pour la Réconciliation Nationale du 13 Novembre 2001, Laurent Gbagbo affirmera sincèrement : « L’article 35 de la Constitution a été fait pour éliminer Alassane Dramane Ouattara. »

Augustin DIBI KOUADIO, article de presse intitulé « La pierre rejetée par les bâtisseurs, devenue angulaire », in Le Patriote du 19 novembre 2010.

« L’homme-courage,  La puissance ».

Abdou TOURE, Alassane Dramane Ouattara. Destin et Liberté, Editions Sepia, Octobre 2008. Les chapitres 4 et 5 de l’ouvrage retracent avec aplomb les circonstances socioéconomiques, stratégiques et politiques de l’irruption d’Alassane Ouattara au cœur de la gent politique ivoirienne. Où l’on voit que très tôt, il avait perçu les enjeux ultimes de la naissance résolue d’un véritable système ouvert et démocratique dans son pays, en se mettant à l’écoute des luttes sociales, de l’exigence de bâtir une citoyenneté juridique et non héréditaire, et de la dimension cosmopolitique de la Côte d’Ivoire. Nous recommandons fortement la lecture de ce livre-témoignage à ceux qui ne veulent pas parler d’Alassane Ouattara sur la base des seuls ragots et fictions de ses adversaires et ennemis politiques.

Augustin DIBI KOUADIO, op. cit.

In Jeune Afrique n°2436 du 16/09/07, p.32, Laurent Gbagbo a pu dire : « Alassane est brillant et travailleur. »

Le Professeur Abdou Touré relate avec intérêt l’épisode de la succession d’Houphouët-Boigny au chapitre 5 de son ouvrage, op. cit. On y découvre le rôle extraordinairement nocif, dès 1990, d’un certain Professeur Pierre Kipré, de mère pourtant libérienne (voir p.82),  dans la formulation de la doctrine politique de ….l’ivoirité !

Lire en ce sens le témoignage avec preuves diverses du Professeur Abdou Touré, op. cit. Chapitres 4, 5 et 6 notamment.

Voir par exemple Fraternité Matin du 2/10/92.

Augustin DIBI KOUADIO, op. cit.

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Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans analyses sociales - politiques - économiques
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commentaires

R.M 22/04/2011 01:25


Merci Pr,
pour cette réflexion.. qui nous change du cri vide que nous entendons depuis que cela dure cette question ivoirienne..
Que ceux qui sont exempts de préjugé et surtout les ivoiriens lisent...


professeurfranklinnyamsi.over-blog.com 27/02/2012 00:19


Vous avez tout compris en cette tribune.