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21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 00:09

Dialectique de l’upécisme

pour l’émergence d’une civilisation camerounaise

 

Par Franklin NYAMSI

Professeur agrégé de philosophie dans l’Académie de Rouen

Membre de l’UPC.

 

 

I

De la Victoire et de la Défaite en politique

 

Dans le domaine politique, la défaite est loin d’être de même nature que dans les finales des grands championnats sportifs. Celui qui perd une finale, perd en effet le trophée, alors que celui qui perd une bataille politique ne perd pas nécessairement la lutte politique. La bataille engage sans doute des situations particulières, des personnes singulières. La bataille est datée par son cadre, ses moyens, son contexte et ses acteurs. Mais la lutte oppose en profondeur des conceptions opposées du vivre-ensemble, animées par des contradictions réciproques et internes qu’il n’est pas question de décrire ici. La bataille oppose des figures politiques alors que la lutte oppose des classes. La bataille peut provisoirement cesser, faute de figures et de structures pour la soutenir, mais la lutte de classes ne cesse pas, puisque la domination de classe perdure.  Alors que c’est le vainqueur qui plastronne en sport avec son titre de gloire, alors que rien à l’avenir ne semble pouvoir le lui arracher, l’avenir en politique, paradoxalement, appartient d’abord aux vaincus, car eux seuls peuvent faire émerger quelque chose de nouveau. Seulement, les vainqueurs en politique, sauf à faire preuve d’une indécrottable naïveté, se savent géants aux pieds d’argile et songent à rendre improbable toute victoire future des vaincus, en utilisant une arme qui peut s’avérer imparable : c’est la solution finale de l’extermination. Elle peut être totale, physiquement et culturellement. C’est l’exemple inhumain des nazis éliminant massivement les juifs et brûlant leurs livres pour tenter d’effacer toute trace de leur existence. C’est le cas de toutes les politiques génocidaires.

 

 Mais l’extermination des vaincus peut aussi être partielle, progressive et symbolique. On jouera un peu sur tous les registres, jusqu’à l’épuisement des rares poches de résistance subsistantes. Violence sur les masses, emprisonnements, spoliations, interdictions arbitraires, intimidations de toutes sortes, harcèlements administratifs accompagneront une contre-propagande tout aussi violente, ayant pour but de divertir et subvertir les esprits devant la vérité historique et réelle de la domination.  On en vient ainsi à la véritable impolitique, où la partie victorieuse du moment, consciente de son illégitimité structurelle, de la fragilité vénielle de ses positions, veut s’assurer à tout jamais le leadership en abolissant toute opposition crédible. Telle est la nature de l’opération engagée dès la naissance de l’upécisme par les colons et les héritiers des colons au Cameroun, pour empêcher le peuple camerounais de s’approprier son âme immortelle, c’est-à-dire un référentiel de valeurs de civilisation fécondes et efficaces pour assurer aux personnes naissant, vivant et mourant sur le territoire camerounais, une traversée existentielle digne des plus belles et bonnes œuvres de l’esprit humain. Pour ce qui est du domaine politique en effet, la seule victoire durable est celle du peuple structuré en démocratie pluraliste, régi par des lois justes et équitables. Pourquoi ? Elle seule ne consacre pas l’écrasement de certains par d’autres, garantit la possibilité d’une expression non-violente des contradictions sociales, instaure donc ainsi la civilité. Sans civilité, sans respect mutuel des personnes dans la cité, point de civilisation. Seule une telle victoire de la civilité démocratique ou civilisation peut accoucher d’une génération de dirigeants qui ne craignent ni le combat politique en ce qu’il peut avoir de noble, ni la retraite politique, ni l’avenir politique ou post-politique. Ainsi animés de la ferme conviction que la démocratie pluraliste est le moins pire des régimes, demandons nous sérieusement : une telle victoire du peuple camerounais, sublimé en une démocratie pluraliste déclenchant un processus exemplaire de haute émergence anthropologique est-elle encore en notre pouvoir ? Que peut encore nous apprendre ce courant d’idées issu de l’œuvre fondatrice et résistante de l’UPC contre la colonisation et la néocolonisation au Cameroun ?

 

 

 

 

II

 

Résistance et subsistance de l’idée d’une grandeur camerounaise : l’upécisme ou l’humanisme camerounais

 

 

Camerounaises, camerounais, camarades, nous pouvons dire sans risque de nous tromper que l’idée d’une civilisation humaine de haut rang au Cameroun n’est pas morte. Nos nuques restées raides malgré les ruses et forfaits des victorieux de l’heure en témoignent. Cette idée sublime d’une nation camerounaise harmonieuse, efficace et courageuse face au destin est vivante, c’est l’upécisme. Elle résiste aux contrefaçons et aux mensonges. Elle subsiste aux persécutions et aux crimes. Cette idée est la plus haute visée anthropologique jamais défendue sur le sol et dans l’histoire du Cameroun. C’est notre noblesse humaine la plus irréductible. C’est elle qui se déguise dans le mythe vivant des Lions Indomptables du Cameroun, mythe ancien et dynamique des « pauvres-enfants-du bon Dieu- qu’on dérange », qui illustrent symboliquement l’esprit immortel de l’upécisme, malgré les récupérations manipulatoires et dilatoires des prouesses de nos sportifs par les politiciens néocoloniaux.  Nous la reconnaissons, cette noblesse d’âme upéciste,  dans les nombreuses colères populaires dont février 2008 a marqué un point paroxystique, comme nous pouvons la retracer dans la lutte ouverte et clandestine contre la domination coloniale et néocoloniale menée depuis des décennies par le seul parti authentiquement nationaliste et universaliste du Cameroun, l’Union des Populations du Cameroun de Ruben Um Nyobé, de Félix Moumié, d’Abel Kingué, d’Ernest Ouandié, d’Osendé Afana, de Woungly Massaga, de Siméon Kuissu, de Samuel Mack-Kit et Moukoko Priso. Tout camerounais digne de ce nom sait que c’est exactement ce qu’on a fait et fait subir à l’Union des Populations du Cameroun qu’on a fait et qu’on fait subir au peuple camerounais. L’UPC et le peuple camerounais sont des sœurs jumelles dans le malheur comme dans le bonheur. On assassine les leaders de l’UPC comme on assassine les enfants du peuple. On viole les droits élémentaires d’association des upécistes comme on viole les droits élémentaires d’association du peuple. On truque la représentation administrative de l’UPC comme on truque les élections du peuple camerounais. On spolie l’UPC de ses biens et droits comme on pille sans fin les richesses du peuple. On interdit à l’UPC de tenir ses manifestations comme on interdit au peuple de tenir ses manifestations. On harcèle, torpille, espionne, soupçonne, arraisonne l’UPC comme on le fait pour tout le peuple camerounais braqué par un pouvoir de pilleurs et bradeurs de bois, de pétrole, de cacao, de café, de coton, de sucre, de banane, de minerais, etc. C’est toujours sur l’UPC qu’on teste et perpètre tout le mal qu’on va ensuite faire aux masses camerounaises et c’est à l’UPC qu’on fait toujours le reproche de l’indocilité persistante des masses camerounaises à la Terreur d’Etat.

 

Puisque ce qui arrive à l’UPC, tout ce qui arrive à l’UPC est donc ce qui arrive aux populations du Cameroun, mais alors tout ce qui arrive aux populations du Cameroun, ce n’est donc pas par hasard que l’UPC est l’union des populations du Cameroun. La fin de la marginalisation arbitraire de l’UPC coïncidera sans nulle doute avec la fin de la marginalisation arbitraire des populations du Cameroun de la gestion de leur destin commun. A cela, on reconnaîtra la naissance d’une grande nation. L’UPC est la colonne vertébrale du peuple camerounais, qui plie mais ne rompt pas. Son sigle est son programme : unir les camerounais contre la domination coloniale et néocoloniale, mais aussi les unir pour l’émergence d’une civilisation camerounaise économiquement efficace, écologiquement alerte, démocratiquement pluraliste, et culturellement féconde. J’appelle dialectique de l’upécisme, cette double articulation en contre et pour, ou pour et contre, qui anime dès sa naissance l’humanisme nationaliste de l’UPC. Cette articulation est dialectique, c’est-à-dire structurée en actions/réactions progressistes. Action concertée et patiente pour l’union des populations dans le pluralisme démocratique, l’efficacité économique, le bien-être matériel , culturel et spirituel. Réaction concertée et patiente contre tout ce qui nuit à la légitime spontanéité de cette action pour l’union des populations, et donc contre le colonialisme, le néocolonialisme et leurs pathologies succédanées ou compatibles que sont la corruption,  le parasitisme social, le fatalisme et l’obscurantisme.

 

 

 

 

 

III

Le procès dialectique de l’upécisme

 

Il est  donc question ici d’interroger l’état du procès de cette dialectique de l’upécisme. Un procès nous montre comment évoluent des idées, des institutions et des hommes, dans une période donnée.  Nous revisiterons nécessairement ici l’histoire, car c’est elle qui montre et montrera comment les idées upécistes se sont comportées dans le siècle. En procédant à cette brève rétrospective, nous n’oublierons surtout pas la question qui nous concerne, celle  face à laquelle nous devons sereinement bomber le torse pour la prendre stoïquement telle une flèche, droit au cœur. Ce qui ne tue pas rend plus fort : possédons-nous donc aujourd’hui, en ce mois d’août 2008,  une idée suffisante du Cameroun que nous voulons voir émerger des décombres de la grande misère et de la criminalité économique, politique et culturelle qui administre ce pays depuis la naissance du phénomène colonial ? Sommes-nous en mesure de projeter les populations du Cameroun dans un avenir visible et lisible par l’analyse prospective, rationnelle et raisonnable ? Pouvons-nous assurer d’ores et déjà - en plongeant les mains dans le cambouis de la transformation économique, sociale, culturelle et politique du Cameroun- l’échec de la prophétie de malheur qui clame que la fin du pouvoir UNC- RDPC qu’il faut hâter de toutes nos forces,  correspondra au schéma dantesque du « après moi ce sera le chaos » que nourrissent et chérissent tous les régimes dictatoriaux ? La bataille des idées est loin d’avoir été gagnée dans la confrontation bientôt multiséculaire entre les populations camerounaises et les forces d’occupation, de domination et d’exploitation qui, depuis l’avènement de la colonisation à la fin du XIXème siècle, s’acharnent à faire des enfants, hommes et femmes du Cameroun, comme de nombreux autres peuples africains, des êtres superflus dans l’équation anthropologique planétaire. Il ne suffira pas d’un aussi bon programme politique comme celui que l’UPC se propose d’exposer à nouveau aux camerounais en ce mois d’août 2008 pour que l’opinion s’imprègne correctement de la situation exceptionnelle dans laquelle le pays se trouve.

 

Le cri de l’homme africain a pourtant été entendu très tôt par les veilleurs de conscience du Cameroun. A l’entrée du XXème siècle, Les Martin-Paul Samba, Charles Atangana, Edandé Mbita, Rudolf Douala Manga Bell, Njoya Bamoun, et bien d’autres camerounais célèbres ou anonymes ont payé au prix fort devant l’occupant, le courage de dire que jamais nos populations ne seraient le moyen de rien ni de personne. De ce que firent valoir ces résistants des premières heures, nous avons retenu en effet au moins la célèbre prophétie de Samba devant les fusils allemands : « Vous n’aurez jamais le Kamerun ! ». Mais l’histoire révèle bien qu’à cette date-là, mettons dans les années 14-18,  il n’existait pas encore de formulation théorique suffisante du droit des populations du Cameroun de disposer d’elles-mêmes et d’entrer dans la valse des nations en leur propre nom et qualité. D’où vint donc la première mise en forme théorique du droit des populations camerounaises de disposer d’elles-mêmes ? D’où émergea la construction d’un projet rationnel, raisonnable et fort, susceptible de faire progresser les populations du Cameroun vers un mieux-être économique, culturel et politique ? La réponse est aussi incontestable : c’est l’UPC de Ruben Um Nyobé qui produisit et défendit, c’est elle qui produit et défend encore la plus grande et la plus belle idée du Cameroun. Deux camps se dessinèrent vite en effet parmi les populations camerounaises dans la seconde moitié du XXème siècle : le camp des collaborateurs colonialistes et le camp des résistants nationalistes.

 

Le lecteur qui veut encore s’en édifier peut se référer à la célèbre passe d’armes entre les leaders de ces deux camps devant l’Assemblée des Nations Unies  le 17 décembre 1952. Une version radiophonique de cette confrontation est aisément consultable sur l’internet. D’une part le poulain du colonisateur français, Charles Okala, qui parle sur recommandation expresse du gouvernorat français,  préfère un Cameroun sous tutelle française, un Cameroun de français ou un Cameroun sous-français et il le dit et réclame avec verve et poésie. Okala espère beaucoup de ce Cameroun d’hommes entièrement à part, qui évolueront peut-être un jour vers la pleine francité qui est regardée alors comme summum d’humanité, sortant ainsi de la barbarie dans laquelle le colon leur a fait croire qu’ils vécurent autrefois. Pour Okala, les camerounais sont heureux comme jamais sous la bien-aimable botte des français : les impôts exorbitants, les travaux forcés, les exécutions sommaires, les emprisonnements, les brimades de toutes sortes, ne sont que de façon de civiliser le peuple. D’ailleurs le verbe « civiliser » en a gardé une connotation péjorative au Cameroun. Civiliser les camerounais, pour Okala, c’est les violenter au besoin pour les sortir de leur barbarie naturelle. Ils deviendront blancs au forceps, tôt ou tard, croit-on.  D’autre part, Ruben Um Nyobé revendique quant à lui au nom des nombreuses populations du territoire qui l’ont mandaté, au nom de son parti, un Cameroun libre, dont l’indépendance serait immédiatement reconnue, capable de se constituer lui-même en Etat de droit, de se développer suivant sa propre initiative et selon ses propres besoins réels, un Cameroun d’hommes à part entière. Les camerounais pour Um ne sont pas des barbares, mais plutôt des victimes de la barbarie coloniale et impérialiste. Ils n’ont pas à se renier, ni à mimer l’homme blanc pour être des hommes. Ils ont, comme tous les hommes, le droit de se choisir une vie sensée, parmi tous les autres hommes, à égalité. C’est de leur souffrance sous la domination qu’il est venu parler à l’ONU. Les crimes et violences dont les camerounais sont victimes n’emportent ni l’éloge, ni la compréhension de Um, mais déclenchent sa juste colère et alimentent ses revendications légitimes. Um dresse ainsi aux Nations Unies, par son discours et sa stature d’être libre, le portrait-robot de l’idéal humaniste camerounais. Il parle comme tout camerounais, toute camerounaise, devrait parler ou vouloir parler devant tous les hommes. Ô élégance et prolixité mesurées du Mpodol ! Qui d’autre représentât jamais ainsi les populations du Cameroun dans la plus grande assemblée humaine ?  On lui attend des successeurs. Et la joie hilare des camerounais devant un but sublime de Roger Milla ou de Samuel Eto’o est une fort pâle image en comparaison de celle que ressentent toujours les patriotes camerounais à l’écoute du discours de Um, une joie de haut rang, dont le vent souffle sur les hauteurs du Fako où le peuple doit être en mesure de rejoindre le héros en communion.

Dans le Cameroun de 1952, il y a aux yeux de Um Nyobé et de son parti deux classes socioéconomiques fédérées par des intérêts divergents et contradictoires : d’une part une bourgeoisie d’Etat héritière des d’une partie des avantages régaliens et abusifs de l’Etat colonial, acoquinée avec l’aristocratie féodale dont les lamidats du Nord, le sultanat Bamoun et les Chefferies inféodées du reste du pays constituent l’architectonique ; d’autre part, un prolétariat immense et misérable constitué des paysans des campagnes, des petits-ouvriers des grandes villes, des petits cadres indigènes, des chômeurs, mais aussi des instituteurs et cadres de santé qui en émergent relativement. L’industrialisation du pays étant quasi nulle, la bourgeoisie d’affaires nationale n’est alors qu’embryonnaire. Devant cet antagonisme de classes, le parti de Um Nyobé, lui-même venu du syndicalisme,  est clairement et courageusement pris. C’est pour le prolétariat immensément misérable du Cameroun qu’il se battra, sans nier le droit des individus issus de  la minorité bourgeoise de trouver leur place dans une société démocratique future,  pour laquelle Um donnera sa vie, comme de nombreux autres patriotes du Cameroun. Par la violence de masse, la ruse et le mensonge, ce sont encore les amis de Charles Okala, les suppôts de la tutelle coloniale française, les « bons élèves de l’Elysée », qui sont au pouvoir au Cameroun. Les résultats sont connus, « dramatiquement désolants » selon les mots bien choisis d’un ancien secrétaire général à la Présidence de la République aujourd’hui embastillé par son ancienne idole. Les archives de l’UPC sont partout où ce parti est dignement représenté, à la disposition des citoyens camerounais pour montrer qu’elle s’est à chaque fois efforcée d’écouter, de proposer, d’opposer et de recomposer l’exigence irrécusable des populations camerounaises d’être conduites dans la liberté, la justice, la prospérité et la dignité. De 1948 à ce jour l’UPC, l’authentique et la seule, non pas les esbroufes pseudo-upécistes des torpilleurs missionnés par l’UNC-RDPC pour usurper l’image de l’UPC afin de la salir, la confondre et la brader, oui, l’UPC des fidèles, la seule qui soit restée en phase avec les maximes fondatrices de l’humanisme politique camerounais doit formuler et renouveler les termes de la dialectique qu’elle impulse pour la naissance d’un véritable foyer de civilisation au Cameroun. Elle l’a fait au temps de Um et Moumié, elle l’a fait sous Ouandié, elle l’a fait sous Massaga, sous Siméon Kuissu, qu’a-t-elle a faire aujourd ‘hui sous Mack-Kit et Moukoko Priso  et tous ceux qui les suivront?  En quoi peut consister la dialectique de l’upécisme pour aujourd’hui et demain ?

D’abord, garder  fermement accrochées les pinces du crabe dans le livre d’espérance du peuple camerounais, dans l’upécisme. L’upécisme, j’entends par là l’humanisme camerounais, ou autrement l’attachement indestructible à : 1° l’exigence immédiate d’indépendance politique, économique et culturelle réelle du Cameroun ; 2° l’exigence immédiate d’un Etat de droit structuré en démocratie pluraliste où les droits de l’Homme seront scrupuleusement respectés, où les institutions émaneront du choix réel des populations, où tous les contre-pouvoirs nécessaires seront fonctionnels contre les dérives connues et prévisibles ; 3°l’exigence immédiate d’une civilisation universaliste où la culture donnera à chacun les moyens d’affronter victorieusement la complexité du monde tel qu’il va. L’upécisme est l’humanisme nationaliste du Cameroun, car ce qu’il veut pour toutes les camerounaises et camerounais, il le désire aussi pour toutes les africaines et africains, et enfin, il le désire au fond pour tous les êtres humains de la planète : une vie matérielle aisée, dans une justice sociale, économique et politique pour tous, et dans la liberté des croyances personnelles.Comment traduire cet idéal cependant dans le site particulier de l’humanité camerounaise en ce mois d’Août 2008 ? Comment faire descendre notre commune espérance des cieux imaginaires - où la contre propagande du régime Biya veut l’exiler et la confiner- dans la plaine laborieuse et besogneuse du peuple exploité et révolté ?

 

 

 

 

Les trois devoirs de l’upécisme : comprendre, inventer, agir.

 

Je vois trois niveaux d’action. D’abord, par une exigence intellectuelle à faire partager à tous nos concitoyens, à tous les africains et à tous les hommes. L’upécisme consiste à bien constater et comprendre ce qu’est devenu le Cameroun en 2008 : une société à nouveau clivée en deux classes antagonistes, elles-mêmes travaillées par des antagonismes divers. Une société globalement constituée de deux bourgeoisies concurrentes et d’un immense prolétariat. Il y a donc la bourgeoisie d’Etat, que je nomme bourgeoisie politico-militaro-administrative, qui s’est outrageusement enrichie sur fond  de détournements sériels de deniers publics, de prébendes et rackets. Le RDPC et son chef, Paul Biya, chapeautent ce clan bourgeois et le cornaquent à merci . Il y a ensuite la bourgeoisie d’affaires, que je nomme bourgeoisie industrialo-commerçante, qui s’est enrichie pour l’essentiel par ses investissements et efforts, mais pour partie aussi par son alliance objective avec la bourgeoisie d’Etat dans l’exploitation des masses paupérisées. Cette aile bourgeoise a ses hauts-lieux au GICAM et est plus moins cornaquée par le SDF de John Fru Ndi, puisqu’elle partage encore diversement ses allégeances avec le RDPC au pouvoir. Il y a enfin l’immense prolétariat, revenu aux proportions comparables à celle de l’époque de Um Nyobé, avec l’effondrement dans le prolétariat urbain de la frêle classe moyenne née des années du mirage pétrolier qui s’achèvent globalement en 1987 avec les premières politiques d’ajustement structurel.   De 1960 à nos jours, on a vendu une mauvaise mèche aux camerounais : le bonheur économique effacerait les différends politiques, on fermerait la bouche aux opposants avec de bonnes poignées de billets de banque. La politique appartiendrait alors tranquillement aux seuls politiciens – entendez les héritiers néocoloniaux des régimes UNC et RDPC- et le peuple n’aurait qu’à vaquer aux seuls occupations laborieuses qui sont bonnes pour lui. Le fait est que les politiciens de l’UNC-RDPC ont ainsi menti au peuple, car alors qu’on lui avait tourné le dos de force quand il s’agissait de la chose publique, le peuple s’est rendu compte, en se retournant de force contre ses exploiteurs qu’on l’appauvrissait chaque jour de plus en plus, matériellement, culturellement et spirituellement. Ce que disaient contre vents et marées les hommes et femmes politiques – à distinguer des politiciens de l’UNC-RDPC-  et les citoyens résistants de l’UPC tout comme d’autres figures indépendantes de la pensée camerounaise, en clandestinité comme en exil, a éclaté au grand jour des années 90, quand le peuple a revendiqué son droit incessible d’être souverain, de conférer et légiférer lui-même sur son destin. Les gens ont compris qu’ou bien on fait de la politique et là, on sait ce qui nous fait et ce que les autres nous font, ou bien encore on dit ne pas faire de la politique, mais on ne sait pas ce qui nous fait et ce que les autres nous font. Il y avait à choisir entre la croyance naïve que moins on fait de la politique mieux on va, et le savoir d’expérience que mieux on fait de la politique, mieux on va. Les camerounais ont choisi alors de la faire franchement, cette politique. Mais à défaut de pouvoir choisir celui que leur proposait l’UPC parce que le pouvoir néocolonial s’agrippait comme pas deux à l’interdiction de compétition des authentiques candidats nationalistes, le peuple a fait confiance à un brave libraire venu de Bamenda, ex-militant apparemment repenti du RDPC, fondateur du  Social Democratic Front. On connaît la suite de l’aventure. D’élections truquées en violences diverses, nous en sommes en 2008, avec sur les bras la misère décuplée du grand nombre et les ras-le-bol imprévisibles des populations qui se succèdent dans une atmosphère d’impuissance généralisée.

 

Bien comprendre ce qui se passe au Cameroun, c’est donc aujourd’hui, se pénétrer de ceci : sans le recentrement des priorités sociales du Cameroun vers une politique de sécurité sociale, sanitaire et intergénérationnelle commune et solidaire ; sans le réinvestissement du système éducatif contre l’échec et vers la formation de masse, l’accès aux savoirs et compétences de pointe, la modernisation des conditions ergonomiques de travail dans l’éducation et la recherche ;  sans le recentrement des priorités économiques du Cameroun vers une réelle politique d’autosuffisance alimentaire, vers une réelle politique d’industrialisation agricole, vers une réelle politique de management écologique des terres, airs et mers camerounaises ; sans la mise en place d’un management moderne de l’économie camerounaise qui permettrait à la fois à la technologie de pointe et à une justice efficace de faire reculer massivement la corruption ; sans le recentrement des priorités politiques du peuple vers le plein exercice de sa souveraineté contre la tradition de tripatouillage électoral instaurée par la colonie ; sans le recentrement du Cameroun vers l’autonomie monétaire, la révision radicale des accords de coopération et de défense iniques avec la France ; sans le retour effectif et progressif du Cameroun aux camerounais, il n’y a pas d’upécisme qui vaille la peine d’être dit, lu ou expérimenté. Sans cette réorientation multidimensionnelle du Cameroun vers la polarité unique d’une société de droit, démocratique, pluraliste, prospère, écologique et moderne, nous irons de Charybde en Scylla dans le siècle, confondant macabos et ignames comme des nourrissons.

 

Mais je vois persister la perplexité du lecteur. Il a bien raison. Comment matérialiser ces idées-forces ? Il nous faut, après les avoir rigoureusement formalisées,  d’abord inséminer ces idées dans le peuple et c’est bien là le rôle d’un grand parti politique. Pour cela, je l’ai largement montré ailleurs, l’UPC, qui est le creuset de l’upécisme ou de l’humanisme politique camerounais, doit affronter et résoudre quatre problèmes fondamentaux : le problème du génie politique ; le problème de la mobilisation sociale, culturelle et économique ; le problème de la reformulation d’une idéologie de gouvernement face à l’impasse internationale de la pensée de gauche ; le problème de l’orientation institutionnelle du pays vers une éthique de civilisation bien pesée Je voudrais clore cette dialectique de l’upécisme par  l’analyse schématique de ces quatre problèmes, dont la résolution est la condition du ré-embrasement du Cameroun des campagnes, des villes et de la diaspora par l’upécisme. 

 

Le problème de la mobilisation sociale, culturelle et économique se pose dans les termes suivants : que faut-il pour que l’upécisme favorise de nouveau une adhésion massive des jeunes générations, mais aussi des autres générations à l’UPC, afin d’en suivre la formation idéologique et d’en appliquer les mots d’ordre dans les échéances de mobilisation à venir ? Il me semble clair que l’UPC doit repenser sa politique de recrutement en y mettant désormais en œuvre un management ultramoderne : ici, il s’agit d’aller vers les jeunes en particulier et vers le peuple en général à travers des projets concrets qui les intéressent et mobilisent : lettres d’invitation ciblées vers les progressistes camerounais du monde entier pour les inciter à l’adhésion, démarches de quête de sponsoring auprès des camerounais aisés, organisation d’événements culturels populaires à monter à l’intérieur comme à l’étranger avec des artistes progressistes pour fournir les caisses du parti, chantiers d’hygiène communale à travers tous le pays, soupes populaires mensuelles dans les grandes villes, projection de films documentaires avec conférences-débats dans les centres culturels, cours de vacances à très bas prix organisés par l’UPC pour les écoliers, élèves et étudiants, campagnes de sensibilisation contre les grandes endémies, émissions radiophoniques animées sur la connaissance de l’histoire du pays, prix populaires à organiser, tournois de football et autres sports locaux et nationaux à organiser, etc. On ne mobilise un peuple qu’en faisant corps avec lui dans son quotidien, afin de lui insuffler la dynamique dont il a besoin. L’occasion est bien idoine ici pour exhorter tous les groupes politiques qui partagent les idéaux de l’upécisme à se fondre une bonne fois pour toutes dans l’UPC, pour que la mutualisation des moyens augmente l’efficacité de ce creuset de nouvelle civilisation politique. La dispersion des énergies progressistes camerounaises joue le jeu de l’UNC-RDPC, de longue date et rien ne sert, devant des millions de citoyens livrés aux hasards du destin, de vouloir à tout prix tirer à soi, au nom du gloriole qui ne dépasse presque jamais la cabine téléphonique où se réunit le groupuscule progressiste, le thème de l’unité des progressistes. Non, c’est de jonction des générations qu’il s’agit pour le Cameroun, ou alors, peut-être vaut-il mieux que les progressistes ainsi disséminés consacrent leurs énergies à d’autres activités bien plus utiles à leurs individualités que la démocratisation brouillonne qu’ils esquissent pour le Cameroun. L’œuvre sociale, culturelle et économique progressiste doit être organisée une bonne fois pour toutes de concert entre tous les upécistes authentiques. Toute cette mobilisation ne saurait se faire évidemment sans stratégie ni tactiques de fond.

 

Le problème du génie politique se pose dans les termes suivants : quelle stratégie adopter contre l’UNC-RDPC et surtout quelles tactiques rattacher à cette stratégie, au regard des enseignements de la lutte coloniale, de la résistance clandestine de 1955 à 1990, de la résistance démocratique symbolisée par les Villes Mortes des années 90, des colères populaires qui se manifestent de façon récurrente en ces années 2000, avec le mois sanglant de février 2008 comme point d’orgue ? Nous ne répondrons, pour les besoins propres à toute stratégie qu’à la question générale de la stratégie  d’émancipation camerounaise, qui mérite à notre sens d’être connue et pénétrée par tous, y compris par les adversaires du peuple camerounais, car l’action de libération est par essence inimitable par ses ennemis. Une constante d’analyse s’impose, à l’observation de ces trois périodes : l’UNC-RDPC a toujours usé et usera toujours de la violence terroriste et de toutes sortes d’intimidations ou de mystifications contre les populations et les opposants politiques, chaque fois que le pacte néocolonial veut ou voudra craquer. Ruben Um Nyobé a dû se résoudre à prendre le maquis, malgré son attachement indiscutable au dialogue politique et à la civilité démocratique. N’ayant pas véritablement préparé une guerre de libération, sa lutte n’aboutit pas au renversement du régime néocolonial des Okala, Mbida et Ahidjo. La résistance armée qui date de la mort de Um Nyobé jusqu’à celle de Ouandiè en 1970 sera longtemps grevée par cette insuffisance originelle de moyens et de soutiens internationaux, mais aussi de cadres militaires capables d’assurer le combat de guérilla contre une armée coloniale et néocoloniale appliquant contre le peuple camerounais, toutes les leçons tirées du nazisme et de l’aventure indochinoise des forces françaises. La résistance clandestine engagée par l’UPC après Ouandié connaît les mêmes difficultés, ajoutées au conséquences inévitables de la clandestinité que sont la persécution sans visage, la désorganisation, la désinformation, la démobilisation et la lassitude. L’expérience des Villes Mortes au début des années 90 ne prouve pas autre chose que ceci : sans un leadership oppositionnel ferme et préparé, des moyens assurés et substantiels, des cadres formés à la structuration des masses,  toutes choses ayant pour but d’atteindre le plus tôt possible les objectifs de paralysie institutionnelle sans lesquels aucun pouvoir néocolonial ne négocie ni ne se démet, la pression du besoin livre à nouveau les camerounais à la servitude de l’UNC-RDPC et qui plus est, la veulerie des pseudo-opposants achève de briser le moral aux troupes. L’expérience des colères populaires réprimées depuis la deuxième moitié des années 90 jusqu’à cette année 2008, avec les 150 morts de février-mars passés, prouve que le prolétariat camerounais est plus que jamais à l’abandon, livré comme jamais ce ne fut le cas dans l’histoire du pays, à la barbarie policière, militaire et judiciaire ; livré aux contre-modèles dominants de l’argent facile, du gaspillage frénétique, de la corruption, de la prostitution réelle et symbolique des personnes, de l’obscurantisme religieux, du tribalisme de repli, de la haine de la science, du mépris de la jeunesse et de la vieillesse, de la criminalité tous azimuts.

 

Quelle forme géniale de contestation politique- d’opposition et de proposition politiques j’entends - fera donc pièce à ce bilan lamentablement désolant ? Répondons : un parti, une armée, un peuple, rassemblés contre l’impunité régnante. Un parti ? L’Union des Populations du Cameroun et tous les partis qui la rejoindront enfin, conscients de lui devoir l’essentiel de notre humanisme camerounais et de savoir grâce à l’UPC ce que nos populations connaissent. Une armée ? Les policiers, douaniers, garde-forêts, soldats de rang, officiers qui refuseront de continuer de retourner les armes achetées par les Camerounais contre eux ; oui, tous les hommes en armes du Cameroun qui seront sortis du mirage de l’augmentation de solde qui les coupe de la souffrance réelle des populations. Des cadres formés aux exigences sécuritaires seront nécessaires dans cette renaissance d’une armée républicaine camerounaise. Un peuple ? Les citoyennes et citoyens révoltés du Cameroun, disciplinés par la formation idéologique upéciste qui doit reprendre du poil de la bête, inspirés par l’humanisme qui en est la pierre angulaire.

 

 

Le problème de la reformulation d’une idéologie de gouvernement de gauche pour le Cameroun se pose dans les termes suivants : Pourquoi une idéologie alors que la bonne parole pseudo-neutre de la bonne gouvernance a presque gagné toutes les lèvres des dirigeants et penseurs politiques ? Comment gouverner le Cameroun à gauche, en tenant compte d’une part des impasses du centralisme démocratique débouchant sur des régimes totalitaires, et d’autre part du triomphe dévastateur et plus que jamais chloroformisant de l’ultralibéralisme dans la quasi-totalité de la planète ?  Comment gouverner le Cameroun à gauche devant la défaillance des alliances internationalistes, suite à l’effondrement du Mur de Berlin et de l’ancienne configuration Est-Ouest de la politique internationale ? Comment gouverner le Cameroun à gauche sans à nouveau tomber dans un quelconque culte de la personnalité qui déboucherait vite sur la formulation fiévreuse et bricoleuse autour d’un nom célèbre d’un nouveau prêt-à-porter idéologique qui connaîtrait vite le sort de tous ces ismes hâtivement bâtis autour d’un nom ?  Esquissons des réponses à ces quatre questions.

N’ayons ni la naïveté, ni l’outrecuidance de prétendre posséder en ces lignes la nouvelle bible idéologique camerounaise. Nous dirons cependant, en partant d’une perspective minimale,  qu’il faut une idéologie qui soit opposée au diktat des puissances financières regroupées dans le FMI, la Banque mondiale, le G7, l’OMC et consorts. La bonne gouvernance, telle qu’elle est enseignée par les saigneurs du monde, n’est rien d’autre que l’organisation méticuleuse de la privatisation des économies du tiers-monde, des mécanismes de remboursement de la dette aux OFI, et de la sécurisation des grandes zones d’extraction de matières premières par les firmes multinationales et les pays les plus puissants de la planète. La bonne gouvernance, c’est le bon travail exigé aux gouvernants par les grands organisme financiers du monde. La bonne gouvernance ne se fait pas sous l’injonction des peuples, mais plutôt sous celle des actionnaires. Il faut donc que les peuples aient l’initiative de leurs actes institutionnels, d’abord par la légitimité des urnes et l’émergence consensuelle d’institutions compatibles avec leur contexte, efficaces et durables. Il faut donc concevoir une idéologie de gouvernement qui restitue le désir de faire corps politique aux masses exploitées et abandonnées du Cameroun. L’idéologie sera ainsi la réponse théorique des masses camerounaises structurées par l’upécisme et dans l’UPC, aux puissances tutélaires du néocolonialisme. Réponse théorique de la classe dominée et majoritaire à la classe dominante et minoritaire actuelle.

Nous dirons ensuite qu’il est inconcevable, après l’Archipel du Goulag de Soljenytsine, après les dérives révélées du maoïsme, après tous les crimes commis contre les masses au nom du marxisme-léninisme, qu’un grand parti de gauche comme l’UPC revendique à jamais l’instauration du centralisme démocratique au Cameroun. Le centralisme démocratique a historiquement montré ses limites au moins sur trois points : l’anesthésie de la créativité populaire en ce qu’elle peut avoir de pertinent pour le progrès économique, la recherche scientifique et l’invention culturelle ; la négation obscurantiste de la valeur positive du potentiel critique du pluralisme politique- bien que dans les néocolonies, ce pluralisme de fait soit souvent récupéré en période révolutionnaire par les forces réactionnaires du néocolonialisme pour rebondir contre les masses et le pouvoir qui en émane - ; enfin le centralisme démocratique draine le mépris des valeurs fondamentales des droits de l’Homme auquel tout upéciste digne de ce nom ne peut qu’adhérer, au regard des exigences profondes de l’humanisme camerounais lui-même qui n’est rien d’autre que l’upécisme.

Nous dirons encore que la lutte des camerounais contre la néocolonie, adossée sur le système de la Françafrique – reconnu et nommé comme tel par Jean-Marie Bockel, secrétaire d’Etat français à la Coopération sous Nicolas Sarkozy – ne peut non plus, après la Chute du Mur de Berlin  et face à la dangereuse uniformisation des pratiques étatiques ultralibérales dans le monde,  envisager de s’adosser sur une éventuelle Chinafrique, Russafrique ou Américafrique, et j’en passe. Il est précisément question de s’allier avec les Etats dont les intérêts ponctuels ou durables, s’avèreront  ponctuellement ou durablement compatibles avec ceux des populations du Cameroun. Nous en sommes à l’ère de la pragmatique émancipatoire dans une nouvelle donne de la politique internationale dont la maxime peut être : «  Si tu m’arranges, je t’arrange et si tu ne m’arranges pas, on se quitte »

 

La version originale de l’hymne national du Cameroun actuel est très édifiante en ce sens. Il fut clairement chanté par les ouailles abruties du néocolonialisme qu’autrefois nous vécûmes dans la barbarie. On trouve d’ailleurs encore sur internet, des vidéos de cérémonies officielles camerounaises où ces strophes infectes étaient déclamées à tue-tête. Au premier rang des « anciens barbares », figurent déjà pourtant deux grands barbares d’Etat contemporains : Ahmadou Ahidjo et Paul Biya.

Il est temps que nous étudions finement le rôle joué par les élites enseignantes, techniciennes et médicales d’une part et par les cadres des entreprises et les entrepreneurs privés dans la structuration de la société camerounaise actuelle. L’instituteur révolutionnaire et le médecin révolutionnaire sont incontestablement les deux figures qui émergent dans les luttes politiques africaines du XXème siècle. Il reste à déterminer les ressorts de cette élection historique.

Sur la question des propositions, le programme de l’UPC, en élaboration et qui paraîtra en ce mois d’Août 2008 à l’occasion du Congrès du Parti, brosse l’essentiel de cette projection du Cameroun de demain en douze chantiers. Nous devons connaître et faire connaître ce programme, pour ne plus laisser dire n’importe quoi par n’importe qui, ni’importe où et n’importe comment sur l’avenir du Cameroun.

La célébrité n’est décidément que la somme des malentendus qui se forgent autour d’un nom. Les marxistes en eurent pour leur compte du vivant de Marx : « Je suis tout, sauf marxiste » aurait dit le penseur allemand. Ne doivent-ils pas, ceux-là qui se revendiquent par exemple de l’umnyobisme,   méditer le degré de sérieux de ces idéologies vite forgées dans la seule émotion certes légitime de l’invocation d’un nom ? Um Nyobé aurait-il souhaité voir les « umnyobistes » hors de l’UPC ? Les associations progressistes authentiques du Cameroun doivent arrêter de fignoler avec l’exigence de l’heure. Le sang des masses ne doit faire l’objet d’aucune supputation intéressée. Sans soudure fraternelle dans l’UPC, au nom de l’upécisme qui n’est le nom propre de personne, mais bien plutôt le nom commun de toutes les choses de l’espérance camerounaise, beaucoup s’échineront longtemps sous le regard muet du Mont Cameroun…

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Published by professeurfranklinnyamsi.over-blog.com - dans analyses sociales - politiques - économiques
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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 30/06/2011 19:23


Bonjour,

Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.

Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.

La Page No-6, THÉORÈME DE LEYDE.

L'ÉMERGENCE D'UN IDÉE DE LA CONSCIENCE ?

Cordialement

Clovis Simard