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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 13:19
 
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Une tribune internationale de Franklin Nyamsi
Professeur agrégé de philosophie, Paris, France
 
Dans la carrière d’un homme politique, il y a des discours qui comptent longtemps, comme il y a des œuvres qui l’inscrivent dans l’immortalité des consciences lucides. Cela arrive au surplus chez des figures politiques qui sont parvenues à tenir ensemble les énergies du Vrai, du Beau et du Bien. Dans le cas de Guillaume Soro, on verra la jonction sublime du courage de dire la vérité,  de la politique et de l’art atteindre son efficacité magistrale dans un discours qui en dit long sur la vision politique qui sous-tend des engagements quotidiens persévérants. L’histoire longue dira, je le crois assurément, que la visite officielle de Guillaume Soro, accompagné d’une formidable délégation de députés de l’Assemblée Nationale ivoirienne au Parlement Congolais du 14 au 17 mars 2013, fait partie de ces événements-oeuvres qui s’inscrivent subtilement dans l’immémorial, car elles montrent le savoir-faire politique à l’œuvre, dans la capacité de rassembler ce qui est épars, de saisir l’occasion propice dans l’instant même où elle se livre, de s’unir symboliquement aux plus profonds désirs des peuples, y compris des désirs longtemps demeurés inconscients, car non-formulés par une parole et une présence qui libère les cœurs et inspire les âmes.
J’étais à Kinshasa, j’ai vu Guillaume Soro vaincre les inexactitudes qu’une certaine opinion d’Afrique centrale s’acharne inutilement à coller à son image. J’étais à Kinshasa, d’un bout à l’autre d’une visite dont je voudrais dans les lignes qui suivent conter la hauteur symbolique, politique, intellectuelle. J’étais à Kinshasa aux côtés du président Soro et j’ai vu l’accueil extraordinaire du Parlement congolais à cet hôte singulier. J’étais à Kinshasa, et j’ai vu le peuple congolais dans toute sa diversité, à travers notamment son Parlement, sa presse et ses artistes, saluer le discours et les actes, que dis-je la pédagogie politique déployée par Guillaume Soro. La présente tribune est donc consacrée à répondre à trois questions relatives à cette visite : 1) Pourquoi Guillaume Soro s’est-il rendu à la tête d’une aussi importante délégation de parlementaires en terre congolaise, à des milliers de kilomètres des frontières ivoiriennes ? 2) Comment s’est déroulée la rencontre entre Guillaume Soro et le peuple congolais, à travers notamment sa représentation nationale de 500 députés en la Maison du Peuple de Kinshasa le 15 mars 2013 ? 3) Quelles leçons le discours anthologique de Kinshasa et sa réception dans l’opinion nous permettent-ils de tirer sur les prétentions d’un certain panafricanisme dogmatique à tenir le pavé de l’idéologie de la modernité africaine contemporaine ? On comprendra, à l’analyse de mes réponses à ces trois questions, le choix du mot « monumental »  que je fais à dessein pour saisir la portée de la visite historique du chef du Parlement Ivoirien à Kinshasa.
 
I
Genèse d’une odyssée réussie : pourquoi Guillaume Soro est-il allé au Congo ?
 
Les langues mal châtiées ont tôt fait de nous dire : si Guillaume Soro bouge autant, d’Abidjan à toutes ces villes de l’intérieur qu’il a écumées,  de Singapour à New York, de Hong Kong à Montréal, de Tokyo à Malabo ou de Paris à Kinshasa, ce serait par ennui au parlement. Mais comment quelqu’un qui s’ennuie aurait-il pu remettre le parlement ivoirien au cœur de toutes les organisations internationales que l’incurie du FPI avait éloigné pendant dix ans de la Côte d’Ivoire ?  Comment quelqu’un qui a accompagné l’orientation de lois révolutionnaires sur l’égalité des sexes, sur l’apatridie, sur la famille, peut s’ennuyer une seconde.  La réalité sur les voyages de Guillaume Soro, en fait,est la suivante : Guillaume Soro a choisi, parmi les piliers essentiels de son action pour activer la relation élus-électeurs, de représenter les intérêts des populations locales ivoiriennes jusqu’au bout du monde. C’est l’essence de la diplomatie parlementaire de tisser des liens plus subtils entre les peuples spatialement éloignés, afin de favoriser des projets de co-développement, de solidarité, de partage d’expériences et de partages humains qui rendent durables la paix, la justice et la concorde internationales que les seules voies traditionnelles de la diplomatie ne suffiraient pas à garantir. Mieux encore, la réalité est aussi la suivante : Guillaume Soro, du fond de son combat contre l’exclusion, au cœur de son engagement héroïque de 2002 avec le MPCI, a toujours eu en perspective l’habitation du monde dans sa diversité humaine, culturelle, économique et politique. Ami de l’Etranger, de l’Orphelin et de la Veuve, il sait qu’un pays n’est humain que si sans frilosité, il est organisé de telle façon que l’Autre ne lui soit pas allergique, mais complémentaire. Un pays n’est vivant que s’il respire du souffle fécond de l’âme du monde, qui vit à travers les organisations et les relations internationales. Car enfin, comme de juste, c’est précisément dans le cadre l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie ‘(APF), réunie au mois de février à Paris, que Guillaume Soro, connu pour le record d’invitations de personnalités étrangères exceptionnelles aux travaux du parlement ivoirien, a réussi à tisser l’exceptionnelle fraternité de vie et de travail politique qui le lie désormais à Aubin Minakou, Président de l’Assemblée Nationale de la République Démocratique du Congo. La coopération parlementaire, ajoutée aux dispositifs régaliens de l’exécutif, n’est-elle pas le maillon manquant des scènes politiques africaines où de nombreux parlements sont demeurés inconnus les uns aux autres depuis les Indépendances ? Aubin Minakou et Guillaume Soro ont œuvré en précurseurs de nouvelles aubes pour leurs pays et pour l’Afrique. De même, l’ambiance exceptionnelle d’humanité qui aura régné pendant les différentes audiences et visites officielles, telle celle de Guillaume Soro au président du Sénat, le Doyen Kengo Wa Dondo, fut mémorable. C’est donc pour concrétiser l’union des peuples par le commerce interparlementaire que les deux jeunes présidents des parlements ivoirien et congolais ont décidé de nous offrir l’événement-œuvre de Kinshasa, trois jours de haute portée symbolique passés sur les bords sublimes du puissant fleuve Congo, roulant ses flots avec cette vigueur qui, des hauteurs de l’Hôtel du Fleuve Congo à Kinshasa, ne peut qu’appeler la conscience africaine à ses devoirs de perfection.
 
II
 
Comment s’est déroulée la visite officielle de Guillaume Soro au Congo ?
 
D’aucuns, habitués à lire les cancans mal assurés de certaines presses, auraient juré que Guillaume Soro se rendait au Congo en terre hostile. Servis par les potins de foire de ces prétendus patriotes africains qui cassent de l’Africain au quotidien chez eux tout en proclamant allègrement à la face du monde leur haine de l’Occident, un certain public mal renseigné voyait dans la visite de Guillaume Soro au peuple congolais, un événement insignifiant, une pure tournée de parade, ou mieux, une simple virée entre potes. Il faut dire encore ici que trop peu d’Africains lisent. Et parmi ceux qui lisent, trop peu prennent la peine de bien le faire. Un drame de notre culture contemporaine ! N’a-t-on pas osé confondre Gbagbo à Lumumba ? N’a-t-on pas posé l’équation simpliste qui identifie la rébellion ivoirienne de 2002 à la rébellion katangaise des années 60-70 ? N’a-t-on pas présenté le boulanger roublard de Mama comme le plus rusé des résistants africains depuis Soundjata Kéita ? N’a-t-on pas abondamment servi au peuple congolais la haine de l’Occident comme unique réaction appropriée face au drame ivoirien ? Toutes ces supputations, au regard de la réalité vécue de la visite de Guillaume Soro au Congo crèvent à l’air comme des ballons de baudruche. De son accueil à l’aéroport de Kinshsa-Ndjili jusqu’à son entrée dans l’Hôtel majestueux du Fleuve Congo aux bords du puissant cours d’eau qui relie Kin à Brazza, Guillaume Soro, au cœur d’un impressionnant dispositif d’accueil chaleureux et protocolaire, était attendu, a été reçu et accompagné comme un vrai enfant du pays, un mwana mboka sans obstacles. Sourires, attentions, accolades, humour, sensibilité, précautions sans fin, révérence et estime mutuelle, dialogues francs et confiants,  voilà des mots qui siéent à la description rigoureuse de l’accueil reçu par le député de Ferkéssédougou à Kinshasa. Est-ce donc tout ? Me diriez-vous ?
Que nenni. Des raisons pullulent, qui expliquent l’accueil magnifique du peuple congolais, et notamment de ses élus aux parlementaires ivoiriens. Guillaume Soro n’est pas seulement une curiosité pour toute l’Afrique centrale, comme la présence à ses côtés d’une forte délégation féminine avec la très remarquée députée PDCI de Cocody, Yasmine Ouégnin Guessend, fidèle au poste, animant de sa jeune et vive expérience, le rythme de la visite. Il faut avoir davantage compris que nous faisons face à un phénomène de civilisation inouï. J’ai expliqué ailleurs, malgré des cris d’orfraie du reste compréhensibles quand ils viennent de loosers naturels, que Guillaume Soro incarne le désir d’une modernité politique africaine renouvelée par un changement générationnel et qualitatif. C’est le leader évident de la génération qui partout en Afrique, aspire et se prépare à assumer ses tâches destinales. Guillaume Soro, c’est une marque, que dis-je, la présence d’un style nouveau d’homme politique : jeune, il est très expérimenté. Cela est très rare.  Sa figure est archétypale. A largement moins de quarante-cinq ans, il a connu ce que seuls des hommes politiques de quatre-vingt ans peuvent se targuer d’avoir vécu : leader syndical remarquable, plusieurs fois prisonnier politique, plusieurs fois ministre, ministre et premier ministre de deux présidents de bords différents, plus jeune président d’assemblée nationale du continent, voyageur expérimenté dans les cénacles de la diplomatie africaine de proximité, dauphin constitutionnel choisi par le président de la république   Alassane Ouattara, Guillaume Soro a tout pour être l’énigme qui fascine les intelligences et ne peut qu’exciter dès lors toutes les curiosités.
Il y a mieux : Guillaume Soro, avant d’être allé au Congo le 14 mars 2013 était déjà doublement congolais dans l’âme. Entrer dans un pays n’est jamais aussi aisé que lorsqu’avant de le visiter en chair, ce pays vous habite déjà en esprit. Dans le cas du Congo, Guillaume Soro l’habite depuis sa tendre jeunesse dans son cœur, à la source des émotions esthétiques qui sculptent la sensibilité intérieure d’un être humain. Je veux dire que Guillaume Soro habite depuis longtemps symboliquement le Congo par l’art et par la politique. Par l’art, Guillaume Soro, fils adoptif du Fleuve de l’inspiration, a l’âme congolaise parce qu’il est un singulier adepte de la rumba, du zaiko, du ndombolo, etc. et un ami fidèle de tous les grands artistes que compte le pays. J’ai vu palpiter l’amour de Guillaume Soro pour l’art  et les artistes congolais et l’amour  de l’art et des artistes congolais pour Guillaume Soro. Que d’akapellas sur les moindres sorties du mécène ivoirien !  Et comment oublier, pendant les pauses de cette visite officielle, le spectacle du talent pur offert à nos sens par ces sommités du Congo que Guillaume Soro sublime ? Il aime les sonorités du lingala et les cadences des Franco, Tabuley, Pépé Kallé, Tshala Muana, Mbilia Bel, Mpongo Love, Papa Wemba, Koffi Olomidé, Werrasson, Jean Bedel Mpiana, Ferre Gola, Fali Ipupa, et bien d’autres monuments de la musique que ce pays a merveilleusement générés. Or l’art du Congo n’a-t-il pas vaincu tous les obstacles de la tribu, de l’ethnie, de la nation et même de la race, pour devenir ce message universel de joie, de bien-être et de fraternité que les concerts des grands congolais véhiculent à travers la planète ? L’autre entrée de Guillaume Soro dans la conscience congolaise, c’est incontestablement son admiration réfléchie pour les héros que furent Lumumba, Mulele, ou Kimbangu, porteurs de graines de la civilisation de gauche, mais aussi du vif désir d’émergence d’une large autonomie africaine, que l’ex Secrétaire Général de la FESCI, portera à jamais dans son flanc et ses gênes politiques.
Qui n’a pas rêvé des rêves de Lumumba et Mulélé, de Cabral, de Sankara, de Sélassié, de Houphouët-Boigny, de Mandela, de Nasser, de Kenyatta ou de Ruben Um Nyobé pour l’Afrique ? La solidarité est une expérience concrète de proximité respectueuse envers le prochain. Dès qu’il a mis les pieds à Kinshasa, Guillaume Soro mandatait ses conseillers de rechercher le contact de la famille Lumumba afin de lui adresser ses hommages. C’est ainsi que je représentai personnellement le Chef du Parlement Ivoirien le 16 mars 2013 auprès de Roland et Pauline Lumumba, dans la résidence historique du premier gouvernement du Congo Indépendant, où ils logent encore dans des conditions convenables. Dans l’audience accordée en ma présence au fils Lumumba, Guillaume Soro revenait sur les arcanes sacrés du rêve d’unité africaine, dégageant avec Roland Lumumba, patron de la fondation qui porte son nom, une vision pragmatique de l’Afrique solidaire que le destin nous impose de bâtir.  Guillaume Soro, au fond, souhaitait que l’on dise aux Lumumba que leur combat a semé l’essentiel : la conscience de la portée stratégique de l’émergence congolaise pour tous les peuples d’Afrique. C’est donc aussi incontestablement par cette deuxième fibre politique que Guillaume Soro a victorieusement frappé à la porte des Congolais en abordant magistralement le maître-thème de son discours d’anthologie du vendredi 15 mars 2013 à la Maison du Peuple de Kinshasa :[1] le panafricanisme. Il nous faut maintenant aller au fond de cette affaire pour comprendre de quel bois le chef du Parlement Ivoirien se chauffe.
 
III
Enjeux d’un discours d’anthologie
 
Nous en aborderons le fond et la forme, afin que nul ne l’oublie. Incessamment applaudi par l’Assemblée hôte durant les près de quarante minutes de son speech, Guillaume Soro a livré un discours qu’un député congolais de mes rencontres a qualifié de « leçon magistrale sur le panafricanisme ». Les réactions d’autres collègues de ce député paraissent ce jour sur congo.net vision[2]. Les sceptiques chroniques pourraient y trouver une bonne cure de désintoxication. La démonstration fut imparable. Elles indiquent l’extraordinaire chemin accompli par l’opinion parlementaire congolaise sur la nature de la crise ivoirienne. Parti des hauteurs de l’art musical congolais, Guillaume Soro en a tiré la preuve que le Congo ne manque pas symboliquement des ressources humaines pour produire l’excellence. Toute la question politique du Congo ne serait-elle pas de transférer la générosité et le pluralisme artistiques dans la sphère de la politique pour que se lève, grand comme son fleuve impressionnant, le monteur congolais que toute l’Afrique attend ? Analysant la générosité intellectuelle du Congo pour l’Afrique, Guillaume Soro a montré comment les Garvey, Dubois, Malcom X, Césaire, Senghor, Houphouët, Um Nyobé, Nyerere, Nkrumah,  Lumumba, Mulélé, et bien d’autres africains contribuèrent à la définition plurielle du panafricanisme dont nous avons parfois hérité dans la confusion.
 Le chef du parlement ivoirien montrera cependant que malgré les divergences qui caractérisaient ses contributions autant que leurs convergences, l’important est dans l’esprit de l’unité que ce débat avait semé.
Or, poursuit démonstrativement Guillaume Soro, il y a aujourd’hui, manifestement, deux conceptions concurrentes de l’unité panafricaine : l’une, issue de l’idéologie du repli identitaire, aboutit au panafricanisme dogmatique, c’est-à-dire à la déculpabilisation et à la déresponsabilisation absolues des Africains en vertu de leur haine commune du bouc-émissaire occidental, qui alors devient l’homme à abattre, à l’exemple de ceux qui proférèrent le slogan  « A chaque ivoirien, son français », dans un certain patriotisme ivoirien fort douteux. Le panafricanisme dogmatique aboutit donc à l’exclusion, à l’indigence intellectuelle et morale, à la violence et la guerre de tous contre tous.
La seconde idéologie, appelée par l’orateur « idéologie de l’illustration », requiert comme la condition même du succès du panafricanisme, une acceptation des Africains, de tous les Africains par les Africains eux-mêmes. Sortir de la nuit du colonialisme, c’est cesser, nous dit Guillaume Soro, de nous comporter envers les Africains au Congo, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, exactement comme nous voudrions que la France, la Belgique, et tous les Etats puissants du monde se comportent envers les Africains en général. On aboutit ainsi à la démocratie, véritable panafricanisme autocritique qui oblige à aller par le dialogue, le compromis et le consensus à l’émergence de l’intégration unitaire qui donnera au Congo son rôle de moteur principal de l’émergence africaine du XXIème siècle. 
C’est alors que Guillaume Soro a surpris son auditoire en parlant des enseignements de la crise ivoirienne. Ainsi, n’est-ce pas parce qu’il a souscrit à l’idéologie du repli identitaire que Laurent Gbagbo en assume les conséquences fâcheuses aujourd’hui à La Haye ?  Qui oserait voir un progressiste dans un homme qui a incité à la haine du Malien, du Burkinabé, du Guinéen, bref de l’Africain par des Africains ?
Du grand art ! Dès lors, confronté à l’épreuve de cette évidente imposture des panafricanistes dogmatiques, Guillaume Soro, prônant un panafricanisme autocritique qui s’affirmerait par l’illustration concrète des qualités africaines par les œuvres, va donc monter en puissance vers l’affirmation de la nécessaire émergence de l’Etat-continental africain du Congo comme condition de toutes les autres émergences africaines que la souffrance des populations rend impératives : les révolutions agricole, industrielle, économique, écologique et géostratégique de l’Afrique. Il faut avoir entendu vibrer le 15 mars 2013 les paroles que voici :
« Je vous le dis : Comme la Chine, quand le Congo s’éveillera de toutes les forces et de tous les génies que la Providence et la nature lui ont si généreusement offerts, l’Afrique s’élèvera à partir de son puissant moteur congolais au diapason de la responsabilité planétaire de l’humanité. L’Afrique souhaite que son Etat-continent, ce providentiel Congo que les lettres de Lumumba tracèrent avec élégance, s’enracine dans ses valeurs et donne, tel le majestueux fleuve qui unit cette ville à Brazzaville, toute la mesure de sa puissance. »
L’assemblée était conquise : le roulement de tambour des pupitres en émoi envahissait l’espace. C’était le fils de Diawala au diapason de son destin. La large clameur de joie qui a accompagné ce discours ne permet-elle pas, sans forfanterie, de dire que Guillaume Soro a inscrit son dire dans la sphère des choses qui ne passeront point ? Il a, avec humilité, monumentalisé l’exigence que les Congolais se retrouvent dans l’unité afin que l’Afrique se retrouve et s’unisse dans le Congo. Monumentaliser, c’est donner statut de symbole fort à ce qui était certes apprécié, mais encore trop sous-estimé : le lien entre les succès mondiaux de l’art congolais et les attentes d’émergence politique que les plus de 2 millions de km2 du pays rendent légitimes. Incontestablement, le chef du Parlement Ivoirien a montré et affirmé un cap que nous pouvons regarder comme un enjeu de bonne espérance pour tous les gens de bonne volonté qui observent notre continent. Oui, ce que nous avons vu, bien au-dessus du lot des discours de haine et de courte vue qui s’empoisonnent de leur propre poison, c’est bel et bien un Guillaume Soro monumental au Congo. En rapprochant ainsi deux peuples alliés par l’amour du Beau, sur le plan plus exigent de l’amour du Bien, les parlementaires de tous bords qui ont créé le Groupe Parlementaire d’Amitié Ivoiro-Congolais ouvrent la voie à une coopération afro-africaine exemplaire. Saluons-en l’augure destinal !
 


[1] Voir l’intégralité de ce discours du 15 mars 2013 sur http://www.blogguillaumesoro.com/
 
[2] Voir sur The Voice of Congo, cet extrait : http://www.youtube.com/watch?v=xPYuHSUH7rc
 
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