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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 01:51

 

Archéologie d’une interview historique de Guillaume Soro[1]

« Errare humanum est, sed perseverare diabolicum»

« L’erreur est humaine, mais sa répétition est diabolique »

 

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Une tribune Internationale de Franklin Nyamsi

Agrégé de philosophie 

Paris, France.

 

La tactique des ennemis de la démocratie en Afrique varie d’un contexte à un autre, mais jamais leur stratégie. S’ils ne recherchent au final que le retour aux relations archaïques du droit du sang, des mythes du sol congénital et du prétendu droit du plus fort, ils masquent ce projet funeste sous les atours de conflits artificiels qu’ils sèment à volonté dans l’espace public, espérant en tirer l’occasion, comme dans les mouvements de panique artificiellement provoqués parmi les foules, de faire prospérer la laideur infâme des tragédies infernales. Ainsi donc en Côte d’Ivoire, à défaut d’être en mesure de s’accaparer directement des corps des citoyens par la dictature identitaire, il est question pour les agents conservateurs de l’ordre ancien d’envahir les âmes par les préjugés, les pulsions haineuses et surtout le doute paralysant sur les graines d’avenir qui germent pourtant sous nos yeux grâce à l’éclosion résolue de la démocratie ivoirienne. Vaincus par les urnes et par les armes, dépassés par l’excellence et le mérite, les charognards de la haine investissent hardiment le domaine de la manipulation mentale, cette action psychologique néfaste aux démocraties qui subissent alors les assauts des officines de la diversion.

L’opération vise au final, en divisant les âmes - en rompant l’atmosphère de saine communion que créent les progrès économiques, sociaux, culturels et politiques enregistrés par la nouvelle majorité démocratique  -  à rendre possible la déshumanisation des corps, le retour à la barbarie détestable d’une guerre de tous contre tous qui serait l’apothéose de l’apocalypse espérée. Dia-bolos, le diable, comme le révèle si bien l’étymologie grecque de son nom et l’analyse[2] symbolique de sa signification, n’est-il pas avant tout un principe de diversion des esprits qui « divise pour régner » en se servant sans vergogne de l’arme instrumentale du scandale permanent ?  L’esprit diabolique pénètre dans les détails, à la recherche de la moindre faille, de la plus invisible des fissures, des plus insoupçonnables lézardes, pour s’y engouffrer furieusement tel un océan dans le trou d’une aiguille. Dans le diabolique, on n’aurait donc pas tort de dire que tout est bon, comme dans le cochon. On peut dès lors se demander maintenant si comme le laissent croire désormais moult officines disséminées dans les médias et déterminées à porter à tout prix le conflit au cœur du régime Ouattara, la vraie réalité intérieure de la majorité qui dirige la Côte d’Ivoire contemporaine est celle d’une guerre successorale amorcée dans l’ombre ou si tout au contraire, il s’agit bel et bien d’une démocratie en bonne et due forme, vivante et inspirée, féconde en droits et perspectives heureuses pour le pays. L’activation acharnée – à prix d’or certainement – de toutes sortes de susceptibilités et de rancoeurs, d’insinuations et d’hallucinations ayant pour but la déstabilisation de l’œuvre de redressement destinal de la Côte d’Ivoire sous le magistère du chef de l’Etat Alassane Ouattara et avec le soutien décisif du chef du Parlement Guillaume Soro, cette sordide opération de défoulement tous azimuts contre le dauphin constitutionnel de Côte d’Ivoire peut-elle réussir ?

C’est justement contre la prospérité suspecte de ces pêcheurs en eaux troubles qui fuient la pluie en se cachant dans la rivière que Guillaume Soro, portant l’estocade avec vigueur contre le mensonge rampant, vient de donner une interview magistrale qui fera date dans l’histoire des institutions de la démocratie ivoirienne. Dans la présente tribune, je m’attacherai précisément à explorer trois questions : quel est le cap fixé par le Président de la République et suivi avec loyauté et exemplarité par le Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire ? Pourquoi ce cap fixé de bien longue date, comme on le verra, suscite-t-il malgré tout la réaction de la propagande diversionniste/divisionniste qui braille à tue-tête la thèse éculée d’une guerre successorale entre Guillaume Soro et Hamed Bakayoko à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire ? Enfin, comment Guillaume Kigbafori Soro, comme de juste le seul à s’exprimer clairement sur ses intentions, nous administre-t-il la preuve de son style d’homme de parole, d’engagement, d’anticipation et de patience dans l’interview historique accordée au communicateur Moussa Touré ? Il nous faut clarifier ces questions afin que, dans la postérité avertie, nul n’en ignore, car celui qui nie que le combat politique d’ADO et de GKS aura consisté à mettre durablement fin aux guerres successorales par la pratique consensuelle de la démocratie, celui-là même, rampant par monts et vaux médiatiques, est l’ennemi intime de la Vérité et de la Justice en Côte d’Ivoire. Il importera dès lors au plus haut point de le reconnaître comme tel.

 

I

Le choix éthique d’Alassane Ouattara et de Guillaume Soro pour la démocratie

 

Dans la nouvelle équipe qui dirige la Côte d’Ivoire, il y a incontestablement deux hommes au destin exceptionnel pour des raisons communes et pour des raisons différentes, liées à leurs parcours existentiels et politiques spécifiques : le président de la république Alassane Dramane Ouattara et le président de l’assemblée nationale Guillaume Soro. Le premier, venu d’une famille de nobles et de commerçants dont il a sans doute tiré un sens raffiné des affaires humaines, est le fruit de l’université américaine et de la science financière internationale, dans lesquels il a puisé les ressorts d’une carrière émérite de banquier, de financier, de chef de gouvernement et aujourd’hui de premier président démocratiquement élu de la Côte d’Ivoire après Houphouët-Boigny. Pourtant, c’est ce digne fils de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, qui décrochait en 1972 un PHD de l’Université de Pennsylvanie sur « l’impact du commerce international sur les économies africaines » qu’une certaine Côte d’Ivoire osa transformer en emblème de l’exclusion identitaire, faisant de lui « la pierre angulaire que les bâtisseurs avaient rejetée », selon la belle expression du philosophe Augustin Dibi Kouadio. Sa vie dans l’exclusion s’est transformée en emblème de la lutte pour l’inclusion, brisant le mensonge aveugle de l’ivoirité par le silex d’une élection remarquable comme premier citoyen de son pays le 28 novembre 2010. Le second dirigeant ivoirien, venu d’une famille de modeste fonctionnaire de l’agriculture ivoirienne et des antres de l’éducation catholique, est le fruit du syndicalisme universitaire ivoirien, de l’école française de sciences politiques et de cette baraka exceptionnelle qui fait qu’aux âmes bien nées, le bonheur n’attend point le nombre d’années. C’est pourtant contre lui, dirigeant le puissant syndicat estudiantin d’alors, la FESCI, que s’abattirent les forces rétrogrades les plus violentes de son temps, l’embastillant cinq fois dans sa jeunesse, le contraignant à l’exil puis à la plus courageuse des révoltes citoyennes de la Côte d’Ivoire moderne contre l’exclusion multiforme inspirée de l’idéologie xénophobe de la préférence nationale, l’infâme ivoirité. A la tête du MPCI, devenu à la suite Forces Nouvelles, Guillaume Soro aura réussi à mériter de son pays, en assumant depuis 2003, les fonctions de ministre d’Etat, de premier ministre sous Gbagbo et sous Alassane Ouattara, et aujourd’hui de plus jeune président d’assemblée nationale du continent. Mais qu’est-ce donc qui unit le parcours de ces deux hommes ? Je répondrai de suite : leur commune abjection envers l’exclusion, leur courage face à l’adversité, et leur capacité à penser stratégiquement la transformation sociale, culturelle et politique de leur pays. Qui n’a pas pu vérifier, lors de leur réclusion à l’Hôtel du Golf, quand le monde entier se gaussait de la plus petite république au monde, la force atomique de l’alliance morale qui lia ces deux hommes, aux côtés du Président Henri Konan Bédié, pour le salut collectif de la nation ivoirienne ? C’est précisément en raison de cette unité morale qu’ils sont liés par l’émergence d’une nouvelle civilisation politique dans leur pays, privilégiant la force du droit au droit de la force, mettant la force au service du droit et non l’inverse. Alassane Ouattara et Guillaume Soro sont liés par un pacte pour la démocratisation assurée de leur pays, afin d’en faire un espace où plus jamais n’arrivera à personne, ce qui leur arriva de si violente manière. C’est au nom de la démocratie qu’ils protestent contre le code électoral du PDCI en 1995 ; c’est au nom de la démocratie qu’ils contestent les élections calamiteuses d’octobre 2000 que l’antidémocrate Gbagbo s’empressa de diviniser ; c’est au nom de la démocratie qu’ils résistèrent ensemble contre le hold-up électoral tenté en guise de baroud d’honneur par le chef du FPI ; c’est encore au nom de la démocratie qu’ils se sont mutuellement engagés à donner, comme tout le monde le voit, un contenu réel à la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire qui est l’un des signes de vitalité les plus incontestables de l’Etat de droit. N’est-ce pas cette entente de haut rang qui s’avère aujourd’hui fructueuse pour les universités , les femmes ivoiriennes, les chômeurs, les routes, les hôpitaux, les armées et police, les ambassades, les entreprises publiques et privées de Côte d’Ivoire ? Quel cinglé soutiendrait aujourd’hui avec raison que la Côte d’Ivoire n’effectue point un come-back fracassant au zénith des nations alertes ? A défaut de pouvoir le faire, certains ont résolument choisi les chemins de traverses de la médisance devant l’extraordinaire assortiment entre ADO et GKS.

 

II

Des soubassements du chantage à la guerre successorale en Côte d’Ivoire

 

Ainsi donc, alors même que l’alchimie au sommet de l’Etat de Côte d’Ivoire est au beau fixe, des officines s’acharnent à vouloir faire croire qu’entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro, il y aurait possibilité de faire passer l’épaisseur d’un papier de cigarettes. Mais qui donc a intérêt à s’obstiner, contre la raison et la réalité, à voir dans le rayonnement de l’assemblée nationale sous Guillaume Soro des préparatifs hâtifs de bagages pour le palais présidentiel ? Nous examinerons ici, avant l’auscultation en troisième partie de la réponse de Guillaume Soro lui-même,  les différentes hypothèses qui se présentent à l’analyse. 1) Des langues fourchues et bien pendues se sont précipitées pour attribuer à Guillaume Soro en personne, des rumeurs destinées, croit-on par ailleurs à saper la confiance que le chef de l’Etat a en lui. Dans cette improbable logique, faudrait-il croire que Guillaume Soro se ferait harakiri en affichant des ambitions qui vont lui nuire ? Sauf à croire l’homme masochiste, - ce qu’il n’est nullement -  aucun esprit sensé ne saurait se laisser berner par de telles fadaises. 2) Mais voyons : est-ce dans l’intérêt de l’opposition extrémiste des Refondateurs de semer dans l’opinion de telles rumeurs pour précipiter la réalisation des prophéties enfiévrées du retour du Messie de Mama au pouvoir ? Nul doute que nous tapons ici en plein dans le mille, la presse des Refondateurs n’étant que trop rarement avare de coups durs et bas contre ses adversaires, voire ses ennemis préférés et déclarés, dont Guillaume Soro. Mais alors, aurions-nous fini de balayer dès lors l’ensemble des soubassements possibles de cette thèse à deux sous qui prospère depuis des mois dans les médias, Jeune Afrique et la Lettre du Continent venant en faire leurs choux gras, comme l’a du reste si bien montré le communicateur Touré Moussa interviewant le président de l’assemblée nationale ? 3) Une saine intelligence de la situation nous enjoindra, incontestablement, d’aller plus loin dans notre enquête prospective. La rumeur savamment distillée par les officines de la manipulation suggère précisément qu’une rivalité opposerait le président de l’assemblée nationale Guillaume Soro au Ministre d’Etat Hamed Bakayoko en vue d’une succession à court terme du Président  de la république Alassane Ouattara que l’on s’empresse dans les mêmes cancans d’inscrire dans une fin de règne imminente. Or donc, ni le député de Ferkéssédougou, ni le député de Séguéla ne corroborent une telle thèse ! Mieux encore, Guillaume Soro, par près d’une quinzaine de reprises depuis 2010, s’est notoirement démarqué de cette gadoue puante  en martelant sa détermination à accompagner loyalement le président Ouattara au bout de sa mission de redressement de la Côte d’Ivoire, en assumant pleinement le rôle de chef du parlement que son peuple lui a accordé, avec la bénédiction totale, faut-il le rappeler, du président de la république en personne. A qui profite-t-elle dès lors, cette thèse farfelue d’un Guillaume Soro lancé dans une compétition successorale avec un ministre pour une fonction qui n’est pas l’objet de ses pensées lors du rasage matinal?

Guillaume Soro, on le sait, a contre lui d’être la cible naturelle de toutes les envies successorales dans la Côte d’Ivoire contemporaine : la fulgurance de son parcours politique gênait peu de monde tant qu’elle plafonnait à la primature dont certains ont cru à tort qu’il partirait le cœur meurtri. Mal leur en a pris : prenant ses nouvelles missions à cœur, Guillaume Soro a repositionné l’assemblée nationale ivoirienne en moins d’un an et demi de législature en pole position dans tous les cénacles parlementaires du monde, avec maestria et brio. Et voilà que montent les poussées d’adrénaline et d’urticaire, sans oublier cris d’orfraie et sous-entendus çà et là ! Guillaume Soro, on le sait aussi, a contre lui d’être un jeune président d’assemblée nationale, contrairement à la moyenne d’âge de ses pairs du continent qui pourraient sembler exercer ces fonctions en guise de retraite définitive de la vie politique. On ne peut donc manquer de reprocher au fils de Kofiplé d’avoir potentiellement encore le vaste continent de l’avenir pour lui. Enfin, sans oublier de mentionner le redoutable travailleur politico-organisationnel qu’est l’actuel président du parlement, comment oublier que Guillaume Soro a contre lui dans l’opinion courtisane, paradoxalement, l’exceptionnelle confiance que le président Alassane Ouattara lui a accordée en l’adoptant comme dauphin constitutionnel, ce qui, tous camps politiques confondus fait jaser sans fin ? Cette confiance pourtant amplement méritée, le place en ligne de mire de toutes les stratégies ambitionnant la gestion du pouvoir politique après l’actuel Chef de l’Etat. Telle est hélas l’ingratitude des grandes missions républicaines dont il faut s’exercer à assumer les avers et les revers.

On peut donc avec raison conclure – sans pour cela avoir une certitude nominale -  qu’ autant une partie haineuse l’opposition que des franges incontrôlées de l’actuelle majorité présidentielle pourraient malheureusement se complaire dans ce rôle sordide de diseurs de mauvaises aventures contre l’action et le futur politique de Guillaume Soro. N’est-ce pas précisément pour tordre le cou à la rumeur et abandonner la soi-disant guerre successorale à ses ubuesques promoteurs de l’ombre que Guillaume Soro a donné l’interview historique que nous nous attacherons dans les lignes qui suivent à ausculter méticuleusement ? En prenant littéralement les devants, « l’homme des devants » comme je l’appelle si souvent, aura réussi à faire date d’une très ingénue manière. Voyons à présent comment Guillaume Soro nous révèle la pleine conscience de sa temporalité politique.

 

 

III

Enseignements magistraux de l’interview historique de Guillaume Soro : Ulysse et les Muses

 

D’abord le lecteur de cette interview remarquera qu’elle glisse insidieusement de son prétexte à son texte. Le député de Ferkéssédougou nous donne donc ici à voir sa capacité à avoir de la suite dans les idées. On peut en fait recouper l’entretien en cinq étapes clés, travaillées en soubassement par une idée forte de Guillaume Soro : pulvériser la rumeur inventée de toutes pièces par ses ennemis sur une soi-disant guerre successorale pour l’après-Ouattara. Alors que la finalité affichée par le journaliste Touré Moussa est de parler des TIC avec le président du parlement ivoirien, la conversation, comme naturellement dérive et se fixe densément dans l’analyse de la soi-disant guerre de succession que certains voient ravager le cœur du régime d’Alassane Ouattara.

1)Le dialogue insiste d’abord sur la méthode politique de Guillaume Soro, faite d’anticipation et de patience, à la fois, articulant avec grâce le calme pacifique de la Colombe et la prudence du Serpent. Au journaliste qui lui reproche son silence médiatique relatif, Guillaume Soro répond par la revendication de la valeur profonde du silence comme réflexion préalable au dire, langage d’avant le langage. Parler, nous dit-il, n’a de sens que si l’on sait se taire, sans quoi le bruitage du bavardage devient le seul langage. Qui ne voit pas qu’ainsi, Guillaume Soro décoche le premier uppercut à la rumeur malfaisante ? Elle parle pour ne rien dire, elle parle pour semer le néant, diviser, dia-boliquement. Et d’une.

2)Le journaliste, très astucieux, change d’angle. Il invite alors l’homme politique à s’exprimer sur la nature réelle ou supposée de son influence internationale. Guillaume Soro ne serait-il pas le prophète de la crise malienne, le conseiller par excellence des politiques africains en difficulté au Mali, en RCA ou le facilitateur des relations avec le Ghana, la RDC et consorts ? Guillaume Soro, insistant sur les vertus de la modestie, là encore rappelle à son interlocuteur que des responsabilités politiques de premier plan assumées depuis plus de dix ans l’ont nécessairement doté d’une expérience importante et d’un agenda de relations politiques exceptionnelles, sans que cela soit prétexte pour lui attribuer une quelconque toute puissance de Grand Manitou de la politique africaine. Evoquant les douleurs de l’exil et de la prison, il dit la réserve avec laquelle il s’impose de parler de ces choses, y compris quand elles arrivent à l’un de ses pires adversaires historiques comme Charles Blé Goudé. Qui ne comprend pas qu’ainsi Guillaume Soro montre que loin d’être le jusqu’au-boutiste revanchard que certains inventent pour nourrir les fantasmes de la guerre successorale, il campe rigoureusement son rôle de président de l’assemblée nationale de tous les Ivoiriens ? Et de deux.

3) Le communicateur Touré Moussa, très fin dans la récolte des confidences de son interviewé, l’incite ensuite à parler du sort des crises militaro-politiques africaines.  Guillaume Soro affirme ici que le plus grand enseignement desdites crises est le changement de paradigme politique dans l’Afrique du 21ème siècle : l’accès au pouvoir et la conservation du pouvoir par les armes ne sont plus de mise, l’éveil démocratique  des peuples étant irréversible. Du coup, tout usage de la force que n’autoriserait pas le droit est condamné à l’échec. N’est pas in fine une réponse nette de Guillaume Soro aux délires des officines de promotion de la guerre successorale ivoirienne qui voient complaisamment dans le moindre acte de déstabilisation armée du pays, la main invisible du président de l’assemblée nationale qu’on veut ainsi doter d’un mystérieux don d’ubiquité ?  Et de trois.

4) Lassé de tourner autour du pot, le communicateur mène alors une attaque frontale sur le politique, en lui posant, au détour de l’hyperactivité observée des réseaux sociaux et de la passion évidente du président Soro pour les TIC , la question de la guerre successorale présumée entre lui et le ministre Hamed Bakayoko pour l’après-Alassane Ouattara. La réplique de Guillaume Soro ici se fait proprement directe et magistrale. Comme libéré par la question il mobilise huit arguments qui mettent durablement à mal les officines de l’intoxication qu’il a de toute façon en ligne de mire depuis le début de l’entretien. Les arguments de l’indécence d’une guerre successorale dans une alliance qui marche à merveille ; de la farfeluité de l’imagination de telles perspectives chez qui que ce soit ; de la distance à observer face à ce type de marais putride de la manipulation ; de la connaissance de soi et de la conscience de ses devoirs envers les siens et le Chef de l’Etat ; de la méfiance envers le caractère éphémère des ambitions nées des youyous soporifiques des foules ; de la clarté de l’Agenda politique de GKS dont les deux points essentiels sont la réélection d’ADO en 2015 et le rayonnement de l’Assemblée Nationale Ivoirienne ; de la précipitation comme fille de la diabolicité ; et enfin de la relation de fraternité et d’amitié qui lie le président de l’Assemblée Nationale au ministre d’Etat Hamed Bakayoko achèvent  de briser les rêves pervers d’une officine  dont « l’objectif est de semer la zizanie dans l’équipe du président Alassane Ouattara ». Et de quatre !

 

Qui n’a pas compris que Guillaume Kigbafori Soro vient ainsi d’assurer à la rumeur infecte un enterrement de première classe en lui appliquant la méthode d’Ulysse face à la tentation des Muses ? Le héros Grec demande à ses amis de le ligoter sur le pont de son navire afin que lorsque viendront les démoniaques beautés de la mer des ambitions, ces liens le retiennent comme les lois retiennent l’homme loyal. De la même façon, Guillaume Soro donne à l’opinion nationale et internationale les gages irréfragables de sa détermination à tenir sa parole d’homme et sa loyauté de citoyen politique au service de son pays et dans le sillage de son plus grand représentant, le président de la république Alassane Dramane Ouattara. Sa place est dans l’animation de l’esprit des lois nouvelles de la démocratie ivoirienne et non dans des querelles de chiffonniers où l’ignorance le dispute à la démesure de la prétention. En affichant clairement son agenda consacré à la réélection en 2015 du chef de l’Etat actuel pour un second mandat d’approfondissement, le président de l’assemblée nationale met les partisans de la guerre successorale en demeure de se débusquer et d’assumer leurs ébats honteux sur le lit de la scène publique. In fine, magistral dans cette partie de poker politique où rira bien qui rira le dernier, Guillaume Soro ouvre un boulevard où peuvent se pavaner s’ils le souhaitent tous les quidams pressés de tous les camps, à leurs propres frais assurés et non plus en se masquant lâchement derrière des ambitions cyniquement et mensongèrement prêtées au fils de Kofiplé.  Guillaume Soro, comme toujours, a choisi la démocratie et récuse la guerre successorale, avec une constance qui ne surprendra que les esprits distraits. Loin d’être un arrangement entre copains et coquins, la démocratie est un exercice de responsabilité qui requiert la noblesse du caractère et le sens de l’Etat !  Elle suppose qu’en véritables gardiens d’une tradition de progrès, les tenants du pouvoir le transmettent dans des conditions qui honorent réellement les femmes et hommes de devoir, de mérite et d’expérience. L’Histoire retiendra donc, que seul contre tous les  ambitieux et couards déterminés à l’utiliser comme bouclier et souffre-douleurs, Guillaume Soro aura posé toutes les cartes sur table, devant la nation et face au monde. Sans pour cela que courage, détermination et lucidité pour l’intérêt général soient en reste. Ai-je bien eu tort de l’appeler ailleurs « L’Homme des devants »[3] ? Guillaume Soro, en nous invitant à méditer sur la maxime selon laquelle « La précipitation est du Diable, Dieu agit lentement »,  n’illustre-t-il pas ici à merveille le mot de Goethe qui dit que « Qui veut aller loin doit savoir se limiter » ? Aux lecteurs d’en juger.



[1]http://guillaumesoro.com/actualites/politique/bataille-presumee-pour-la-succession-du-chef-de-letat-guillaume-kigbafori-soro-il-est-indecent-de-parler-de-guerre-de-succession/

[2] Voir par exemple l’analyse de la démarche dia-bolique chez René Girard, dans Je vois Satan tomber comme l’ éclair, Collection Biblio Essais, Paris, 2001

[3]http://www.franklinnyamsi.com/article-l-homme-des-devants-une-analyse-de-la-vision-politique-de-l-honorable-guillaume-soro-110079203.html

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Published by professeurfranklinnyamsi@over-blog.com - dans analyses sociales - politiques - économiques
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commentaires

Calcul IMC 29/09/2015 00:01

Eh oui , c'est l'Afrique :)

Calculatrice 03/02/2013 15:33

Pas facile !

odebremondieres 01/02/2013 22:55

Inlassablement, le ménestrel Nyamsi chante les louanges de son Maître, le "démocrate" du continent africain SORO...Ce qui est bien c'est la rhétorique de la répétion...Mais quand on vante la
révolte, il faudra en assumer les conséquences...