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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 23:24

Lucien Ayissi et la stratégie victimaire de l’auto-sémitisation : le crépuscule des idoles kamerunaises.

 

 

Par Franklin Nyamsi

Agrégé de philosophie des Universités Françaises.

 

 

 

            Un temps vient au Kamerun, où la manipulation victimaire du schème ethniciste sera l’ultime ressource de ceux qui ont grassement vécu sous l’abri infect des accointances du sang et des éloges fumeux du sol. Ils ont théorisé et pratiqué la clanisation des universités camerounaises. Ils ont procédé à la bétisation outrancière des hiérarchies universitaires de Yaoundé, à la sawaïsation de celles de  Douala, à la bamilékisation de celles de Dschang, à kirdisation de celles de Maroua, à l’anglophonisation aveugle de celles de Buéa et Bamenda ou à la foulbéisation de celles de Ngaoundéré, et j’en passe. Soyons clairs. En Afrique noire, l’oligarchisme ethnique n’a pas d’ethnie, mais les dirigeants postcoloniaux et leurs admirateurs vivent de l’exploitation des illusions égalitaires de l’oligarchisme ethnique. Chaque fois qu’ils ont donc pu y parvenir au Kamerun, ces hiérarques mal inspirés ont procédé à la politique saupoudreuse de l’équilibre soi-disant régional, assise sur la théorie éculée de l’Alliance stratégique Beti/Foulbé pour le contrôle du politique ; sur la théorie éculée de la neutralisation stratégique des Bamiléké/Basaa/Anglophones, bref sur la géopolitique coloniale qui ne brilla que dans l’art de toujours diviser davantage pour mieux régner au Kamerun.

 

            Oui, ils sont nombreux du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est à avoir sciemment et/ou inconsciemment organisé, approuvé ou favorisé l’exclusion de millions de jeunes des institutions éducatives, pour faire de la place à leurs propres rejetons formés à l’encan et parachutés aux meilleures fonctions au prix de moult compromissions ténébreuses. C’est en songeant à ce temps de justice que leur lâchetés ont fait fermenter dans le limon des souvenirs douloureux du peuple, que certains seconds couteaux de l’intelligentsia organique du RDPC s’attaquent volontiers à ceux qui leur dressent le bilan de leurs actions criminelles et de leurs nombreux silences coupables. Qu’il crie au loup ou non, il est certain que Lucien Ayissi a partie liée avec cette république bananière, qu’il n’a affrontée dans aucune configuration majeure, hormis les bribes bonimenteuses de ses essais superflus qu’il me fait l’inféconde recommandation de considérer comme ses brevets de citoyenneté exemplaire.

 

            Alors que l’implication objective des Marcien Towa, Pius Ondoua, Rachel Bidja, Ndzomo Molé, Okah Atenga, Titus Edzoa, Mono Ndjana, Manga Bihina, et Cie dans la dérive tribalo-sectaire du département de philosophie de l’Université de Yaoundé se révèle de longue date aux yeux des observateurs les plus distraits, Lucien Ayissi, l’un des cohéritiers de cette nébuleuse qui croit secrètement – et parfois ouvertement- qu’il y a un rapport intime entre le contrôle de la philosophie universitaire kamerunaise et le braquage de la souveraineté du Kamerun, se permet de nous attribuer une ubuesque « opération de sémitisation et de stigmatisation des Beti. »  Du coup, les coupables de la bétisation de la philosophie à l’Université de Yaoundé deviennent, par un effet magique dont Lucien Ayissi détient seul le secret, les victimes d’une purge prétendument programmée et redoutée. Les loups crient « au loup ! » Examinons l’affaire, puisqu’elle semble avoir servi un tel tord-boyau à notre petit planton de l’esprit qu’il se croit en mesure de bavasser sur nos compétences. Essayons d’aller aux sources du délire de ce personnage péteux et profondément insincère, en lui souhaitant la mémoire assez longue pour pouvoir s’accommoder de la robustesse de notre style qui ne pâlit en rien devant son pauvre phraser de juge de tapis.

 

            « Sémitisation » ? Quelques interrogations suffisent à montrer l’inanité de la métaphore. Les Beti seraient les nouveaux juifs de la société kamerunaise, selon notre philosophe à deux sous. Voyons. D’où Lucien Ayissi tire-t-il ce qualificatif de sémite qu’il applique à nos populations bétiphones ? D’où tire-t-il essentiellement qu’être sémite, c’est nécessairement être innocent ? D’où tire-t-il qu’un juif ne peut être coupable de rien ? D’aucun texte connu, encore moins existant de notre part. Jamais sous notre plume, un appel au meurtre, encore moins à l’ethnocide, mais toujours intangible, le souverain droit de résister contre ceux qui nous soumettent aux politiques de la mort. Nulle part dans nos dires et dans nos gestes, nous qui avons tous les sangs du Kamerun dans nos veines, à la fois matériellement et symboliquement, nulle part, il n’a été question de livrer les populations bétiphones de notre pays natal à quelque vindicte que ce soit.

             Ce qui est reproché à « la bande à Marcien Towa », c’est d’avoir longtemps semé les graines d’un certain marxisme qui était supposé s’emparer de notre siècle kamerunais, avant de s’engouffrer pieds et poings liés dans la biyacratie, l’envers absolu de la pensée de Karl Marx. Tel est le cas de tous ceux qui, bétiphones ou non, dans leurs écrits professèrent que Biya avait une idée sociale parce qu’ils espéraient en fait ainsi gravir des échelons de mangeoire, laissèrent lyncher des étudiants dans Yaoundé parce qu’ils étaient des opposants allogènes qui « dérangent », organisèrent des tricheries au bénéfice de leurs enfants et de leurs protégés dans l’Université pour s’assurer des solidarités de cons, relayèrent les appels aux meurtres contre les syndicalistes étudiants et enseignants dans la ville de Yaoundé pour sauver leur chose. Le dire, est-ce sémitiser et stigmatiser LES BETIS ? Non, les Beti ne seront pas ainsi sémitisés. C’est pour situer l’horizon de forfaiture de « la bande à Towa » que nous en avons dessiné l’aire d’abrutissement. Non, ce n’est pas sous la plume d’un fils spirituel de Mongo Beti, de Jean-Marc Ela, d’Ossendé Afana, que les Beti seront sémitisés. Et notre combat pour la démocratie au Kamerun passe naturellement par la dénonciation de tous les pogromes imaginaires et par l’opposition active aux projets et actes de pogromes réels. Si jamais un jour vous tremblez de peur dans le siècle monsieur Ayissi, sachez que les portes de mon domicile vous seront ouvertes avec bienveillance et courage.  Des kamerunais, des personnes humaines, ne sont pas à livrer aux passions de quelque curée tribaliste que ce soit. Quelle valeur accorder alors à l’accusation que vous me faites de « stigmatiser les Beti » ? Pas l’once d’une ! C’est vous qui n’avez prêté aucune attention au contexte de mon texte, encore mois au fait qu’il ne vous était PAS destiné.

 

            Car les tribalistes bétiphones, comme ceux de tous nos groupes socioculturels kamerunais qui n’en manquent pas, méritent d’être dénoncés quand les circonstances s’y prêtent. Le fait que des « philosophes » Beti aient été indexés dans l’écrit auquel vous faites allusion ne préjuge pas du fait qu’ils soient indexés parce qu’ils sont Beti. Si le sicaire affamé qui vous a filé la mèche peut encore vous servir à quelque chose, qu’il vous dise à suffisance que nous ne tenons pas en plus grande odeur de sainteté la philosophie de Njoh Mouellé, l’ex-secrétaire général du RDPC et ministre de Biya, ou celle du spinoziste Guillaume Bwélé, qui abrita gaiement ses talents derrière les pestilences tyranniques d’Ahmadou Ahidjo. Nous nous gaussons autant de L’urgence de penser  de Maurice Kamto que des prétendus Droits des Minorités Sawa de James Mouangué Kobila. Quelles circonstances donc président à cette affaire ? L’écrit auquel Lucien Ayissi fait sans doute référence dans sa complainte hypocrite est le résultat d’une divulgation indue et diabolique d’un échange statutaire interupéciste. Dans le cadre des activités de l’UPC, nous avons le droit de débattre de notre adoption ou non des prises de positions intellectuelles en cours dans la société kamerunaise. Ce travail critique est une très ancienne tradition de notre organisation. Mais il n’avait pas à être révélé au public en l’état, selon nos Réglements. Voici donc le fait heureux de ce tralala. La nébuleuse pseudo-marxisante de Towa avait un agent parmi nous, il est désormais démasqué, dans son imposture d’agent double postcolonial. En effet, le divulgateur crapuleux de notre écrit intraupéciste s’était fendu de Notes de Lecture d’un livre d’upéciste et d’un livre du pseudo-marxisant Charles Romain Mbélé. Cet individu nuisible – le divulgateur-  avait notamment tiré prétexte de ce dernier ouvrage cité pour présenter Marcien Towa et son école de pseudo-marxisants à la ramasse, comme des penseurs authentiques de la libération africaine. Ni plus, ni moins, après 28 ans d’adoration du satrape Biya ! Par ailleurs, le même upéciste divulgateur, dans son indignité accrue, traitait Fabien Eboussi Boulaga, Achille Mbembé, Ambroise Kom, Jean-Marc Ela, Célestin Monga, de « postcolonialistes » responsables de l’aliénation de l’Afrique. Or, ces penseurs et chercheurs sont les réserves de sens les plus précieuses du Kamerun de la vraie espérance, car leur travail et leurs trajectoires de vie ont précisément consisté à déconstruire les logiques de domination d’ici et d’ailleurs, afin de montrer comment se conjuguent et peuvent se conjuguer les résistances du proche et du lointain, sans perdre leurs spécificités contextuelles dans l’enchevêtrement caractéristique de notre modernité.  Nous nous sommes vigoureusement opposés – dans le cadre strict de notre Parti -  à la lecture aberrante qu’en proposait le texte du divulgateur indigne et avons interdit ces Notes brouillonnes de toute publication sur les sites de l’UPC.

 

            Pourquoi ? Parce que dans les faits, l’Ecole Marxiste de Towa a presque essentiellement produit des tribalo-fascistes notoires, tout comme celles d’un Njoh Mouellé ou d’un Bwélé Guillaume ont essentiellement produit des esprits vassaux à la postcolonie criminelle du RDPC. La philosophie du Djoutché de Mono Ndjana a crevé dans l’Idée sociale de Paul Biya, et la phraséologie de Lucien Ayissi sur la Corruption ne l’a jamais conduit à la défense réelle et organisée des opprimés du Kamerun…Où sont ces soi-disant grands penseurs de Yaoundé quand Biya truque les élections en 1992 ? Où sont-ils quand Biya fait expulser plus de cent étudiants des Universités Camerounaises en 1993 ? Que font-ils quand en 2008, Biya assassine 150 kamerunais dans les rues du pays ? Que font-ils quand Biya tripatouille la Constitution pour se reproduire à vie à la tête du pays ? Où sont les soi-disant phénoménologues de la corruption nationale quand Elecam est érigé en monstre hideux contre la souveraineté populaire ? Ils se terrent dans leurs facilités, dénoncent l’impérialisme international, jouissent des facilités de l’Université et attendent que d’autres montent en première ligne pour les traiter de tribalistes, d’antisémites, comme si les bétiphones avaient la moindre raison de comparer leur histoire à celle des Juifs, comme si l’enjeu de notre temps était la démolition d’un groupe socioculturel quelconque, et non la dénonciation du système oligarchique kamerunais dans son ensemble ! La logique du pogrome, Lévi-Strauss l’a démantelée en montrant précisément que bien souvent – et nous sommes bien dans ce cas de figure – « le barbare, c’est celui qui crie à la barbarie.»  La ficelle de Lucien Ayissi est connue, car un certain Famé Ndongo n’a pas hésité à l’entonner récemment, en prétendant que « demain serait un jour suspect » où le fait d’être Beti et d’appartenir au RDPC serait passible de peine capitale…L’enjeu, on le sait, est d’opérer une récupération émotionnelle de l’adhésion des bétiphones au Régime Biya, en leur présentant celui-ci comme l’ultime assurance-vie de leur supposée communauté destinale tribale. Or la soi-disant communauté homogène des Beti, comme de nombreux groupes socioculturels en postcolonie, sont en très grande partie configurés par les manipulations de l’ethnicité en colonie et en postcolonie. Mais la complexité du problème échappe sans doute à notre trop peu lucide Lucien Ayissi.

 

            Que Lucien Ayissi dorme tranquille au son de la première cloche que voici : Franklin Nyamsi – qu’il a appelé exprès « Francis » pour faire plaisir à l’ultime forfaiture du divulgateur éhonté des échanges interupécistes – n’est ni un sémitisateur, ni un stigmatisateur de bétiphones, mais un penseur au service des urgences de la république kamerunaise du vivre-réellement-ensemble, dans la justice et la vérité et dans le souci primordial de la vulnérabilité des personnes humaines. Je participe du dessein des contours d’un jour de refondation à venir. Résolument opposé, avec corps, âme et esprit contre tous les antisémitismes. Installé à vie dans le sillage de l’upécisme qui est l’humanisme kamerunais le plus universel qui soit. Inspiré par tous les fleuves symboliques de la construction éthique du pays et bien averti du tragique de nos trajectoires sous l’abjection qui gouverne.

            Que Lucien Ayissi dorme un peu moins tranquille au son de la seconde cloche que voici : Franklin Nyamsi – dont Ayissi se surprend à évaluer les qualités intellectuelles – ne lit pas les philosophes kamerunais uniquement dans le texte, mais également dans leur rapport à leur contexte, car la vérité philosophique, contrairement à celles des sciences, vit de sa défense courageuse par le philosophe lui-même, dans la Cité humaine, aux côtes réels du Pauvre, de l’Orphelin, de la Veuve, de l’Etranger, des Opprimés. Elle vit, la vérité du philosophe, de ce courage de revendiquer ce qu’on pense en se solidarisant réellement avec ceux qui le pensent, de cette parrhésia si rare en mangeoire postcoloniale. Et les théories circonvolutives de Lucien Ayissi contre la corruption ne valent que par ses engagements effectifs contre ce fléau, dans la Cité kamerunaise, où son courage a largement fait long feu, s’il a jamais existé !

            Que Lucien Ayissi ait par contre le sommeil bien agité au son de la troisième cloche suivante : Franklin Nyamsi est en phase avec ce que le Kamerun entier a de sublime. Il a ses amis, sa famille, ses concitoyens, ses souvenirs et ses souvenirs liés à tous nos terroirs. Et ce pays bétiphone que vous vous obstiner à manipuler  a donné au Kamerun des fils infiniment plus valeureux que les poltrons de la piétaille universitaire carriériste. Le terroir bétiphone a généré des kamerunais de très grande aura éthique, tels Mongo Beti, Ossendé Afana, Abel Eyinga, Jean-Marc Ela, et de nombreux autres Géants de l’esprit, qui oeuvrèrent et oeuvrent  au front contre l’imposture postcoloniale sous toutes ses formes, et pour la dignité anthropologique plénière de notre peuple. Dès lors, les cris d’orfraie d’un esprit confus sont des éloges, certes superflus, des penseurs du sol et du sang aux véritables défenseurs de la transcendance de la personne humaine au Kamerun.

 

            Pauvre monsieur Ayissi, une humanité intellectuelle kamerunaise commune renaîtra seulement du crépuscule des dangereuses et ubuesques idoles – tropismes dominant votre pensée -   que voici : 1) L’abandon du courage de penser à la bonne volonté du plus fort de l’heure ; 2) L’érection des abstractions philosophiques – même heureuses-  en mode suffisant de combat politique contre l’abîme éthique postcolonial ; 3) Le mépris de la souffrance de l’Autre qu’on aseptise par des pratiques arbitraires d’invisibilisation administrative et politique ; 4) la pratique sereine et cynique d’une critique sélective des acteurs du drame collectif kamerunais ; 5) La propension à recourir à la violence d’Etat comme mode de d’auto-légitimation des élucubrations des intellectuels organiques du régime dominant. Ainsi, comme le révèlent vos appels indirects à la Tchékha de Biya, d’autres soi-disant vrais fils du pays Beti, passèrent comme vous allègrement de la philosophie politique à la police politique, sans grande rupture paradigmatique. Et ceux qui, convulsivement, se croient condamnés à mort pour leur bétiphonité comme vous, Lucien Ayissi, jouent et miment la scène originaire dont ils jouissent : la mort à petit feu administrée à des millions de kamerunais spoliés, ou la mort abjecte donnée à ceux qui ont osé braver les « lieutenants » multiethniques de la postcolonie pour revendiquer tout simplement une vie qui ait un sens. A force de crier «  on veut nous tuer tous », vous vous prédisposerez chaque jour davantage à tuer tout le monde, ou à tout le moins, à faire de nouvelles victimes innocentes. Pour la défense de celles-là, manifestement, les poules auront des dents quand on verra le penseur abstrait Lucien Ayissi dans les rues du Kamerun. En attendant, il peut bien se contenter d’écrire ses petits billets vaguement allusifs et sur des responsables pourtant trop bien connus de la misère des kamerunais. Cry, my beloved country.

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Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans tribunes politico-philosophiques
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commentaires

luc 10/01/2012 23:29

bonjour je crois que me fait arnaquer mais je sais comme faire pour m été il son pirater hotmail je de belgique

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